Articles Tagués ‘Mohamed Morsi’

Des affrontements font 28 morts au Caire

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Au moins 28 personnes ont péri dimanche en Egypte dans des heurts entre les forces de l’ordre et des manifestants partisans du président islamiste destitué par l’armée Mohamed Morsi, à l’occasion du 40e anniversaire de la guerre israélo-arabe de 1973.

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Vingt-six ont péri au Caire, une à Beni Soueif et une à Delga, dans le centre du pays, a précisé Khaled al-Khatib, responsable du département des urgences au ministère de la Santé, cité par l’agence de presse officielle Mena, sans préciser qui avait péri, où et dans quelles circonstances.

L’armée, qui réprime dans le sang depuis près de deux mois toute manifestation des pro-Morsi, avait déployé bien davantage de blindés que d’ordinaire au Caire. Dans le même temps, les anti-Morsi ont demandé aux Egyptiens de descendre massivement dans la rue pour soutenir l’armée et les autorités, ce qui laissait redouter de nouvelles violences.

Vendredi, au moins quatre civils avaient péri dans des heurts entre pro et anti-Morsi au Caire. Au Caire, de violents heurts ont éclaté entre pro et anti-Morsi et les policiers anti-émeute qui ont dispersé les islamistes à coups de grenades lacrymogène, de chevrotine et, parfois, de rafales d’armes automatiques, dès que leurs rassemblements grossissaient, ont constaté des journalistes de l’AFP.

M. Morsi, premier chef de l’Etat égyptien élu démocratiquement, a été destitué et arrêté le 3 juillet par l’armée, qui a promis des élections pour 2014 et dirige de facto le gouvernement intérimaire qu’elle a mis en place.

Guerre du Kippour
Comme chaque jour depuis sa destitution, les pro-Morsi –notamment l’influente confrérie islamiste des Frères musulmans– ont appelé à manifester à l’occasion de la commémoration de la guerre du Kippour, que l’Egypte considère comme une « victoire » contre Israël dont elle avait réussi à enfoncer les défenses durant plusieurs jours.

Frères musulmans
Depuis le 14 août, militaires et policiers ont tué des centaines de manifestants pro-Morsi, arrêté plus de 2.000 Frères musulmans, dont la quasi-totalité de leurs leaders, interdit leurs activités et gelé les avoir de la confrérie qui avait pourtant remporté haut la main les législatives fin 2011. Et depuis la mi-août policiers et militaires ont carte blanche pour ouvrir le feu sur tout manifestant qui s’en prend à des biens publics, ce qui laisse libre cours à la plus large interprétation.

Place Tahrir
Quelques milliers d’anti-Morsi se sont rassemblés au Caire sur la place Tahrir, emblématique pour la révolte populaire qui a renversé le président Hosni Moubarak début 2011. Une bonne dizaine d’avions de chasse de l’armée égyptienne a survolé une fois la capitale en formation et à très basse altitude pour commémorer la guerre de 1973, selon des journalistes de l’AFP. Symbole de la toute puissance de l’armée au coeur du nouveau pouvoir, ces manifestants brandissaient de nombreux portraits non pas du président ou du Premier ministre mais du général Abdel Fattah al-Sissi, chef d’état-major, vice-premier ministre et ministre de la Défense, considéré comme le nouvel homme fort de l’Egypte et dont les photos ornent désormais la plupart des rues, boutiques et administrations du pays.

Etat d’urgence
Alors que le pays est sous état d’urgence depuis le 14 août et que la capitale est soumise à un couvre-feu nocturne et parsemée de barrages de militaires équipés de blindés, le déploiement des troupes était encore plus impressionnant dimanche que d’ordinaire. Le mouvement Tamarrod, à l’origine de manifestations monstres le 30 juin pour réclamer le départ de M. Morsi accusé de vouloir islamiser à outrance la société, a lui aussi lancé un appel à la mobilisation dimanche « sur toutes les places d’Egypte » pour défendre la révolution de 2011, celle qui renversa M. Moubarak. L’armée avait invoqué ces millions de manifestants pour justifier la destitution de M. Morsi.

« Terroristes »
L’armée, le gouvernement, la quasi-totalité des médias et une large majorité de la population qualifient désormais les Frères musulmans et les partisans de M. Morsi de « terroristes ». « Le ministère affirme sa détermination à faire face avec fermeté à toute violence et infraction à la loi de la part des partisans des Frères musulmans au cours de leurs manifestations », a menacé samedi le ministère de l’Intérieur.

Repression
Depuis le 14 août, la confrérie, dont les rangs des militants les plus actifs ont été décimés, peine à mobiliser dans la rue mais les violences de vendredi laissent à nouveau redouter le pire. Selon des experts, s’ils font preuve de jusqu’au-boutisme, l’armée ne se privera pas de les réprimer encore plus durement dans la mesure où la grande majorité de la population soutient les militaires dont l’aura est revenue au zénith et où la communauté internationale, qui a échoué dans ses multiples tentatives de médiation, a été incapable d’amadouer les autorités dans leur stratégie de répression.

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Un Tamarrod palestinien s’attaque au Hamas, « l’oppresseur de Gaza »

Un Tamarrod palestinien s'attaque au Hamas, "l'oppresseur de Gaza"© Capture d’écran YouTube

Inspirés par le mouvement égyptien Tamarrod, à l’initiative des manifestations qui ont mené à la déposition de Mohamed Morsi, des Gazaouis ont créé leur propre mouvement et appelé à la mobilisation contre le Hamas, « un gang » qui opprimerait Gaza.

Le mouvement égyptien Tamarrod – rébellion en arabe -, à l’origine du renversement du président Mohamed Morsi début juillet, ne cesse de faire des émules. Après avoir gagné la Tunisie et le Bahreïn, le mouvement, né en avril au Caire, a inspiré un groupe de jeunes gens dans la bande de Gaza, qui ont récemment créé un Tamarrod palestinien.

Si sa création n’avait guère fait de vagues, son appel à un rassemblement massif et pacifique le 11 novembre prochain contre le Hamas, « un gang criminel » accusé d’oppresser les Gazaouis, fait couler beaucoup d’encre. Au point que les cadres du parti islamiste, au pouvoir depuis 2007 dans la bande côtière, ont accusé le Fatah de Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne qui administre la Cisjordanie, d’avoir lancé ce mouvement pour semer le chaos à Gaza.
« Nous vous affronterons avec nos poitrines nues »
Toujours est-il que le groupe, qui dispose d’une page Facebook « Tamarrod contre l’oppression à Gaza » suivie par plus de 38 000 abonnés, se dit affilié à aucun parti. Dans une vidéo mise en ligne sur YouTube le 19 août, quatre hommes cagoulés « affirment ne plus supporter de se taire » devant « l’injustice que fait régner le Hamas sur Gaza ».
Le groupe dénonce avec vigueur l’oppression exercée par les « Frères », en référence au Hamas, apparenté historiquement et idéologiquement aux Frères musulmans égyptiens. Il accuse sans ambages le mouvement islamiste palestinien de s’adonner « aux meurtres, à la torture, à la corruption, aux trafics tout en semant le désordre », et ce, soulignent-ils, « au nom de la religion, de la nation et de la résistance ». Partant de ce principe, Tamarrod ne veut pas « chasser » le Hamas de la bande de Gaza, mais il avertit qu’après le 11 novembre prochain – date anniversaire de la mort du leader palestinien Yasser Arafat -, le mouvement palestinien  » ne gouvernera plus ».
« Nous sommes prêts à tout sauf à utiliser les armes, parce que nous sommes différents de vous, nous ne dirigerons pas nos armes contre nos frères (…) nous vous affronterons avec nos poitrines nues », assènent-ils.
La nervosité du Hamas
Cette charge de « Tamarrod contre l’oppression à Gaza » a été prise très au sérieux par le Hamas. Selon plusieurs médias locaux et le « Los Angeles Times », les quatre individus qui apparaissent dans la vidéo postée sur YouTube ont été arrêtés le 20 août, soit le lendemain de sa mise en ligne. Un signe de la nervosité qui règne dans les rangs du mouvement islamiste.
Et pour cause, cette initiative intervient à un moment critique pour le Hamas, qui a essuyé un coup dur avec la chute en Égypte du président Morsi, issu des Frères musulmans. L’arrivée au pouvoir de la confrérie au Caire en juin 2012 avait été accueillie avec soulagement par les cadres du Hamas, qui entretenaient des relations très conflictuelles avec le régime d’Hosni Moubarak. Considérablement isolé dans la région et en grande difficulté financière, le mouvement islamiste palestinien a entamé une réconciliation avec son parrain militaire et financier iranien avec qui les liens étaient quasiment rompus en raison de leurs divergences de vue sur le conflit syrien.
Toutefois, alors même que la division politique qui est incarnée par l’existence de deux gouvernements distincts en Cisjordanie et à Gaza est dénoncée par « Tamarrod contre l’oppression à Gaza », plusieurs groupes revendiquant être le Tamarrod palestinien ont été créés depuis le mois de juillet. L’un d’entre eux gère une page Facebook qui compte plus de 20 000 abonnés. Pis, ces différents groupes n’affichent pas le même objectif, puisque certains appellent à se « rebeller » contre les deux pouvoirs, celui du Hamas et celui de l’Autorité palestinienne. La division, pire ennemie de la cause palestinienne ?

Égypte : »Ils falsifient les autorisations d’enterrement pour minimiser les chiffres de la répression »

Photo d’une autorisation d’enterrement sans mention de la cause du décès.
Depuis l’assaut de l’armée contre les sit-in des pro-Morsi, c’est la bataille des chiffres sur le nombre de morts entre les autorités égyptiennes et le mouvement des Frères musulmans. Une polémique que viennent alimenter les familles des victimes qui accusent les autorités sanitaires de trafiquer les documents relatifs au décès de leurs proches afin qu’ils ne soient pas comptabilisés parmi les victimes de la répression.
Selon le dernier bilan du ministère de la Santé, au moins 623 personnes ont été tuées le 14 août. Des chiffres contestés par le mouvement islamiste qui parle lui de 2200 morts et de plus de 10 000 blessés. La plupart des cadavres sont toujours entassés dans la Mosquée Eman du Caire. Les familles attendent que des autorisations d’enterrement leurs soient délivrées pour qu’elles puissent procéder aux funérailles. Ces documents sont pour l’instant délivrés au compte goutte.
En outre, sur les réseaux sociaux, des témoignages circulent selon lesquels les autorités falsifieraient ces certificats, omettant la cause de la mort, pour que les cadavres de soient pas comptabilisés dans les chiffres de la répression. Des allégations appuyées par des photos disponibles sur le Net.
Voici comment devrait être rempli une autorisation d’enterrement. Le document indique la cause la mort « par balle ».
Ce certificat en revanche ne mentionne pas la cause de la mort.
Photo postée sur Facebook.
Or il existe une vidéo de l’enterrement de l’homme mentionné sur l’autorisation d’enterrement ci-dessus, Adbelrahmane Eldeeb. Et plusieurs témoins qui affirment qu’il a bien été tué lors de l’assaut du 14 août.
Photo du cadavre d’Abdelrahmane Eldeeb.
Selon l’un de nos Observateurs au Caire, qui assiste les familles de victimes, il s’agit d’une démarche délibérée de la part des autorités pour sous-estimer le nombre de victimes tombées le 14 août.

« Ils falsifient les autorisations d’enterrement pour minimiser les chiffres de la répression »

Khaled el Gammel est membre du centre égyptien des droits économiques et sociaux.

Pour enterrer leurs morts, les familles des victimes ont besoin d’autorisations d’enterrement. Or, j’ai vu des autorisations où la cause du décès n’était pas mentionnée, ce qui est illégal ! Les familles n’ont ensuite aucune preuve que leur proche est mort suite à la répression du sit-in. Car selon ces certificats, il pourrait s’agir d’une mort naturelle.
Beaucoup de familles affirment également qu’on les a obligés à signer sur des certificats de décès [document signé par un médecin et que la famille doit également signer, contrairement à l’autorisation d’enterrement] qui attestaient que la victime était morte par accident, ou avait commis un suicide [information qui n’a pas pu être vérifiée]. Notre centre a donc proposé de mettre à disposition ses membres pour accompagner les familles dans les hôpitaux, afin qu’ils aient un témoin de cette fraude.
De plus, je suis allé hier [15 août] au bureau de la santé qui signe et tamponne ces autorisations, mais il était fermé ! Il n’y avait pas de médecin. Si aucun certificat n’a été validé hier comment le ministère peut-il alors donner un bilan des morts ?
L’autre problème c’est que tous les morts sont dirigés vers la morgue de Zeinhom [la seule au Caire habilitée à délivrer le certificat de mort par balles]. Mais une seule ne peut pas accueillir autant de victimes en si peu de temps, du coup les cadavres s’entassent. Je ne sais pas si c’est délibéré de la part des autorités, mais cela empêche d’établir un décompte des morts.
Cadavres entassés dans la mosquée Eman, photos envoyées par l’un de nos Observateurs.

Une chose est sûre : le chiffre donné par le ministère ne correspond pas à la réalité du nombre de victimes. Le problème c’est que les Frères musulmans de leur côté sortent des chiffres qui ne sont pas non plus vérifiables. Et les familles de victimes ne veulent pas collaborer avec nous, car elles n’ont confiance qu’en les avocats de Frères musulmans. Elles ne comprennent pas qu’il est important de collaborer avec des organisations de la société civile pour crédibiliser leurs cas.
source:france24.com

 

173 morts en 24h en Egypte: la photo qui choque le web

Source: Belga© Twitter.

Au moins 173 personnes ont été tuées dans toute l’Égypte depuis vendredi dans les heurts entre manifestants partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi et forces de l’ordre qui avaient reçu l’autorisation d’ouvrir le feu, a annoncé samedi le gouvernement. Parmi les victimes, figure le fils de Mohamed Badie, guide suprême des Frères musulmans, tué par balles vendredi au Caire.

Pendant ce temps, une photographie prise par un photographe egyptien fait le tour du web. On y voit des vacanciers, principalement égyptiens, se baigner dans les eaux de la plage de Marsa Matruh (ouest du Caire), alors que la ville est en feu en arrière-plan.

95 victimes au Caire
Détaillant le bilan, Chérif Chawki, porte-parole du bureau du Premier ministre, a indiqué que 95 personnes avaient notamment péri au Caire et 25 autres à Alexandrie (nord), la deuxième ville du pays.

Ce bilan, a-t-il précisé, inclut les décès recensés depuis vendredi après-midi et jusqu’à samedi à 10H00 du matin (08H00 GMT).

Les heurts qui ont éclaté au cours du « vendredi de la colère », une journée de manifestation décrétée par les Frères musulmans, la confrérie de M. Morsi, ont en outre fait 1.330 blessés, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, 57 policiers ont été tués depuis trois jours, a-t-il déclaré sans préciser s’ils venaient ou non s’ajouter au 173 morts.

Vendredi, à l’issue de la prière de la mi-journée, des cortèges de partisans du président déchu étaient partis de nombreuses mosquées du pays, défiant une nouvelle fois les forces de l’ordre désormais autorisées à ouvrir le feu sur les manifestants hostiles.

Ils protestaient contre le « massacre » mercredi de près de 600 personnes, essentiellement dans la dispersion sanglante au Caire de partisans de M. Morsi, destitué et arrêté par l’armée début juillet.

Les Frères musulmans ont appelé à de nouvelles manifestations quotidiennes durant une semaine à compter de samedi.

Nuit sanglante en Egypte

AFP

  • MONDE A l’issue d’une journée de manifestations des deux bords, des affrontements ont éclaté dans la soirée au Caire.
Les islamistes ont appelé tôt samedi à de nouvelles manifestations « pacifiques » en soutien au président Mohamed Morsi renversé par l’armée, au lendemain d’une journée de violences en Egypte au cours de laquelle 25 personnes ont péri, dont 19 en marge de manifestations.
Alors que la tension est extrême entre pro et anti-Morsi, cinq policiers et un soldat ont été tués dans la péninsule du Sinaï (nord), dans des attaques de militants islamistes qui n’ont pas été revendiquées. Dans la nuit, des islamistes ont attaqué le gouvernorat du Nord-Sinaï et y ont hissé leur drapeau.
Trois jours après que les militaires ont déposé M. Morsi, sa confrérie, les Frères musulmans, ont appelé à de nouvelles manifestations, faisant craindre de nouveaux débordements à l’issue d’une journée d’affrontements, notamment au Caire et à Alexandrie (nord), les plus grandes villes du pays.
Galvanisés par leur Guide suprême Mohamed Badie, les partisans de l’ex-chef d’Etat islamiste ont multiplié les manifestations vendredi.
Devant le siège de la Garde républicaine, ils ont tenté d’accrocher la photo de M. Morsi sur les fils barbelés qui entourent le bâtiment proche du palais présidentiel, bravant les avertissements des forces de l’ordre.
Quatre de leurs militants sont morts, de source officielle, dans les échanges de tirs qui ont suivi et déclenché des scènes de panique. Une partie des islamistes est restée sur place pour un sit-in illimité devant le bâtiment militaire.
Plus tard, d’autres pro-Morsi se sont dirigés vers la télévision d’Etat, passant à proximité de l’emblématique place Tahrir, où les opposants au président déchu avaient appelé à une manifestation rivale pour « défendre la révolution du 30 juin », allusion à la journée ayant vu les plus importantes manifestations contre le président déchu.
Des affrontements violents, durant lesquels des tirs ont été entendus, ont alors éclaté, faisant deux morts, avant que l’armée n’envoie ses blindés s’interposer.
Dans la ville côtière d’Alexandrie (nord), des heurts similaires ont fait 12 morts et 460 blessés, selon l’agence officielle Mena.
Le bilan de ce « vendredi du refus » du « coup d’Etat militaire » et de « l’Etat policier » déclaré par les islamistes est de 25 morts –six membres des forces de l’ordre dans le Nord-Sinaï et 19 manifestants.
Les Frères musulmans, dont l’influent numéro 2, Khairat al-Chater, a été arrêté dans la nuit, entendent rester « dans les rues par millions jusqu’à ce que » le président déchu retrouve son chef, a prévenu M. Badie devant une foule de ses partisans.
« Nous avons déjà vécu sous un régime militaire et nous ne l’accepterons pas une nouvelle fois », a-t-il lancé, faisant référence à l’intérim controversé assuré par l’armée entre la chute de Hosni Moubarak en février 2011 et l’élection de M. Morsi en juin 2012.
Les nouvelles autorités mises en place par l’armée, après l’éviction de M. Morsi mercredi, semblaient toutefois tout aussi déterminées à mettre en place rapidement de nouveaux rouages dans le pays et mener à bien leur « feuille de route » qui doit aboutir à des élections anticipées.
Le président intérimaire Adly Mansour, nommé par l’armée, a dans son premier décret dissous la chambre haute dominée par les islamistes, qui assure l’intégralité du pouvoir législatif, et nommé un nouveau chef des renseignements.
En outre, le procureur général a annoncé que des poursuites seraient engagées contre neuf dirigeants du mouvement islamiste –dont M. Badie– dans le cadre d’une enquête pour « incitation au meurtre » de manifestants. M. Morsi est quant à lui toujours détenu par l’armée.
Reflétant l’embarras international face à ce coup militaire qui a le soutien d’une importante partie de la population, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a mis en garde contre une politique de « représailles ».
L’Union africaine a, elle, suspendu l’Egypte.
Ces décisions pourraient faire monter encore davantage la tension, déjà alimentée par les accrochages qui ont fait plus de 80 morts dans le pays depuis le 26 juin.
Après la destitution de M. Morsi, l’armée avait appelé à oeuvrer en vue de « la réconciliation nationale », tandis que M. Mansour exhortait à oeuvrer pour l' »unité » dans le pays plus que jamais divisé.
Elu en juin 2012, M. Morsi était accusé de tous les maux –administrations corrompues, dysfonctionnements économiques, tensions confessionnelles– par ses adversaires qui voyaient en lui un apparatchik islamiste inexpérimenté et avide de pouvoir. Il a été évincé par l’armée après des manifestations d’une ampleur inédite réclamant sa chute.
Le coup de l’armée, annoncé aux côtés de figures religieuses et de l’opposition, ouvre la voie à une nouvelle et délicate période de transition dans le plus peuplé des pays arabes.
Pour le représentant de l’opposition Mohamed ElBaradei, l’intervention de l’armée pour faire partir M. Morsi a été une « mesure douloureuse » mais nécessaire pour « éviter une guerre civile ».

Egypte: l’armée écarte Morsi et suspend la Constitution

 Source: BelgaLe président égyptien destitué Mohamed Morsi © epa.

Le président Mohamed Morsi a été écarté du pouvoir par l’armée et remplacé par le chef de la Cour constitutionnelle, a annoncé l’AFP.

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L’armée égyptienne a écarté le président islamiste Mohamed Morsi, qui a été remplacé par le président du conseil constitutionnel et suspendu la Constitution, a annoncé son chef le général Abdel Fattah al-Sissi, dans une allocution télévisée. 

En outre, l’armée a annoncé la tenue d’une élection présidentielle anticipée et suspendu de fait le président islamiste Mohamed Morsi, une annonce accueillie par une explosion de joie par ses opposants qui manifestaient en masse à travers le pays. 

De son côté, le président égyptien Mohamed Morsi appelle les Egyptiens à résister « pacifiquement » au « coup d’Etat » de l’armée, a déclaré mercredi à l’AFP un de ses proches collaborateurs. « Le président appelle tous les Egyptiens à résister pacifiquement à ce coup d’Etat, comme il le fera lui-même », a déclaré cette source sous couvert de l’anonymat. 

« Ce qu’ils ont fait est illégal, ils n’ont pas autorité pour le faire », a ajouté ce collaborateur de M. Morsi, après la déclaration du chef de l’armée, le général Abdel Fattah Sissi, annonçant que le président du Conseil constitutionnel prenait la direction du pays. 

Rappel
Des dizaines de blindés de l’armée égyptienne se sont déployés mercredi après-midi aux abords de rassemblements des partisans du président islamiste Mohamed Morsi au Caire. 

Une source militaire, citée par l’agence officielle Mena, a déclaré que les troupes s’étaient massivement déployées dans les quartiers de Nasr City, d’Héliopolis et près de l’université du Caire, alors qu’un conseiller du chef d’Etat a dénoncé un « coup d’Etat militaire ». 

Le camp du président Mohamed Morsi a accusé mercredi l’armée de mener un coup d’Etat, après l’expiration d’un ultimatum sommant le chef de l’Etat de mettre fin à la grave crise secouant l’Egypte et l’interdiction qui lui a été faite de quitter le territoire. 

Ces développements sont survenus après l’expiration à 14H30 GMT de l’ultimatum de l’armée qui a menacé lundi d’imposer sa propre « feuille de route » à M. Morsi s’il ne « satisfait pas les revendications du peuple », en allusion aux Egyptiens qui manifestent pour réclamer son départ. 

M. Morsi avait peu avant appelé, sur sa page Facebook officielle, à « former un gouvernement de coalition et de consensus afin d’organiser des législatives à venir ». Mardi soir, il avait rejeté l’ultimatum de l’armée et affirmé qu’il ne se plierait à aucun « diktat », mettant en avant la « légitimité » que lui confère son élection démocratique.

L’annonce de la « feuille de route » de l’armée prévue vers 21H30 
Le représentant de l’opposition égyptienne Mohammed ElBaradei, le patriarche copte orthodoxe et le grand imam d’Al-Azhar vont annoncer vers 19H30 GMT la « feuille de route » de l’armée qui prévoit une « courte » période de transition, ont annoncé mercredi soir l’armée et les médias officiels. 

Les militaires avaient donné lundi 48 heures au président islamiste Mohamed Morsi pour « satisfaire les revendications du peuple », dont une grande partie réclame son départ. Si ce délai, qui a expiré dans l’après-midi, n’était pas respecté, l’armée avait annoncé qu’elle mettrait en place une « feuille de route ». 

Ce projet prévoit, a indiqué l’agence officielle Mena, « une courte période de transition qui sera suivie d’élections présidentielle et législatives ». 

« La réunion entre le commandement des forces armées et des représentants religieux, nationaux et des mouvements de la jeunesse a pris fin. La publication des résultats de cette réunion interviendra dans une heure », a affirmé de son côté l’armée sur sa page Facebook officielle, soit 19H30 GMT. 

M. ElBaradei, Tawadros II et le grand imam Ahmed Al-Tayeb d’Al-Azhar, la principale autorité sunnite, avaient rencontré dans la journée les chefs militaires.

Sept morts dans des affrontements entre pro et anti-Morsi au Caire

Source: Belga© reuters.

Sept personnes ont péri mardi dans des affrontements entre partisans et opposants du président islamiste Mohamed Morsi au Caire, où les deux camps manifestent en masse, ont indiqué des sources médicales à l’AFP.

Ces heurts dans le quartier de Guizeh (sud) ont également fait des dizaines de blessés, dont plusieurs ont été grièvement touchés par des tirs, ont précisé ces sources.

Les deux camps ont à nouveau mobilisé mardi d’importantes foules au cours de démonstrations de force rivales, à la veille de l’expiration d’un ultimatum de l’armée au chef d’Etat islamiste.

Des heurts ont également éclaté dans d’autres quartiers de la périphérie du Caire et dans la province de Beheira.

Les militaires ont donné lundi soir 48 heures à M. Morsi pour « satisfaire les revendications du peuple », faute de quoi ils présenteraient une « feuille de route » visant à sortir de la crise.

L’opposition a salué cet ultimatum, y voyant un appui de poids dans sa volonté de pousser vers la sortie M. Morsi, accusé de vouloir instaurer un régime autoritaire au profit du mouvement des Frères musulmans, la formation dont il est issu.

Les partisans du chef de l’Etat insistent quant à eux sur la « légitimité » du premier président démocratiquement élu de l’histoire du pays, et dénoncent une tentative de coup de force pour le démettre.

Morsi rencontre le chef de l’armée

Source: Belga© afp.

Le président islamiste égyptien Mohamed Morsi a rencontré mardi le chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, pour parler de la crise politique qui secoue le pays, a-t-on appris de sources présidentielle et militaire.

Cet entretien survient à 24 heures de l’expiration d’un ultimatum de l’armée, rejeté par M. Morsi, enjoignant le président à « satisfaire les revendications du peuple » après des manifestations massives pour réclamer son départ.

Aucune précision n’a été donnée sur ces entretiens. L’armée égyptienne a déclaré lundi que si aucun accord n’était trouvé d’ici à mercredi, elle imposerait une « feuille de route » pour sortir de la crise. L’institution militaire a par la suite assuré qu’elle ne préparait pas un « coup ». La présidence égyptienne a répondu en affirmant que la déclaration de l’armée n’avait pas reçu son aval, et en présentant M. Morsi comme seul garant d’un dialogue politique pour sortir de la crise.

Des nouvelles manifestations rivales de partisans et d’adversaires de M. Morsi se sont formées mardi après-midi en plusieurs endroits du Caire.

Explosion de joie place Tahrir après la déclaration de l’armée Egyptienne

Source: Belga© ap.

Les manifestants réclamant le départ du président islamiste Mohamed Morsi ont explosé de joie sur la place Tahrir au Caire après la déclaration de l’armée affirmant que « les demandes du peuple devaient être satisfaites ».

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« Morsi n’est plus notre président, Sissi avec nous », ont scandé les manifestants, en référence au général Abdel Fattah al-Sissi, chef de l’armée et ministre de la Défense, dont la photo est apparue à l’écran pendant la lecture de la déclaration télévisée du commandement militaire.

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Sept morts dans des heurts entre pro et anti-Morsi

Source: AFP© epa.

Sept personnes ont été tuées dimanche dans des heurts entre partisans et adversaires du président islamiste égyptien Mohamed Morsi. Celui-ci a été hué lors de manifestations monstres organisées dans tout le pays pour réclamer son départ, un an après son investiture.

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Les cortèges, d’une ampleur sans précédent depuis la révolte qui fit chuter Hosni Moubarak début 2011, ont défilé en scandant « dégage » et « le peuple veut la chute du régime ».

L’armée estime à « plusieurs millions » le nombre de manifestants anti-Morsi descendus dans la rue, a déclaré à l’AFP une source militaire. Il s’agit « de la plus grande manifestation de l’histoire de l’Egypte », a ajouté cette source sous couvert de l’anonymat.

Cinq personnes ont été tuées au sud du Caire, dans la vallée du Nil: trois à Assiout, une à Beni Souef et une à Fayoum.

« Le peuple veut la chute du régime »
Des dizaines de milliers d’Egyptiens sont descendus dans la rue au Caire et en province dimanche, premier anniversaire de l’arrivée au pouvoir du président Mohamed Morsi, pour l’accuser de gouverner au seul profit des islamistes et réclamer sa démission.

Sur la place Tahrir dans le centre du Caire, site emblématique de la révolte qui fit chuter le régime de Hosni Moubarak en février 2011, la foule a afflué en scandant « le peuple veut la chute du régime ».

De nombreux manifestants brandissaient des cartons rouge portant l’inscription « dégage » à l’adresse du président, issu du mouvement des Frères musulmans.

Des manifestations anti-Morsi ont également lieu à Alexandrie (nord), deuxième ville du pays, à Menouf et Mahallah, dans le delta du Nil, ainsi qu’à Port-Saïd et Suez, sur le canal du même nom, ou encore dans la ville natale de M. Morsi, Zagazig, au nord-est du Caire.

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