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Les femmes, premières victimes des révolutions arabes

Les femmes, premières victimes des révolutions arabes
© Khaled Desouki/AFP

La Thomson Reuters Fondation publie son classement sur le droit des femmes dans les pays arabes. En queue de classement, l’Égypte, où, comme dans les autre pays du Printemps arabe, la condition des femmes s’est détériorée depuis la Révolution.

Les Printemps arabes ont fait tomber des dictatures. Mais pour les femmes, ils ont apporté de nouveaux dictats. Dans une étude publiée mardi, la Thomson Reuters Fondation établit un classement d’experts sur les droits de la femme dans les 22 pays de la Ligue arabe.

CLASSEMENT THOMSON REUTERS FONDATION

Les droits des femmes dans les pays arabes:

22. Egypte
21. Irak
20. Arabie Saoudite
19. Syrie
18. Yémen
17. Soudan
16. Liban
15. Territoires palestiniens
14. Somalie
13. Djibouti
12. Bahreïn
11. Mauritanie
10. Emirats arabes unis
9. Lybie
8. Maroc
7. Algérie
6. Tunisie
5. Qatar
4. Jordanie
3. Koweït
2. Oman
1. Comores

 

En tête de classement, les Comores, archipel de l’océan Indien, où les femmes occupent 20 % des postes ministériels, où la contraception est largement acceptée, et où les femmes sont le plus souvent les bénéficiaires des biens du foyer après un divorce ou une séparation.

L’Égypte arrive en queue de peloton, juste après l’Arabie saoudite où les Saoudiennes n’ont pas le droit de conduire et doivent demander l’autorisation de se déplacer ou de travailler à une « autorité masculine ».

L’Égypte, championne du harcèlement
Être une femme en Égypte et ne pas avoir subi de harcèlement sexuelrelève du miracle : 99,3 % des Égyptiennes ont été victimes d’un abus au moins une fois dans leur vie, selon un sondage publié en 2013 par une commission de l’ONU. Un chiffre qui fait froid dans le dos et qui contribue à faire de l’Égypte le pire des pays arabes où vivre en tant que femme.
« L’acceptation sociale du harcèlement quotidien touche chaque femme en Égypte, en dehors de toute considération d’âge, de catégorie socio-professionnelle, de statut social, marital, quelle que soit leur manière de s’habiller ou de se comporter », constate Noora Flinkman, chargée de communication de HarassMap, un groupe d’activistes au Caire qui fait campagne contre le harcèlement.
L’Égypte se distingue dans toutes les catégories : harcèlement sexuel, mutilations génitales, violences morales, mariages forcés, lois discriminatoires, trafic humains, taux d’alphabétisation… 91 % des femmes – sur un total de 27,2 millions – y sont mutilées selon l’Unicef ; seul Dijbouti fait pire avec 93 %.
La dictature religieuse
 
En Égypte, comme dans les autres pays des Révolutions arabes, le tournant post-dictatorial a porté un sérieux coup aux droits des femmes. Elles avaient pourtant été parmi les premières à se mobiliser, manifestant pour la fin des dictatures, pour plus de libertés, plus de droits. Pour elles, la démocratie ne pouvait naître que de l’égalité entre les sexes.
Mais trois ans après, elles sont les premières à en subir les conséquences et les dictats religieux ont remplacé les dictatures politiques. La montée de l’islamisme et le maintien du patriarcat comme principe structurant de leur société ont été un frein sévère à l’amélioration de leurs droits. D’après le classement de Thomson Reuters Fondation, trois des cinq pays ayant participé aux printemps arabes – Égypte, Syrie et Yémen – font partie des cinq pays les moins bien classés. La Libye arrive 9e du classement et la Tunisie 6e.
En Égypte, l’arrivée au pouvoir des Frères Musulmans et l’élection de l’islamiste Mohamed Morsi a légèrement amélioré la représentation des femmes en politique, mais elle n’a, dans l’ensemble, fait qu’aggraver leur condition. « On a dégagé Moubarak de son palais présidentiel mais on doit toujours dégager le dictateur qui habite nos esprits et nos chambres à coucher », a déclaré l’éditorialiste égyptienne Mona Eltahawy dans le rapport. En juin dernier, lors des manifestations anti-Morsi, 91 femmes étaient encore abusées en public sur la place Tahrir au Caire, selon Human Rights Watch(HRW).
 
Les Tunisiennes peinent à maintenir leurs acquis
Les Tunisiennes aussi se sentent menacées, alors que la Tunisie était l’un des états les plus progressistes du monde arabe. En 1956, le Code du statut personnel (CSP) proclamait « le principe de l’égalité de l’homme et de la femme » sur le plan de la citoyenneté, interdisant la polygamie et la répudiation et autorisant le divorce et l’avortement, 19 ans avant la loi Veil en France.
Mais les islamistes d’Ennahda, au pouvoir depuis 2011, prônent le retour des valeurs traditionnalistes. Le rapport avance même que, si 27% des députés sont des femmes, la polygamie bien qu’illégale s’y répandrait. Par ailleurs, les lois sur l’héritage ont tendance à favoriser les hommes. L’enquête note également que les abus domestiques et viols conjugaux sont  rarement punis. « Bien qu’elles soient les victimes, les femmes se sentent souvent honteuses et ont tendance à se rendre responsable des viols et violences domestiques dont elles font les frais », regrette Christine German, de l’Initiative Munathara, un forum de débats indépendants.
Une affaire de femmes ?
Les plus optimistes notent cependant que les révolutions arabes ont permis de démocratiser la question du droit des femmes qui était jusqu’alors réservée à une élite.  « Les droits des femmes n’étaient débattus que par la crème de la crème des femmes de la société égyptienne. Mais avec la Révolution, ces questions sont descendues dans la rue et ont été discutées par des femmes ordinaires ou illettrées », explique Nihad Abul Komsan, directrice du centre égyptien pour le droit des femmes. Ce n’est pas rien dans un pays où 37 % d’entre elles sont analphabètes, selon Reuters Fondation. Reste que le droit des femmes n’est pas juste une affaire de femmes.  

 

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AFP

Mis en ligne le 02/06/2013

La Haute cour constitutionnelle a jugé non constitutionnels la loi ayant régi l’élection du Sénat ainsi que les critères de sélection des membres de la commission constituante.

La justice égyptienne a invalidé dimanche le Sénat dominé par les islamistes, qui assume le pouvoir législatif en l’absence d’Assemblée, ainsi que la commission qui a rédigé une Constitution controversée adoptée en décembre, ont annoncé les médias officiels.

La Haute cour constitutionnelle a jugé non constitutionnels la loi ayant régi l’élection du Sénat ainsi que les critères de sélection des membres de la commission constituante, selon l’agence officielle Mena.

Le président de la cour, Maher al-Beheiry, a affirmé que le Sénat pouvait rester en place jusqu’à l’élection d’un nouveau Parlement, mais qu’il ne devait pas légiférer, ont précisé des sources judiciaires.

Plusieurs plaintes faisant état d’irrégularités dans le mécanisme électoral avaient été déposées contre le Sénat dominé par les islamistes, qui assume le pouvoir législatif jusqu’à l’élection d’une nouvelle Assemblée du peuple, la précédente ayant été dissoute sur ordre de la justice.

La commission constituante, également dominée par les islamistes, avait aussi fait l’objet de plusieurs plaintes, car accusée d’avoir rédigé un texte non représentatif de tous les Égyptiens. L’instance avait été boycottée par les libéraux, la gauche et les représentants de la communauté chrétienne.

Les conséquences de l’invalidation de cette commission n’étaient pas encore claires dans l’immédiat.

 

 

 

Les Inrocks

 

 

Dans le pays qui lança le printemps arabe, les noirs s’organisent pour défendre leurs droits.

Tunis, 21 mars. À l’occasion de la journée internationale pour l’élimination des discriminations raciales, se tient un colloque : “Les noirs en Tunisie, visibles… invisibles”.

L’intitulé peut sembler banal, mais c’est une véritable révolution dans un pays maintenu pendant des décennies dans l’illusion de son homogénéité et qui, depuis son indépendance et la présidence de Bourguiba, cultive une “tunisianité” interdisant toute référence au fait minoritaire : le racisme était jusqu’ici un immense tabou.

À l’origine de l’événement, l’association ADAM, première association de défense des droits des noirs jamais créée en Tunisie. Bien qu’absents des sphères dirigeantes, les noirs constitueraient 15% de la population (soit plus que les Afro-Américains aux Etats-Unis). Leur présence en Tunisie est ancienne, tous ne sont pas des descendants d’esclaves, de générations  de commerçants et de migrants venus d’Afrique subsaharienne au fil des siècles et qui ont donné naissance aux citoyens noirs actuels.

“Alors que je manifestais pendant la révolution, on m’a dit ‘Qu’est-ce que tu fais là ?’”

L’universitaire noire Maha Abdelhamid est la cofondatrice de cette association, née du tourbillon révolutionnaire. Elle me reçoit dans la maison familiale de Gabès dans le sud où les noirs sont plus nombreux :

“Les discriminations, on en n’en parlait qu’entre nous ! Après la révolution, mes amis et moi avons lancé une page Facebook pour dénoncer les propos racistes. Puis vint celle de Taoufik Chahiri, l’actuel président d’ADAM, qui invitait les gens à raconter leurs expériences personnelles”.

Par centaines, les internautes s’insurgent contre le vocabulaire raciste qui empoisonne les médias et la vie quotidienne, comme le mot oussif (esclave domestique), courant pour désigner les noirs. La majorité d’entre eux exprime leur ras-le-bol d’être perçus comme des étrangers : “Alors que je manifestais pendant la révolution, on m’a dit ‘Qu’est-ce que tu fais là ? C’est pour les Tunisiens’ !” se souvient-elle. Son cousin Ahmed salarié d’une société d’ameublement rapporte, agacé, les “plaisanteries” de ses collègues :

“Lors de conversations anodines sur la crise j’ai droit à des commentaires comme ‘on va rétablir l’esclavage, les noirs ne seront plus au chômage’”.

Sur les réseaux sociaux, des textes demandant des lois pour encadrer les actes et propos racistes apparaissent et l’association naît en 2012.

“Vous divisez la Tunisie !”

À Tunis, la manifestation organisée par ADAM mêle tables rondes et interventions artistiques. Sur l’avenue Bourguiba se produit un groupe de Taïfa, musiciens noirs venus du sud du pays. Après la prestation, les militants sont pris à partie par une demi-douzaine de Tunisiens dits “blancs”, visiblement offensés : “Il n’y a pas de racisme en Tunisie ! Où vois-tu la discrimination ? Vous divisez la Tunisie !”. C’est le déni endémique, que dénoncent inlassablement les antiracistes tunisiens. Dans la cohue, quand Sofiene, juriste et membre d’ADAM, est apostrophé directement en français – “Quel est le problème ?” –, il répond en arabe, d’un ton las : “C’est ça le problème !”. Il est tunisien et, parce qu’il est noir, on s’adresse à lui comme à un étranger.

Les tables rondes évoquent le racisme structurel lié à l’histoire de la Tunisie. Aujourd’hui encore, certains actes de naissance comportent la mention atig (affranchi) suivi du nom du “maître” qui a libéré l’ancêtre esclave. ADAM a présenté un dossier au ministre de la Justice pour retirer ces mentions. En vain. Dans son intervention, l’historien Salah Trabelsi martèle : “Notre histoire, notre langage sont imprégnés de ce passé, il faut faire ce travail idéologique et sémiologique”.

Ce “passé pas encore dépassé”

Sur scène, le slammeur Anis Chouchène dénonce en arabe la mémoire coupable de la Tunisie, ce “passé pas encore dépassé”. Il jette à la figure d’un public où toutes les générations sont représentées la cruauté du racisme ordinaire : “Quand le Kahlouch* rentre dans un café, tous les regards sur lui se sont braqués/ Il entend s’élever la voix de l’orgueil : Et toi le Kahlouch où est mon café ?”. L’audience rit, on sent le vécu.

Nouiri Omran savoure ce moment unique. Il est venu de la région de Mednine dans le sud: “Chez moi le racisme est plus fort qu’à Tunis, il y a un vrai clivage, on nous appelle les abid (“esclaves”), nous appelons les Blancs les h’rar (“libres”)”. La vie professionnelle de ce discret technicien de laboratoire est très affectée par le racisme :

“On m’a confié un poste inférieur à mon niveau et je n’ai pas progressé depuis 2003 ». Il ne supporte plus l’invisibilité des noirs : « Personne ne nous entend, nous ne sommes pas au Parlement, ni dans les ministères”.

Marié à une femme noire, l’homme discret se souvient avoir essuyé le refus de trois familles lorsqu’il a demandé la main de leur fille blanche mais il garde espoir : “Ce que fait ADAM est très important, je suis très fier. J’ai fait cinq cents km pour assister à cela.”.

Les noirs sont les plus défavorisés socialement

La plupart des noirs appartiennent aux couches sociales les plus défavorisées ; pourtant, Maha Abdelhamid ne doute pas qu’ADAM, menée par des intellectuels, saura représenter cette base de sans voix. Portée par cet élan nouveau, la trentenaire défend les revendications de son association qui souhaite peser dans le jeune processus démocratique tunisien. Alors que l’Assemblée nationale constituante (ANC) élabore la nouvelle constitution, elle déplore sa cécité quant à la situation des noirs : “Personne ne parle de notre existence, c’est à nous de nous présenter devant l’ANC”.

Profitant de la présence de milliers d’organisations internationales au Forum social mondial de Tunis, elle interpelle avec verve celles qui œuvrent pour les droits des minorités. Si bien qu’à l’issue du forum, un collectif d’associations brésiliennes, françaises et américaines constitué ad hoc publie un texte appelant entre autres “le gouvernement tunisien ainsi que l’Assemblée nationale constituante (…) à prendre en compte leurs revendications, inscrire dans le projet de constitution le principe de la lutte contre toute forme de discrimination, dont la discrimination raciale, et pénaliser les propos et actes racistes”. Jusqu’à présent, le parti au pouvoir Ennahda est resté sourd aux revendications des minorités tunisiennes.

Rokhaya Diallo

*Terme péjoratif signifiant “noir”

 

Alors que la chasse à l’homme tient en haleine le monde entier, deux hommes, dans un premier temps désignés par les médias comme suspects, se remettent difficilement d’un cauchemar interminable. D’abord eux-mêmes victimes des attentats du marathon de Boston, ces deux jeunes sont devenus malgré leur irréprochabilité les sujets d’accusations infâmes.
  © reuters.

Ils s’appellent Abdulrahman Ali Alharbi, 22 ans, et Salah Barhoum, 17 ans. Ils ne se connaissent pas mais ils ont commis un délit d’un nouveau genre: être un étranger « à la peau mate » sur les lieux d’un attentat terroriste.

Étudiant blessé et incriminé
Le premier, Alharbi, est un étudiant saoudien que l’on a soupçonné d’être à l’origine des attaques alors qu’il était parmi les nombreuses victimes. Alors qu’il était hospitalisé pour être soigné des éclats de bombes qui l’avaient blessé, la police fédérale a effectué une descente dans son appartement estudiantin. Rapidement identifié comme suspect sur les photos d’avant le drame, il a vu son kot fouillé de fond en comble à la recherche de preuves de son appartenance à un groupement islamiste terroriste. Son colocataire, également saoudien, a aussi fait les frais de cette suspicion en subissant un interrogatoire de cinq heures qui l’a terrorisé. Peu après, il s’est avéré que les deux jeunes gens étaient on ne peut plus innocents. Ils peinent à se remettre de l’insulte dont ils ont été l’objet et des dégâts occasionnés à leur domicile.

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Pisté sur les réseaux sociaux
Le second à parler de son calvaire est encore plus jeune. Salah Barhoum est un jeune homme sans histoire de 17 ans passionné de course à pied. Il n’était pas parvenu à se qualifier pour le marathon de Boston mais avait décidé, bon joueur, d’y assister pour admirer et encourager les participants. Après le drame, qui l’avait déjà profondément choqué mais dont il était par chance sorti indemne, il constate avec effroi qu’un cliché de lui est diffusé dans tous les médias et qu’on l’avait « identifié » sur Facebook et Twitter. Sa mère reconnaît son fils et se sent mal. En une seule une, le New York Post avait transformé le jeune homme anonyme et sympathique en « un des hommes aux sacs » du marathon de Boston. Un poseur de bombe, forcément, vu que Marocain avec un sac à dos sur les lieux d’un drame.

« Peau mate »
Paniqué à la vue de l’engouement à son encontre sur les réseaux sociaux, Salah Barhoum s’est « rendu » à la police, tel un coupable, pour justifier de sa présence innocente au marathon de Boston. Blanchi aujourd’hui, il est profondément marqué par cette expérience d’injustice et de profilage raciste et confie qu’il n’a jamais rien vécu d’aussi horrible. Le New York Post a eu la correction, bien que trop tardive, de publier la vérité sur l’innocence des jeunes aux sacs à dos. Mais l’article ne comporte pas d’excuses à l’égard des deux victimes ou de leur communauté ni de remise en question sur l’argument raciste à la base de leur une, ce qui est aujourd’hui réclamé par plusieurs associations. CNN est également parti sur un terrain glissant, annonçant en direct que le suspect avait « la peau mate ». Un assertion démentie plus tard. La pression du direct et la nécessité d’apporter enfin des éléments nouveaux avaient sans doute poussé le journaliste à commettre un impair éthique.

Agressions racistes en « représailles »
Salah Barhoum a quant à lui réalisé que c’est uniquement son origine marocaine, sa peau mate, qui l’ont incriminé d’office. Il est profondément marqué par cette amalgame raciste et craint les conséquences, que le doute à son encontre ne persiste. « Même me promener en rue est devenu un geste stressant désormais. Un gars a même appelé ses amis en me voyant en disant ‘Hey, le type des infos vient de passer juste là devant mon nez’. Je suis parti, mais c’est loin d’être agréable », explique-t-il. Son père, furieux, qualifie l’équipe rédactionnelle du New York Post de « criminels ». « Qui va payer pour cette erreur? Nous! Je n’ose même plus envoyer mon fils à l’école! », s’indigne-t-il. Et si les médias américains ont surfé sur la vague des enquêtes amateurs, ils ne sont pas les seuls. Nombre de résidents de Boston et d’ailleurs, portés par l’émotion, la terreur et la haine, ont décidé de faire justice eux-mêmes et de retrouver les auteurs des attentats. D’autres ont déversé leur rage en accusant des innocents, « naturellement » tous étrangers. Et pourtant, les autorités l’avaient souligné, les auteurs pouvaient tout autant être des terroristes blancs d’extrême-droite que des « Arabes ». Mais les agressions racistes envers des individus au faciès arabe, d’Asie du Sud ou du Moyen-Orient ont été légion depuis.

Apprentis justiciers armés d’internet et de smartphones
Sur internet, outre sur les réseaux sociaux qui étaient bombardés de photos de « suspects » prises par des téléphones portables, on a vu apparaître des forums du type « findbostonbombers » où les internautes partageaient clichés et ébauches d’enquêtes personnelles. Une chasse à l’homme dangereuse, car berceau de rumeurs infondées et d’arguments racistes. Le FBI lui-même a invité la population a la modération, leur demandant de ne plus faire circuler d’images soi-disant incriminantes. Et une spécialiste du EFF (Electronic Frontier Fondation) sur les droits numériques de rappeler que le risque de faire du mal à des innocents est trop grands. Les cyber-détectives, s’ils peuvent par leurs témoignages et leur matériel photographique ou vidéo aider le FBI, ne doivent pas se substituer à de véritables professionnels. Les dérives d’un tel comportement pourraient s’avérer dramatiques.

 

 

AFP

Mis en ligne le 31/03/2013 sur le site de lalibre.be

Bassem Youssef a continué à publier des commentaires ironiques sur son compte Twitter durant son interrogatoire.

Le parquet égyptien a entendu dimanche le célèbre animateur de télévision satirique Bassem Youssef, qui fait l’objet de plaintes pour insultes à l’islam et au président issu des Frères musulmans Mohamed Morsi.

Il a été libéré dimanche contre une caution de 15.000 livres (environ 1700 euros), a annoncé une source judiciaire.

M. Youssef, dont l’émission satirique « Al-Bernameg » (« L’émission »), inspirée du « Daily Show » américain de Jon Stewart, tourne en dérision les figures politiques du pays et n’épargne ni le président ni les Frères musulmans, a continué à se moquer des autorités lors de son arrivée au parquet.

Le cardiologue reconverti en humoriste s’est frayé un chemin à travers la foule de partisans venus le soutenir et de journalistes, avec sur la tête un chapeau démesuré, imitation d’un couvre-chef que M. Morsi a porté lors d’une visite au Pakistan mi-mars.

Il a également continué à publier des commentaires ironiques sur son compte Twitter durant son interrogatoire. « Les officiers (de police) et les magistrats du parquet veulent se faire prendre en photo avec moi. Peut-être est-ce la raison pour laquelle j’ai été convoqué? », a-t-il ainsi écrit.

Samedi, le procureur général avait ordonné l’arrestation de M. Youssef, après le dépôt de plusieurs plaintes contre lui en raison de son émission satirique.

Accusé d’offense à l’islam pour s’être « moqué du rituel de la prière » et d’insulte envers M. Morsi pour avoir « raillé son image à l’étranger », selon des sources judiciaires, l’humoriste a rejoint les rangs des journalistes visés par des plaintes pour insulte au président.

Cette augmentation du nombre de procédures engagées contre des journalistes a mis en question l’engagement de M. Morsi sur le respect de la liberté d’expression, une revendication-clé du soulèvement populaire qui avait provoqué la chute de l’ancien président Hosni Moubarak en 2011.

Des partisans de M. Youssef ont pris sa défense sur les réseaux sociaux, plusieurs figures de l’opposition dénonçant une tentative d’intimidation.

« Les efforts pathétiques pour étouffer la dissidence et intimider les médias sont les signes révélateurs d’un régime vacillant qui se sent acculé », a ainsi affirmé Mohamed ElBaradei, l’une des figures de proue de l’opposition.

Mis en ligne le 06/03/2013 à 11h44 sur le site de la Libre.be

LE CAIRE (AFP)
Face à la multiplication des agressions sexuelles contre des manifestantes en Egypte, des femmes n’hésitent plus à braver l’opprobre pour obliger des autorités silencieuses et une société réticente à faire face à ce « terrorisme sexuel ».
Beaucoup ont récemment témoigné de leur calvaire à visage découvert et à la télévision, en disant clairement qu’elles ne se laisseraient pas intimider par des violences visant selon elles à les bannir de la vie publique.
« Nous ne sommes pas des victimes, nous sommes des révolutionnaires. Ce qui nous est arrivé nous a rendues plus fortes et nous continuerons à descendre » dans la rue, a martelé, sur la chaîne privée Dream 2, Aïda al-Kachef, une militante ayant été agressée.
Le harcèlement des femmes dans les rues d’Egypte à coups de remarques obscènes, voire d’attouchements, n’est pas nouveau. Mais depuis la révolte qui a renversé Hosni Moubarak il y a deux ans, des manifestantes sur la place Tahrir et ses environs, dans le centre du Caire, sont régulièrement attaquées par des groupes d’hommes organisés.
Parfois armés de couteaux, ils dénudent la femme avant de procéder à de violents attouchements et de la pénétrer avec leurs doigts.
Yasmine al-Baramawy, attaquée en marge d’affrontements en novembre, a marqué les esprits en montrant lors d’un talk-show très regardé le pantalon qu’elle portait lors de l’agression, arborant une longue déchirure.
« Ils se sont rassemblés autour de moi et ont commencé à lacérer mes vêtements avec des couteaux », a-t-elle raconté à l’AFP.
La foule l’a ensuite transportée sur plusieurs centaines de mètres sans que les attouchements s’arrêtent, jusqu’à ce que des habitants d’un quartier voisin la sauvent enfin.
« Je ne me suis pas sentie triste ou atteinte dans ma dignité. Je me suis sentie en colère, et je veux que justice soit rendue », a dit la jeune femme.
« Exclure les femmes de la vie publique »
Pour tenter de briser le déni qui entoure ces actes, les initiatives se multiplient depuis quelques mois. Des groupes auxquels se sont joints des hommes ont vu le jour, comme Operation Anti-Sexual Harassment, dont les volontaires interviennent lors des attaques sur Tahrir –la police étant largement absente– et fournissent un soutien médical et psychologique aux victimes.
Le 25 janvier, alors que des milliers de personnes marquaient le deuxième anniversaire du soulèvement sur la place, pas moins de 19 femmes ont été agressées, selon Operation Anti Sexual Harassment.
« Ces attaques visent à exclure les femmes de la vie publique et à les punir de leur participation au militantisme politique et aux manifestations. Elles sont aussi une tentative de ternir l’image de la place Tahrir et des manifestants en général », accuse le groupe.
« Nous voulons que le terme +harcèlement+ ne soit plus utilisé. Ce dont il s’agit aujourd’hui, c’est de terrorisme sexuel », dit à l’AFP Inas Mekkawy, du mouvement de défense des droits des femmes « Baheya ya Masr ».
Mais le problème se heurte toujours à l’indifférence des autorités et à l’opprobre d’une grande partie de la société.
« On dit (à la victime): +Que faisais-tu à Tahrir? Comment étais-tu habillée? A quelle heure y es-tu allée?+ », dit à l’AFP Soraya Bahgat, de Tahrir Bodyguard, un groupe qui s’est donné pour mission de protéger les femmes sur la place et organise des cours d’auto-défense.
A la grande colère des militants, des membres du Sénat dominé par les islamistes, qui assume le pouvoir législatif jusqu’à l’élection d’une nouvelle Assemblée, ont récemment fait porter aux victimes une part de responsabilité parce qu' »elles savent qu’elles vont au milieu de voyous », selon des propos rapportés par la presse locale.
Un prédicateur islamiste controversé et propriétaire d’une chaîne de télévision, Abou Islam, a de son côté déclaré que « ces femmes nues, non voilées » allaient place Tahrir pour « se faire violer ».
Le Conseil national de la femme, un organe officiel, a annoncé avoir été chargé par le Premier ministre de préparer un projet de loi « global » contre toutes les formes de violence contre les femmes. Mais des militants se disent sceptiques sur la portée d’une telle législation en l’absence d’une véritable volonté de la mettre en application.

Syrie : la guerre sans fin

Publié: 29 janvier 2013 par jvcau dans Monde
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Le Point.fr – Publié le 19/01/2013 à 17:17
http://www.lepoint.fr/monde/syrie-la-guerre-sans-fin-19-01-2013-1617579_24.php

L’aviation syrienne bombardait samedi Damas et sa périphérie, ainsi que les régions de Deraa et de Homs, faisant des blessés et des destructions.

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Un rebelle syrien, le 18 janvier 2013 à Alep. © ELIAS EDOUARD / AFP

L’aviation syrienne bombardait samedi Damas et sa périphérie faisant des blessés et des destructions, alors que des renforts militaires se dirigeaient vers Daraya, au sud-ouest de la capitale, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). L’OSDH a fait état de raids aériens sur le quartier de Jobar, dans l’est de Damas, qui ont fait des blessés et détruit des maisons. Des roquettes se sont abattues sur Daraya, fief rebelle où sont massées d’importantes troupes qui tentent d’en prendre le contrôle depuis des semaines, et de nouveaux renforts se dirigeaient vers cette ville en proie aux combats, précise l’ONG.

L’aviation a également bombardé la Ghouta orientale, une région de vergers qui borde la capitale, y faisant trois morts, selon l’OSDH. Au sud de Damas, Abou Ali, commandant de la brigade rebelle Ahfad al-Rassoul (les petits-fils du prophète, en arabe) pour Damas et sa province, a été fauché vendredi par une roquette visant sa maison. Il « était chargé d’assurer les secours dans les lieux où femmes et enfants étaient encerclés par les forces gouvernementales », a précisé l’OSDH.

Violents combats

L’artillerie et les avions de combat pilonnaient également les régions de Deraa (sud) et de Homs (centre), alors que des combats se poursuivaient dans les provinces de Deir Ezzor (est) et d’Alep (nord) où deux rebelles ont péri. Dans la province d’Idleb (nord-ouest), de violents combats opposaient soldats et rebelles sur la route internationale « pour couper le passage aux renforts militaires en direction des bases militaires de Wadi Deif et Hamidiyé », dernières bases aux mains du régime dans le secteur. Dans le nord-est kurde du pays, le Conseil national kurde en a appelé dans un communiqué à l’opposition syrienne pour mettre un terme aux combats entre combattants rebelles et kurdes qui durent depuis quatre jours à Rass al-Aïn.

« Nous appelons la Coalition, le Conseil national syrien et l’Armée syrienne libre à faire pression sur ces combattants pour mettre fin à cette guerre criminelle qui entache les principes et les objectifs de la révolution », affirme le communiqué. Ce Conseil regroupe une douzaine de partis traditionnels kurdes syriens et une émanation du Parti de l’union démocratique kurde (PYD), la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, rebelles kurdes de Turquie). Les rebelles accusent le PYD de faire le jeu du régime de Bachar el-Assad, dont les troupes se sont retirées sans résistance de plusieurs régions kurdes.

Un premier bilan provisoire de l’OSDH fait état de 13 morts à travers la Syrie samedi. Vendredi, 149 personnes, dont 103 civils, avaient été tuées à travers le pays, 67 d’entre elles avaient péri à Damas et dans sa périphérie, selon l’OSDH. Depuis le début du conflit en mars 2011, plus de 60 000 personnes sont mortes, selon l’ONU.

14 janvier 2013 – 10H33

http://www.france24.com/fr/20130114-tunisie-dirigeants-saluent-le-drapeau-2-ans-revolution

Le chef de l’Etat tunisien Moncef Marzouki, le Premier ministre Hamadi Jebali et le président de la Constituante Mustapha Ben Jaafar ont salué lundi le drapeau lors d’une cérémonie pour le deuxième anniversaire de la révolution qui intervient dans un climat de tensions.

Moncef_Marzouki,_Tunis_2012AFP – Le chef de l’Etat tunisien Moncef Marzouki, le Premier ministre Hamadi Jebali et le président de la Constituante Mustapha Ben Jaafar ont salué lundi le drapeau lors d’une cérémonie pour le deuxième anniversaire de la révolution qui intervient dans un climat de tensions.

Les trois hommes, qui représentent la coalition au pouvoir dirigée par les islamistes d’Ennahda, se sont recueillis en présence d’une large partie de la classe politique place de la Kasbah, à quelques mètres du siège du gouvernement.

Ils n’ont cependant fait aucune déclaration à l’issue de la brève cérémonie en présence des dirigeants des principaux partis politiques et des membres du gouvernement.

Peu après, M. Jebali, le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail, Houcine Abassi, et la chef du patronat tunisien, Wided Bouchamaoui, ont signé un « pacte social » à l’Assemblée nationale constituante (ANC).

« Il vise à instaurer des relations développées, basées sur un dialogue social organisé et continu entre les trois parties garantissant la paix et la stabilité sociales », a déclaré le ministre des Affaires sociales, Khalil Zaouia.

La signature de ce texte a une portée symbolique importante, misère et chômage étant les causes majeures de la révolution de l’hiver 2010 et 2011. Or depuis l’été 2012 les grèves, les manifestations et les heurts entre manifestants et policiers se sont multipliés.

Dans le centre de Tunis, les militants de différents partis d’opposition ont commencé à se rassembler après 08H00 GMT pour défiler sur l’avenue Habib Bourguiba, haut lieu de la révolution à Tunis qui a chassé le président Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier 2011, marquant le début du Printemps arabe.

L’euphorie de l’époque a cependant laissé la place aux frustrations sociales, aux tensions politiques, à une menace jihadiste accrue et une impasse sur la rédaction de la Constitution, les islamistes d’Ennahda, leurs alliés au gouvernement et l’opposition ne parvenant à aucun compromis sur la future Constitution.

Ainsi, l’armée a dû être déployée dimanche à Ben Guerdane (sud), après une semaine d’affrontements entre manifestants et policiers et un célèbre mausolée de la banlieue de Tunis a été incendié samedi. La mouvance salafiste fait figure de principal suspect.

http://www.france24.com/fr/20130114-tunisie-dirigeants-saluent-le-drapeau-2-ans-revolution