Articles Tagués ‘racisme’

« Macaronis », « Marloufs », « Maçons poilus », « Boches »: une carte géographique fait polémique

BELGIQUE L’artiste montois Sébastien Laurent, à l’origine de cette carte, s’est voulu provocateur et cela fonctionne.

Le site Enseignons.be a mis en ligne une carte géographique bourrée de clichés sur les pays et les peuples, à but pédagogique, mais la polémique fait rage sur son côté « raciste » , peut-on lire jeudi dans les journaux de l’Avenir et de Sudpresse.

Cette carte géographique, proposée comme outil pédagogique aux professeurs de géographie via le site internet Enseignons.be, illustre chaque pays ou région par des « clichés » , certains « gentils » , d’autres « poussés à l’extrême » , peut-on lire dans la presse.

L’artiste montois Sébastien Laurent, à l’origine de cette carte, s’est voulu provocateur et cela fonctionne, sa carte faisant réagir de nombreux internautes et notamment le Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie (MRAX), qui estime que « cette reproduction et banalisation de tous les préjugés et stéréotypes habituels, ne relèvent en rien de l’humour » et a menacé d’entreprendre des poursuites en justice si la carte n’est pas retirée.

Les responsables du site internet, eux, relativisent et expliquent que « cela nous a semblé une bonne porte d’entrée pour aborder les questions de stéréotypes et de préjugés. Nous avons donc publié cette ressource pour nos membres en jouant sur l’humour » « Notre objectif n’était pas de choquer, ni d’inciter à la haine ou à la discrimination raciale. Et puis, cette carte est une œuvre d’art exposée dans une galerie. On peut l’analyser en classe comme n’importe quel tract du Front national. »

Du côté du cabinet de la ministre de l’enseignement obligatoire Marie-Martine Schyns, on réagit en indiquant que « la publication d’une telle carte est une maladresse » et on rappelle qu’il n’existe aucun lien entre Enseignons.be et la Communauté française.

Nouvelle suspension d’un candidat d’extrême droite pour racisme

Source: Belga© afp.

Un candidat du parti d’extrême droite FN aux municipales de 2014 en France a été suspendu pour racisme, a annoncé jeudi sa formation qui avait déjà écarté en octobre pour la même raison une autre postulante.

© legislatives2012.ouest-france.fr.

Jean-François de Brugière devait figurer en deuxième place sur une liste à Saumur dans le centre-ouest de la France. Il a été suspendu pour avoir soutenu une adolescente qui avait comparé la ministre de la Justice, Christiane Taubira, originaire de Guyane, à une « guenon », a précisé la fédération locale du FN.

L’ex-candidat avait transmis une lettre au journal Courrier de l’Ouest, reproduite sur le site internet de ce quotidien, dans laquelle il écrit notamment: « Les Français sont des millions à n’avoir rien trouvé à redire aux paroles de cette gamine de 11 ans à Angers… pas plus que de Tintin se baladant en Afrique ».

Fin octobre, cette adolescente, membre d’un groupe manifestant à Angers (ouest) contre le mariage homosexuel instauré par la ministre de la Justice, l’avait comparée à « une guenon ».

« Nous condamnons fermement les injures qui ont été tenues à l’endroit de la Garde des Sceaux », a expliqué le Front National, engagé depuis des mois sous la houlette de sa présidente, Marine Le Pen, dans une entreprise de dédiabolisation du parti afin de convaincre de sa légitimité à gouverner.

A la mi-octobre, le FN avait déjà suspendu dans le nord de la France une candidate aux municipales prévues en mars, Anne-Sophie Leclere, pour avoir tenu des propos jugés racistes visant également Christiane Taubira.

L’ONU condamne les « attaques racistes » contre Christiane Taubira

L'ONU condamne les "attaques racistes" contre Christiane Taubira
© AFP

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a fermement condamné, vendredi à Genève, les « attaques racistes » dont a fait l’objet la ministre française de la Justice, Christiane Taubira

« Nous condamnons les attaques racistes dont fait l’objet depuis plusieurs semaines la ministre française de la Justice, Christiane Taubira, et notamment la couverture d’un hebdomadaire d’extrême droite « Minute » publié mercredi 13 novembre avec la photo de la ministre accompagnée de la légende : ‘Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane' », a déclaré vendredi 16 novembre un porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme, lors d’un briefing à Genève.

Selon ce porte-parole, « l’intention raciste qui se cache derrière ce jeu de mots ne fait aucun doute, et ce malgré les protestations du magazine », qui affirme n’avoir utilisé que deux expressions françaises, « dont la seconde est familièrement utilisée pour décrire une personne en bonne forme ».

« Abus totalement inacceptables »

Le Haut-Commissariat dénonce aussi les autres attaques dont Christiane Taubira a été victime ces dernières semaines. Ces « abus totalement inacceptables perpétrés à l’encontre d’une responsable politique connue, en raison de sa couleur de peau, sont une manifestation claire de la montée du racisme, de la xénophobie et de l’intolérance à l’encontre des minorités ethniques ou religieuses et des migrants dans de nombreux pays européens », indique le Haut-Commissariat.

L’agence de l’ONU rappelle encore les recommandations adressées à la France par le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale, qui lui demande d’utiliser tous les moyens possibles pour contrer une vague croissante de racisme et de xénophobie. Le Haut-Commissariat avait déjà condamné en juillet dernier les attaques racistes similaires contre la ministre italienne de l’Intégration,Cécile Kyenge.

Quelques semaines plus tôt, Christiane Taubira avait été comparée à une guenon par une ex-candidate du Front national aux municipales – exclue depuis par son parti – et par une fillette faisant partie d’un groupe opposé au mariage gay.

Harry Roselmack : « la France raciste est de retour »

Publié: 5 novembre 2013 par gandibleux dans Actualités, Europe, Monde
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LE MONDE | 04.11.2013 à 20h31 • Mis à jour le 05.11.2013 à 14h19 | Par Harry Roselmack (Journaliste) Le journaliste Harry Roselmack.

Depuis longtemps, la France joue au bras de fer. Sa République contre sa société. Ses idéaux face à son quotidien. Deux forces opposées, en équilibre précaire, comme ces poignées de mains tenues en équerre par des biceps gonflés à bloc. La République, née de la révolution contre les privilèges, s’est dotée d’un triptyque impossible pour tordre le bras à la nature même des hommes : liberté, égalité, fraternité pour en finir avec la division, le rapport de force, l’assujettissement de l’autre. C’était sans compter l’homme derrière le citoyen. Cet insoumis refuse tous les diktats, et surtout ceux qui ambitionnent d’imposer de bons sentiments. Jamais, ni sous la terreur du Comité de salut public de ses débuts sanglants, ni après la tentative de Mai 68, la République ne parvint à l’égalité, la liberté et la fraternité.

Il y a pourtant une chose que la République a su créer : un sentiment d’appartenance et d’attachement national chez des gens de classes sociales différentes, de cultures différentes, de couleurs différentes. Je me vois peu, mais je ne me vois pas Noir. En tout cas, je ne me qualifie pas comme tel, en général. Je suis d’abord un homme, un fils, un frère, un mari et un père, un citoyen, un journaliste, un passionné et… oui, oui, c’est vrai, je suis noir. La République, son slogan et ses lois parviennent, la plupart du temps, à me le faire oublier.

« ME VOILÀ RAMENÉ À MA CONDITION DE NÈGRE »

Et voilà qu’une minorité grandissante qui se présente comme gardienne ou salvatrice de cette République française vient briser cette prouesse cocardière. Me voilà ramené à ma condition nègre. Me voilà attablé avec d’autres Noirs parce qu’ils sont noirs. Et me voilà en train de m’offusquer d’une idiotie qui ne m’atteignait guère : le racisme. Parce que l’expression de ce racisme, dans la bouche d’une candidate Front national aux municipales (exclue depuis), était primaire, parce qu’elle recourait à une iconographie profondément choquante qui niait au nègre le statut d’être humain, elle m’a amené à m’interroger, en tant que Noir d’abord, en tant que citoyen, fils, père et mari ensuite.

La France sursaute en se découvrant communautarisée, mais ce que je décris témoigne du fait que le communautarisme en France n’est ni naturel ni spontané. C’est une réaction née d’une duperie : le hiatus congénital entre la promesse républicaine et la réalité de la société française.

En vérité, le « dérapage » d’Anne-Sophie Leclere n’est pas pour me déplaire. Parce qu’il n’est pas qu’un dérapage, il est l’expression, peu reluisante, d’une vision du monde partagée au sein du Front national. S’il est faux de dire que tous les électeurs et militants du FN sont racistes, il était tout aussi faux de dire qu’il n’y a pas de racisme dans ce parti. La xénophobie, le racisme en constituent même le ciment essentiel. Et il n’est pas inutile que son vernis républicain, grossier maquillage dont Marine Le Pen le badigeonne consciencieusement, s’écaille de temps en temps.

« Y’A BON BANANIA »

Ce qui me chagrine, c’est le fond de racisme qui résiste au temps et aux mots d’ordre, pas seulement au sein du FN, mais au plus profond de la société française. C’est un héritage des temps anciens, une justification pour une domination suprême et criminelle : l’esclavage et la colonisation.

Mais ce racisme a laissé des traces et, si on était capable de lire l’inconscient des Français, on y découvrirait bien souvent un Noir naïf, s’exprimant dans un français approximatif, et dépourvu d’Histoire ou, tout du moins, d’oeuvre civilisatrice. Une vision que certains cultivent aujourd’hui encore, à leur corps défendant parfois. Combien de fois ai-je dû expliquer à un restaurateur ou même à un camarade que les vieilles affiches « Y’a bon Banania » qu’ils accrochent à leurs murs ne peuvent pas être regardées qu’avec amusement ou nostalgie. Comme certains albums de bande dessinée qui ont égayé notre enfance, elles laissent des empreintes d’un autre temps dans nos imaginaires.

Tant que l’on laissera ces peaux de Banania traîner dans nos cerveaux, des glissades et dérapages vers l’injure raciste sont à craindre. Surtout par les temps qui courent, avec cette crise qui alimente la xénophobie de son bien étrange carburant : la jalousie envers plus mal loti que soi.

Harry Roselmack (Journaliste)

Un G.I. prend la défense d’un musulman victime de racisme

Capture d’écran. © ABC.

Un soldat américain, filmé par des caméras cachées, a eu une réaction  extraordinaire face à un faux client qui critiquait le serveur, de confession musulmane.

Cette séquence est tirée de l’émission « What Would You Do? » diffusée sur ABC. Le principe repose sur une séquence en caméras cachées dans laquelle les gens font face à des dilemmes éthiques contre lesquels ils s’indignent ou, à l’inverse, n’agissent pas.

Un soldat américain n’a pas hésité longtemps à réagir aux propos outranciers d’un faux client qui refusait de se faire servir par le serveur. « C’est un musulman » argue-t-il. Une réflexion qui a déplu au G.I.. « Nous vivons aux Etats-Unis, il a le choix de sa religion », rétorque-t-il. « C’est pour cette raison que je porte cet uniforme pour permettre à n’importe qui de vivre librement dans ce pays ».

« Vous êtes-vous battu contre ces types? », demande le client. « Pas pour le moment. Je commande un sandwich », répond le soldat, agacé, mais contenu. Il ne se retiendra pas plus longtemps: « Tu achètes tes chips et tu dégages », lance-t-il. Un ordre que le jeune homme ne suit pas. Pire, il en rajoute. « Dégage. Dépose tes chips et va les acheter ailleurs », insiste le G.I.

L’arrivée de l’équipe de tournage concluera cette séquence au terme de laquelle le soldat, soulagé d’avoir été confronté à deux acteurs, réfutera avoir eu des propos « héroïques ». « Tout le monde dispose de droits identiques. Peu importe que vous soyez musulmans: si vous êtes Américain, vous êtes Américain ».

 

 

Trois clubs sanctionnés pour chants racistes en Europa League

Source: Belga© ap.

L’Union européenne de football (UEFA) a pris des sanctions à l’égard de trois clubs suite à la mauvaise conduite de leurs supporters lors des matches d’Europa League: le hongrois Honved Budapest et les polonais Lech Poznan et Piast Gliwice.

Le comportement et les chants racistes de ses fans enregistrés lors du match du 2e tour préliminaire contre Vojvodina (Serbie) ont coûté cher au Honved Budapest. Déjà en sursis, le club hongrois devra disputer ses deux prochains matches à domicile à huis-clos. Il s’est vu en outre infliger une amende de 50.000 euros.

Outre le comportement et les chants racistes, les supporters de Lech Poznan et de Plast Gliwice avaient déployé une banderole raciste. Du coup, les deux clubs polonais devront fermer la tribune contenant les ultras lors de leur prochaine rencontre européenne et s’acquitter d’une amende de 5.000 euros. Les faits incriminés ont été relevés respectivement contre Zalgiris et Qarabag des rencontres comptant pour les 3e et 2e tours préliminaires de l’Europa League.

Comme ces trois clubs sont éliminés, ils purgeront leurs peines lors de leur prochaine campagne européenne.

L’instance dirigeante du football européen a tenu à rappeler qu’elle « applique une politique de tolérance zéro envers le racisme et la discrimination sur le terrain et dans les tribunes »

Peines de 40 jours à 2 mois pour les chants racistes contre Boateng

(Vidéo a voir: dans la rubrique « racisme dans le sport » sur jesaisdoncjesuis.com)
Source: Belga© epa.

Les six tifosi du club de football Pro Patria ayant adressé des chants racistes au joueur germano-ghanéen de l’AC Milan, Kevin-Prince Boateng, en janvier, ont été condamnés mercredi à des peines allant de 40 jours à deux mois de prison.

Ils ont également été condamnés à dédommager les parties civiles, la Lega Pro (Ligue de troisième division) et la commune de Busto Arsizio, où se jouait le match. Les six tifosi devront payer en tout 10.000 euros, ainsi que les frais de procédure.

L’autre international ghanéen du Milan, Sulley Muntari, doit lui payer une amende de 500 euros pour n’avoir pas témoigné au procès, malgré plusieurs convocations.

Le 3 janvier dernier le match amical entre Pro Patria (Lega Pro) et l’AC Milan (1re division) avait été interrompu, Boateng ayant quitté le terrain, excédé par les cris racistes, suivi par son équipe.

La FIFA durcit les sanctions contre le racisme

Source: Belga© photo news.

Le Congrès de la Fédération internationale de football (FIFA) a adopté une résolution durcissant les sanctions en cas de racisme, avec notamment retrait de points ou des compétitions ou relégation, vendredi à l’Île Maurice.

Le Congrès a voté en faveur de cette résolution avec 204 voix pour, 1 contre (sur 207 votants autorisés sur les 209 membres de la FIFA).  « Pour une première infraction ou une infraction mineure, l’avertissement, l’amende et/ou le huis clos doivent être prononcées », précise ce texte, formulé par un comité de réflexion de la FIFA contre le racisme.

« Pour une récidive ou une infraction grave, la déduction de points, l’exclusion d’une compétition ou la relégation devraient être prononcées », ajoute cette résolution. « En outre, toute personne (joueur, officiel, arbitre, etc…) commettant pareille infraction doit se voir infliger une suspension d’au moins cinq matches assortie d’une interdiction de stade », conclut le volet sanctions de cette résolution.

Il fait expulser une supportrice raciste

Adam Goodes, un joueur de football australien d’origine aborigène, a fait expulser une supportrice raciste. « Tu es un singe », a-t-il entendu depuis les tribunes.

« C’était vraiment très humiliant pour moi. Entendre une ado de 13 ans vous insulter de singe… Ce n’est pas la première fois que ça arrive. Quand j’ai entendu cette phrase, je me suis retournée et j’ai vu que c’était une jeune fille. Je me suis demandé: « Comment cela peut-il encore arriver? »

Adam Goodes, joueur de football australien des Sydney Swans, n’a pas supporté se faire insulter de singe par une ado de 13 ans. Les agents de sécurité du stade ont immédiatement expulsé la jeune fille de l’enceinte. Entretemps, elle s’est excusée par mail et par téléphone.

La maman: « c’est ridicule »
« Elle n’a pas été bien éduquée. Elle a écrit: Je m’excuse de m’être comportée comme une raciste. Je ne voulais pas te blesser. La prochaine fois, je vais réfléchir à deux reprises avant de dire quelque chose« , poursuit Adam Goodes.

La maman de la jeune fille n’a pas apprécié le traitement réservé à son enfant. « Elle a eu très peur. La police l’a entendue pendant plus de deux heures parce qu’elle a dit: Tu es un singe. C’est ridicule », ajoute la maman dans Sunday Herald.

VIDEO:

Dix matches de suspension pour les auteurs d’actes racistes

Source: Belga© photo news.

L’UEFA imposera dix matches de suspension aux auteurs d’actes racistes, joueurs ou dirigeants, durant des matches de football européen, a annoncé jeudi le secrétaire général de l’organisme, Gianni Infantino, lors d’une conférence de presse à Londres.

Lorsque des supporters se rendront coupables de comportements racistes, le stade concerné sera frappé d’une fermeture partielle à la première infraction et d’une fermeture totale et d’une amende de 50.000 euros en cas de récidive.

Le comité exécutif de l’UEFA a incité les fédérations nationales à prendre des mesures similaires, sans toutefois les leur imposer. « L’UEFA a toujours essayé de convaincre les gens plutôt que de les contraindre », a déclaré Infantino. Les mesures entreront en vigueur le 1er juin.