Articles Tagués ‘Société’

Après un « dérapage » sexuel

Publié: 4 juin 2014 par estellavaras dans A contre-courant
Tags:, ,
Une opinion de Charles Delhez Publié le mardi 03 juin 2014 à 18h58 – Mis à jour le mercredi 04 juin 2014 à 19h40

Opinions Ouvrons les yeux après les événements du collège Saint-Michel. Beaucoup d’enfants sont éduqués très tôt, par Internet, à une sexualité hard. Et puis personne ne leur en parle… Une opinion de Charles Delhez, auteur, avec Armand Lequeux, de Le sexe et le goupillon (Fidélité 2010).

Les événements du collège Saint-Michel (1) ouvriront-ils les yeux à ceux qui préfèrent ne pas voir ? « Tout ce que vous ignorez de la sexualité de nos ados », titrait Le Vif/L’Express à la suite de ce dérapage. Mais comment peut-on l’ignorer, puisque les ados sont le reflet de cette société où, notamment, les sites pornos sont les plus visités. Beaucoup d’enfants sont éduqués très tôt, par Internet, à une sexualité hard et nourrissent leurs fantasmes sur écran.

Il ne s’agit pas, dans ces lignes, de juger quiconque, surtout pas des adolescents qui sont précisément à cette étape de leur vie où ils cherchent, parfois confusément, les valeurs qui orienteront leur existence. Je voudrais ici simplement interroger notre société : que leur offrons-nous ? Après une époque trop puritaine, qui était autant le fait des croyants que des libres-penseurs, nous en sommes arrivés à l’excès inverse. Je ne plaide pas pour un retour à « l’ordre moral », mais au « principe d’humanité » (J.-Cl. Guillebaud). Les anthropologues nous montrent que le passage de la société animale à la société humaine est marqué par l’interdit de l’inceste, c’est-à-dire par la régulation de la sexualité. Les règles matrimoniales sont parmi les plus étudiées par eux, car elles structurent la vie en société. Aujourd’hui, une dérégulation est évidente, alors que dans tous les autres domaines, nous n’hésitons pas à recourir à des normes de plus en plus nombreuses.

Ne peut-on expliquer cette anomie par l’absence de paroles à propos de la sexualité ? Qui ose encore parler du sens de la sexualité avec les ados ? Un groupe de mes étudiants s’est risqué à une petite enquête auprès de 70 personnes entre 18 et 24 ans : Pensez-vous que le rapport sexuel est un acte sacré ? 62,86 % ont répondu non. Seules 22,86 % avaient un avis positif. Le titre de leur travail était : « La banalisation du sexe en dehors du mariage et la perte de son caractère sacré ». Je me souviens encore de cet autre étudiant qui, pour montrer l’ouverture des catholiques, me proposait d’organiser une distribution de préservatifs. Je me suis permis de lui répondre que selon moi, la première question n’était pas « pour ou contre le préservatif », mais celle de l’éducation affective. La sexualité est-elle réduite à sa dimension ludique, fruit d’une pulsion que l’on assouvit, consiste-t-elle à se faire plaisir entre gens qui s’apprécient, ou est-elle l’expression de sentiments très forts et, finalement, d’un don de soi ?

On a déconnecté la sexualité de la procréation, la voilà maintenant trop souvent déconnectée des sentiments. Or, si elle ne se limite pas à la procréation, elle est cependant plus qu’une pulsion. L’originalité de l’être humain est d’accompagner ses gestes d’une parole. Ainsi qu’a pu l’écrire le pédopsychiatre Philippe van Meerbeeck, il est plus important de pouvoir dire ‘je t’aime’ que de faire l’amour. Il est aussi plus important de pouvoir donner un sens à cet acte, qui est à la fois expression de l’amour et don de la vie, que d’en bien maîtriser la technique.

La sexualité est un domaine mystérieux, sur lequel nous n’avons pas totalement prise. Pour utiliser la formule de Rudolf Otto concernant la religion, on pourrait dire que la sexualité suscite à la fois fascination – elle attire – et terreur – serai-je à la hauteur ? On ne s’étonnera donc pas que certaines cultures l’aient sacralisée (que l’on songe aux prostituées sacrées). Actuellement, hélas, elle est devenue « un sujet comme les autres » (85,71 %, selon la même enquête). En apparence, du moins.

La crise du sens est la plus grave de celles que nous traversons aujourd’hui. Un minimum de consensus social sur les grands sujets de l’existence humaine, tels l’amour et la mort, ne façonne plus notre culture. Du coup, plus personne ne se risque à prendre la parole. Et si ce « dérapage » nous délivrait de notre mutisme ?

(1) Je ne reviendrai pas sur les faits, parfois amplement déformés. Il suffit de se rappeler que lors d’une retraite spirituelle, une élève de 15 ans s’est livrée à des relations sexuelles avec plusieurs garçons.

 

Au Brésil, les clichés ont la vie dure…

Publié: 12 mai 2014 par estellavaras dans A contre-courant
Tags:

À un mois du coup d’envoi du Mondial, nous passons les clichés les plus répandus sur le Brésil au tamis des chiffres et des faits. Force est de constater que la réalité locale se trouve parfois bien éloignée de l’image d’Épinal…

 

1. Le pays des belles fesses et des petits bikinis

Dans l’imaginaire commun, les Brésiliennes sont un fantasme planétaire, ou presque. Désolé messieurs, mais dans la réalité, elles sont loin de présenter les mensurations de leur sculpturale compatriote Gisele Bündchen. Selon le Ministère de la Santé, 50,8% des Brésiliens sont en surpoids et 17,5% obèses. La restauration rapide, grasse et sucrée, a le vent en poupe dans un pays qui est pourtant le paradis des fruits ! Sur la plage, peu importe les rondeurs, les Brésiliennes sont adeptes du « fio dental » (fil dentaire), nom de ce bikini-string qui laisse les fesses visibles. Les hommes optent pour le short de bain moulant. À tel point qu’un bas de bikini plus couvrant et un short de bain plus large « trahissent » de suite les étrangers. Mais attention, si les plus fins bikinis sont la règle et les fessiers généreux appréciés, le topless reste inexistant et tabou. Le Brésil, un pays tantôt machiste tantôt libéral.

 

2. Le pays du Carnaval et de la samba

Chaque année, Rio de Janeiro accueille la plus grande fête populaire de la planète. Cinq jours durant en février ou mars, tout tourne autour des spectacles de rue et des écoles de samba. Le défilé, grandiose, a son arène réservée : le Sambodrome, une avenue de 800 m de long entourée de gradins. Mais Rio a de la concurrence dans le Nordeste, où les réputations du Carnaval de Salvador de Bahia ou de Recife (frevo, une musique sautillante et rapide) ne sont plus à faire. Le Carnaval dure « seulement » cinq jours par an et la samba reste l’une des multiples richesses du kaléidoscope musical du pays. Les Nordestins préfèrent le forró ou le Bumbá-Meu-Boi, célèbre aussi en Amazonie. Cette danse folklorique est au cœur de festivités géantes organisées en juin. La bossa-nova, le funk, le reggae ou les musiques afro-brésiliennes sont aussi très appréciées.

 

3. Les Brésiliens sont toujours de bonne humeur

Peuple très convivial, il en faut beaucoup pour mettre un Brésilien en colère. Plus patients, ils relativisent davantage sur les tracas du quotidien. Le jeitinho est un concept-clé, dont l’idée est de trouver un moyen d’arranger les choses dans un pays où la bureaucratie et la corruption sont légion. Au Brésil, il faut du temps pour faire les choses, mais en général, cela finit par fonctionner. Là est bien l’essentiel. Le jeitinho ne signifie pas que tout est considéré avec légèreté ni que l’on peut tout se permettre. Les Brésiliens critiquent leur système de santé, leurs transports en commun ou la corruption mais n’en restent pas moins indéfectiblement attachés à leur pays. Si vous y ajoutez un certain complexe vis-à-vis de pays plus développés, vous comprenez que les critiques venant de l’étranger sont mal perçues et considérées comme une leçon de morale plus que comme un élément constructif. La différence culturelle explique en partie les relations tendues entre un pays, qui a organisé le Mondial à sa façon, et la Fifa, qui a multiplié les critiques et cristallise aujourd’hui les rancœurs.

 

4. Le pays du football

Le foot est le sport numéro un au Brésil et les amateurs supportent souvent leur club avec passion. Mais il existe bel et bien des Brésiliens qui n’aiment pas ce sport, et beaucoup plus qu’on ne l’imagine ! Dans une enquête publiée en 2008, 43% des sondés déclaraient ne pas aimer le football. En 2011, dans un autre sondage, un quart des personnes affirmaient ne supporter aucun club. Dans une enquête réalisée à Rio et publiée début mai, 45% des interrogés affirment qu’ils ne supporteront pas le Brésil pendant le Mondial, et 22% d’entre eux déclarent ne pas apprécier le foot. Enfin, dans un sondage récent publié par l’hebdomadaire Veja, ils sont 12% à avoir organisé leurs vacances en juin, loin de l’agitation footballistique.

 

5. Life is a beach

Le Brésil offre un littoral de près de 7500 km et des plages par milliers. C’est un théâtre où les Brésiliens vont pour voir et être vus. La plage est le cœur de la vie sociale le week-end, notamment à Rio de Janeiro. Individus de toutes couleurs de peau et de toutes conditions sociales y convergent alors. Pourtant, les plages cariocas traduisent une certaine hiérarchie sociale. Les célèbres plages d’Ipanema et Copacabana sont divisées en douze posto, des repères géographiques. Il y a le posto des mères de famille, le posto gay, le posto de la jeunesse branchée, celui des surfeurs ou des jeunes de banlieue. Mais la plage n’est pas tout. São Paulo, capitale économique et agglomération aux 20 millions d’habitants ; Brasilia, la capitale fédérale ; et Manaus, la grande ville amazonienne ; ne sont pas situées en bord de mer. Et les habitants des immenses favelas des zones nord et ouest de Rio ne voient pas l’océan depuis leurs fenêtres…

 

6. Le Brésil c’est Rio, Rio est le Brésil

Capitale politique jusqu’en 1960 et carte postale aux splendides paysages, Rio de Janeiro tient une place à part dans l’imaginaire collectif. Quand on évoque son nom, l’esprit vagabonde de suite vers la statue du Christ Rédempteur, le Pain de Sucre et les splendides plages. Pourtant, si Rio reste une ville à part et un important centre, elle n’est plus aujourd’hui ni la capitale politique (Brasilia) ni la capitale économique culturelle ou gastronomique du pays – des rôles joués par sa meilleure ennemie, São Paulo. La région métropolitaine de Rio regroupe près de 12 millions d’habitants, quand le Brésil en compte près de 200 millions. Le Brésil ne se limite pas à Rio…

 

7. Tout est dangereux

Le thème de criminalité est l’un des sujets les plus débattus. Certes, les douze villes-hôtes du Mondial ont des taux d’homicides bien supérieurs à 5 pour 100 000 habitants, le seuil « tolérable » selon les Nations Unies. En 2013, Rio a connu un taux de 23,1 homicides pour 100 000 habitants. La situation est plus alarmante dans les métropoles du Nordeste comme Salvador (62) et Recife (57,1) ou en Amazonie, à Manaus (57,2). Toutefois, il convient de relativiser un peu ces chiffres : le Brésil n’est pas un coupe-gorge permanent ni en tout lieu. Il faut être vigilant et non paranoïaque. Les homicides concernent en majorité des jeunes de quartiers difficiles, où les touristes ne devraient pas se rendre. Pour éviter les vols, quelques comportements peuvent minimiser les risques. Il faut éviter de marcher dans des endroits déserts ou d’exhiber chaînes, montres et appareils photo de valeur. Il est conseillé de demander son chemin dans une boutique en cas de doute et de prendre des taxis dès la nuit tombée. En cas d’agression, il ne faut surtout pas réagir mais donner ses biens sans rechigner.

 

8. Pelé est une idole

L’Argentine a eu Maradona et le Brésil a eu Pelé. 1-1, balle au centre ? Aux yeux des Brésiliens, le « Roi Pelé » est évidemment le meilleur joueur de l’Histoire. Lui, l’homme de tous les records et de tous les superlatifs. Pelé c’est trois victoires en Coupe du monde et 1281 buts inscrits en 1363 matches. Il a fait rêver la planète par ses qualités balle au pied. Mais l’image de l’ancienne icône s’écorne avec la multiplication de ses déclarations polémiques. En juin dernier, tandis que des manifestations géantes secouent le pays, Pelé demande aux Brésiliens « d’oublier toute cette confusion » et « de ne pas mélanger les choses ». Immédiatement, le web s’enflamme et les critiques fusent. Au point de contraindre l’ancienne idole à faire volte-face et à soutenir les manifestations. En avril, la machine s’emballe de nouveau. Pelé déclare que le décès d’un ouvrier de 23 ans sur le chantier du stade de São Paulo « est un accident, ce sont des choses qui arrivent dans la vie», avant de se déclarer plus préoccupé par le « chaos » dans les aéroports du pays. Balle au pied, Pelé était et reste une idole. Devant les micros, c’est une toute autre affaire.

 

9. La caipirinha est la boisson nationale

À en croire les étrangers, ce cocktail à base de cachaça (eau-de-vie de canne à sucre) et de citron vert serait donc LA boisson nationale au Brésil. Pourtant, la cachaça n’est pas la boisson alcoolisée la plus consommée dans le pays. C’est la bière, plus légère et moins chère, qui occupe le haut du palmarès. Au Brésil, une bière digne de ce nom est servie bien fraîche. En 2009, un Brésilien a bu en moyenne 57 litres de bière sur l’année (22e rang mondial) quand un Belge en a bu 84 litres (12e rang). La cachaça arrive deuxième, et est dégustée soit pure soit dans une caïpirinha. Un Brésilien en consomme aujourd’hui environ 12 litres par an. Assez loin derrière, le vin rouge est la troisième boisson alcoolisée la plus consommée. Le Brésil se classe premier producteur mondial de cachaça – plus de 4000 marques existantes, et quatrième producteur mondial de bière.

 

10. Il fait toujours beau et chaud

L’été austral est résolument très chaud au Brésil mais qu’en est-il de l’hiver ? Les Diables Rouges, qui joueront leur premier tour à Belo Horizonte, à Rio de Janeiro et à São Paulo, s’en sortent plutôt bien de ce côté-là. Car les trois métropoles offrent des conditions climatiques proches en juin, avec peu de pluie et des températures variant entre 15°C et 25°C. Pour certains, la variété des climats sera bien plus complexe à gérer. Les sélectionneurs de la Suisse et de l’Angleterre ont exprimé leur mécontentement de jouer à Manaus, au cœur de l’Amazonie. Il y fait chaud et très humide toute l’année. Les Russes, habitués au froid, devront affronter la chaleur étouffante de Cuiabá (centre-ouest), souvent au-delà des 30°C, même en « hiver ». Les Russes changeront ensuite d’atmosphère à Rio pour leur match face à la Belgique avant de s’adapter à une troisième réalité pour leur troisième match, à Curitiba (Sud). Où le thermomètre pourrait descendre sous les 10°C et où il a neigé en 2013.

Depuis plusieurs jours, cette vidéo émouvante est disponible sur internet. Il s’agit d’une expérience réalisée par un jeune homme surnommé « Norni ». Près du pont de l’Alma à Paris, il simule un malaise. Mais selon son apparence, les réactions seront très différentes.

Au début de la vidéo, Norni se fait passer pour un SDF. Le constat est sans appel: malgré ses poignants appels à l’aide, les passants continuent leur chemin sans lui adresser le moindre regard.

A la fin de cette vidéo, il réitère l’expérience mais, cette fois, vêtu d’un costume. Au bout de quelques secondes, une foule s’amasse autour de lui, prête à lui porter assistance.

Contacté par le Huffington Post , l’auteur de cette vidéo explique avoir voulu mettre en avant « les contrastes ». « Je ne fais pas ça pour juger qui que ce soit, le but est de sensibiliser les gens. Moi-même je ne sais pas si je serais allé aider un SDF dans cette situation », avoue-t-il.

Lorsqu’il était déguisé en sans-abri, il explique s’être demandé « dans quel monde il vivait « . Sensibilisé par cette expérience, Norni déclare ne pas s’arrêter là. Il prévoit d’ailleurs dans le futur des vidéos sur la cause des femmes ou le racisme.

La Portugaise de 36 ans a été nommée entraîneur de Clermont, en 2e division française.

Nommée entraîneur de Clermont (2e division française), la Portugaise Helena Costa, 36 ans, devient la première femme entraîneur d’un club professionnel de football masculin en France.

« C’est une première en France. Et à ma connaissance c’est une première en Europe. Le seul cas comparable est celui de l’Italie où Carolina Morace avait pris un club de série C (Viterbese/3e niveau) en Italie », en 1999, a indiqué Brigitte Henriques, secrétaire générale de la Fédération française de football (FFF). Helena Costa succédera à Régis Brouard, entraîneur chevronné, qui quitte le club.

Clermont, présidé par Claude Michy, 65 ans, organisateur d’événements sportifs, a décidé de tenter ce pari, l’officialisant par un communiqué sans insister sur le sexe du nouvel entraîneur. « Le Clermont Foot 63 a choisi son nouvel entraîneur en la personne de Helena Costa, Portugaise de 36 ans. Helena Costa est passée par la formation de Benfica, ainsi que par le commandement des équipes féminines de Odivelas, puis des sélections du Qatar et de l’Iran, en plus de sa collaboration avec le Celtic Football Club en tant que recruteur », a indiqué le club.

Clermont souligne toutefois que «  cette nomination doit permettre de rentrer dans une nouvelle ère  ». Certains ne manqueront pas d’accuser Clermont d’un coup marketing, les résultats du club auvergnat (actuellement 14e de la 2e division et assuré du maintien) seront désormais scrutés à la loupe et des sponsors s’intéresseront sans nul doute à l’aventure.

 

 

Dirigeantes et arbitres

Les femmes sont de plus en plus présentes dans le milieu du football professionnel masculin.

Ainsi, l’ancienne nageuse olympique Patricia Amorim a présidé le club du Flamengo, considéré comme le plus grand club du Brésil ; Rosella Sensi avait succédé à son père à la tête de l’AS Rome ou encore Maria Teresa Rivero, grand-mère de 53 petits enfants, a longtemps dirigé le Rayo Vallecano en Espagne.

Par ailleurs, la Fifa permet depuis longtemps que les femmes arbitrent des rencontres masculines et Nelly Viennot en France ou Maria Luisa Villa en Espagne ont souvent dirigé des rencontres professionnelles

Le tronc commun à l’école en débat

Publié: 7 mai 2014 par estellavaras dans A contre-courant
Tags:,
Stéphanie Bocart Publié le mardi 06 mai 2014 à 17h43 – Mis à jour le mercredi 07 mai 2014 à 12h41

 

Belgique

A l’approche du scrutin du 25 mai, les partis politiques ont ficelé leur programme et fixé leurs priorités. Parmi celles-ci, l’enseignement obligatoire touche directement au devenir des plus jeunes et revêt de nombreux enjeux, dont celui du continuum pédagogique entre les niveaux primaire et secondaire.

Sous la plume de Dominique Grootaers, chargée de cours à l’UCL, le Centre de recherche et d’information sociopolitiques (Crisp) vient de publier un nouveau « Courrier hebdomadaire » consacré au « Tronc commun dans l’enseignement secondaire » (1).

Quatre filières

Actuellement, en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), l’enseignement secondaire est organisé en quatre filières : transition générale, transition technique, qualification technique et qualification professionnelle.

Les deux premières années du secondaire (le 1er degré) sont « en principe communes à l’ensemble des élèves , souligne Mme Grootaers. Le choix de l’orientation vers l’une ou l’autre filière ne se pose que lorsque l’élève entre en 3e année, au seuil du 2e degré » . Néanmoins, force est de constater que « l’orientation vers les filières technique et professionnelle en 3e secondaire n’est majoritairement pas le fruit d’un choix positif posé par des élèves âgés de 14 ans, mais résulte le plus souvent d’un processus de relégation basé sur l’échec et le redoublement, qui concerne des élèves âgés de 15 ou 16 ans » .

Revalorisation des filières qualifiantes, lutte contre l’échec scolaire,… Les acteurs de l’enseignement avancent des pistes multiples pour vaincre les inégalités scolaires et sociales. Nombreux sont ceux qui proposent ainsi de réformer le tronc commun, « certains en le maintenant dans ses limites actuelles du 1er degré, d’autres en le prolongeant jusqu’à la 3e, voire à la 4e secondaire » .

Dans sa publication, Dominique Grootaers évoque la position des différents acteurs de l’enseignement; nous nous limiterons à relayer celle des partis politiques.

Parmi les défenseurs d’un aménagement du système actuel, soit le tronc commun qui s’étend de la 1ère primaire à la fin de la 2e secondaire, on retrouve le CDH, Ecolo, le MR et le FDF.

Le CDH défend ainsi « un 1er degré davantage commun, par le renforcement de la formation commune, et davantage ouvert aux différentes formes d’intelligences et d’expressions » .

Pour favoriser l’orientation positive, Ecolo prône « une approche orientante » dans le cadre « d’un véritable tronc commun » jusqu’à 14 ans, associée à une formation pluridisciplinaire et à la valorisation des filières qualifiantes et des métiers auxquels elles mènent.

Le MR, lui, préconise « un 1er degré restauré dans son rôle de degré d’observation et un retour aux trois filières à finalité spécifique (générale, technique et professionnelle) » .

Quant au FDF, il souhaite « remanier le 1er degré de manière plus souple et plus flexible avec un véritable continuum pédagogique en vue d’assurer une orientation pertinente à 14 ans » .

Seul le PS veut allonger le tronc commun

Par contre, seul le PS défend actuellement le projet d’un allongement du tronc commun « au moins jusqu’à une 3e secondaire (15 ou 16 ans) » , en lui donnant « une dimension polytechnique en y introduisant des cours de technique et de technologie pour tous les élèves » .

Mme Grootaers conclut : « C’est sans doute le fait qu’elle suscite des craintes tant du côté des enseignants que celui des parents qui explique que l’option pour le traitement pédagogique et collectif de la diversité des élèves (NdlR : l’allongement du tronc commun) soit relativement peu partagée à l’heure actuelle. De son côté, le choix pour le traitement psychosocial et l’accompagnement individualisé des parcours problématiques (NdlR : l’aménagement du système actuel), sous couvert d’orientation positive, apparaît inscrit dans l’air du temps et rallie dès lors plus facilement les suffrages de l’opinion publique. »

Agression : Pourquoi ne réagit-on pas ?

Publié: 5 mai 2014 par estellavaras dans Société
Tags:

Ce mardi, à Lille, une mère de famille s’est fait agresser sexuellement dans le métro lillois pendant trente minutes. Aucun passager du métro, une dizaine selon le un commandant de la DDSP59 cité par le quotidien Le Figaro, n’a réagi. Pourquoi ? L’effet du passant. Apparemment.

 

Depuis les années 60 et le viol puis le meurtre devant des témoins de Kitty Genovese, une femme de 28 ans, à New-York, de nombreuses recherches en psychologie ont été lancées.

La psychologie sociale appelle cela l’effet du passant. La situation est incomprise, on a peur du risque et le groupe inhibe. Plus on est en groupe, plus on hésite. « Un être humain hésite. J’y vais, j’y vais pas. Il est un peu passif. C’est là qu’intervient le phénomène central : la contagion de groupe. S’il ne voit personne autour de lui qui bouge, cela va favoriser sa passivité. Si par hasard, quelqu’un se déclenche, il y a deux ou trois personnes qui vont le suivre, c’est la dynamique de groupe », explique Roland Coutanceau, psychiatre et criminologue. dans un reportage de France 2.

C’est dans ce but que le réalisateur belge Lucas Belvaux a souhaité réaliser le film « 38 témoins » pour sensibiliser les citoyens. « Parfois il suffit de dire « stop » ; « arrêtez ! » ; « Qu’est-ce que vous faites ? », s’approcher, faire un pas, sortir son téléphone, appeler la police. Il suffirait probablement qu’une seule personne se lève dans le métro pour que les autres accompagnent ».

J.B.

De l’utilité de la Guerre froide

Publié: 18 avril 2014 par estellavaras dans A contre-courant
Tags:, ,
Contribution externe Publié le vendredi 18 avril 2014 à 08h01 – Mis à jour le vendredi 18 avril 2014 à 08h01

 

Opinions 

Une opinion de Ian Buruma, professeur de démocratie, des droits humains et de journalisme au Bard College de New York et auteur de « L’an zéro: une histoire de 1945 ».

Les relations entre les pays occidentaux et la Russie ont rarement été aussi mauvaises qu’aujourd’hui, depuis l’intervention du président russe Vladimir Poutine en Ukraine et sa décision d’annexer la Crimée. Le président américain Barack Obama a toutefois tenu à assurer à la communauté internationale qu’il ne s’agissait pas du début d’une nouvelle guerre froide. Cela n’empêche pas certains Américains, qu’ils soient des libéraux bellicistes ou des conservateurs purs et durs, de comparer défavorablement la présidence d’Obama avec celles de présidents supposément plus coriaces, comme Dwight Eisenhower et Ronald Reagan.

Qu’importe qu’Eisenhower n’ait rien fait pour empêcher les tanks russes d’écraser l’insurrection hongroise de1956 ou que Reagan n’ait jamais eu l’intention de venir en aide aux militants de Solidarnosc lorsqu’ils défièrent le régime communiste au pouvoir en Pologne. Sous bien des aspects, la guerre froide facilita la tâche des présidents américains. Il n’existait alors que deux grandes puissances – l’émergence de la Chine n’est intervenue que récemment – et leurs sphères d’intérêt respectives étaient clairement définies.

Stalinisme, maoïsme et conservatisme

L’idéologie du pouvoir en Union soviétique était également claire : une version staliniste du communisme. Le stalinisme, comme le maoïsme en Chine, était en fait profondément conservateur. Son principal objectif était le renforcement du régime au plan intérieur et l’assujettissement des pays satellites à l’étranger. Si l’ennemi idéologique était le monde capitaliste, la menace immédiate était représentée par “les trotskistes”, “les révisionnistes” et autres “éléments réactionnaires” de la zone d’influence soviétique.

En période de crise, le nationalisme russe traditionnel était mobilisé pour servir les intérêts soviétiques. La Chine a suivi la même voie. Mao Zedong n’était pas un expansionniste impérialiste, au point de ne jamais demander aux Britanniques de restituer HongKong à la Chine. Le Grand Timonier a lui aussi inféodé le nationalisme chinois au meilleur des mondes communistes. Mais la situation a changé du tout au tout après la mort de Mao et l’effondrement de l’Union soviétique.

Le communisme, sous forme de l’idéologie dominante, a disparu en Russie et est devenu tellement dilué dans la Chine capitaliste qu’il n’en reste plus guère que les attributs symboliques – et un parti léniniste ayant le monopole du pouvoir. Cette évolution a créé un vide politique dans les deux pays. On a d’un côté un gouvernement russe qui tente de justifier une autocratie élue; et, de l’autre, la dictature du parti unique en Chine qui cherche à renouveler sa légitimité.

Le retour en grâce des philosophes oubliés

Des traditions anciennes, discréditées, ont subitement été remises au goût du jour. Poutine s’évertue à démontrer la supériorité de l’âme nationale russe en citant des philosophes à moitié oubliés, tandis que les autorités chinoises ont commencé à évoquer le confucianisme comme base de la nouvelle doctrine politique. Tous ces propos sont pour le moins boiteux. La grande majorité des Chinois, responsables du gouvernement y compris, n’ont qu’une vague connaissance des Classiques confucéens. Les autorités tendent à ne sélectionner que les citations qui confirment leur mainmise sur le pouvoir, soulignant des vertus “traditionnelles” telles que la soumission à l’autorité, mais négligeant le fait que la pensée de Confucius défend le droit à la rébellion contre des dirigeants injustes.

Les philosophes préférés de Poutine sont un pot-pourri de nationalistes mystiques qui voyaient la Russie comme une communauté spirituelle basée sur la foi orthodoxe, mais dont les idées sont par ailleurs trop diverses, et trop obscures, pour engendrer une doctrine cohérente. Leurs pensées ne correspondent même pas toujours à la ligne idéologique de Poutine. Pour le président russe, l’effondrement de l’Union soviétique a été une catastrophe majeure, ce qui ne l’empêche pas de citer abondamment Ivan Iline, un philosophe qui devint un opposant résolu du régime soviétique et qui fut banni et exilé en Europe occidentale par Lénine.

Il se peut que Poutine pense réellement que la Russie est un bastion spirituel face à la décadence d’un monde occidental corrompu par le matérialisme et l’homosexualité. Il se peut également que les dirigeants actuels de la Chine, dont les familles se sont enrichies par le biais de faveurs politiques, soient des étudiants convaincus de la pensée confucéenne. Mais les gouvernements russe et chinois encouragent une tendance difficile à gérer : le nationalisme basé sur le ressentiment.

« L’éducation patriotique » par le ressentiment

Le dogme maoïste a pour l’essentiel été remplacé en Chine par l’introduction de cours scolaires sur “l’éducation patriotique”, par ailleurs mise en exergue dans les musées d’Histoire et par toutes sortes de monuments. Les Chinois grandissent avec l’idée – pas entièrement fausse – que la Chine a été profondément humiliée par les puissances étrangères pendant plus d’un siècle, en particulier durant les guerres de l’opium du XIXe siècle et l’occupation brutale du pays par le Japon. Seule une Chine forte, sous la férule ferme du Parti communiste, est en mesure de protéger la population de nouvelles exactions.

En Russie également, Poutine manipule d’anciens griefs et l’idée reçue qu’un Occident pervers s’acharne à saper l’unité russe et à détruire son âme. Tout comme les dirigeants chinois, Poutine accuse les pays occidentaux de se liguer contre la Russie. Cette attitude, que l’on pourrait qualifier de paranoïaque, n’est pas complètement irrationnelle. Ces deux Etats, la Russie et la Chine, sont entourés de pays alliés des Etats-Unis. Et en portant l’Otan aux frontières de la Russie, l’Occident ne s’est pas vraiment montré sensible aux préoccupations de sécurité de ce pays.

Le problème que présente le nationalisme basé sur le ressentiment est qu’il entrave la diplomatie, basée elle sur des concessions de part et d’autre. Toute critique est rapidement perçue comme un signe d’hostilité ou de manque de respect. Des gestes malheureux de politiciens américains ou japonais sont aussitôt dénoncés comme “une insulte pour le peuple”. Une grande partie de cette rhétorique a bien sûr vocation à mobiliser l’opinion publique aux côtés de ses dirigeants autocratiques. Mais le nationalisme rancunier de ces régimes autoritaires a fait que les relations sont devenues plus difficiles à gérer qu’avec leurs prédécesseurs communistes, plus brutaux, mais moins imprévisibles. Compte tenu de l’extrême dangerosité d’une confrontation armée, la meilleure stratégie pourrait encore être celle préconisée par le diplomate américain George Kennan en1947, à savoir une politique de “l’endiguement” à l’égard de l’Union soviétique. Si la Chine et la Russie ne peuvent être traitées comme des pays amis, les situations conflictuelles peuvent être gérées en reconnaissant leurs intérêts et avec une vigilance constante.

Si, contrairement à l’opinion de M.Obama, nous sommes au seuil d’une nouvelle guerre froide, qu’il en soit ainsi. Le principe même de la guerre froide était d’empêcher une guerre “chaude”.

 

Copyright : Project Syndicate, 2014. http://www.project-syndicate.org

Malte ouvre la voie au mariage homosexuel

Publié: 15 avril 2014 par estellavaras dans Actualités
Tags:, ,

AFP Publié le lundi 14 avril 2014 à 23h19 – Mis à jour le lundi 14 avril 2014 à 23h20

International

La République de Malte, dont le Premier ministre est un travailliste, Joseph Muscat, a adopté lundi soir une loi autorisant les unions civiles, permettant ainsi aux personnes du même sexe de se marier, ont annoncé les médias maltais.

Lors d’un vote au Parlement de l’île, la loi a été adoptée à 37 voix pour, aucune contre, les 30 membres de l’opposition et membres du Parti nationaliste s’étant pour leur part abstenus.

Le chef de l’opposition, Simon Busuttil, a justifié le geste de ses troupes en précisant que si son parti n’était pas défavorable aux unions entre gays, il émettait en revanche des réserves sur l’adoption d’enfants par ces couples, ce que la nouvelle loi permettra.

La nouvelle a été accueillie dans la joie par un millier de militants favorables aux unions entre homosexuels, réunis sur la place centrale de la Valette, rapportent les médias locaux.

Le catholicisme est religion d’Etat à Malte, plus petit Etat de l’Union européenne.

Selon l’association internationale gay et lesbienne (ILGA), qui s’est réjoui de l’adoption de la loi, Malte est devenu lundi soir le 22e état européen à reconnaître les unions entre personnes du même sexe, et le 10e à leur permettre d’adopter ensemble des enfants

Stop à l’école de la médiocrité

Publié: 15 avril 2014 par estellavaras dans A contre-courant
Tags:, ,
Barbara Dufour, enseignante Publié le dimanche 13 avril 2014 à 19h21 – Mis à jour le lundi 14 avril 2014 à 11h35

 

Opinions La mixité sociale seule n’est pas la solution pour lutter contre les inégalités sociales à l’école. Cela passe aussi par un enseignement de qualité et des enseignants motivés et reconnus. Une opinion de Barbara Dufour, enseignante. Ces derniers temps, l’enseignement est associé, quasi systématiquement, aux inégalités sociales qu’il génère et à la mixité sociale qui serait « la » solution. Et personne n’évoque, même en filigrane, la qualité de l’enseignement. Pourtant, quand l’école n’offre pas une formation de qualité, qu’elle soit mixte socialement ou non, ce sont les moins privilégiés qui trinquent puisque, pour les plus favorisés socio-culturellement parlant, les familles compensent les manquements de l’école.

Or, pour le moment, on observe un manque de qualité dans l’enseignement. Les discours optimistes de nos dirigeants sur les résultats apparemment encourageants de nos jeunes n’y changent rien, les conséquences d’une école de la médiocrité sont bien là. Le taux de réussite en première année du supérieur est à la baisse(1) et la difficulté qu’ont les chefs d’entreprise de trouver de la main-d’œuvre adéquate est bien réelle.

Et qu’en est-il de la motivation des enseignants, indispensable à la qualité de l’enseignement ? Qui s’en soucie encore ? Certains voudraient nous faire croire que, pour être (un bon) enseignant, il suffit d’accumuler des jours d’ancienneté (c’est le nombre de jours prestés qui donne priorité pour une éventuelle nomination), de remplir des formulaires d’objectifs et de compétences acquises ou non acquises, de suivre 3 jours de formation par an. Comment peut-on assommer les enseignants de procédures et de contrôles et croire qu’ils vont continuer à être motivés ? Comment peut-on penser qu’on peut former des jeunes en appliquant des techniques pédagogiques sans avoir la flamme pour leur donner l’envie d’apprendre ? Comment peut-on penser qu’on est heureux d’enseigner en se faisant critiquer de toute part ? Le métier d’enseignant a perdu ses lettres de noblesse. Les enseignants ont perdu la reconnaissance indispensable à l’exercice de leur profession et de leur autorité.

Les conséquences sont palpables : nivellement par le bas, découragement des acteurs de l’enseignement, violence, difficultés de mettre en place des règles de vie commune, décrochage scolaire… Pendant ce temps, les cours privés, payants bien entendu, se multiplient.

Un défavorisé + un favorisé dans un enseignement sans qualité = un non qualifié et un qui s’en sort quand même grâce à la famille.

La mixité sociale seule, sans la qualité de l’enseignement, n’est pas une solution pour lutter contre les inégalités sociales.

La difficulté réside dans le fait qu’un enseignement de qualité est en général associé à de l’élitisme puisque ce sont souvent les plus favorisés qui, en comprenant les règles du jeu de l’école, s’en sortent le mieux, les autres restant sur le carreau. Le risque existe donc qu’une école exigeante fasse de la reproduction sociale, les enseignants sélectionnant ceux qui sont déjà bons et excluant les moins bons, passant alors à côté de leur mission de base : assurer la formation de (presque) tous les jeunes.

Mais alors, que faire ?

Faisons l’hypothèse que l’école a une mission d’ordre politique (non pas au sens de l’exercice du pouvoir mais au sens de l’organisation de la vie en communauté) : faire en sorte que chaque jeune trouve la place qui lui convient le mieux, selon son propre choix, posé en toute liberté et indépendamment de son origine socio-culturelle. Et disons-le haut et fort aux enseignants. Il ne s’agit pas seulement de former mais aussi de rendre les jeunes libres et responsables !

1. Stop aux programmes écrits dans un jargon incompréhensible pour le commun des mortels et aux programmes qui changent tout le temps… Cela nuit à la qualité de l’enseignement. L’approche par compétences a noyé l’essentiel de ce qu’il faut savoir à l’école. Finalement, que faut-il retenir ? Qu’est-ce qui est important pour la suite ? Mystère et boule de gomme… Nous voulons des programmes clairs et stables, avec une redéfinition des savoirs de base indispensables à notre société moderne, en particulier dans l’enseignement primaire.

2. Stop au bricolage didactique. Nous exigeons qu’on mette à notre disposition une très grande quantité d’outils d’enseignement et d’outils d’évaluation.

3. Stop au blabla stérile sur le sexisme à l’école, faisons revenir les hommes dans l’enseignement et les discriminations liées au genre diminueront certainement. Mais pour cela, il faudrait revaloriser la profession, et pas seulement en termes de salaire mais aussi en termes de reconnaissance du véritable métier d’enseignant.

4. Stop à une exigence excessive vis-à-vis de l’école. L’école ne peut pas tout faire toute seule, elle s’inscrit dans une société qui encourage les inégalités. Nous exigeons que ce qui est demandé à l’école en termes de justice sociale soit aussi exigé de la société : un accès à un logement décent, une politique volontariste en termes d’emploi, une justice fiscale, une régulation de notre hyperconsommation et de l’hypersexualisation présente partout…

5. Stop aux diktats des spécialistes en éducation. Nous exigeons de l’autonomie didactique et de la liberté d’action pour retrouver du souffle, de la motivation, de l’autorité, du désir d’élever des jeunes dans le respect de soi et des autres. Donnez-nous des objectifs clairs et faites-nous confiance pour les atteindre.

6. Mais en échange, que donnons-nous, nous, les enseignants ? La plupart donnent déjà beaucoup d’énergie, de temps, d’inventivité, d’ingéniosité… Mais probablement que cela ne suffit pas puisque, manifestement, notre enseignement ne va pas si bien que cela. Ne serait-ce pas le moment de repenser notre temps de présence à l’école ? Ne serait-ce pas le moment d’admettre que les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier et que leurs besoins sont différents ? Ne serait-ce pas le moment d’accepter que notre mission de formation dépasse l’instruction pure et dure ? Ne serait-ce pas le moment de s’ouvrir à plus de diversité, autant culturelle qu’intellectuelle ?

En conclusion, oui à plus de mixité sociale, à plus de justice, à moins de sexisme, mais pas sans un projet fort visant la qualité de l’enseignement et le respect des acteurs de terrain, et pas sans que la société entière se mobilise autour de ce projet. Ce sont les conditions essentielles pour que l’école retrouve son rôle d’ascenseur social et vive sereinement une indispensable mixité sociale, moteur de notre avenir.

 

 

(1) Fédération Wallonie-Bruxelles/ETNIC – 2012, Indicateurs 2012 – 29 – Taux de réussite en 1re année des étudiants de 1re génération dans l’enseignement supérieur en haute école et à l’université, (ressource 9631).

 

 

AFP Publié le lundi 17 février 2014 à 13h57 – Mis à jour le lundi 17 février 2014 à 14h02

International

 

 

Plus de 450 immigrés indiens travaillant au Qatar sont morts depuis deux ans, selon des chiffres officiels révélés par l’ambassade d’Inde. Le Qatar, pays hôte de la Coupe du monde 2022, est sous le coup de vive critiques sur la façon dont sont employés des migrants travaillant sur les chantiers liés à cet événement.

Les chiffres, transmis par l’ambassade d’Inde au Qatar en réponse à une démarche de l’AFP dans le cadre de la loi indienne sur le droit à l’information, détaillent le nombre de décès sur 2012 et les 11 premiers mois de 2013. En moyenne, 20 migrants sont morts chaque mois, avec un maximum de 27 en août 2013. Il y a eu 237 décès en 2012 et 218 jusqu’au 5 décembre 2013.

Les circonstances de ces décès ne sont pas fournies et l’ambassade n’a pas non plus rendu public les échanges qu’elle a pu avoir avec le gouvernement indien sur le traitement réservé à ses compatriotes au Qatar.

Un membre du comité exécutif de la Fédération internationale du football (Fifa), Theo Zwanziger, a reconnu le 13 février que la situation des travailleurs migrants employés sur les chantiers liés à la Coupe du monde était « inacceptable » et « horrible » mais que « retirer la Coupe du monde au Qatar serait tout à fait contre-productif ».

Le quotidien britannique The Guardian avait publié fin septembre une enquête répertoriant 44 morts entre juin et août sur un chantier du Qatar, ce que les autorités ont démenti.

Par ailleurs, 400 migrants népalais sont morts sur des chantiers de construction dans l’Etat du Golfe, a indiqué récemment le quotidien, sans donner de précision sur la période.

Le nombre d’Indiens au Qatar n’est pas connu précisement mais était estimé à environ 500.000 fin 2012.