Articles Tagués ‘Iran’

Par Vincent Jauvert Publié le 30-09-2015 à 16h28

Deux évènements se sont produits, l’un à Moscou, l’autre dans le Golfe, qui pourraient être les déclics d’un affrontement généralisé.

La Russie a conduit ses premières frappes en Syrie le mercredi 30 septembre 2015. (Capture d'écran/RTBF)La Russie a conduit ses premières frappes en Syrie le mercredi 30 septembre 2015. (Capture d’écran/RTBF)

En 1914, tout a commencé un 28 juin par l’assassinat à Sarajevo de l’archiduc d’Autriche. A l’époque, évidemment, personne n’avait imaginé que cet attentat, perpétré loin des grandes capitales, allait conduire à la boucherie de la Grande Guerre. C’est le jeu des alliances et l’irresponsabilité des « somnambules » qui gouvernaient alors les grandes puissances qui ont entraîné le monde vers l’abîme.

Pourquoi une comparaison avec aujourd’hui ? On a appris, ce 30 septembre, deux nouvelles apparemment peu graves mais qui, combinées, pourraient être la double étincelle d’une déflagration que beaucoup redoutent depuis quelque temps. De quoi s’agit-il ?

1. Iran-Arabie, le ton monte très vite

D’abord, l’Arabie saoudite aurait arraisonné aujourd’hui deux navires battant pavillon de son ennemi intime, l’Iran. Les bateaux étaient, semble-t-il, remplis d’armes à destination des rebelles outhistes du Yémen que Riyad combat militairement. Cet arraisonnement est à l’évidence un acte hostile, si ce n’est de guerre.

Il se produit dans une atmosphère particulièrement tendue entre les deux pôles de l’Islam. Téhéran a violemment reproché aux Saoud, gardiens autoproclamés des Lieux Saints, de ne pas assurer la sécurité de base des pèlerins à la Mecque. Une accusation gravissime en ces périodes d’affrontements entre Chiites et Sunnites.

2. Poutine est entré en guerre en Syrie

Ce n’est pas tout. Ce mercredi 30 septembre, Vladimir Poutine a fait voter par son parlement fantoche une loi l’autorisant à mener une opération armée en Syrie. Son aviation a déjà commencé à bombarder à Homs. Or, on sait que, sur le terrain, les Russes seront alliés au régime de Bachar et, surtout, aux Iraniens. Tandis qu’en face, Occidentaux et pays sunnites du Golfe mènent leurs propres opérations.

Les deux coalitions, qui ont, sur plusieurs points, des objectifs totalement opposés, risquent de se retrouver face à face. Il semble, d’ailleurs, que les bombardements russes de ce jour aient déjà touché une position de rebelles soutenus par les Etats-Unis – une information qui n’est pas encore confirmée.

Hubris et bras de fer

Quoi qu’il en soit, la crainte est donc de voir le Kremlin, tout à son affirmation extérieure pour faire oublier la déroute économique interne, et Téhéran, pris par l’hubris qui a suivi l’accord nucléaire de juillet, de tester au maximum la volonté de l’autre camp. Et de voir les Saoudiens, effrayés par la montée de l’ennemi mortel chiite, entraîner ses alliés, dont la France, dans un bras de fer sans fin, qui pourrait gravement dégénérer.

Évidemment, ce scénario catastrophe n’est pas sûr. Il n’est pas écrit que les gouvernants actuels soient des « somnambules », qu’ils n’empêcheront pas le conflit militaire de s’étendre au delà de la Syrie et de l’Irak. Mais certains acteurs de cette partie sont tellement à cran qu’on ne peut l’exclure tout à fait.

Vincent Jauvert

Elise Lambert, publié le 29/03/2015 à 21:06

Téhéran et les six grandes puissances sont en passe de conclure un accord sur le dossier du nucléaire iranien. La nouvelle a déclenché la colère d’Israël.

Les délégations américaine (g) avec John Kerry et iranienne (d) se font face lors des négociations sur le programme nucléaire iranien à l'hôtel Beau Rivage à Lausanne le 27 mars 2015
Les délégations américaine (g) avec John Kerry et iranienne (d) se font face lors des négociations sur le programme nucléaire iranien à l’hôtel Beau Rivage à Lausanne, le 27 mars.

afp.com/Brendan Smialowski

A deux jours de la date limite pour un accord, des diplomates occidentaux ont indiqué qu’un compromis sur le nucléaire iranien entre l’Iran et les six grandes puissances (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine et Allemagne) était sur le point d’être conclu, ce dimanche.

L’un des points clés concerne le nombre de centrifugeuses (machines permettant d’enrichir l’uranium) que l’Iran aurait accepté de réduire à 6000, voire moins. L’Iran dispose actuellement de 19 000 centrifugeuses, dont la moitié en activité.

Des questions en suspens

Téhéran aurait également accepté d’exporter tout ou partie de son stock d’uranium faiblement enrichi, qui se monte à environ 8000 tonnes.

Selon ces mêmes diplomates, ces compromis sont loin d’être actés et les choses peuvent encore changer. « Le détail des négociations est à l’intérieur de la chambre des négociations et personne n’est autorisé à les donner à l’extérieur, a déclaré un négociateur iranien. Mais le fait que nous conserverons notre enrichissement, qu’aucun site ne sera fermé, ce sont les bases des négociations ».

La question de l’enrichissement d’uranium est au coeur du dossier du nucléaire iranien. Les grandes puissances veulent s’assurer que l’Iran ne se dotera pas de la bombe atomique, en contrôlant étroitement ses activités nucléaires. En cas d’accord, les sanctions internationales qui asphyxient l’économie iranienne depuis des années seraient progressivement levées.

La colère d’Israël

La nouvelle a donné lieu à une violente charge du Premier ministre israélien. Selon Benjamin Netanyahou, « le dangereux accord qui est négocié à Lausanne confirme toutes nos inquiétudes, voire même au-delà. Cet accord permettrait à l’Iran de conquérir le Moyen-Orient ».

Le chef du gouvernement israélien se bat depuis des années pour mobiliser la communauté internationale contre le programme nucléaire iranien. Israël a notamment été accusé par le Wall Street Journal d’avoir espionné les négociations en cours et d’avoir partagé des informations confidentielles avec des élus américains.

La date limite pour un accord est fixée au 30 juin. Mais la fin mars est une « étape très importante » pour permettre aux négociations de se poursuivre.

 

Irak : Téhéran et Washington, même combat

Publié: 16 juin 2014 par gandibleux dans Actualités, Monde, USA
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LE MONDE | 16.06.2014 à 13h22 • Mis à jour le 16.06.2014 à 15h38

Editorial du « Monde ». En Irak, la République islamique d’Iran et son vieil ennemi, le Grand Satan américain, poursuivent le même objectif : consolider le régime, repousser l’assaut des djihadistes sunnites. L’histoire est familière de ces contingences conjoncturelles qui peuvent rapprocher des adversaires de trente ans et – parfois – faire bouger les lignes dans le bon sens.

Avec une belle unanimité, la Maison Blanche et la direction iranienne ont réagi de la même manière à l’avancée des forces de l’Etat islamique d’Irak et du Levant (EIIL) en Irak. Américains et Iraniens sont prêts à aider le gouvernement du premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki, à se défendre face à l’offensive de l’EIIL.

La théocratie de Téhéran, marraine du chiisme (la branche minoritaire de l’islam), est naturellement proche de M. Maliki, dont le gouvernement est l’émanation de la communauté chiite d’Irak, majoritaire chez les Arabes du pays. La sécurité rapprochée de M. Maliki est assurée par des milices chiites, véritables armées privées, entraînées par l’Iran.

Au lendemain de la prise de Mossoul, la deuxième ville d’Irak, par l’EIIL, la semaine dernière, les Etats-Unis annonçaient le déplacement d’un porte-avions dans la région, de manière à pouvoir fournir un appui aérien à l’armée irakienne. Partis d’Irak en 2011, les Etats-Unis veulent enrayer le démembrement du pays etempêcher l’installation d’un « Djihadistan » au cœur du Proche-Orient.

Cette communauté d’intérêts stratégiques peut-elle faciliter la négociation en cours sur le nucléaire iranien ? Elle reprenait, lundi 16 juin, à Vienne. Les participants se sont donné jusqu’au 20 juillet pour parvenir à un accord en deux volets : la garantie que le programme nucléaire de Téhéran n’a pas de débouché militaire ; la levée des sanctions économiques et financières contre l’Iran.

Pour l’heure, la négociation est bloquée – totalement. Elle n’en concerne pas moins la situation générale dans la région. Car un accord sur cette question nucléaire permettrait une normalisation progressive des relations entre les Etats-Unis et la République islamique.

Ce rétablissement serait un facteur d’apaisement, notamment en Syrie. Il feraitbouger cette ligne de fracture qui voit s’installer une sorte de guerre froide entre Washington et Moscou : la première soutenant plutôt la rébellion sunnite contre le régime de Bachar Al-Assad ; la seconde épaulant l’Iran dans la défense de ce dernier.

Ce serait une première fissure dans l’enchevêtrement de conflits dont le Proche-Orient est le theâtre – et, notamment, dans cette atroce guerre de religion entre sunnites et chiites qui traverse l’Irak et la Syrie (et, à un moindre degré, le Liban).

Les Etats-Unis et l’Iran le savent : il n’y aura pas de stabilisation durable en Irak sans stabilisation en Syrie. Il faut agir sur les deux terrains, parce que c’est le même front.

Quand les Iraniennes osent enlever leur voile

Publié: 14 mai 2014 par estellavaras dans A contre-courant
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Malgré les risques, des dizaines d’Iraniennes s’affichent sans foulard sur Facebook. Un acte de bravoure condamnable dans leur pays.


Depuis la révolution islamique de 1979, les Iraniennes sont obligées de se couvrir les cheveux. Si elles dérogent à cette loi, elles s’exposent à des amendes, à des peines de prison voire à des coups de fouet. Début mai, malgré l’interdit, des dizaines d’entre elles ont décidé de défier les autorités religieuses en postant sur Facebook des photos les montrant sans voile. Certaines posent avec leur compagnon à leurs côtés, d’autres devant la mer, en ville ou contre un mur sur lequel est écrit « Ma soeur, le hijab est ton ticket d’entrée pour le paradis« .

Cette initiative courageuse a vu le jour suite à l’appel de Masih Alinejad, une journaliste iranienne exilée au Royaume-Uni. Celle-ci a demandé à ses compatriotes de lui envoyer des clichés d’elles, les cheveux au vent. « Quand j’étais en Iran, j’avais pour habitude de retirer mon foulard lorsque j’étais isolée dans un champ ou dans un endroit privé, et je me demandais combien d’Iraniennes en faisaient autant. Apparemment beaucoup« , a-t-elle déclaré. Malgré la censure mise en place par les autorités, sa page Facebook « Stealthy Freedoms of Iranian women«  rencontre un franc succès, avec plus de 167.000 abonnés.

Depuis lors, Masih Alinejad est la cible des critiques des autorités islamiques, la qualifiant « d’anti-révolutionnaire ». Des manifestants conservateurs ont également réclamé un contrôle plus strict du code vestimentaire imposé aux femmes.

Aujourd’hui, plus de 30 ans après la chute du Shah, de plus en plus d’Iraniennes osent exprimer leur besoin de liberté. Un acte de contestation accompli au péril de leur vie.

Le décolleté de Fernanda fait l’unanimité… sauf en Iran

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Fernanda Lima a illuminé la cérémonie du tirage au sort de sa beauté. La somptueuse top-model brésilienne a fait l’unanimité auprès des téléspectateurs et des internautes. Voilà quelques commentaires que l’on peut lire sur Twitter.

« La vraie star de ce tirage au sort de la Coupe du monde, c’est Fernanda Lima » …!

« En définitive, le plus chanceux sera celui qui tire la présentatrice, Fernanda Lima »
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« Fernanda Lima, présentatrice brésilienne c’est une frappe nucléaire! Elle fait des dégâts! »

Vêtue d’une robe pailletée couleur peau et munie d’un décolleté ravageur, la demoiselle de 36 ans a enflammé la toile. Plus de 10 tweets par seconde auraient été envoyés pour commenter la plastique avantageuse de Fernanda.

Les Iraniens choqués par le décolleté de Fernanda
En revanche, la robe moulante de la charmante animatrice a suscité un véritable tollé… en Iran. Son décolleté plongeant a contraint la télévision iranienne à annuler la diffusion du tirage au sort.

Au départ, il était prévu que les courbes de Fernanda soient floutées lors des premières minutes de la cérémonie. Mais vu les difficultés techniques rencontrées, la retransmission a tout simplement été abandonnée.

Il n’en fallait pas moins pour provoquer la colère des téléspectateurs iraniens. Certains ont même pris d’assaut sa page Facebook pour la pointer du doigt et l’assaillir de commentaires assassins, comme l’indique Le Point. D’autres n’ont pas hésité à la traiter de  « prostituée ».

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Nucléaire iranien – Ce qui se joue à Genève

Publié: 20 novembre 2013 par gandibleux dans Actualités, Monde, USA
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Le Monde.fr | 20.11.2013 à 18h13 • Mis à jour le 20.11.2013 à 18h16 | Par Bernard Monasterolo

Les négociations entre le groupe dit des 5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, plus l'Allemagne) et l’Iran entrent dans une troisième phase à Genève. Les Occidentaux veulent voir l’Iran geler son programme nucléaire, qu’ils soupçonnent d’ être à visées militaires, alors que Téhéran demande une levée des sanctions internationales qui étranglent son économie. Revue des capacités nucléaires iraniennes et des scénarios pouvant conduire à un accord.

 

Le ministre israélien Naftali Bennett a été dépêché aux Etats-Unis par son premier ministre Benyamin Nétanyahou pour faire du lobbying auprès du Congrès américain.Le Monde.fr avec AFP | 15.11.2013 à 01h47

Le ministre de l’économie israélien, Naftali Bennett, en visite à Washington, a accusé jeudi 14 novembre les Etats-Unis de « jouer » avec la sécurité d’Israël en envisageant de sceller un accord diplomatique avec l’Iran sur son programmenucléaire.

M. Bennett, du parti national religieux de colons israéliens, Le Foyer juif, a été dépêché aux Etats-Unis par son premier ministre Benyamin Nétanyahou pour faire du lobbying auprès du Congrès américain, lequel est sceptique, voire hostile, face à un règlement diplomatique en l’état entre les grandes puissances et l’Iran.

 

 

L’administration du président Barack Obama défend une telle entente avec l’Iran et est à couteaux tirés avec l’allié israélien, ennemi de Téhéran et qui dénonce au contraire un hypothétique accord « mauvais et dangereux ».

« Même si je meurs d’envie de faire la paix, je ne crois pas à l’heure actuelle que cela soit le bon moment de jouer avec notre sécurité », a dénoncé le ministre Bennett, invité au centre d’études Brookings Institution.

Constatant que les sanctions internationales contre les Iraniens avaient asphyxié leur économie, M. Bennett a jugé qu’il était « précisément temps de leur dire : ‘Vous avez soit une arme nucléaire, soit une économie, mais vous ne pouvez pas avoirles deux' ».

« C’est comme lors d’un match de boxe quand le type est au tapis et que l’arbitre compte six, sept, huit, neuf et qu’à la dernière seconde on le relève et on relâche la pression. Il ne faut pasrelâcher maintenant » la pression, a argumenté le ministre israélien.

Il a répété que les négociations entre le groupe « 5+1 » (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) et l’Iran ne devaient pas conduire à une simple pause dans le programme nucléaire controversé de Téhéran, mais à son démantèlement complet. « Je suis convaincu que si nous augmentons la pression, nous obtiendrons le bon accord », a martelé M. Bennett.

Israël, considéré comme la seule puissance atomique de la région, estime qu’un Iran disposant de l’arme atomique menacerait son existence et se dit régulièrement prêt à mener des frappes contres les installations nucléaires iraniennes.

Ces affiches anti-américaines que Téhéran a fait retirer

Publié: 29 octobre 2013 par gandibleux dans Actualités, Monde, USA
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M : le blog : 29 octobre 2013

A l’approche d’une reprise des négociations sur le programme nucléaire iranien entre Téhéran et les Six (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Chine, Russie, plus Allemagne), les 7 et 8 novembre à Genève, de grandes affiches anti-américaines, accrochées le 22 octobre le long de plusieurs autoroutes dans la capitale iranienne, ont été retirées. Le porte-parole de la mairie de Téhéran, Mohammad-Hadi Ayyazi, a soutenu, vendredi 25 octobre, cette décision en soulignant que les démarches nécessaires n’avaient pas été accomplies. Selon lui, ces images n’avaient pas obtenu l’autorisation de l’organisation responsable en ce domaine, composée de représentants du ministère de la culture et de l’orientation islamique et également de certaines autorités de la mairie de Téhéran.

Cette campagne anti-américaine, intitulée « L’honnêteté américaine », avait pour l’objectif de dévoiler la nature peu fiable des Américains. Une de ces affiches montre un Américain face à un Iranien, les deux assis autour d’une table ronde. Cette disposition et les drapeaux américain et iranien au fond de la salle laissent penser qu’il s’agirait des négociations entre les deux pays, n’ayant plus de relations diplomatiques depuis la prise d’otage à l’ambassade américaine à Téhéran en 1979.

Vêtu d’une veste classique et d’une cravate (symbole par excellence de décadence morale en Occident), l’Américain porte un pantalon militaire et tient sous la table, à l’insu de son interlocuteur iranien, un fusil braqué dans sa direction.

Sur une autre affiche de la même campagne, à la place d’un fusil, l’Américain tient à son côté un chien d’assaut.

Certains sites et analystes considèrent ces affiches comme une remise en cause de la diplomatie plus ouverte menée par le gouvernement du président modéré Hassan Rohani, depuis son arrivée au pouvoir en août. « Ces pancartes pourront être interprétées comme l’opposition de certaines mouvances politiques au « gouvernement de l’espoir et de la bonne gestion » [les slogans électoraux du président Rohani]« , peut-on lire dans le quotidien réformateur Ghanoon, le 26 octobre.

Depuis le premier voyage à New York du président iranien, en septembre, à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies, sa conversation téléphonique historique avec son homologue américain, Barack Obama, ainsi que la rencontre entre les ministres des affaires étrangères des deux pays, n’ont pas cessé de susciter la colère des plus conservateurs en Iran.

Bien que ces affiches anti-américaines aient été rapidement retirées, elles continuent à intriguer la presse iranienne quant à leur origine. Ghanoon a également avancé, dans son numéro du 26 octobre, que les responsables du gouvernement de l’ancien président conservateur Mahmoud Ahmadinejad [2005-2013] étaient derrière cette campagne publicitaire, menée par une organisation artistique « indépendante », nommée Oj.

Toujours selon la même source, un conseiller de M. Ahmadinejad, Mohammad-Ali Ramin, à l’origine, notamment, des déclarations négationnistes de l’ex-président tant polémiques, est un membre actif de l’organisation Oj. Questionné sur les nouvelles évolutions et l’éventualité d’une reprise des relations bilatérales avec Washington, Mahmoud Ahmadinejad avait fait part, en septembre, de son indignation en annonçant que le peuple iranien était « en guerre contre les Etats-Unis ».

Si des voix se font entendre au sein des dirigeants politiques critiquant la diplomatie du président Rohani, des médias et des personnages moins conservateurs ont dénoncé cette campagne qui pourrait, selon eux, compromettre la politique d’apaisement du gouvernement.

« Tir vers la diplomatie de Rohani dans les rues de Téhéran », avait titré le site Asr Iran. Le site s’est également interrogé sur la manière dont cette organisation non gouvernementale avait pu avoir la possibilité d’accrocher ces affiches sans l’autorisation de la mairie de Téhéran. « Nous croyons que le business de beaucoup de personnes dépend de la poursuite des tentions et des sanctions[internationales]. Au rythme où les négociations [nucléaires] avancent, ces marchands des sanctions augmenteront leur sabotage », peut-on lire sur Asr Iran.

  » Dans un monde plein d’injustice, nous ne commettons pas d’injustice mais n’en acceptons pas non plus « 
Les images envoyées de Téhéran montrent que ces affiches ont été remplacées par une nouvelle série sur laquelle on peut lire : « Dans un monde plein d’injustice, nous ne commettons pas d’injustice mais n’en acceptons pas non plus ».
La décision de la mairie de Téhéran de décrocher ces affiches n’a guère plu aux durs du régime qui y voient une faiblesse de l’Etat iranien. Le quotidien ultraconservateur Kayhan l’a, de son côté, qualifiée d’« acte désagréable » et de « résignation » face à l’Amérique, ce « Grand Satan ».

Un « espion » iranien avec un passeport belge arrêté en Israël

Source: Belga© photo news.

Le service de contre-espionnage israélien, le Shin Beth, a annoncé dimanche l’arrestation le 11 septembre d’un homme présenté comme un « espion » iranien qui transportait sur lui des photos de l’ambassade des Etats-Unis à Tel-Aviv.

Cet « espion » détenteur d’un passeport belge a été envoyé en Israël pour le compte des Gardiens de la révolution iraniens, assure le Shin Beth dans un communiqué, précisant qu’il a été arrêté à l’aéroport Ben Gourion à Tel-Aviv. L’homme, nommé Ali Mansouri, a été enrôlé par « l’unité opérationnelle spéciale des Gardiens de la révolution chargée de nombreux attentats terroristes dans le monde », a ajouté le Shin Beth.

Lors de l’interrogatoire, le suspect âgé de 58 ans, qui était entré en Israël sous la fausse identité d’Alex Mans, a précisé que les Iraniens lui avaient demandé d’utiliser son statut d’homme d’affaires afin de créer des sociétés en Israël pour le compte des services de sécurité iraniens « afin de porter atteinte aux intérêts israéliens et occidentaux ». En échange de ses activités, il lui a été promis un million de dollars, toujours selon le contre-espionnage israélien.

Le Service Public Fédéral Affaires étrangères a confirmé dimanche l’arrestation d’un homme détenteur d’un passeport belge, à l’aéroport de Tel Aviv, en Israël. Le détenu a reçu la visite d’un membre de l’ambassade belge en Israël, dans le cadre de l’assistance consulaire habituelle, a indiqué Joren Vandeweyer, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. « Nous sommes en contact avec la famille et les autorités israéliennes », a-t-il ajouté.

L’homme, nommé Ali Mansouri, a été enrôlé par « l’unité opérationnelle spéciale des Gardiens de la révolution chargée de nombreux attentats terroristes dans le monde », a ajouté le service de contre-espionnage israélien.

 

Barack Obama, à la tribune de l'ONU, à New York, mardi 24 septembre 2013.

 

Il s’en est fallu de peu. Le déjeuner offert par le secrétaire général, Ban Ki-moon, se terminait ; les aides se précipitaient auprès de leurs chefs d’Etat ; John Kerry, le secrétaire d’Etat américain, franchissait en compagnie de son homologue russe, Sergueï Lavrov, les quelques dizaines de mètres de moquette rouge qui les séparaient de la salle attenante au Conseil de sécurité, où ils allaient discuter de laSyrie.

Tout à coup, une rumeur a fait frémir dans la délégation américaine. Le président iranien, Hassan Rohani, qui n’avait pas assisté au déjeuner, était arrivé dans les locaux des Nations unies. Allait-il, de manière vraiment fortuite – et non pas par l’un de ces faux hasards orchestrés par les diplomates – croiser la route deBarack Obama ? Les photographes se sont mis en position au cas où se produirait un événement sans précédent depuis la rencontre de Jimmy Carteravec le chah d’Iran en 1977.

Rapidement, il a été clair que l’heure n’était pas venue. Le président iranien se trouvait bien dans le même périmètre que Barack Obama, mais c’est en fait avecFrançois Hollande qu’il avait rendez-vous. La confirmation est venue un peu plus tard, par la voix d’un haut responsable de l’administration. La rencontre n’aurait pas lieu. « Trop compliqué » pour les Iraniens, a-t-il assuré.

 

Poignée de main entre le président François Hollande et son homologue iranien Hassan Rohani, mardi 24 septembre, au siège des Nations unies à New York.

 

« DES BLOCAGES DIFFICILES À SURMONTER »

Selon cette source, les Américains avaient été le matin même en contact avec les Iraniens à un niveau subalterne. Ils avaient fait passer le message qu’ils étaient« ouverts » à une rencontre informelle avec le président Rohani si elle prenait la forme d’une discussion de quelques minutes en marge de l’Assemblée générale, non pas d’un entretien bilatéral formel. Mais les Iraniens avaient décliné, et ce pour des considérations de politique intérieure, par crainte des critiques du camp conservateur à Téhéran.

Ni les Iraniens ni les Américains n’ont tout à fait saisi le moment, aussi bien dans les gestes que dans les discours. Comme si, de part et d’autre, la crainte de selaisser emporter avait prévalu. Barack Obama l’a dit devant l’Assemblée générale : les deux pays ont un passif de trente-cinq ans qu’il sera difficile d’alléger. Il a même fait allusion au renversement du premier ministre Mossadegh en 1953. « Les Iraniens se sont plaints d’une tradition d’interférence des Etats-Unis dans leurs affaires et du rôle de l’Amérique dans le renversement d’un gouvernement iranien pendant la guerre froide », a-t-il dit. « Les blocages pourraient s’avérer trop difficiles à surmonter. »

Méfiance aussi, côté américain. Après le discours de M. Rohani, ouvert mais bardé des classiques récriminations iraniennes contre les sanctions, la Maison Blanche n’a pas caché qu’il faudrait « plus de travail » pour arriver à mériter un face-à-face substantiel avec le président des Etats-Unis.

 « DES ACTES TRANSPARENTS ET VÉRIFIABLES »

En même temps, le grand souci de la Maison Blanche a été de ne pas avoir l’air de fermer la porte. A la tribune, Barack Obama s’est félicité du changement de ton de Téhéran, en notant que M. Rohani a reçu du peuple iranien un « mandat poursuivre un chemin plus modéré » que son prédécesseur. « Je suis convaincu qu’il faut essayer la voie diplomatique », a-t-il souligné.

Réclamant des « actes transparents et vérifiables », M. Obama a annoncé qu’il avait mandaté John Kerry pour s’entretenir directement avec son homologue Mohammad Javad Zarif lors de la réunion qui aura lieu jeudi dans le cadre multilatéral des négociations sur le dossier nucléaire iranien, orchestrées par Catherine Ashton, la chef de la diplomatie de l’Union européenne. L’un de ses conseillers a indiqué qu’il ne fallait pas s’attendre à ce que les Iraniens « modifient leurs positions publiquement » dès le début du processus. « Nous maintiendrons notre attachement à de fortes sanctions », a-t-il ajouté.

Peu après, des médias iraniens ont indiqué que la délégation iranienne avait boycotté le déjeuner parce que du vin y était servi, une critique déjà portée par Mahmoud Ahmadinejad en 2006. La partie iranienne aura peut-être relevé un signe discret : pendant le déjeuner, Barack Obama s’est abstenu de se montrer avec une boisson alcoolisée. C’est avec une coupe remplie d’eau qu’il a porté un toast aux Nations unies.