Articles Tagués ‘Islamiste’

« Bachar al-Assad est effondré »

Source: Belga© afp.

Le chef de l’opposition syrienne Ahmad Jarba a déclaré que le président Bachar al-Assad était « effondré » et que la Syrie était en fait gouvernée par son allié iranien, dans un entretien paru dimanche.

M. Jarba a en outre affirmé que les combattants de l’opposition contrôlaient désormais près de la moitié du territoire syrien et que les prochains mois seraient « décisifs ».

« Bachar est un assassin et un criminel et je crois qu’il n’existe plus (politiquement), car il est effondré », a déclaré M. Jarba à al-Hayat, un journal à capitaux saoudiens.

Le chef de l’opposition a de plus répété son refus « que Bachar ou quelqu’un de son clan » prenne part à une solution politique au conflit syrien. « Nous voulons qu’il soit puni pour les crimes de guerre qu’il a commis contre le peuple syrien ».

De toute manière, Assad « ne gouverne pas en ce moment la Syrie, les véritables dirigeants sont les gardiens de la Révolution iraniens (…) et les combattants du Hezbollah » chiite libanais soutenu par Téhéran, a affirmé M. Jarba.

« Avant nous combattions une armée du régime, affaiblie et découragée, sujette à de nombreuses défections. Aujourd’hui nous combattons une armée possédant les armes les plus sophistiquées et conduite par les gardiens de la Révolution, le Hezbollah et les Houthis (rebelles chiites du Yémen) », a expliqué M. Jarba.

Egypte: Les opposants à Morsi revendiquent 22 millions de signatures

Source: Belga© epa.

Les organisateurs de la campagne Tamarrod (rébellion en arabe) qui réclame la démission du président islamiste égyptien Mohamed Morsi, ont affirmé samedi que leur pétition avait recueilli plus de 22 millions de signatures.

« Nous avons recueilli 22.134.465 signatures pour notre pétition », a déclaré le porte-parole de Tamarrod, Mahmoud Badr, lors d’une conférence de presse à la veille d’une manifestation devant le palais présidentiel pour réclamer le départ du chef de l’Etat. Le dernier chiffre avancé par la campagne faisait état de 15 millions de signatures.

Avec une population de plus de 80 millions d’Egyptiens, ce chiffre est supérieur à celui des électeurs ayant voté pour M. Morsi -13,23 millions, soit 51,7% des suffrages exprimés- au second tour de la présidentielle en juin 2012.

Les partisans de M. Morsi font toutefois valoir que cette pétition n’a pas de valeur constitutionnelle, et que seules des élections peuvent décider du maintien ou du départ d’un chef d’Etat.

M. Morsi a indiqué récemment qu’il comptait rester jusqu’à l’échéance de son mandat, en juin 2016.

Les manifestations de dimanche à l’appel de Tamarrod et d’autres formations de l’opposition correspondent à la date du premier anniversaire de l’investiture de M. Morsi.

L’opposition accuse M. Morsi de gouverner au seul profit de sa formation d’origine, les Frères musulmans, et de vouloir reproduire un système autoritaire. Ses partisans mettent en revanche l’accent sur sa « légitimité », acquise par un vote démocratique.

Dix-sept ans de prison pour l’islamiste de la station Beekkant

© photo news.

Brahim Bahrir, un extrémiste musulman de 35 ans qui avait poignardé trois agents à la station de métro Beekkant en juin 2012, a été condamné à une peine de prison de 17 ans.

© photo news.

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné mardi Brahim Bahrir, un islamiste fondamentaliste français d’une trentaine d’années, à 17 ans de prison. L’homme était prévenu de tentative d’assassinat sur plusieurs policiers bruxellois, à la station de métro Beekkant, en juin 2012.

« Je suis venu faire la guerre sainte »
Brahim Bahrir était prévenu d’une triple tentative d’assassinat, de port d’arme prohibée et de rébellion. L’homme s’était jeté sur une policière dans la station de métro Beekkant à Molenbeek-Saint-Jean et lui avait asséné un coup de couteau dans le bas du dos. Cette agression avait été filmée par les caméras de vidéo-surveillance. Pour le tribunal, l’intention homicide était clairement établie, le prévenu s’étant attaqué sans raison à la policière qui lui tournait le dos.

La défense avait contesté cette intention homicide mais également la préméditation, que le tribunal a cependant estimé établie. Le prévenu s’était rendu armé de deux couteaux avant de venir jusqu’à Bruxelles. Par ailleurs, le juge a pris en compte les propos du prévenu lorsqu’ils avaient été interrogés par la police après son arrestation. « Je suis venu faire la guerre sainte, lutter pour que les infidèles quittent l’Afghanistan et lutter contre les autorités belges suite à l’affaire du niqab », avait-il dit.

Contrôle d’une femme qui portait le niqab
Brahim Bahrir avait rapidement été encerclé par les collègues de la victime. Avec son couteau, il avait encore blessé deux autres policiers, plus légèrement, avant d’être neutralisé.

Le 8 juin 2012, Brahim Bahrir était venu à Bruxelles en Thalys depuis Paris pour se rendre à une manifestation organisée par Sharia4Belgium. Le groupuscule musulman extrémiste avait appelé quelques jours plus tôt à une action pour défendre l’honneur des musulmanes, dénonçant le fait qu’une femme portant le niqab avait été contrôlée par des policiers à Molenbeek-Saint-Jean.

Aqmi confirme la mort d’Abou Zeïd, un de ses chefs

Source: AFP© afp.Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a confirmé pour la première fois qu’un de ses chefs, l’Algérien Abdelhamid Abou Zeïd, a été tué lors de combats dans le nord du Mali, sans préciser de date, dans un communiqué diffusé dimanche par l’agence privée mauritanienne en ligne ANI.

Abou Zeïd et un autre chef d’unité combattante, le Mauritanien Mohamed Lemine Ould El-Hassen dit Abdallah Ac-Chinguitty, sont « morts sur le champ de bataille en défendant la « Oumma » (communauté musulmane) et la charia islamiques (loi islamique) » dans le nord du Mali, selon le communiqué à l’Agence Nouakchott information (ANI), qui a toujours publié des communiqués et déclarations d’Aqmi sans jamais être démentie. Aucune date n’a été précisée par l’organisation islamiste.

Selon le Tchad et la France, dont des militaires ont pourchassé des jihadistes dans le nord du Mali depuis janvier, Abou Zeïd a été tué fin février dans l’Adrar des Ifoghas (extrême nord-est malien). « C’est la première fois qu’Aqmi évoque officiellement dans un communiqué la mort d’Abou Zeïd », a assuré à l’AFP le directeur de l’ANI, Mohamed Mahmoud Ould Abou Al-Maali, par ailleurs spécialiste d’Aqmi.

Abou Zeïd était considéré comme l’un des chefs les plus radicaux d’Aqmi. Mohamed Lemine Ould El-Hassen fut porte-parole de l’organisation jusqu’à sa désignation en novembre 2012 comme chef de la katiba (unité combattante) « Al-Fourghan » et était considéré comme « l’idéologue religieux » de l’organisation jihadiste, d’après l’ANI.

Selon le communiqué, tous deux ont été tués au cours « des derniers engagements avec les forces ennemies au nord du Mali ». De même source, « d’autres combattants jihadistes ont été également tués » au cours des mêmes affrontements, et l’attaque ayant été fatale à Abou Zeïd a « également occasionné à l’ennemi des pertes importantes ».

Aucun détail supplémentaire de date et de nombre n’a été fourni. Aqmi met en garde la France contre la poursuite de « ses réjouissances pour la mort » de responsables jihadistes et la menace de « conséquences sans tarder ».

Le chef d’Al-Qaïda appelle les jihadistes à lutter contre les Américains en Syrie

Source: Belga© epa.

Le chef d’Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri a appelé les groupes jihadistes en Syrie à s’unir pour prévenir la mise en place à Damas d’un gouvernement à la solde des États-Unis, dans un message audio mis en ligne jeudi.

« Unissez-vous, entendez-vous et engagez-vous à ne pas déposer les armes et à ne pas quitter vos tranchées jusqu’à l’établissement au Levant d’un État islamique qui oeuvrera pour le rétablissement du califat », lance le chef d’Al-Qaïda à l’adresse des jihadistes qui combattent dans les rangs rebelles en Syrie et sont divisés en plusieurs factions rivales.

Dans son message diffusé sur des sites islamistes, il prévient les jihadistes que « les États-Unis, leurs acolytes et leurs alliés veulent que vous sacrifiez votre sang,(…) pour provoquer la chute du régime alaouite criminel (d’Assad), puis installer un gouvernement à leur solde qui préservera la sécurité d’Israël ».

« Le jihad au Levant oeuvre pour l’établissement d’un califat islamique combattant qui poursuivra les sacrifices (…) jusqu’à ce que la bannière du jihad et de l’islam soit hissée (…) à Jérusalem », poursuit le numéro un d’Al-Qaïda dans son message, intitulé « 65 ans après la création de l’État d’Israël », en mai 1948.

« Votre louable jihad redonne l’espoir de récupérer la Palestine, 65 ans après qu’elle nous a été spoliée », dit-il encore à l’adresse des « lions de l’islam ».

Belga

Mis en ligne le 02/06/2013

« Si les musulmans sont poursuivis, alors il y aura la révolution, et seul Allah sait quelles en seront les conséquences pour la Belgique », avait dit.

Anjem Choudary, le leader du mouvement fondamentaliste Sharia4UK, a réfuté dimanche toute extradition vers la Belgique après la publication d’un message vidéo menaçant envers la Belgique suite à l’arrestation du porte-parole de Sharia4Belgium, Fouad Belkacem.

La presse britannique fait état ces derniers jours de la possible extradition du prêcheur vers la Belgique. Des supputations que l’intéressé dément. « Les affirmations concernant la Belgique sont complètement fausses », a-t-il réagi, cité par le site du Daily Star.

Dans cette vidéo postée sur YouTube, Anjem Choudary avait eu ces mots, pris très au sérieux en Belgique: « Si les musulmans sont poursuivis, alors il y aura la révolution, et seul Allah sait quelles en seront les conséquences pour la Belgique », avait-il dit.

« Celui qui force les musulmans à se taire aura des problèmes. Toute une génération arrivera qui fera plus que seulement parler, car sa voix n’est pas entendue. Ne provoquez pas les musulmans! « , avait-il ajouté avant d’achever par cette menace explicite à l’encontre de la Belgique: « Nous venons vous détruire ».

 

De nouveaux affrontements ont éclaté samedi dans le centre d’Istanbul entre la police et les manifestants, au deuxième jour de l’un des plus importants mouvements de protestation dirigé contre le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan, accusé de dérives autoritaires. C’est un projet d’aménagement urbain qui a mis le feu aux poudres.

Après une trêve de quelques heures, les forces de l’ordre ont une nouvelle fois fait usage de gaz lacrymogènes samedi matin pour disperser un groupe de plusieurs centaines de personnes qui leur faisait face dans l’une des principales artères menant à la place Taksim, au coeur de la mégapole turque.

D’autres incidents ont éclaté autour de la place, moins violents que ceux qui l’ont embrasée la veille. Des petits groupes de manifestants ont riposté aux grenades lacrymogènes et aux canons à eau de la police par des jets de pierres, a constaté un journaliste de l’AFP.

Un calme précaire était revenu à la mi-journée, troublé par quelques tirs épisodiques de grenades lacrymogènes.

Au terme d’une journée et d’une nuit d’émeutes, cette place, célèbre pour être un des rendez-vous traditionnels de la contestation à Istanbul, et les rues environnantes étaient jonchées samedi matin de débris et leurs commerces n’ont rouvert leurs portes que très prudemment aux riverains et aux touristes.

Des dizaines de manifestants ont été blessés au cours des affrontements de vendredi, Amnesty International évoquant pour sa part «plus d’une centaine» de blessés.

Protestation politique contre un projet d’aménagement urbain

Le mouvement est parti vendredi à l’aube avec l’intervention musclée de la police pour déloger quelques centaines de militants qui occupaient depuis trois jours le parc Gezi, sur la place Taksim, pour y empêcher le déracinement de 600 arbres dans le cadre d’un projet d’aménagement urbain très contesté.

Ameutés par les réseaux sociaux, les militants associatifs ont afflué pour prêter main forte aux manifestants et dénoncer la politique du gouvernement islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002. Les affrontements se sont poursuivis jusqu’au petit matin.

«Les arbres, c’est juste la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Les gens en ont ras-le-bol de tout ce que ce gouvernement leur fait», a déclaré dans la nuit un jeune manifestant à l’AFP.

Dès vendredi soir, la contestation partie d’Istanbul s’est propagée à d’autres villes du pays, comme à Izmir (ouest), Antalya (sud) ou la capitale Ankara, où des incident sont opposé la police à des manifestants qui voulaient marcher sur le parlement.

Partout, les manifestants ont dénoncé la répression à Istanbul et accusé le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan d’atteintes aux libertés.

L’opposition politique a pris le relais de ces critiques en s’affichant avec les protestataires. Le président du Parti républicain du peuple (CHP), le principal rival du gouvernement, Kemal Kiliçdaroglu, a appelé M. Erdogan à retirer la police des rues d’Istanbul.

Erdogan, accusé de dérives autoritaires, persiste

Si le revenu par habitant a triplé en Turquie depuis l’arrivée au pouvoir de son Parti de la justice et du développement (AKP) en 2002, M. Erdogan est accusé de dérives autoritaires et de vouloir «islamiser» la société turque.

La semaine dernière, le vote d’une loi restreignant la consommation et la vente d’alcool a ainsi suscité l’ire des milieux libéraux.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a assuré samedi qu’il ne remettrait pas en cause le projet d’aménagement urbain contesté de la place Taksim.

«Nous allons reconstruire la caserne militaire» prévue dans le projet et qui cristallise la colère des opposants de ce projet, a déclaré M. Erdogan lors d’un discours prononcé à Istanbul.

Il a sommé les manifestants de la place Taksim d’Istanbul de cesser «immédiatement» leur confrontation avec les forces de l’ordre, au deuxième jour d’un violent mouvement de protestation contre son gouvernement.

«Je demande aux protestataires d’arrêter immédiatement leurs manifestations (…) pour éviter plus de dommages aux visiteurs, aux piétons et aux commerçants», a déclaré M. Erdogan lors d’un discours à Istanbul.

Stéphanie Fontenoy

Mis en ligne le 24/05/2013sur le site de la libre.be

Barack Obama a justifié l’usage des drones et réitéré ses promesses pour Guantanamo.

Le président américain est inquiet pour son image de marque. Le monde se souviendra-t-il de lui comme d’un commandant en chef avec le sang de victimes civiles sur les mains, ou comme du professeur de droit constitutionnel lauréat du prix Nobel de la paix? Dans un discours devant l’Université de la défense nationale de Washington hier, Barack Obama a donné un nouveau cadre à la lutte antiterroriste américaine, alors que les critiques se sont accumulées sur un de ses programmes les plus controversés : l’utilisation de drones pour des attaques ciblées en dehors du théâtre de la guerre et son incapacité à fermer le centre de détention de Guantanamo, à Cuba.

Signe de l’équilibre subtil entre les questions de sécurité nationale et des libertés individuelles, le chef de l’Etat a été interrompu par une militante réclamant la fin immédiate de Guantanamo. « La voix de cette femme est importante même si je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’elle dit« , a déclaré Barack Obama, déviant de son discours, « c ar ce sont des sujets difficiles« .

Douze ans après les attaques terroristes du 11 septembre, le locataire de la Maison Blanche a souhaité ne pas rester en guerre indéfiniment contre le terrorisme. Citant le président James Madison « aucune nation ne peut préserver sa liberté en entretenant un conflit perpétuel« , Barack Obama a déclaré qu’il était temps pour les Etats-Unis de « définir la nature et le champ » des menaces actuelles. Et de citer, les groupes affiliés à al Qaeda, les cellules extrémistes isolées, les attaques contre nos antennes diplomatiques à l’étranger, et la radicalisation de terroristes sur le sol américain.

Après avoir mis fin à la guerre en Irak et ordonné le retrait des troupes d’Afghanistan d’ici fin 2014, M. Obama a dit vouloir réduire la portée de la guerre contre le terrorisme, en se concentrant sur des attaques ciblées, justifiant ainsi son usage des drones dans des pays comme le Yémen, le Pakistan ou la Somalie, qui ne sont pas en guerre avec les Etats-Unis. « En réduisant nos actions à ceux qui veulent nous tuer, et pas aux gens parmi lesquels ils se cachent, nous choisissons une voie impliquant moins de pertes de vies innocentes« .

Le président a annoncé avoir signé un nouveau « guide » énonçant les critères pour l’usage de la « force létale » par les Etats-Unis. Il a répété à plusieurs reprises que la préference de son administration était « la capture, la détention et le jugement« , des personnes suspectées de terrorisme. Toute attaque via drone devra se faire à condition que la menace soit « continue et imminente » à l’égard des Etats-Unis.

Alors que ces opérations secrètes étaient menées jusqu’à présent par la CIA, l’administration a decidé de transférer ce pouvoir à l’armée, responsable devant le Congrès. Dans sa lutte « moderne » contre le terrorisme, le président américain a rappelé l’importance de la collaboration avec les pays alliés et l’importance de l’aide étrangère. « Avec tout ce que nous dépensions en un mois en Irak au plus fort de la guerre, nous aurions pu former des forces de sécurité en Libye, encourager les accords de paix entre Israël et ses voisins, nourrir ceux qui ont faim au Yémen, construire des écoles au Pakistan et créer des réservoirs de bonnes intentions qui marginalisent les extrémistes« .

Conscient du poids de la prison de Guantanamo sur les relations internationales, le président américain a promis de faire tout son possible, en demandant encore une fois au Congrès d’autoriser les transferts des prisonniers soit pour qu’ils soient jugés aux Etats-Unis, soit pour les renvoyer dans leur pays ou un pays hôte. Il a annoncé avoir levé l’interdiction du retour des détenus yéménites, dont la situation sera analysée « au cas par cas ».

Rédaction en ligne – Le soir.be 20/05/2013 

 

Le Premier ministre tunisien a qualifié de « terroriste » le groupe salafiste Ansar Ashariaa, jugé responsable des heurts dimanche à Tunis qui ont fait un mort et une quinzaine de blessés après l’interdiction du congrès de ce mouvement à Kairouan. Le parti islamiste Ennahda au pouvoir durcit le ton face aux groupuscules jihadistes.

 

Faute d’avoir pu tenir son congrès à Kairouan, à 150 km de Tunis, bouclée par un impressionnant dispositif de sécurité, le groupe salafiste Ansar Ashariaa a appelé ses partisans à se rassembler Cité Ettadhamen, un bastion salafiste à 15 km à l’ouest deTunis.

Le gouvernement, dirigé par le parti islamiste Ennahda, avait interdit le congrès d’Ansar Ashariaa à Kairouan en estimant qu’il représentait une « menace ».

Des heurts ont éclaté dans ce quartier dimanche en début d’après-midi et se sont poursuivis dans la cité voisine d’Intikala, où les centaines de manifestants armés de pierres, d’armes blanches et de cocktails Molotov se sont réfugiés après voir été repoussés par des tirs, des gaz lacrymogènes ainsi que l’avancée de blindés.

Le ministère de l’Intérieur a aussi indiqué que ce sont les militants d’Ansar Ashariaa qui ont déclenché les violents heurts dimanche dans les rues de la banlieue ouest de Tunis.

« Quinze policiers ont été blessés, trois grièvement dont un en réanimation. Trois manifestants ont été blessés et un est mort », a déclaré le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Mohamed Ali Aroui. L’hôpital Mongi Slim a précisé que le manifestant, Moez Dahmani né en 1986, avait été tué par balle.

Ansar Ashariaa, un groupe considéré comme proche d’Al-Qaïda

« Ansar Ashariaa est une organisation illégale qui défie et provoque l’autorité de l’État », a déclaré M. Larayedh à la télévision publique en marge d’un déplacement au Qatar. Ce groupe « est en relation et est impliqué dans le terrorisme », a ajouté ce haut responsable du parti islamiste Ennahda qui dirige le gouvernement.

C’est la première fois que M. Larayedh, un ancien ministre de l’Intérieur et bête noire des salafistes, qualifie Ansar Ashariaa de « terroriste ».

Ce groupe est pourtant considéré depuis longtemps comme proche d’Al-Qaïda, alors que la Tunisie connaît un essor des groupuscules jihadistes depuis la révolution de 2011. Il est accusé par les autorités de l’attaque de l’ambassade américaine à Tunis en septembre 2012 (quatre morts parmi les assaillants).

Ennahda au pouvoir durcit le ton contre les groupes jihadistes

Ennahda a longtemps été accusé de laxisme face aux groupuscules jihadistes. Il a considérablement durci sa position depuis que 16 militaires et gendarmes ont été blessés entre fin avril et début mai par des mines posées par des groupes armés liés à Al-Qaïda à la frontière avec l’Algérie.

Selon une source sécuritaire sur place, 70 militants salafistes ont été interpellés dans cette ville. Aucun chiffre précis n’a été donné concernant les arrestations à Tunis, le ministère de l’Intérieur avançant « quelques dizaines d’arrestations de bandits et de salafistes » dans toute la Tunisie. Le porte-parole d’Ansar Ashariaa, Seifeddine Raïs, a été arrêté dimanche, selon son organisation et une source sécuritaire.

Enfin, samedi soir, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a exprimé son soutien à Ansar Ashariaa, tout en appelant les militants tunisiens à faire preuve « de sagesse et de patience ». « Ne vous laissez pas provoquer par le régime et sa barbarie pour commettre des actes imprudents qui pourraient affecter le soutien populaire dont vous bénéficiez », a déclaré Abou Yahia al-Shanqiti, membre du comité d’Al-Charia d’Aqmi.

Depuis la révolution, la Tunisie a vu se multiplier les violences salafistes. Le pays est aussi déstabilisé par une profonde crise politique et le développement de conflits sociaux dus à la misère. L’état d’urgence est en vigueur dans le pays depuis la chute de Ben Ali.

L.Be.

 

Mis en ligne le 18/05/2013 sur le site de lalibre.be

 

« S’il vous était donné, samahet el-sayyed, de voir la ‘surréalité’ telle qu’elle est, et non la réalité mensongère telle qu’elle vous est transmise. »

 

Pierre Piccinin de Prata, 40 ans, ne donne plus signe de vie depuis le 17 avril. Date à laquelle il aurait utilisé pour la dernière fois son compte Skype. L’enseignant belge devait rentrer le 10 avril dernier, après un énième voyage en Syrie, pays qu’il affectionne.

Dans une opinion publiée ce vendredi dans le quotidien libanais « L’Orient-Le Jour » et adressée au chef du Hezbollah (le « Parti de Dieu »), un ami du disparu demande sa libération. Ronald Barakat prétend en effet que l’historien est maintenu en captivité par les hommes de Samahet el-sayyed Hassan Nasrallah, chef du mouvement.

« Ma missive est un appel à l’éminent dignitaire religieux que vous êtes pour demander la libération du politologue et historien belge Pierre Piccinin da Prata, qui est un ami, et celle de son compagnon journaliste italien, Domenico Quirico, disparus tous deux dans l’ouest syrien et, d’après les dernières nouvelles, quoique non confirmées, tombés en captivité aux mains de vos hommes qui combattent en Syrie », écrit-il.

Il explique ensuite que Pierre Piccinin « n’est pas un fanatique aveugle, mais un intellectuel éclairé, un témoin objectif de la crise syrienne et un humaniste qui ne peut qu’être interpellé par la tragédie humaine, où qu’elle se trouve, dût-elle se trouver dans votre propre camp, à Dieu ne plaise. »

Il fut un temps, l’enseignant affirmait son soutien au président Syrien Bachar al-Assad. Puis en 2012, il fut victime du conflit. Arrêté puis torturé par la régime, il se rangea dès lors du côté des rebelles. Ronald Barakat revient notamment sur le parcours de son « ami » qui a, petit à petit, découvert la réalité du « Printemps arabe ».

« S’il vous était donné, samahet el-sayyed, de voir la ‘surréalité’ telle qu’elle est, et non la réalité mensongère telle qu’elle vous est transmise, je suis certain, connaissant votre profondeur spirituelle et votre magnanimité, que vous agiriez autrement, que le Dieu miséricordieux, le Dieu des musulmans et des chrétiens réunis, le Dieu des vrais croyants de tous bords, toutes confessions confondues, le Dieu de la conscience humaine, serait votre seul et unique Guide suprême. »

Il conclut enfin par une demande à l’aide ou d’indulgence pour que les deux disparus, « fussent-ils aux mains de votre parti ou du régime que vous soutenez », soient libérés