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23 millions de dollars de récompense pour capturer les ennemis des Etats-Unis

Source: BelgaMokhtar Belmokhtar © afp.

Les Etats-Unis ont offert lundi jusqu’à 23 millions de dollars de récompense au total pour toute information conduisant à la capture du jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar ou à celle du chef de la secte islamiste nigériane Boko Haram.

Abubakar Shekau © afp.
Oumar Ould Hamaha © afp.

D’autres responsables du groupe Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) sont également visés par ce programme du département d’Etat, baptisé « récompenses pour la justice », qui offre depuis 1984 des sommes d’argent à tout informateur permettant l’arrestation ou l’élimination d’individus qui menacent les intérêts des Etats-Unis.

La plus grosse récompense, sept millions de dollars, est réservée au n°1 présumé de Boko Haram, Abubakar Shekau, qui combat actuellement l’armée du Nigeria dans le nord-est du pays.

Une manne de cinq millions de dollars est également offerte à quiconque apportera des renseignements décisifs concernant l’Algérien Belmokhtar, un ancien chef d’Aqmi qui a monté son propre groupe fin 2012.

Donné pour mort par le Tchad en avril, il a menacé il y a dix jours de lancer de nouvelles attaques au Niger après des attentats suicide fin mai. Son groupe avait mené une énorme prise d’otages en janvier dans un complexe gazier en Algérie.

Cinq millions de dollars sont également promis pour la tête de Yahya Abou Al-Hammam, un dirigeant algérien d’Aqmi accusé d’être impliqué dans le meurtre d’un otage français en 2010.

Malik Abou Abdelkarim, commandant d’Aqmi, et Oumar Ould Hamahathe porte-parole du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), un groupe islamiste chassé du Mali en janvier, sont également la cible de Washington, avec trois millions chacun de récompenses.

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PARIS (Reuters) – L’Union européenne devrait proposer plus de 500 millions d’euros d’aide pour le Mali et la France 280 millions, lors de la conférence des bailleurs internationaux organisée mercredi à Bruxelles, où près de 80 pays seront représentés.

Le Mali évalue à près de deux milliards d’euros le montant nécessaire pour reconstruire le pays, où une action armée a été lancée en janvier avec l’aide de la France pour chasser les rebelles islamistes qui occupaient le nord du pays.

Dans un document rédigé pour la conférence, le gouvernement malien déclare ne pouvoir financer qu’un peu plus de la moitié d’un plan de 4,34 milliards d’euros pour cette année et l’année prochaine, évaluant à 1,96 milliard l’aide nécessaire.

« Demain, nous engagerons 520 millions d’euros pour le Mali entre 2013 et 2014 », a déclaré à la presse le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso.

Une source diplomatique à Paris a évoqué pour sa part « un engagement d’à peu près 280 millions d’euros » pour la France.

Une dizaine de chefs d’Etat sont attendus à la conférence de Bruxelles, co-présidée par les présidents français et malien, François Hollande et Dioncounda Traoré, et par José Manuel Barroso.

Débloqué pour deux ans, l’argent devrait notamment servir à financer des programmes d’éducation, de santé, des infrastructures et des projets de lutte contre la corruption.

Pour Mariétou Diaby, de l’organisation humanitaire Oxfam au Mali, l’attention de la communauté internationale ne doit pas se limiter à des questions de sécurité et de terrorisme.

« Les donateurs doivent retenir des leçons de crises comme l’Afghanistan et la Somalie », déclare-t-elle dans un communiqué. « Ils doivent jeter les bases d’une prospérité véritable au Mali. Sinon, ils n’auront fait que la moitié du travail ».

Une partie de la population malienne souffre de problèmes d’approvisionnement en nourriture. Les combats ont entraîné le déplacement d’environ 467.000 personnes, soit le tiers des habitants du nord du pays.

Le plan préparatoire à la conférence de Bruxelles fixe 12 priorités pour le pays, dont le maintien de la paix et l’organisation d’élections crédibles.

Le Point.fr

 

 

 

 

 

Les Inrocks

 

 

Importance de l’opinion publique, absence de vainqueur définitif, rôle des forces spéciales… Le chercheur-aventurier Gérard Chaliand, coauteur avec Michel Jan d’un essai intitulé “Vers un nouvel ordre du monde” (mars 2013), nous explique ce qu’il appelle une “guerre moderne”.

Pourquoi dites-vous que le “centre de gravité” de la guerre s’est déplacé ?

La théorie classique voulait que le centre de gravité de l’adversaire se situe au niveau de ses forces armées. Le but était de battre l’armée d’en face. Cela date de Clausewitz du point de vue théorique, mais cela se pratiquait déjà auparavant. En 1945, la donne change à cause du nucléaire. On ne peut plus se permettre de détruire entièrement l’ennemi qui dispose de sous-marins, d’avions, de silos enterrés… Une dissuasion mutuelle s’est créée qui, pour l’instant, fonctionne toujours. Les puissances nucléaires ne se livrent plus de guerres classiques. Elles s’affrontent par des stratégies indirectes, comme, par exemple, l’Inde et le Pakistan avec les attentats de Bombay.

Aujourd’hui, quand on se bat contre une nation occidentale, vous expliquez que l’on vise l’opinion publique. Pourquoi ?

Avant, le temps travaillait pour les Occidentaux. In fine, l’opinion publique des pays européens restait indifférente ou suivait les choix de son État. Aujourd’hui, pleuvent les critiques internes sur les choix stratégiques. Pendant la guerre du Vietnam, on a vu le centre de gravité changer pour la première fois. Fin 1967, le général Westmoreland annonçait que la guerre entrait dans sa dernière phase. Jusque là, l’opinion publique suivait. Six semaines après, les Viêt-Cong lançaient une offensive généralisée dans une cinquantaine de centres urbains. A Saigon, un commando de dix personnes entraient jusque dans l’ambassade américaine. La guerre était médiatiquement très couverte. L’opinion publique fut forcée de se rendre compte que la guerre n’était pas terminée. Et que le général et le gouvernement avaient menti. L’opinion publique devenait le centre de gravité.

Quelle fut la conséquence de ce constat pour les Etats belliqueux ?

Depuis les Malouines, on ne montre plus rien des guerres aux médias. En 2003, en Irak, rien n’a été montré. L’idée étant à la fois de ne pas démoraliser la population et de ne pas donner d’argument à l’opposition. Au Mali, on a tout intérêt à écarter les journalistes. Du point de vue des politiques, les journalistes vendent de l’angoisse. Ils cherchent toujours le scoop. La stratégie actuelle est de mettre l’accent sur les forces spéciales. L’élite. Ce sont des guerriers, ils aiment la chasse. Ils font un travail de déblaiement. Au Mali, ils ont stoppé les “alqaedistes” et les ont rejetés au nord de la boucle du Niger, dans des zones sous-peuplées. Il s’agissait d’en tuer le plus possible. Les Français auraient déjà tué environ 600 individus. Chaque fois que l’on élimine un cadre, c’est du temps de perdu pour l’adversaire. Les Israéliens ont fait la même chose : chaque fois qu’une personnalité prenait de l’importance du côté palestinien, elle était éliminée.

D’après vous, il est impossible de gagner une guerre depuis 1945. Pourquoi ?

Autrefois, on gagnait ces guerres car on avait des armées disciplinées, tandis qu’en face, l’adversaire était mal organisé, divisé. L’ennemi n’avait aucune conscience nationale, pas d’idéologie commune, à part un patriotisme local. De plus, la plupart du temps, il n’avait pas de sanctuaire ni d’aide extérieure. Aujourd’hui, nous avons la supériorité de l’armement mais les talibans ont un sanctuaire, une idéologie très puissante et ils connaissent nos points faibles.

Vous dites que les soldats au sein des armées occidentales ne sont plus motivés…

Ce fut l’erreur des Américains, ils ont envoyé des appelés, donc peu motivés, ce qui en faisaient des combattants réticents. On ne mène pas des guerres coloniales avec des appelés. Les Russes ont commis la même erreur en Afghanistan. Il faut des professionnels. Pour moi, le choc des civilisations a déjà eu lieu quand l’Europe a débarqué et occupé pendant près d’un siècle l’Afrique et l’Asie. On gagnait parce qu’on était les meilleurs et qu’on avait fait la révolution industrielle. Nous étions, technologiquement, beaucoup plus forts.

Pour vous, le tournant historique de notre époque se situe en 1979 et non pas, comme pour beaucoup d’historiens, à la chute du mur de Berlin en 1989…

Un premier virage survint fin 1978 avec Den Xiaoping. Il dit : “on va faire du socialisme de marché“. En 1979, Khomeini conquiert le pouvoir en Iran et la même année ce fut l’invasion soviétique en Afghanistan. Trente ans après, voilà où en est l’islamisme. Ce fut aussi l’année d’une crise pétrolière qui n’a cessé de s’envenimer. Raymond Barre disait : “c’est fini les vaches grasses“. Depuis, nous n’avons cessé de vivre au-dessus de nos moyens.

Qu’entendez-vous par “les Américains n’iront sûrement pas en Syrie avec leurs bottes” ?

Avec ce qui s’est passé en Libye, Russes et Chinois se sentent floués. Les Nations unies étaient d’accord sur la question de l’immixtion pour éviter que la population de Tripoli ne soit frappée. Russes et Chinois ont voté sur ces bases. Or, dans les faits, au lieu de se contenter de sécuriser la population et de s’opposer à l’avancée des troupes de Kadhafi, les Anglais et les Français – soutenus logistiquement par les États-Unis (observation satellitaire, ravitaillement en vol, guidage pour un certain nombre de missiles) – ont œuvré pour la liquidation pure et simple du régime. Ce qui n’était pas dans le mandat de l’Onu. Ceci explique en grande partie leur refus absolu d’ingérence dans la crise syrienne. Les États-Unis n’obtiendront pas de mandat pour la Syrie.

Se dirige-t-on vers un pourrissement de la situation ?

Contrairement à ce que disent la majorité des observateurs, cela prend la tournure d’un conflit prolongé. Car à l’intérieur des populations syriennes, il y a des groupes religieux qui craignent davantage la monté d’un sunnisme militant que l’actuel régime de Bachar, aussi oppressif soit-il. Les chrétiens sont par exemple très inquiets car, en cas de basculement de régime, ils auraient le choix entre l’exil et la liquidation physique. L’affaire syrienne se situe au milieu d’un règlement de compte sévère entre chiites et sunnites. Il a démarré en 1979. Quand une révolution chiite est apparue en Iran. L’Arabie saoudite, championne du sunnisme le plus militant, n’était pas satisfaite. En revanche, la même année, les Soviétiques sont entrés en Afghanistan, ce qui a constitué une merveilleuse occasion d’organiser un djihad sunnite. La guerre d’Irak, en 2003, pour les Saoudiens, fut une catastrophe. Des sunnites ont été remplacés par des chiites. Au Pakistan, au Yémen et en Indonésie les chiites relèvent la tête. On est dans une reconfiguration générale du Moyen Orient. On assiste à une contre offensive des sunnites appuyés par l’Arabie saoudite et le petit partenaire qatari. Avec pour but d’affaiblir l’Iran. A Bahreïn, les Saoudiens ont envoyé 2000 hommes pour rétablir l’ordre. Personne n’en parle car ils sont les ennemis de nos ennemis supposés…

Les droits de l’homme sont à géométrie variable…

C’est un constat froid. En 1975, on a créé avec la conférence de Stockholm une nouvelle stratégie : celle des droits de l’homme. On s’en est servi comme d’une arme pour affaiblir l’URSS. Ce fut une sorte d’offensive idéologique occidentale. En 1975, à quelques exceptions près, l’Europe achevait sa période coloniale. Nous étions presque redevenus vierges. Alors, on en a profité. Mais aujourd’hui, que signifient les droits de l’homme au Qatar ? Personne n’en parle. Les Qataris viennent d’emprisonner un écrivain qui a écrit une satire de la famille régnante. Si c’était un Russe, je vous assure que nous en entendrions parler bien davantage !

Qu’est-ce que vous appelez “le nouvel ordre du monde” ?

En dehors de notre crise financière devenue économique, la véritable nouveauté c’est la montée de la Chine, de l’Inde, de la Corée du sud, de l’Indonésie, la remontée de la Turquie, l’arrivée du Brésil. Ce que nous étions les seuls à savoir faire, l’industrialisation, les produits manufacturés, les autres savent le faire aussi. Ils le font moins cher et bientôt aussi bien que nous. C’est un peu comme si on retournait au début du XIXe siècle. Il y a une multitude de grandes forces en présence. Pendant deux siècles, on a monopolisé une domination absolue qui devient relative aujourd’hui. Bien sûr, les États-Unis vont rester en tête pour un moment. Mais leur suprématie, telle qu’elle fut conservée jusqu’en 2008, est terminée à jamais. Ils ne pourront pas conserver cette domination sur le monde. Ni espérer le remodeler, ni décider éternellement du droit et de la manière de l’appliquer. Mais ils vont conserver leur prééminence pour une durée indéterminée.

MALI • L’ONU décide l’envoi de 12 600 casques bleus

Publié: 27 avril 2013 par ghaouatyousra dans Actualités, Monde, Société
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« L’ONU donne son feu vert », titre le quotidien gouvernemental malien, au lendemain de l’adoption à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies d’une résolution autorisant l’envoi d’une force de maintien de la paix au Mali. La Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) sera composée de 12 600 casques bleus. Elle devrait être déployée à partir du 1er juillet. Le texte prévoit que les troupes françaises pourront « intervenir en soutien », à la demande du secrétaire général de l’ONU.

Le Courrier International

La guerre au Mali vue d’ici

Publié: 25 avril 2013 par ghaouatyousra dans A contre-courant, Société
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Les Inrocks

 

Entre soulagement, doute et colère, comment est perçue la mission de soutien de la France ? Rencontre avec la communauté malienne de Montreuil, en région parisienne.

Dans le café du foyer Bara, à Montreuil, la télévision est branchée depuis dix jours sur France 24 ou BFM. Aujourd’hui, le responsable a décidé de zapper : Coupe d’Afrique des Nations oblige. Autour du comptoir bondé, la discussion est pourtant loin de se recentrer sur le ballon rond. Les présentations à peine faites, nous sommes déjà chargés d’un message. “Il faut vraiment que vous remerciiez le président François Hollande. Nous sommes très contents, vraiment, merci !” Djibril, arrivé en France il y a cinq ans, fait partie des quatre cents personnes qui vivent dans le plus ancien foyer de travailleurs maliens de la région parisienne. Comme ses compatriotes accoudés au zinc, il suit avec angoisse depuis des mois l’implantation progressive des groupes islamistes au Mali. “Sans la France, nous n’aurions jamais pu nous lancer dans cette opération. Notre armée est très mal entraînée et n’a aucun moyens. Maintenant, je suis sûr qu’on va vite se débarrasser de ces terroristes.”

Au mur, des photos jaunies d’anciens dirigeants africains côtoient la carte des tarifs des consommations à moitié effacée. Au comptoir, on s’envoie la boîte métallique de sucre comme un palet de hockey sur une patinoire. Un petit groupe d’hommes se forme rapidement autour de Djibril. Tous sont pressés de s’exprimer. Souleymane, très solennel et appliqué dans le choix de ses mots, assure que “c’est au nom de la vieille amitié qui unit la France et le Mali que Monsieur le président de la République française a répondu à (notre) appel, pour cette raison et aucune autre”. Ses compatriotes en sont persuadés. Sauf un.

Au fond de la salle, Ilias bouillonne devant tant de bons sentiments. Même s’il se sait minoritaire, le jeune homme finit par lâcher, énervé : “Moi, je suis contre cette opération. La France de Sarkozy a déstabilisé la région en se débarrassant de Kadhafi. Ce qui arrive aujourd’hui en est la conséquence directe. Avant, nous n’avions que les Touaregs et les islamistes étaient loin, ils se battaient pour Kadhafi. Maintenant, ils sont alliés et ils sont chez nous, dans notre désert, avec un arsenal qui vient de Libye.” Cet électricien de 20 ans, arrivé à Montreuil en 2009, est sûrement l’un des plus jeunes ici. Casquette vissée sur la tête et doudoune près du corps, il tranche par ses propos et son style.

Djibril, un peu gêné par cette voix dissonante, met sur le compte de la jeunesse ce fougueux exposé. Mais Ilias n’en démord pas, il ne veut pas croire à une action désintéressée de la France. Il connaît l’importance des intérêts économiques de l’ancienne puissance coloniale au Niger voisin et les risques qu’entraînerait l’instabilité au Mali. C’est en évoquant sa mère restée à Tombouctou qu’il tempère ses propos. “J’espère juste que ça ira vite parce que ma mère est là-bas et que le téléphone ne fonctionne pas tous les jours.”

Plus loin, les femmes s’affairent en cuisine. Au milieu des allées et venues des hommes, elles restent discrètes mais tout autant concernées par la situation. Entre vaisselle et préparation du mafé de poulet, elles avouent n’avoir qu’une chose en tête : les proches restés au pays. Djallo a toute sa famille dans la ville de Mopti. Le 10 janvier, les milices islamistes ont pris la ville de Konna, à 70 kilomètres au nord de chez elle. Pendant plus de dix jours, sa famille n’a pas dormi. Si l’armée française a repris le contrôle de la ville depuis, à Montreuil, Djallo a du mal à trouver le sommeil. Elle n’habite pas le foyer, exclusivement masculin, mais y passe le plus clair de son temps “pour être entourée et penser à autre chose”,dit-elle :

“Tous les jours, ma famille me raconte au téléphone ce que font les islamistes là-bas. Ils coupent les mains et les jambes des voleurs. Ils obligent les filles à porter le voile, les hommes ne peuvent plus fumer dans la rue. On m’a même dit qu’ils violaient des femmes. Je suis musulmane et ça ce n’est pas l’islam.”

Inutile de lui demander si elle soutient l’intervention française au Mali. Djallo répète qu’elle fait confiance à François Hollande pour réussir là où son gouvernement a échoué. D’autres femmes acquiescent. Les dégâts collatéraux sur la population civile ? Les cuisinières du foyer refusent d’y penser. “La télévision n’en parle pas, pour l’instant ça va, il n’y a pas de morts”, explique Maryam. Paradoxalement le peu d’images de l’intervention rassure celle qui a ses deux frères à Gao. Son souhait : mettre assez d’argent de côté pour se payer un billet d’avion pour les grandes vacances. À côté de nous, Ali attend le plat que Djallo lui préparait avant qu’on ne l’interrompe. Impatient, il nous coupe, récupère son repas et nous ramène au café, visiblement gêné par l’ambiance féminine de la cantine. Attendre les vacances ? Impossible pour lui ! En France depuis huit mois seulement, Ali se sent déserteur. Il aurait aimé… prendre les armes pour “nettoyer le pays une fois pour toutes des islamistes”. Il jure qu’au début de la guerre il est allé au commissariat se porter volontaire. Une requête qui lui aurait valu les moqueries des policiers incrédules et qui fait rire aujourd’hui encore tout le café. “Estime-toi heureux d’être ici,lui lance son voisin de comptoir, hilare, tu ne saurais même pas reconnaître les terroristes.”

Sur le ton de la blague, une question importante est soulevée. Qui sont ces hommes contre lesquels la France et l’armée malienne se battent ? Les experts de la région évoquent régulièrement trois groupes distincts mais réunis autour de la même ambition : prendre possession de toute la bande sahélienne. Aqmi (Al-Qaeda au Maghreb islamique), le Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest) et Ansar Dine (Les Défenseurs de l’islam). Au comptoir, ces noms ne parlent pas à grand monde sauf à Hakibou Drame, le doyen du foyer, arrivé en France il y a trente-deux ans :

“Pendant longtemps, les Occidentaux ont fantasmé sur la question des petits hommes bleus soi-disant opprimés… Regardez où on en est. Les Touaregs ne représentent que 2 % du pays et ils ont signé un pacte avec ces trois groupes terroristes. Ils leur ont ouvert les portes du désert. Ce sont tous des bandits, ils n’ont aucune revendication politique comme ils le prétendent.”

D’autres avancent que des jihadistes pakistanais ou afghans ont grossi les rangs de la rébellion touarègue, certains évoquent des islamistes libyens ou algériens. Mais Djibril et Ilias s’accordent sur un point : “Peu importe d’où ils viennent. Le problème, c’est qu’Amadou Toumani Touré(ancien président renversé en mars 2012 – ndlr) les a laissés entrer dans le pays.”

Dans la cour du foyer aux allures de ruelle de Bamako, l’atmosphère est plus calme. On s’échange les cartes de téléphone pour appeler pas cher au pays. Un homme se fait couper les cheveux. Les plus jeunes font griller du maïs en sirotant un thé. La vie continue et les performances des Aigles, l’équipe nationale, occupent les esprits. Dimanche soir, le Mali a battu le Niger en première phase de la CAN 1 à 0. Une victoire qui compte pour du beurre en temps de guerre ? Pas sûr. À Gao, les islamistes du Mujao avaient interdit aux habitants de jouer au football.

Mis en ligne le 23/01/2013 à 12h13

BAMAKO (AFP)
Français et Maliens s’attellent mercredi à déminer et évacuer armes et munitions abandonnées par les islamistes dans les villes récemment reprises au Mali, mais le Japon a décidé de fermer son ambassade à Bamako, disant que l’intervention française avait accru l’instabilité.
Tokyo a expliqué avoir décidé la fermeture temporaire de sa représentation en raison de la « dégradation des conditions de sécurité » dans le pays, y compris sa capitale.
« Le personnel continuera son travail à partir de l’ambassade de France », a ajouté le ministère des Affaires étrangères, alors que le Japon est encore sous le choc de l’attaque d’un commando islamiste contre un site gazier du sud algérien, où sept Japonais ont été tués et trois sont portés manquants.
« A la suite de l’avancée militaire française, la situation du pays, déjà instable, s’est détériorée. La crise en Algérie est venue par là-dessus », a dit un porte-parole des Affaires étrangères, Yutaka Yokoi.
A Diabali (400 km au nord de Bamako), localité repassée lundi sous contrôle des forces maliennes après des bombardements français qui ont contraint les islamistes armés à la fuite, Français et Maliens traquaient les caches d’armes des jihadistes et les munitions non explosées.
Plus de 2.150 soldats français sont déjà déployés au Mali, nombre qui va rapidement augmenter, d’autant que Paris bénéficie depuis lundi de l’aide des Etats-Unis qui transportent troupes et équipements français, depuis la France vers l’Afrique de l’ouest.
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a indiqué mercredi que Moscou n’avait pas proposé officiellement à la France de l’aider à acheminer des troupes au Mali comme l’avait affirmé son homologue français Laurent Fabius. La Russie a simplement proposé à la France de prendre contact avec des entreprises privées russes de transport, a-t-il précisé.
La France s’est attaquée directement à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), le plus important des trois groupes islamistes armés qui occupent le nord du Mali, en frappant plusieurs cibles, dont « un centre de commandement des terroristes » près de Tombouctou, selon des sources concordantes françaises.
Le palais que l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi s’était fait construire à Tombouctou, utilisé par les islamistes, a été détruit par ces frappes, selon des habitants et une source de sécurité malienne.
Tombouctou, à 900 km au nord-est de Bamako, est une ville-phare de la culture musulmane en Afrique, classée au patrimoine mondial de l’humanité. Les jihadistes y ont détruit à plusieurs reprises d’anciens mausolées de saints musulmans et s’y sont livrés à des lapidations et amputations.
« Aucun indice » d’exactions
Douze jours après le début de l’intervention française qui a donné un coup d’arrêt à la progression des islamistes vers le Sud, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a salué l’intervention « courageuse » de la France au Mali, mais a réitéré ses craintes concernant l’impact de l’opération sur les civils et les droits de l’homme.
La France a assuré prendre très au sérieux les risques d’exactions qui pourraient être perpétrées pendant les opérations militaires en cours au Mali, tout en assurant ne disposer d' »aucun indice » confirmant de telles pratiques. Des informations de presse ont fait état de telles exactions visant les communautés touareg et arabes, de la part des forces de sécurité maliennes dans plusieurs régions maliennes.
Lors du sommet ouest-africain sur le Mali à Abidjan, le président malien Dioncounda Traoré avait mis en garde samedi contre d’éventuelles « exactions ».
A Bamako, le chef d’état-major de l’armée malienne a promis mardi que « tout soldat qui commettra des exactions contre des population civiles sera immédiatement ramené du terrain et jugé par un tribunal militaire », mettent en particulier en garde contre des atteintes visant les « peaux blanches », comme on appelle Arabes et Touareg au Mali.
Arabes et Touareg sont très largement majoritaires au sein des groupes islamistes armés.
De nouveaux pays ont répondu aux demandes d’aide logistique et financière de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour le déploiement d’une force au Mali qui, à terme, sera composée de quelque 6.000 soldats africains.
Rompant avec la quasi-unanimité de la communauté internationale, le président égyptien Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, s’est toutefois contre l’intervention au Mali, « de nature à alimenter le conflit dans la région ».
Mais Mahmoud Dicko, président du Haut Conseil islamique du Mali (HCIM), principale organisation islamique d’un pays à 90% musulman, a estimé que l’intervention de la France n’était « pas une agression contre l’islam ».

le 19/01/2013 à 13h37 –  ABIDJAN (AFP)

http://www.lalibre.be/toutelinfo/afp/449051/mali-l-afrique-de-l-ouest-appelle-a-une-mobilisation-quotplus-largequot.html

83668103Les dirigeants ouest-africains réunis samedi à Abidjan ont appelé à une mobilisation internationale « plus large » dans les opérations militaires au Mali, où soldats français et maliens combattent des groupes islamistes armés, dans l’attente du déploiement d’une force africaine.
« L’heure a sonné pour un engagement plus large des grandes puissances et du plus grand nombre d’Etats et d’organisations aux opérations militaires, afin qu’une plus grande solidarité se noue autour de la France et de l’Afrique dans la guerre totale et multiforme contre le terrorisme au Mali », a déclaré le chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara.
Président en exercice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), il s’exprimait à l’ouverture du sommet destiné à accélérer le déploiement de la force régionale au Mali, en présence du président malien par intérim Dioncounda Traoré.
Le président tchadien Idriss Deby – dont le pays ne fait pas partie de la Cédéao mais qui a promis d’envoyer 2.000 soldats – et le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius y participent également.
Les participants doivent convenir d' »accélérer » le déploiement de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), qui a reçu mandat de l’ONU pour aider le Mali à reprendre le contrôle du nord du pays, qui était occupé depuis plus de neuf mois par des groupes armés islamistes qui y ont multiplié les exactions.
L’opération française débutée il y a huit jours « n’a pas vocation à se substituer à l’action de la Misma » qui doit se déployer « le plus vite possible, et c’est l’objet de notre réunion », a dit M. Fabius au sommet.
Le président nigérien Mahamadou Issoufou a déclaré au quotidien français Le Parisien que « la France n’est au Mali que pour appuyer le Mali et l’Afrique ».
Quelque 2.000 membres de la Misma doivent être déployés au Mali d’ici au 26 janvier. Une centaine de soldats togolais et nigérians sont déjà arrivés à Bamako, et une trentaine de Béninois sont en route.
Huit pays ouest-africains – Nigeria, Togo, Bénin, Sénégal, Niger, Guinée, Ghana et Burkina Faso – ainsi que le Tchad ont annoncé leur contribution à la Misma. Au total, quelque 5.800 soldats du continent africain doivent contribuer à prendre le relais de la France.
« Peut-être » plus de 2.500 soldats français
Celle-ci poursuit son intervention aux côtés de ce qui reste de l’armée malienne. Deux mille soldats français sont déjà présents au Mali et leur nombre devrait prochainement être porté à 2.500, selon Paris. « Peut-être qu’on les dépassera », a indiqué le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.
Bamako a annoncé avoir repris jeudi « le contrôle total » de Konna, à 700 km au nord-est de Bamako, tombée le 10 janvier aux mains des combattants islamistes, ce qui avait précipité l’intervention française.
La chute de Konna lors d’une offensive surprise des combattants islamistes le 10 janvier, avait déclenché l’intervention de la France – qui redoutait une percée des jihadistes vers le sud et Bamako.
Dans la région de Diabali (ouest), le colonel malien commandant ce secteur, a affirmé samedi à l’AFP que les jihadistes avaient « fui » la ville qu’ils avaient prise lundi et que l’armée malienne s’apprêtait à y faire son entrée.
Ses déclarations confirment celles de plusieurs habitants et d’une source de sécurité régionale qui avaient affirmé vendredi que les jihadistes avaient abandonné Diabali, à 400 km au nord-est de Bamako, après plusieurs bombardements de l’aviation française.
Mais de son côté, le ministère français de la Défense, avait laissé entendre que le ville n’avait pas été reprise aux islamistes
En Algérie, l’agence de presse officielle algérienne APS affirme que douze otages et dix-huit ravisseurs ont été tués dans l’assaut donné aux islamistes qui avaient pris des centaines de personnes en otages mercredi sur un site gazier dans le Sahara. Ceux-ci détenaient encore vendredi sept étrangers à In Amenas, à 1.300 km au sud-est d’Alger, selon des sources islamistes citées par l’agence de presse mauritanienne ANI.
Les ravisseurs demandent à la France de « négocier » la fin de la guerre au Mali et proposent de libérer des « otages américains » contre des islamistes détenus aux Etats-Unis, a affirmé ANI.
Paris et Washington ont confirmé la mort d’un de leurs ressortissants.
Rendant hommage à la France, le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta a déclaré: « Nous essaierons de l’aider dans cet effort comme le font d’autres pays ». Washington a fourni des renseignements et promis des moyens de transport aérien à la France.

L’intervention française au Mali

Publié: 28 janvier 2013 par gandibleux dans Caricatures
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Alors que au sol se poursuivent dans la ville de Diabali, au Mali, l’État français bénéficie d’un soutien fort de la part de l’opposition et du peuple.