Articles Tagués ‘Israël’

LE MONDE | 19.11.2014 à 08h26 • Mis à jour le 19.11.2014 à 13h34 |Par Hélène Sallon
Funérailles de trois des quatre victimes de l'attentat de mardi 18 novembre à Jérusalem.
L’attentat contre la synagogue Kehilat-Yaakov dans le quartier d’Har Nof, à Jérusalem, qui a fait cinq victimes, mardi 18 novembre, est le dernier acte d’un cycle d’attaques et de représailles qu’Israéliens et Palestiniens semblent incapables de juguler. Depuis l’échec des négociations de paix bilatérales, sous égide américaine, en avril, les deux camps semblent n’avoir pour seule perspective qu’une escalade de la haine réciproque et de la violence.
  • L’enlèvement de trois jeunes Israéliens, le 12 juin, avive les tensions

L’étincelle a été l’enlèvement de trois jeunes Israéliens, Naftali Fraenkel, Gilad Shaar et Eyal Yifrach, par une cellule isolée du Hamas près du bloc de colonies de Goush Etzion en Cisjordanie, le 12 juin. La nouvelle de leur enlèvement avait suscité l’espoir au sein de la population palestinienne que ces « trois Shalit » – du nom du soldat israélien enlevé par le Hamas en 2006 et libéré en 2011 contre 1 027 prisonniers palestiniens – soient échangés contre de nouveaux prisonniers. Le sujet était alors à vif dans la société palestinienne avec la grève de la faim suivie depuis avril par des dizaines de prisonniers pour dénoncer leur détention.
La réponse du gouvernement israélien avait été à la mesure de l’effroi ressenti par la population israélienne. Se gardant de révéler au public les éléments qui pointaient déjà vers leur mort, le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, avait lancé l’opération « Gardiens de nos frères » en Cisjordanie pour retrouver les trois jeunes et leurs ravisseurs. Le bouclage du district d’Hébron et l’arrestation de plus de 400 sympathisants et membres du Hamas avaient été vécus comme une « punition collective » par les Palestiniens. Des affrontements entre jeunes Palestiniens et forces de l’ordre israéliennes avaient fait neuf morts et des dizaines de blessés.
  • Le bilan de l’attaque d’une synagogue à Jérusalem-Ouest s’alourdit

    Un policier druze a succombé hier à ses blessures, portant à 5 le nombre de personnes tuées hier par deux Palestiniens dans le quartier de Har Nof, un bastion du parti ultra-orthodoxe israélien Shass. L’attaque, la plus meurtrière depuis 2008, a eu lieu durant la prière du matin. Les attaquants, armés de hachoirs et d’un pistolet, ont ensuite été abattus par la police. Il s’agit de deux cousins originaires de Jérusalem-Est, et pères chacun de plusieurs enfants. L’attentat intervient au surlendemain de ce que les Palestiniens ont qualifié de ‘crime raciste’. Un chauffeur de bus palestinien a été retrouvé pendu à Jérusalem-Ouest. Un suicide selon la médecine légale israélienne, ce que la famille de la victime et un médecin légiste palestinien contestent. Seule certitude, une dizaine de proches des assaillants palestiniens a été interpellée hier, alors que l’État hébreu enterrait ses morts. Des milliers de personnes ont assisté le jour même aux funérailles de trois des victimes devant les lieux du drame. Les rabbins Aryeh Kupinsky, Cary Willam Levine et Avraham Goldberg, ont ensuite été inhumés dans un cimetière proche.

  • Les tensions s’étendent à Jérusalem-Est pendant l’été

Les tensions ont gagné les quartiers arabes de Jérusalem-Est, le 2 juillet, lorsque Mohammed Abou Khdeir, un Palestinien de 16 ans du quartier de Chouafat, est retrouvé mort, brûlé vif. Le meurtre avait été perpétré par trois juifs extrémistes en représailles à la découverte des corps des trois jeunes Israéliens, deux jours plus tôt. Elle a libéré les expressions de haine au sein d’une frange extrémiste de la population israélienne, chauffée à blanc par les discours revanchards de certains responsables politiques.
La guerre déclenchée, le 8 juillet, dans la bande de Gaza par Israël, en représailles aux tirs de roquettes des groupes armés palestiniens, a encore avivé cette colère. Pendant les cinquante jours de guerre, qui ont fait plus de 2 140 victimes côté palestinien, les émeutes ont été quasi quotidiennes à Jérusalem-Est. En dépit des appels répétés du Hamas à une troisième intifada, le mouvement a été contenu. Les cellules du mouvement islamiste n’ont ni les capacités ni la marge d’action pour susciter un vaste soulèvement dans les territoires. Partisan de la voie diplomatique, le président palestinien, Mahmoud Abbas, a maintenu la coopération sécuritaire avec Israël, au point d’interdire la plupart des manifestations de soutien avec la bande de Gaza pour éviter toute déstabilisation.
  • Les attentats isolés marquent une escalade de la violence

La fin de la guerre de Gaza, le 26 août, n’a pas éteint les foyers de tensions à Jérusalem-Est. La multiplication des annonces de nouveaux projets delogement dans les colonies et les provocations d’extrémistes juifs appelant à une remise en cause du statu quo sur l’esplanade des Mosquées ont alimenté de nouvelles émeutes. Le gouvernement Nétanyahou y a opposé une réponse sécuritaire, qui s’est traduite par plus de 1 000 arrestations depuis l’été et de nouvelles restrictions à l’accès sur l’esplanade des Mosquées. Celles-ci ont été levées sous la pression de la Jordanie, garante du statu quo.
Fin octobre, les attaques d’individus isolés se sont systématisées, traduisant une nouvelle escalade de la violence. Certaines de ces attaques ont été menées par des membres du Djihad islamique ou du Hamas, qui ont appelé àmultiplier les attentats de cette nature. Le 22, un Palestinien a jeté sa voiture sur un arrêt du tramway, tuant un bébé. Le 29, Yehuda Glick, extrémiste religieux juif de renom, militant pour l’accès des juifs au Mont du temple, a été victime d’une tentative d’assassinat. Deux autres attentats à la voiture-bélier ont été perpétrés à Jérusalem, le 5 novembre, faisant un mort. Une bavure policière contre un Arabe israélien, tué le 8 novembre à Kfar Cana, a étendu le cycle actuel de violences au-delà de Jérusalem, vers le nord du pays. Deux jours plus tard, deux attaques au couteau, ont fait deux morts en Cisjordanie et à Tel-Aviv. Dans la nuit, des colons israéliens ont incendié la mosquée du village palestinien d’Al-Mughayir, près de Ramallah en Cisjordanie.
L’attentat contre la synagogue d’Har Nof, à Jérusalem, marque un nouveau palier. Il a été perpétré au surlendemain de ce que les Palestiniens ont dénoncé comme un « crime raciste », celui d’un chauffeur de bus palestinien, Youssef Ramouni, retrouvé pendu dans son dépôt de Jérusalem-Ouest. La médecinelégale israélienne a conclu à un suicide, une version contestée par un médecin légiste palestinien. Cette attaque conforte la droite israélienne dans son choix d’une ligne sécuritaire dure et éloigne la perspective d’une reprise des négociations de paix avec l’Autorité palestinienne.

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 12.09.2014 à 11h10 • Mis à jour le 12.09.2014 à 15h20

C’est une lettre envoyée par 43 officiers et soldats israéliens de réserve à leur premier ministre et à leur chef d’état-major. Ayant servi dans l’unité 8200, la plus prestigieuse unité de renseignement militaire israélien, ils ont décidé de ne plus servir, refusant de participer aux « abus » commis selon eux contre les Palestiniens.

Cette lettre, dont des extraits sont parus dans le quotidien à grand tirage Yediot Aharonot, est l’une des plus importantes expressions d’objection de conscience depuis longtemps en Israël. Les 43 signataires, hommes et femmes, ont servi dans cette unité, qui est souvent comparée à l’Agence nationale de sécurité américaine (National Security Agency, NSA). Réservistes, ils peuvent y être rappelés à tout moment.

Mais ces soldats, dont les noms ne sont pas divulgués par le journal, ne veulent plus « continuer à servir ce système qui porte atteinte aux droits de millions de personnes », dit leur lettre. Aucun témoignage de ces « Refuzniks » (terme désignant des Israéliens refusant de servir) n’est lié à la guerre menée en juillet et août dans la bande de Gaza.

Dans leur lettre, ils évoquent leur rôle capital dans les opérations d’éliminations ciblées pratiquées par l’armée. Une femme parle de l’erreur d’identification qu’elle a commise et qui a conduit selon elle à la mort d’un enfant. D’autres s’émeuvent d’avoir à écouter les conversations les plus intimes de Palestiniens.« Nous appelons tous les soldats qui servent actuellement dans cette unité ou qui vont y servir, tous les citoyens d’Israël à faire entendre leurs voix contre ces abus et agir pour y mettre un terme », dit leur lettre. Les 43 objecteurs de conscience encourent des peines de prison.

CRIMES DE GUERRE

Dans un rapport publié jeudi, l’ONG Human Rights Watch (HRW) accuse les forces israéliennes d’avoir commis des crimes de guerre au cours de l’opération « Bordure protectrice », menée cet été dans la bande de Gaza. « Trois attaques menées par les forces israéliennes contre des écoles dans la bande de Gaza où des personnes déplacées avaient cherché refuge ont fait de nombreuses victimes civiles et endommagé ces bâtiments en violation des lois de la guerre », écrit HRW, qui dit avoir mené la « première enquête approfondie » sur ces événements.

Ces attaques, qui ont eu lieu les 24 et 30 juillet et le 3 août, ont coûté la vie à 45 personnes, dont 17 enfants, précise l’ONG. L’armée israélienne a annoncé mercredi avoir ouvert cinq enquêtes criminelles sur les opérations de la bande de Gaza.

L’opération contre Gaza (8 juillet-26 août) a fait plus de 2 140 morts Palestiniens, en majorité des civils, selon les secours palestiniens. Côté israélien, 67 soldats et 6 civils ont été tués.

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 13.07.2014 à 06h17 • Mis à jour le 13.07.2014 à 21h33

4456251_5_fe1d_ill-4456251-9173-948250_38291ad17e8dbede85b19b6f4de28f63.jpg

« Une opération des forces spéciales de la marine a eu lieu sur une plage de Gaza afin de frapper un site de lancement de roquettes à longue portée », a annoncé le porte-parole de l’armée. | AFP/JACK GUEZ

Le conflit s’accentue de jour en jour entre Israël et le Hamas. Les bombardements dans la bande Gaza par Israël et les tirs de roquette du Hamas continuaient, dimanche 13 juillet. Dans ce contexte, le président palestinien en appelle à l’ONU, tandis qu’Israël brandit la menace d’une intervention terrestre.

  • Abbas demande à l’ONU de placer la « Palestine sous protection internationale »

A la suite de la détérioration de la situation dans la bande de Gaza, le président palestinien, Mahmoud Abbas, a demandé à l’ONU de placer l’Etat de Palestine sous la « protection internationale » des Nations unies, a annoncé dimanche 13 juillet l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

M. Abbas réclame aussi la création immédiate d’une commission d’enquête.« La direction palestinienne est déterminée à prendre des mesures concrètes pour faire face à la situation horrible à Gaza », a souligné Hanane Achraoui, membre du comité exécutif de l’OLP, dans un communiqué.

Le président palestinien a déjà demandé à la Suisse, dépositaire de la 4eConvention de Genève sur la protection des civils en temps de guerre, de réunirles parties contractantes à cette convention de 1949 afin de leur demander desanctionner Israël en tant que « puissance occupante » et donc responsable de la sécurité des civils.

Lire le récit : Embarras international face à l’escalade à Gaza

  • Fusillade entre des combattants du Hamas et la marine israélienne

  • Proche-Orient : malgré les appels de l’ONU, l’escalade se poursuit

    Samedi a été la journée la plus sanglante depuis le début de l’opération israélienne dans la bande de Gaza. Au moins 54 Palestiniens ont perdu la vie, portant le bilan à environ 160 morts et plus d’un millier de blessés depuis le début des frappes. Les forces israéliennes assurent viser des cibles associées au Hamas, mais les raids font aussi de nombreuses victimes civiles. Selon l’ONG Oxfam, 100 000 personnes seraient privées d’alimentation en eau à cause des dégâts causés par les raids. Sur le front diplomatique, le Conseil de sécurité de l’ONU a de nouveau appelé Israël et le Hamas à cesser le feu. ‘Si les Israéliens ne tiennent pas compte de cette position du Conseil de Sécurité et de tous les groupes politiques, cela va aller plus loin, y compris au sein du Conseil de Sécurité qui pourrait élaborer un projet de résolution’, a déclaré l’ambassadeur palestinien à l’ONU. Des heurts entre manifestants palestiniens et forces israéliennes ont éclaté samedi soir à Jérusalem-Est, Hébron et Bethléem en Cisjordanie occupée. Les protestataires ont jeté des pierres en direction des militaires israéliens qui ont répliqué avec des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes. Les affrontements ont fait au moins trois blessés par balles dans les rangs des manifestants. Les sirènes d’alerte ont à nouveau retenti à Tel-Aviv ce samedi. Le Hamas a en effet revendiqué pas moins de dix tirs de roquettes en direction de la capitale économique israélienne. Trois ont été interceptées par le ‘Dôme de Fer’. Les autres n’ont fait ni dégâts, ni blessé.

    1:33

Dimanche, une fusillade a éclaté entre des combattants du Hamas et des membres d’un commando de la marine israélienne dans la bande de Gaza, pour la première fois depuis le début de l’opération militaire israélienne, le 8 juillet.

Les soldats du commando israélien, appuyés par l’aviation, attaquaient un site de lancement de roquettes à longue portée dans le nord de la bande de Gaza lorsqu’ils ont été pris sous le feu, indique l’armée. Quatre soldats israéliens ont été « légèrement blessés ». La branche militaire du Hamas, les brigades Ezzedine Al-Qassam, a confirmé « des échanges de feux nourris » avec des marins israéliens « dans la zone de Sudanyia ».

Lire nos explications : Comprendre la situation à Gaza

Par ailleurs, une roquette tirée depuis la Syrie est tombée dimanche soir sur le Golan, région occupée par Israël, a indiqué l’armée israélienne qui n’a recensé aucune victime. « Nous estimons qu’il ne s’agit pas d’une (roquette) perdue », a indiqué une porte-parole de l’armée, précisant que le projectile était tombé dans une zone inhabitée.

  • Israël demande aux habitants du nord de la bande de Gaza d’évacuer

Israël, qui a mobilisé 30 000 réservistes, brandit la menace d’une intervention terrestre de grande ampleur, alors que ses bombardements ont déjà causé la mort d’au moins 162 Palestiniens depuis mardi.

L’armée a appelé dimanche les habitants de plusieurs localités du nord de la bande de Gaza à évacuer leur maison en prévision de bombardements massifs à partir de midi (11 heures à Paris). L’aviation israélienne devait disperser des tracts dans la matinée, afin d’avertir « les résidents de Beit Lahiya de s’éloigner, pour leur sécurité, des activistes du Hamas et des sites où ils opèrent ».

L’armée a également fixé pour la première fois un ultimatum à la populationgazaouie depuis le début des hostilités. « L’armée israélienne a l’intention d’attaquer les infrastructures terroristes. L’opération sera limitée dans le temps. Ceux qui ne respecteront pas les instructions mettront en danger leur vie et celle de leur famille », a-t-elle prévenu. Selon la radio militaire, l’armée souhaiteviser des rampes de lancement de roquettes de longue portée.

Lire le reportage : Dans la bande de Gaza : « Je n’ai aucun espoir de m’échapper d’ici ! »

Explosions à Gaza, le 13 juillet 2014.
Explosions à Gaza, le 13 juillet 2014. | REUTERS/AMMAR AWAD

Le conflit s’accentue de jour en jour entre Israël et le Hamas. Les bombardements dans la bande Gaza par Israël et les tirs de roquette du Hamas continuaient, dimanche 13 juillet. Dans ce contexte, le président palestinien en appelle à l’ONU, tandis qu’Israël brandit la menace d’une intervention terrestre.

  • Abbas demande à l’ONU de placer la « Palestine sous protection internationale »

A la suite de la détérioration de la situation dans la bande de Gaza, le président palestinien, Mahmoud Abbas, a demandé à l’ONU de placer l’Etat de Palestine sous la « protection internationale » des Nations unies, a annoncé dimanche 13 juillet l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

M. Abbas réclame aussi la création immédiate d’une commission d’enquête.« La direction palestinienne est déterminée à prendre des mesures concrètes pour faire face à la situation horrible à Gaza », a souligné Hanane Achraoui, membre du comité exécutif de l’OLP, dans un communiqué.

Le président palestinien a déjà demandé à la Suisse, dépositaire de la 4eConvention de Genève sur la protection des civils en temps de guerre, de réunirles parties contractantes à cette convention de 1949 afin de leur demander desanctionner Israël en tant que « puissance occupante » et donc responsable de la sécurité des civils.

Dimanche, une fusillade a éclaté entre des combattants du Hamas et des membres d’un commando de la marine israélienne dans la bande de Gaza, pour la première fois depuis le début de l’opération militaire israélienne, le 8 juillet.

Les soldats du commando israélien, appuyés par l’aviation, attaquaient un site de lancement de roquettes à longue portée dans le nord de la bande de Gaza lorsqu’ils ont été pris sous le feu, indique l’armée. Quatre soldats israéliens ont été « légèrement blessés ». La branche militaire du Hamas, les brigades Ezzedine Al-Qassam, a confirmé « des échanges de feux nourris » avec des marins israéliens « dans la zone de Sudanyia ».

Par ailleurs, une roquette tirée depuis la Syrie est tombée dimanche soir sur le Golan, région occupée par Israël, a indiqué l’armée israélienne qui n’a recensé aucune victime. « Nous estimons qu’il ne s’agit pas d’une (roquette) perdue », a indiqué une porte-parole de l’armée, précisant que le projectile était tombé dans une zone inhabitée.

  • Israël demande aux habitants du nord de la bande de Gaza d’évacuer

Israël, qui a mobilisé 30 000 réservistes, brandit la menace d’une intervention terrestre de grande ampleur, alors que ses bombardements ont déjà causé la mort d’au moins 162 Palestiniens depuis mardi.

L’armée a appelé dimanche les habitants de plusieurs localités du nord de la bande de Gaza à évacuer leur maison en prévision de bombardements massifs à partir de midi (11 heures à Paris). L’aviation israélienne devait disperser des tracts dans la matinée, afin d’avertir « les résidents de Beit Lahiya de s’éloigner, pour leur sécurité, des activistes du Hamas et des sites où ils opèrent ».

L’armée a également fixé pour la première fois un ultimatum à la populationgazaouie depuis le début des hostilités. « L’armée israélienne a l’intention d’attaquer les infrastructures terroristes. L’opération sera limitée dans le temps. Ceux qui ne respecteront pas les instructions mettront en danger leur vie et celle de leur famille », a-t-elle prévenu. Selon la radio militaire, l’armée souhaiteviser des rampes de lancement de roquettes de longue portée.

  • Le conflit le plus meurtrier depuis novembre 2012

Deux roquettes tirées depuis la bande de Gaza et visant la capitale économique israélienne, Tel-Aviv, ont été détruites dimanche par le système de défense anti-aérien « Dôme de fer », a annoncé l’armée sur Twitter. Depuis mardi, quelque 600 roquettes ont frappé l’Etat hébreu et environ 140 ont été détruites en vol. Ces tirs ont fait une dizaine de blessés en Israël, mais aucun mort.

Par ailleurs, des accrochages ont eu lieu samedi en Cisjordanie et dans les territoires occupés entre des manifestants, jettant des pierres et des cocktails Molotov, et les forces de l’ordre israéliennes.

Ce conflit est le plus meurtrier depuis l’opération « Pilier de défense » en novembre 2012, qui avait déjà pour objectif de faire cesser les tirs de roquette de Gaza. Les hostilités avaient provoqué la mort de 177 Palestiniens et de 6 Israéliens en une semaine.

 

L’offensive israélienne sur la bande de Gaza est entrée jeudi dans son troisième jour, alors que de nouvelles roquettes ont été tirées vers Israël, notamment en direction de Tel-Aviv. Le ministère de la santé palestinien porte à au moins 66 le nombre de Gazaouis tués depuis mardi, dont plus de 50 civils.

La tension est montée d’un cran la semaine dernière avec la mort d’un jeune Palestinien de 16 ans, enlevé à Jérusalem-Est et vraisemblablement tué pour venger la mort de trois jeunes israéliens kidnappés le 12 juin.

A Palestinian boy rests on a mattress next to the rubble of a house which police said was destroyed in an Israeli air strike in Gaza CityA Palestinian boy carries his belongings as he walks past the rubble of his family's house which police said was destroyed in an Israeli air strike in Gaza City

Smoke rises after an Israeli air strike in the northern Gaza StripMideast Israel Palestinians

 

A Palestinian walks amongst the rubble of a house which police said was destroyed in an Israeli air strike, in the northern Gaza StripAn Iron Dome launcher fires an interceptor rocket in the southern Israeli city of Ashdod

Mideast Israel PalestiniansMideast Israel Palestinians

Mideast Israel PalestiniansIsraeli soldiers ride atop a tank outside the southern Gaza StripMideast Israel PalestiniansMideast Israel Palestinians

Palestinians stand atop the rubble of a house which police said was destroyed in an Israeli air strike in Gaza CityAPTOPIX Mideast Israel PalestiniansPalestinians gather around a house which police said was hit in an Israeli air strike, in Gaza CityMideast Israel Palestinians

 

Hébron (Territoires palestiniens) (AFP)

Un adolescent palestinien a été tué et un jeune homme grièvement blessé vendredi en Cisjordanie par l’armée israélienne, dont l’opération pour retrouver trois étudiants d’écoles religieuses juives enlevés se heurte à une résistance croissante de la population.

L’armée israélienne a annoncé avoir arrêté au total près de 330 suspects, dont 240 membres du Hamas islamiste, accusé du rapt du 12 juin qui n’a cependant pas fait l’objet de revendication jugée crédible. Elle a également fouillé 1.150 bâtiments à travers la Cisjordanie occupée, sans indice de succès prochain.

Dans le sud du territoire palestinien, près de Hébron, où se concentrent les recherches, un adolescent de 14 ans a été tué par balle à la poitrine à Doura, où il a été inhumé accompagné par une procession pavoisée de drapeaux palestiniens et de différents mouvements.

Un autre Palestinien de 20, ans grièvement blessé à la tête lors de violents affrontements avec des soldats israéliens dans le camp de réfugiés de Qalandia, près de Jérusalem, se trouve entre la vie et la mort.

L’armée israélienne a indiqué avoir arrêté dans la nuit de jeudi à vendredi 25 personnes et perquisitionné 200 bâtiments dans le sud de la Cisjordanie et près de Ramallah. Elle a fait état de « confrontations sporadiques », précisant qu’un de ses soldats avait été légèrement blessé par une grenade à Qalandia.

Selon un spécialiste des questions militaires du quotidien Israël Hayom, « Israël a pratiquement atteint la limite de ses capacités à attaquer l’infrastructure du Hamas (politique, économique, civile et bien sûr militaire) » et ses incursions se heurtent depuis deux jours à une résistance croissante.

« Les dossiers du renseignement et les cibles préparées depuis des mois ont été épuisés dans cette vague d’arrestations », souligne-t-il, citant pour preuve le nombre déclinant de personnes arrêtées au fil des jours, sans que l’armée paraisse se rapprocher de l?objectif.

Le coordinateur de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, a appelé dans un communiqué à la libération immédiate des trois jeunes et a exhorté Israël à « respecter la dignité des Palestiniens » et à s’abstenir d’un « usage excessif de la force, y compris la mort de civils ».

 

– « Accusations sans preuve » –

 

Recevant vendredi les familles des trois jeunes, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu leur a assuré que ces opérations avaient pour « principal objectif de retrouver les garçons » et que les effectifs des forces de sécurité déployées avaient été augmentés, selon un communiqué de ses services.

Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki a pour sa part reproché à M. Netanyahu, qui se dit « absolument certain » de l’implication du Hamas, de lancer des « accusations sans preuve », dans une déclaration à l’AFP à Paris.

« Si l’on venait à savoir que le Hamas est impliqué, bien sûr que le gouvernement de consensus palestinien serait menacé », a néanmoins estimé M. Malki, en référence à l’exécutif de personnalités indépendantes formé le 2 juin en vertu d’un accord de réconciliation entre l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et le Hamas.

Deux commentateurs politiques du Yediot Aharonot, le principal quotidien israélien, ont de leur côté taxé d’ingratitude M. Netanyahu pour ne pas donner crédit à M. Abbas de sa ferme condamnation de l’enlèvement ni de la coopération de ses services de sécurité.

Le ministre israélien des Finances, Yaïr Lapid, membre du cabinet de sécurité, a en revanche félicité lors une interview à la télévision le président palestinien pour sa prise de position « courageuse », louant également la coopération avec les forces de sécurité palestiniennes.

Les trois étudiants d’écoles talmudiques situées dans des implantations de Cisjordanie, âgés de 19 ans pour l’aîné et de 16 ans pour les deux autres, ont disparu dans le Goush Etzion, un bloc de colonies.

Pour tenter de les retrouver, l’armée israélienne a lancé l’opération « Gardien de nos frères » son plus important déploiement en Cisjordanie depuis la fin de la deuxième Intifada en 2005.

Par ailleurs, les autorités israéliennes ont limité l’accès de l’esplanade des Mosquées, dans la Vieille ville de Jérusalem-Est occupé et annexé, en prévision de heurts qui ont éclaté aux abords du site avant la prière du vendredi.

RFI: ISRAËL TERRITOIRES PALESTINIENS 
Publié le 03-06-2014 Modifié le 03-06-2014 à 05:10

media

Du jamais vu depuis la rupture de juin 2007 entre factions palestiniennes rivales : un gouvernement d’union nationale a prêté serment lundi à Ramallah. Le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé « la fin de la division palestinienne », quand Israël déclare qu’il ne négociera pas avec lui. Pourquoi la réconciliation souvent annoncée mais jamais concrétisée a-t-elle soudain pris corps ?

Dit de « consensus », le gouvernement est composé de 17 ministres et soutenu par l’Autorité palestinienne et par le Hamas. De son fief de Gaza, le Hamas a déclaré qu’il remettait les pouvoirs à la nouvelle équipe.

Affaiblie, l’organisation islamiste a approuvé cette nouvelle tentative de réconciliation. Le mouvement palestinien avait beaucoup misé ces dernières années sur l’arrivée au pouvoir des Frères musulmans dans la région. Mais ses espoirs se sont effondrés lorsque le président égyptien Mohammed Morsi a été chassé du pouvoir l’année dernière. Ce fut un choc pour le Hamas, soudain isolé puisqu’il venait de rompre avec le régime syrien de Bachar el-Assad ce qui l’avait éloigné d’un autre de ses parrains : l’Iran.

Du côté de l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, le contexte a également évolué. En avril dernier, Israéliens et Palestiniens ont constaté l’échec des discussions de paix relancées neuf mois plus tôt par l’administration américaine. Des négociations jusque-là considérées par le Hamas comme un obstacle à la réconciliation.

Pour la première fois depuis sept ans, les Palestiniens ont donc un gouvernement unique censé fonctionner en Cisjordanie comme à Gaza, ce qui reste encore à vérifier. Enfin, la réconciliation ne sera complète qu’avec des élections dans les Territoires où le calendrier électoral s’est arrêté en 2005 pour la présidentielle et en 2006 pour les législatives.

En Cisjordanie, la peur des sanctions

En Cisjordanie la nouvelle a été reçue de manière mitigée. Notre correspondant à Ramallah, Nicolas Ropert, est allé à la rencontre de leurs habitants. Attablé à la terrasse d’un café avec ses amis, ce grand-père n’est satisfait pas de ce gouvernement d’union.

« C’est une bonne chose pour le Hamas, pas pour la Palestine. Ce sont les seuls à profiter de ce rapprochement. Ils ne veulent pas l’unité. Ils veulent juste résoudre leur problèmes. Ils sont en difficulté parce qu’ils n’arrivent pas à payer les 40 000 employés car ils n’ont pas l’argent pour ça. Il n’y a que ça qui les intéressent. »

Dans la clameur des souks, l’on évoque également la nouvelle. L’annonce du gouvernement n’a pas d’effet sur le chiffre d’affaires. « C’est toujours la même chose,plaisante Mohamed, un vendeur de fruits et légumes. Quelque soit les changements de dirigeants, cela ne change pas notre vie. » Fadi, un vendeur de vêtements, pense au contraire que c’est une bonne nouvelle. Il craint juste la réaction israélienne : « Nous savons de quoi Israël est capable. Mais la seule chose qui nous inquiète, ce sont les sanctions financières, si jamais ils n’envoient plus l’argent au gouvernement ou à l’Autorité palestinienne. Mais on a pas peur d’Israël. Dans tous les cas, je ne pense pas qu’ils feront quelque chose. »

Israël envisage des sanctions

Les Etats-Unis ont d’ores et déjà indiqué qu’ils discuteraient avec ce gouvernement. Pas Israël, qui l’accuse d’être soutenu par le Hamas. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu accuse une fois de plus Mahmoud Abbas d’avoir dit « oui au terrorisme, non à la paix ». Une rhétorique déjà entendue.

Pour Israël, il n’est pas question de « négocier avec un gouvernement palestinien soutenu par le Hamas, une organisation terroriste qui veut la destruction de l’Etat hébreu ». Le cabinet israélien s’est réuni dès lundi après-midi et dit envisager des sanctions contre l’Autorité palestinienne, sans mentionner lesquelles.

Parmi les ministres israéliens, les points de vue sont plus ou moins marqués : le centriste Yair Lapid, déclare qu’« il faut attendre de voir où va le gouvernement palestinien avant de faire quoi que ce soit ».

A l’autre bout de l’échiquier, le nationaliste religieux Naftali Benett, estime « qu’il faut passer de la défense à l’attaque ». Selon lui, il n’existe qu’une seule réponse possible face aux Palestiniens : annexer purement et simplement 60% de la Cisjordanie, là où se trouvent la plupart des colonies.

 

 

 

    Le Monde.fr avec AFP | 28.04.2014 à 11h21 • Mis à jour le 28.04.2014 à 11h37

John Kerry avec Tzipi Livni, la négociatrice palestinienne et Saeb Erekat, le négociateur palestinien, le 29 juillet 2013.

 

Les tentatives du secrétaire d’Etat américain John Kerry pour essayer de décrocher un accord de paix au 29 avril se sont effondrées quand les Israéliens ont annoncé la suspension des négociations de paix en cours avec l’Autorité palestinienne, après l’annonce de sa réconciliation avec le Hamas.

Vendredi, le secrétaire d’Etat a tapé du poing sur la table : « La création de deux Etats sera la seule solution réaliste. Parce qu’un Etat unitaire finirait par être soit un Etat d’apartheid avec des citoyens de seconde classe, soit un Etat qui détruira la capacité d’Israël d’être un Etat juif  », a déclaré M. Kerry, rapporte le Daily Beast qui cite un enregistrement de ses propos tenus lors d’une réunion à huis clos de la Commission trilatérale (un groupe non partisan de discussion non gouvernemental fondé par David Rockefeller).

Des représentants officiels et des experts américains, européens, russes et japonais participaient à cette réunion, précise le site d’information.

« Une fois ce scénario à l’esprit (…) vous comprenez combien il est impératif d’arriver à une solution à deux Etats, à laquelle les deux leaders, (jeudi) encore, ont réaffirmé leur attachement », a-t-il dit.

UN TERME DÉJÀ UTILISÉ PAR JIMMY CARTER

Le terme d’apartheid fait référence au système social ségrégationniste en vigueur en Afrique du Sud de 1948 à 1994. Tandis que John Kerry et le président Barack Obama se sont abstenus d’utiliser ce terme en parlant du conflit israélo-palestinien, l’ancien président des Etats-Unis Jimmy Carter (1977-1981) avait intitulé son livre sur le sujet publié en 2006 Palestine : la paix, pas l’apartheid.

Parrain des négociations de paix qu’il a relancées en juillet 2013, John Kerry, qui a exhorté jeudi les dirigeants israéliens et palestiniens à faire des compromis, a par ailleurs réaffirmé que le processus de paix israélo-palestinien n’était pas mort.

 

Palestine- Israël

Publié: 23 avril 2014 par gandibleux dans Actualités, Monde
Tags:,

Brèves du courrier international:

La Palestine 194e Etat des Nations unies ?

 

Le siège symbolique apporté par la délégation palestinienne à l’ONU, New-York, le 15 septembre 2011.

 

 

Le siège symbolique apporté par la délégation palestinienne à l’ONU, New-York, le 15 septembre 2011.

Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne a présenté le 29 novembre une demande de statut d’Etat observateur à l’Assemblée générale des Nations Unies. Malgré l’opposition d’Israël et des Etats-Unis, qui ont voté contre, 138 Etats, dont la France, ont approuvé cette demande. C’est un succès pour Mahmoud Abbas, y compris face au Hamas qui justement vient de se renforcer sur le terrain à Gaza.

La Palestine a également déposé le 23 septembre 2011 une demande d’Etat membre, mais elle est bloquée au Conseil de sécurité, qui n’est pas unanime sur la question.

 

Coup d’accélérateur à la colonisation israélienne:

 

Le ministre israélien de la Défense, « Moshe Ya’alon, annonce un projet majeur d’agrandissement de la colonie de Goush Etzion », titre le journal palestinien. Israël a en effet pris possession d’une centaine d’hectares de terrains en Cisjordanie occupée. Cette saisie, la plus importante depuis des années selon la presse israélienne, semble préfigurer une relance importante de la colonisation au sud de Jérusalem. « Cette mesure complique encore davantage les efforts pour prolonger les difficiles négociations de paix », écrit le journal.

 

« Israël déclare la guerre économique »:

« Guerre économique : gel des taxes », titre le journal de Ramallah en Cisjordanie. Israël a en effet décidé de suspendre le reversement des taxes qu’il collecte pour le compte de l’Autorité palestinienne. Ces taxes, prélevées sur les importations dans les Territoires, représentent quelque 80 millions d’euros par mois, soit les deux tiers du budget palestinien. C’est la réponse des Israéliens à la décision des Palestiniens de relancer leurs efforts pour adhérer aux instances de l’ONU, décision qui avait elle-même été prise en réaction au refus israélien de libérer des prisonniers palestiniens.

Ramallah pose un ultimatum pour la libération des prisonniers:

« Libération des prisonniers [palestiniens détenus par Israël] dans les vingt-quatre heures ou relance du processus d’adhésion aux instances de l’ONU », titre le journal de Ramallah. Israël avait proposé de libérer 420 prisonniers de son propre choix mais les Palestiniens réclament la libération d’autres
prisonniers emblématiques tels que Marwan Barghouthi. Alors que le ministre des Affaires étrangères américain John Kerry est arrivé le 31 mars au Proche-Orient pour tenter de débloquer la situation, Israël cherche à obtenir des Américains la libération de Jonathan Pollard, espion israélien condamné à perpétuité aux Etats-Unis.

Le Monde.fr avec AFP | 22.04.2014 à 17h40 • Mis à jour le 22.04.2014 à 18h48

L’armée israélienne va commencer à envoyer des appels à la conscription à des Arabes israéliens de confession chrétienne, une mesure sans précédent et très controversée, a annoncé mardi 22 avril la radio militaire israélienne

Jusqu’à présent, les Arabes israéliens chrétiens pouvaient effectuer leur service militaire en se portant volontaires. « Avec ces nouvelles dispositions, ils n’auront plus à présenter individuellement cette requête et à s’exposer à d’éventuelles pressions de leurs coreligionnaires chrétiens ou musulmans, hostiles dans leur immense majorité à la conscription », a indiqué la radio.

Les Arabes chrétiens qui recevront la convocation pourront toutefois toujoursrefuser d’être enrôlés. « Une centaine d’Arabes chrétiens servent actuellement chaque année dans les rangs de l’armée. Dans un proche avenir, ce chiffre pourrait atteindre le millier », a précisé un commentateur.

130 000 ARABES ISRAÉLIENS DE CONFESSION CHRÉTIENNE

A l’instar des juifs orthodoxes, les quelque 1,5 million d’Arabes israéliens, qui représentent 20 % de la population d’Israël, sont exemptés du service militaire ou d’un service civil, obligatoires pour les autres catégories de la population. Environ 130 000 Arabes israéliens sont de confession chrétienne.

 La décision de l’armée a aussitôt déclenché une polémique. « Il s’agit d’une mesure attendue dans le cadre de la campagne de la droite israélienne visant àcouper les chrétiens de leur peuple, en les incitant à penser qu’ils ne sont pas arabes », a accusé dans un communiqué le député chrétien Bassel Ghattas, membre du parti majoritairement arabe Hadash (communiste).

En revanche, le père Gabriel Nadaf, prêtre de l’Eglise grecque orthodoxe de Nazareth (nord d’Israël), s’est félicité de la décision de l’armée. « Il faut que les jeunes de la communauté chrétienne comprennent l’importance de servir et de s’impliquer dans le pays où ils vivent et qui les protège, et dont nous sommes citoyens à part entière », a-t-il plaidé.

Israël a récemment adopté un projet de loi, également controversé qui, pour la première fois, fait la distinction entre les citoyens arabes de confession musulmane et ceux d’obédience chrétienne, suscitant des protestations palestiniennes. Selon les détracteurs de ce projet, Israël s’efforce de jouer la carte de la division entre Arabes chrétiens et musulmans dans le conflit qui l’oppose aux Palestiniens.

Les Arabes israéliens sont les descendants des 160 000 Palestiniens restés sur leur terre après la création d’Israël, en 1948. Cette communauté se dit régulièrement victime de discriminations, notamment en matière d’emploi et delogement.

 

Gaza, 64 ans de problèmes pour Israël

Publié: 11 janvier 2014 par gandibleux dans Actualités, Monde
Tags:,

 

« Pluie d’automne », « Plomb durci », « Pilier de défense », la multiplication des campagnes militaires israéliennes contre Gaza, au cours de ces six dernières années, dit bien quelle épine cette étroite bande de terre constitue pour Israël. Rien de neuf en vérité si on regarde un peu en arrière. Depuis sa création, en 1948, quels que soient les cas de figure, l’Etat juif n’a jamais su trouver une solution pérenne au problème gazaoui, composante historiquement la plus active de l’aspiration nationale palestinienne.

 

 

Les opérations militaires:

De 1948 à 1967, Gaza se trouve sous contrôle égyptien et sert de base de lancement à des raids de fedayins palestiniens contre Israël, lequel multiplie les coups de force. L’unité 101 dirigée par Ariel Sharon s’y illustre dès sa création, en 1953. Gaza est brièvement envahi trois ans plus tard. Depuis le retrait de 2005, l’armée israélienne ne cesse de rejouer cette partition, avec une puissance de feu décuplée, mais sans guère plus de résultats.

L’occupation:

Lorsqu’Israël prend le contrôle de Gaza, il pense pouvoir être enfin en mesure de « pacifier » l’étroite bande de terre, grâce à un quadrillage appuyé sur les colonies implantées du nord au sud et qui permettront pendant la seconde intifada de segmenter le territoire en compartiments étanches. Ariel Sharon, toujours lui, mène des campagnes agressives contre les groupes armés palestiniens au début des années soixante-dix qui ne produiront jamais de résultats durables, bien au contraire. L’intégration de la force de travail palestinienne dans l’économie israélienne n’a pas non plus détourné les Palestiniens de leurs préoccupations nationales. C’est un incident à Gaza qui déclenche la première intifada, en décembre 1987, et c’est là qu’est fondé le Mouvement de la résistance islamique (Hamas) au pouvoir aujourd’hui. Devenu premier ministre, Ariel Sharon prendra la décision de se retirer d’un territoire devenu abcès de fixation en 2004, sans cependant se coordonner avec l’Autorité palestinienne, ce qui facilitera la poussée des islamistes.

L’endiguement:

Le « containment » de Gaza s’est opéré en deux temps. Israël a tout d’abord rétabli dès 1992 la Ligne verte, matérialisée par une « clôture de sécurité » et des points de passage spécifiques pour les personnes et les marchandises. Un dispositif contourné par les groupes armés dès 2000 avec les premiers tirs de roquettes. Puis il s’est retiré de Gaza (les civils comme les militaires) sans perdre son statut de puissance occupante puisqu’il continue de contrôler la plus grande partie de ses frontières terrestres, la totalité de sa façade maritime (réduisant au minimum l’espace de pêche autorisée), et la totalité de l’espace aérien. Israël a longtemps hésité avant de se retirer du corridor longeant la frontière avec l’Egypte, redoutant l’approvisionnement actuel en armes (il fut même question un temps d’y creuser un canal relier à la mer pour empêcher le percement des tunnels.) Le blocus décrété après la prise de contrôle du Hamas, en juin 2007, a provoqué la plus grave récession de Gaza sans affaiblir les islamistes. Le régime a été allégé après l’offensive de 2009, mais reste extrêmement contraignant.