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Publié: 15 mai 2014 par estellavaras dans Actualités
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M.Le Publié le jeudi 15 mai 2014 à 16h30 – Mis à jour le jeudi 15 mai 2014 à 16h32

International La photo est violente. On y voit un homme en costume, qui s’apprête à dégainer un coup de pied à un manifestant déjà couché sur le sol et mobilisé par deux membres des forces de sécurité. La scène se déroule lors d’une manifestation à Soma, le 14 mai, au lendemain de l’explosion dans une mine de charbon qui a coûté la vie à des centaines de personnes.

L’image ne pourrait être qu’un symbole de plus d’une manifestation violente… Mais elle relance la contestation à l’égard du pouvoir islamo-conservateur d’Erdogan. Car l’homme en costume n’est autre qu’un proche conseiller de Recep Tayyip Erdogan, Yuuf Erkel. Son identité ayant été corroborée par une vidéo, il lui a été difficile de nier. « Il m’avait agressé et insulté, ainsi que le Premier ministre. Fallait-il que je reste silencieux ? », a-t-il justifié au quotidien Hurriyet et à la BBC Turkey. D’après des témoins sur place, le manifestant avait donné un coup dans une voiture officielle appartenant au Premier ministre.

La tension monte

La photo s’est rapidement répandue sur les réseaux sociaux, venant envenimer la situation, déjà très tendue sur place.

Alors que le premier ministre a rejeté toute la responsabilité de son gouvernement dans cet accident et déclaré que « ce genre d’accidents de travail arrivant partout dans le monde « , les travailleurs et les syndicats l’accusent d’avoir négligé la sécurité. Et c’est sous les huées et les appels à la démission qu’il a été reçu à Soma, où il se rendait pour tenter de calmer le jeu.

A Instanbul et Ankara, des manifestations anti-gouvernementales se sont aussi organisées.

L’explosion dans la mine du charbon survenue ce mardi 13 mai compte parmi les pires catastrophes industrielles du pays. Le bilan officiel livré par les autorités – qui parle de 282 morts et une centaine de miniers portés disparus – pourrait prochainement gonfler puisque 120 personnes étaient encore à cette heure bloquées dans la mine. La Turquie, grande productrice de charbon, n’en est pas à son premier drame du charbon. Un rapport de l’Organisation du Travail publié en 2012 place la Turquie sur la troisième marche du podium mondial concernant les décès sur les lieux de travail. Les mines, et plus encore quand elles sont détenues par le privé, sont à cet égard un terrain risqué, où la rentabilité passe avant la sécurité.

Suite à la catastrophe minière à Soma, la tension monte dans tout le pays.

 

Des milliers de manifestants se sont heurtés mercredi à Istanbul à la police anti-émeute turque après l’accident. Les manifestants, dont la plupart appartenaient à des syndicats de gauche, ont scandé des slogans antigouvernementaux dans le centre d’Istanbul, la police répondant par des tirs de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc.

 

 

Les espoirs s’amenuisaient pour retrouver vivants quelque 120 mineurs bloqués sous terre dans la mine de charbon située à Soma (province de Manisa), dans l’ouest du pays. « Le nombre de personnes qui ont perdu la vie est de 245 », a annoncé le ministre de l’Energie Taner Yildiz.

Sur place les secouristes s’activaient désespérément à ressortir un mineur vivant du puits mais hélas, les brancards ne transportaient que des cadavres. 787 employés se trouvaient dans les galeries souterraines au moment de l’explosion mardi après-midi. Selon les autorités, 363 mineurs ont été sauvés et, selon la compagnie qui gère la mine, « près de 450 ».

Erdogan balaye les critiques

Selon les médias locaux, trois semaines auparavant, le parlement a refusé de former une commission pour faire un état des lieux sur la sécurité des mines en Turquie. Les trois partis d’opposition ont soumis des propositions qui ont toutes été refusées par l’AKP, le parti majoritaire de la justice et du développement.

Lors de son intervention à la mairie de Soma, M. Erdogan a balayé les critiques, donnant des exemples d’accidents survenus dans plusieurs pays occidentaux. A sa sortie, plusieurs dizaines d’habitants en colère ont hué le Premier ministre, certains scandant « gouvernement démission » malgré un nombre important de policiers qui se sont immédiatement interposés. Les manifestants ont donné des coups de pieds au véhicule dans lequel se trouvait le dirigeant turc, selon l’agence de presse Dogan.

Le ministère du Travail a, quant à lui, publié un communiqué dans lequel il affirme que la mine de Soma a été contrôlée en mars et qu’aucune atteinte aux réglementations en vigueur n’a été relevée.

AFP Publié le mardi 29 avril 2014 à 16h41 – Mis à jour le mardi 29 avril 2014 à 16h42

International 

 

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a une nouvelle fois nié le caractère génocidaire des massacres d’Arméniens commis en 1915 par l’Empire ottoman, quelques jours après avoir présenté les condoléances de son pays aux descendants des victimes. « Ce n’est pas possible car s’il s’agissait d’un génocide, pourrait-il encore y avoir des Arméniens dans ce pays (la Turquie) ? « , a affirmé M. Erdogan dans un entretien diffusé lundi soir sur la chaîne de télévision américaine PBS.

« Nous sommes un peuple qui pense qu’un génocide est un crime contre l’humanité et jamais nous ne fermerions les yeux face à un tel acte », a-t-il ajouté.

Dans son discours hebdomadaire au Parlement mardi, M. Erdogan est revenu sur le sujet, exhortant l’Arménie à « faire preuve du même courage » que la Turquie. « La confrontation avec l’histoire et ses réalités n’est pas un devoir qui incombe uniquement à la République de Turquie », a-t-il affirmé.

La semaine dernière, le chef du gouvernement turc a pour la première fois présenté ses « condoléances » aux petits-enfants des victimes des massacres de 1915 et assuré qu’il respectait leurs « souffrances », à la veille de la journée officielle les commémorant.

Cette déclaration a été saluée comme un pas en avant vers la réconciliation entre la Turquie et l’Arménie, notamment par les Etats-Unis. Mais l’Arménie a rejeté les condoléances d’Ankara et réclamé son repentir et la reconnaissance du génocide, ce que les autorités turques refusent.

A un an du centenaire, l’initiative du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan est une première.

La Turquie a fait un geste en faveur de la communauté arménienne en adressant mercredi pour la première fois ses condoléances officielles aux descendants des victimes de ce drame, reconnu en tant que génocide par de nombreux pays.

« Nous souhaitons que les Arméniens qui ont perdu la vie dans les circonstances ayant caractérisé le début du XXe siècle reposent en paix et nous exprimons nos condoléances à leurs petits-enfants », a déclaré dans un communiqué le Premier ministre islamo-conservateur, Recep Tayyip Erdogan, la veille du 24 avril, considéré comme étant la date anniversaire du début du génocide arménien.

Une première

C’est la première fois qu’un responsable turc de ce rang se prononce aussi ouvertement sur les événements qui ont marqué les dernières années d’un Empire ottoman sur le déclin sans pour autant utiliser le mot « génocide » que la Turquie nie catégoriquement.

« C’est un devoir humain de comprendre et de partager la volonté des Arméniens de commémorer leurs souffrances à cette époque », selon le communiqué, qui ajoute : « On ne peut contester que les dernières années de l’Empire ottoman aient été une période difficile, générant des souffrances pour des millions de citoyens ottomans, turcs, kurdes, arabes, arméniens et autres, quelle que soit leur religion ou leur origine ethnique. » Dans son message, le Premier ministre évoque la nécessité d’une réconciliation entre Arméniens et Turcs. « La République de Turquie continuera d’aborder avec sagesse toutes les idées conformes aux valeurs universelles du droit. Mais se servir des événements de 1915 comme un prétexte pour être hostile envers la Turquie et les transformer en conflit politique est inacceptable », dit-il.

Le 24 avril 1915 avait donné le coup d’envoi du premier génocide du XXe siècle. Des centaines de milliers d’Arméniens de l’Empire ottoman, accusés de complot avec l’ennemi russe, avaient été déportés par le gouvernement turc pendant la Première Guerre mondiale, nombre d’entre eux ayant été tués (1,5 million, selon les Arméniens, 500.000 environ, selon les Turcs) et la plupart de leurs biens confisqués.

Un enjeu international

Le régime pourrait souhaiter ainsi tendre la main à la diaspora arménienne et aux pays qui accueillent et soutiennent les Arméniens avant la commémoration du centenaire du début de leur déportation en 2015. La Turquie risque de se retrouver alors dans une situation particulièrement inconfortable sur la scène internationale. Mais le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu a balayé l’analyse, affirmant à la presse que « la Turquie ne fait pas de déclaration sous la force des pressions. »

Même si l’Etat turc refuse d’attribuer toute volonté génocidaire au gouvernement ottoman de l’époque, le génocide est timidement commémoré par la société civile turque depuis quelques années alors que cette question constitue l’une des obstacles pour l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Même si pour une grande partie de la population turque il ne représente plus un tabou, le mot « génocide » provoque le courroux dans un pays où les victimes turques des nationalistes arméniens qui ont profité du démembrement de l « homme malade », l’Empire ottoman, se comptent en milliers dans l’Est anatolien.

Le Monde.fr avec AFP | 07.03.2014 à 07h59 • Mis à jour le 07.03.2014 à 08h18

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, le 6 mars 2014, à Elazig lors d'un meeting de son parti.

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, le 6 mars 2014, à Elazig lors d’un meeting de son parti. | AP/Burhan Ozbilici

Empêtré dans un scandale politico-financier, le premier ministre turc a menacé de faire interdire YouTube et Facebook en Turquie après les élections municipales du 30 mars, dans une interview diffusée jeudi 7 mars soir.

« Il y a de nouvelles mesures que nous prendrons dans ce domaine après le 30 mars […] y compris une interdiction [de YouTube et Facebook] », a déclaré Recep Tayyip Erdogan sur la chaîne de télévision privée turque ATV.

Depuis l’inculpation en décembre de dizaines de proches du régime, patrons, élus ou hauts fonctionnaires, soupçonnés de corruption, l’opposition exige la démission de M. Erdogan. Des conversations téléphoniques le mettant directement en cause dans les affaires de corruption sont publiées sur Internet, notamment sur la plateforme YouTube. Dans ces échanges dont l’authenticité n’a pas été définitivement établie, le premier ministre demande notamment à son fils de dissimuler plusieurs millions d’euros et de dollars dissimulés chez des proches ou évoque une commission jugée insuffisante versée par un groupe industriel.

Mercredi, le chef du gouvernement s’était une nouvelle fois indigné que sesconversations téléphoniques aient été écoutées, parlant de « montage immoral »et accusant ses rivaux de comploter pour renverser son gouvernement. En pleine campagne électorale, il a promis mercredi de quitter la politique si son parti ne gagnait pas les municipales, qui auront valeur de test pour son régime.

Le Parlement turc a déjà adopté, le 5 février, une série d’amendements controversés qui renforcent le contrôle de l’Etat sur Internet.

L'Allemagne ouvre la voie à la double nationalité pour les jeunes Turcs

L’Allemagne devrait permettre aux jeunes nés sur son sol de parents étrangers d’acquérir la double nationalité, en vertu de l’accord de gouvernement conclu entre conservateurs et sociaux-démocrates mercredi, une mesure destinée avant tout aux enfants d’immigrés turcs.

Promesse de campagne phare du Parti social-démocrate (SPD), l’introduction de la double nationalité dans un pays historiquement marqué par le principe du « droit du sang » a longtemps été rejetée par les conservateurs d’Angela Merkel.

Ils ont fini par céder en grande partie pendant les cinq semaines de négociations en vue de former un gouvernement de « grande coalition », qui se sont terminées mercredi à l’aube après un marathon de 17 heures.

Aux termes de l’accord, les personnes de parents étrangers qui sont nées et ont grandi en Allemagne pourront avoir deux passeports : l’allemand et celui de leurs parents.

En revanche, les personnes nées à l’étranger pourront être naturalisées, mais en renonçant à leur nationalité de naissance.

Par exemple, un jeune de 19 ans né en Allemagne de parents turcs pourra avoir la double nationalité, mais son père, en Allemagne depuis 20, 30 ans, voire plus, n’y aura pas droit, sauf s’il renonce à son passeport turc.

Le SPD, qui a bénéficié de la majeure partie du « vote turc » aux élections, souhaitait initialement adopter un principe général de droit à la double nationalité.

« C’est un signal clair » que nous avons lancé, s’est félicitée la chancelière Angela Merkel, tout en reconnaissant que cette décision n’avait « pas été facile » à prendre. « Nous disons ainsi que nous voulons ces jeunes. Ils font partie de notre société », a-t-elle ajouté.

L’Allemagne compte la plus grosse communauté turque hors de Turquie, avec quelque trois millions de personnes, dont un grand nombre sont nées en Allemagne.

De son côté, le dirigeant du SPD, Sigmar Gabriel, a souligné qu' »un tabou » avait été « brisé ». Les conservateurs ont fait preuve d' »un sacré courage » car leur position initiale était « diamétralement opposée » à l’accord trouvé, a-t-il insisté.

La Communauté turque en Allemagne (TGD), une des instances représentatives, s’est toutefois déclarée « très déçue » par cet accord qui ne change rien à la situation de la première génération de Turcs venus faire tourner les usines allemandes à partir de la fin des années 50.

« Les parents et grands-parents ont beaucoup fait pour ce pays. Cela aurait été une reconnaissance de leurs prestations », a regretté le président de la TGD, Kenan Kolat.

La mesure devrait mettre un terme au principe de « l’obligation de choix » (Optionspflicht) en vigueur depuis une réforme du code de la nationalité en 2000 qui, pour la première fois, avait introduit une dose de « droit du sol » en Allemagne.

Jusqu’à présent, les jeunes nés après le 1er janvier 2000, de parents étrangers mais vivant depuis au moins huit ans en Allemagne avec un permis de séjour illimité, disposent automatiquement de la double nationalité.

Mais entre leurs 21e et 23e anniversaires, ils doivent choisir et rendre l’un des deux passeports.

La loi entrée en vigueur en 2000 prévoit en outre que les enfants nés entre 1990 et 1999 peuvent demander la double nationalité, puis doivent eux aussi se décider avant leurs 23 ans.

Selon l’Office des statistiques, quelque 30.000 jeunes vont chaque année devoir se décider.

Dans un pays qui a longtemps refusé de se considérer comme une terre d’immigration bien qu’il compte 10,7 millions d’immigrés, l’accord conclu entre le SPD et les Unions chrétiennes CDU et CSU vise essentiellement les jeunes Turcs de la deuxième, voire de la troisième génération, surnommés les « Deutschtürken ».

Les citoyens de l’Union européenne et de la Suisse peuvent en effet obtenir la double nationalité après huit ans en Allemagne.

La double nationalité est également tolérée lorsqu’un citoyen ne peut pas perdre sa nationalité de naissance, comme quand il est iranien, marocain ou algérien -sauf cas exceptionnels-, par exemple.

AFP Publié le dimanche 14 juillet 2013 à 20h53 – Mis à jour le dimanche 14 juillet 2013 à 20h54

 

 

International Le Premier ministre turc islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, proche de M. Morsi, a affiché un soutien sans faille à son allié, qualifiant de « coup d’Etat » son éviction par l’armée. 

 

Des milliers de Turcs se sont rassemblés dimanche soir à Istanbul à l’appel d’un parti islamiste pour un meeting de soutien au président déchu égyptien Mohamed Morsi, au cours duquel un responsable des Frères musulmans a assuré que « la résistance continuera ».
« Le peuple égyptien est dans les rues par millions (…) Nos actions sont pacifiques mais nous continuerons de résister sans nous incliner, sans fléchir », a affirmé devant la foule Ibrahim Munir, secrétaire général de l’organisation internationale des Frères musulmans.
Les partisans de Mohamed Morsi manifestent depuis deux semaines pour exiger de nouveau le retour du premier président démocratiquement élu du pays. « Nous sommes pleinement convaincus qu’à la fin de cette résistance, ce sont le peuple, la paix et la liberté en Egypte qui seront les vainqueurs », a ajouté M. Munir, selon la traduction en turc de ses propos. A Istanbul, les manifestants, réunis par le Parti de la Félicité (SP) près des murailles byzantines de la ville, ont scandé des slogans tels que « nous sommes à tes côtés, Morsi » et « nous sommes tous des musulmans, nous sommes tous des frères », a constaté un photographe de l’AFP.
La foule, qui agitait de nombreux drapeaux égyptiens et palestiniens, a également conspué le général Abdel Fattah al-Sissi, ministre de la Défense et nouvel homme fort du pays depuis l’éviction de M. Morsi par l’armée le 3 juillet « L’Egypte a connu beaucoup de pharaons, mais pour chaque pharaon il y a un Moïse, pour chaque Sissi il y a un Morsi », a déclaré Selman Esmerer, président de la branche stambouliote du SP. M. Munir a pour sa part accusé les responsables du coup de force d’être les marionettes de puissances étrangères, qu’il n’a pas nommées.
« Ceux qui ont réalisé ce coup d’Etat ne l’ont pas commis cette traîtrise seuls, ils l’ont fait avec un soutien venant de l’étranger », a-t-il affirmé. La manifestation intervient alors que M. Morsi et d’autres membres de la confrérie islamiste des Frères musulmans étaient interrogés dimanche par la justice égyptienne, qui a décidé du gel des avoirs de 14 responsables islamistes, dans le cadre de l’enquête sur les violences sanglantes des dernières semaines.
Le Premier ministre turc islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, proche de M. Morsi, a affiché un soutien sans faille à son allié, qualifiant de « coup d’Etat » son éviction par l’armée. « En ce moment, mon président en Egypte est Morsi parce qu’il a été élu par le peuple », a déclaré samedi M. Erdogan.

Une Femen manifeste seins nus contre Erdogan

Source: Belga© afp.

Une militante du groupe féministe Femen a manifesté vendredi seins nus dans un aéroport d’Istanbul pour dénoncer la répression des récentes manifestations antigouvernementales en Turquie.

© afp.
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Vêtue d’un mini-short et portant des talons hauts, la jeune femme, qui sortait d’un avion en provenance de la capitale Ankara, s’est dévêtue dans le hall d’arrivée de l’aéroport Sabiha Gökçen, sur la rive anatolienne d’Istanbul et a exhibé une pancarte en forme de billet d’avion marqué « Erdogan, Istanbul-Kaboul ».

Devant les usagers de l’aérogare, la militante, prénommée Sarah, a crié en anglais « Istanbul – Kaboul pour Erdogan, libérez la Turquie » pendant plusieurs minutes, avant d’être interpellée par deux policiers en civil et une de leurs collègues en uniforme.

Les Femen « prient instamment, et avec amour, le peuple turc de ne pas plier face à la répression de Erdogan et de sa police », a commenté le mouvement féministe dans un communiqué adressé, « ne trahissez pas les idéaux de la révolution humaniste qui a débuté à Taksim !  »

La Turquie a été agitée le mois dernier par une vague de contestation politique inédite depuis l’arrivée au pouvoir de l’actuel gouvernement islamo-conservateur en 2002.

Parti d’une mobilisation contre la destruction d’un parc proche de la place Taksim d’Istanbul, sévèrement réprimée par la police, le mouvement s’est mué en fronde contre M. Erdogan, accusé de dérive autoritaire et de vouloir « islamiser » la société turque.

Plus de 2,5 millions de personnes sont descendues dans la rue pendant les trois premières semaines de juin, selon des estimations de la police.

Ces manifestations ont fait quatre morts et quelques 8.000 blessés, selon l’association des médecins turcs, et plusieurs centaines de personne sont été interpellées.

Le projet d’aménagement de la place Taksim annulé

Source: BelgaLa place Taksim à Istanbul, le 30 juin dernier. © afp.

Un tribunal d’Istanbul a annulé le projet d’aménagement urbain controversé de la place Taksim à l’origine de la fronde antigouvernementale qui a agité la Turquie pendant trois semaines, ont rapporté mercredi les médias turcs.

Dans sa décision, prise début juin mais dont les détails ont été révélés mercredi par plusieurs journaux turcs sur leur site internet, la 1ère Cour administrative a justifié son annulation, susceptible d’appel, par le fait que la « population locale » n’avait pas été consultée sur ce projet.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, principale cible des manifestants, avait annoncé au plus fort de la crise, le 14 juin, que son gouvernement islamo-conservateur respecterait la décision finale de la justice dans ce dossier et qu’il suspendait les travaux d’aménagement controversés de la place jusqu’à un jugement définitif.

La Cour a argumenté son jugement par le fait que « le plan directeur du projet viole les règles de préservation en vigueur et l’identité de la place et du Parc Gezi » qui la borde, selon le jugement cité par les quotidiens Zaman et Hürriyet.

Le 31 mai, la police turque était violemment intervenue pour évacuer quelques centaines de militants écologistes du parc Gezi qui s’opposaient à l’arrachage de ses 600 arbres dans le cadre d’un projet d’aménagement de la place Taksim.

Ce projet, défendu par le chef du gouvernement Erdogan et ancien maire d’Istanbul, prévoit la reconstruction d’une ancienne caserne ottomane à la place du parc et la construction de tunnels, aujourd’hui presque achevés, pour rendre la place piétonne.

La violence de cette intervention avait suscité la colère de nombreux Turcs et transformé le mouvement de défense du parc Gezi en vaste contestation politique contre le gouvernement, au pouvoir depuis 2002.

Selon des estimations de la police, quelque 2,5 millions de personnes sont descendues dans la rue de près de 80 villes pendant trois semaines pour exiger la démission de M. Erdogan, accusé de dérive autoritaire et de vouloir « islamiser » la société turque.

Le parc Gezi a été occupé pendant plus de deux semaines par des milliers de manifestants, qui en ont été délogés définitivement par la force le 15 juin.

Ces manifestations sans précédent ont fait quatre morts et près de 8.000 blessés, selon l’Association des médecins.

L’UEFA exclut Fenerbahçe et Besiktas des compétitions européennes

Source: Belga© getty.

Fenerbahçe a été exclu de la saison 2013/14 de la Ligue des champions et un autre club turc, Besiktas, privé de l’Europa League par l’instance de contrôle et de discipline de l’UEFA suite à des affaires de matches truqués, a annoncé mardi la Confédération européenne de football.

Le Steaua Bucarest qui était comme les deux clubs stambouliotes la cible d’une procédure disciplinaire, n’écope que d’une sanction avec sursis. Le club roumain, qui a bénéficié de « circonstances atténuantes » reste sous la menace pendant cinq ans d’une exclusion de Coupe d’Europe.

« Fenerbahçe n’aura pas le droit de participer aux trois prochaines compétitions de clubs de l’UEFA pour lesquelles le club se qualifierait, y compris la Ligue des champions 2013/14. L’interdiction pour la troisième saison est sujette à une période de probation de cinq ans », précise l’UEFA.

Deuxième du championnat turc, Fenerbahçe devait disputer le troisième tour préliminaire de la Ligue des champions et Besisktas les barrages de l’Europa League.

Le football turc avait été secoué en 2011 par une vaste affaire de corruption. Le président de Fenerbahçe, Aziz Yildirim, avait été condamné en juillet dans le cadre de cette affaire à six ans et trois mois de prison mais remis en liberté après un an de détention préventive.

Ce scandale sans précédent en Turquie a bouleversé le monde du football turc. Fenerbahçe avait été exclu par la Fédération turque de l’édition 2011-2012 de la Ligue des champions et Besiktas a rendu la Coupe de Turquie qu’il avait remportée en 2011.