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Internet a 25 ans: souvenirs…

Publié: 13 mars 2014 par t66000 dans A contre-courant, Monde
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Internet a 25 ans: souvenirs…


 

VIDÉO Internet a fêté ses 25 ans d’existence hier, l’occasion de revenir sur quelques habitudes du web d’hier aujourd’hui révolues…

Comme le rappelle la vidéo ci-dessus, l’aspect le plus représentatif du web des années 1990 demeure l’outil de connexion lui-même. Le modem 56k au son strident si caractéristique, la passerelle obligatoire des joies du « surf », comme on osait encore l’appeler alors. Sans oublier la menace permanente de déconnexion impérative pour permettre aux parents ou aux frères et soeurs d’utiliser le téléphone… A ce propos, les premières factures combinées ont valu à certains accros de la première heure quelques mauvaises surprises…

Les sites de type « télétexte »
Geocities, Altavista, LinkCity, Caramail, Lycos, les sites ne brillaient pas pour leur esthétique irréprochable et, à vrai dire, peu de gens s’en souciaient à l’époque. Emerveillé par la découverte de cette innovation technologique, l’internaute d’autrefois naviguait via Netscape et se concentrait davantage sur l’aspect pratique. D’ailleurs, certains n’hésitaient pas à toujours préférer le… télétexte (voire le minitel au-delà de la frontière sud) et n’avaient même pas peur de s’en vanter…

Le « chat »
MSN Messenger, MSN Chat, Caramail ou ICQ: l’activité principale de l’internaute consistait surtout à discuter. Avec ses amis en mode privé ou tous azimuts à la découverte sociale sur les nombreux salons de discussions alors en plein essor. ASV? Trois lettres que certains comprendront. D’autres pas.

Les chaînes de lettres
Recevoir du courriel de ce type était extrêmement courant à l’époque. Moins aujourd’hui. On ne regrette rien. Extrait:

« On me l’a envoyée, je vous l’envoie. Cette chaîne a été écrite par un missionnaire. Elle vient du Venezuela. Même si vous n’êtes pas croyant, faites attention à ce qui suit. Mr Hergereau la reçoit, la fait recopier 24 fois, 9 jours plus tard il gagne 24 millions à la loterie. Mme Prince la reçoit, oublie de la recopier, elle perd son emploi. Elle la retrouve, la recopie 24 fois, et 9 jours plus tard retrouve une situation supérieure à celle qu’elle avait. Melle Dubois la reçoit, la jette; 9 jours plus tard elle se tue…

L’impression, une passion
Si aujourd’hui, imprimer n’a plus la cote à moins d’avoir une excuse valable (billets d’avion, concerts), c’était une activité très prisée à l’époque. L’accès à ce catalogue d’images infini alimentait les envies de recouvrir sa chambre de quelques reproductions artistiques téléchargées avec patience, ligne après ligne. Sans oublier les pochettes de CD, les photos en tous genres et les milliers de pages de « documentations » scolaires, si pratiques…


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“Photos de mes collègues de travail avant 1999″, “restaurant indien dans lequel ma famille est allée”, “groupes de rock que mes amis écoutent” : voilà le genre de sollicitations auxquelles Facebook sera désormais en mesure de répondre grâce au nouvel outil Graph Search, moteur de recherche centré sur les goûts et les intérêts de ses amis.

Annoncé en janvier, cette sorte de Google social a été réservée à des testeurs qui ont contribué à son amélioration jusqu’au lancement public. Des millions d’utilisateurs états-uniens y ont accès depuis lundi, mais il faudra encore patienter un peu pour la version francophone. Le principe ? Graph Search, ou “la recherche dans le graphe” fait des informations personnelles laissées par nos amis sur Facebook une ressource utilisable. Dans une vidéo, Mark Zuckerberg la décrit comme le troisième pilier du réseau social, après le fil d’actualités (newsfeed) et le journal (timeline) : c’est une troisième façon d’obtenir des informations sociales sur les utilisateurs de Facebook.

Quelle différence par rapport à un moteur de recherche traditionnel ?

Le but de Graph Search est de donner directement une réponse à une question précise. J’entre une question (une “vraie” question et pas des mots-clés) ; je reçois une réponse (et pas un référencement de liens). Même si le moteur de recherche Bing est utilisé en complément, le contenu essentiel qui m’est délivré par Graph Search provient des utilisateurs de Facebook qui partagent leur contenu avec moi. Composeront dont les réponses à mes questions l’ensemble des données sociales et personnelles pertinentes auxquelles j’ai accès. Ce sont en général celles de mes amis, mais aussi celles publiées par les amis de mes amis avec le réglage “accessible aux amis d’amis” ainsi que n’importe qui qui publie de façon publique.

"Les gens qui aiment le cyclisme et viennent de ma ville natale", un exemple de recherche que donne Facebook

“Les gens qui aiment le cyclisme et viennent de ma ville natale”, un exemple de recherche donné par Facebook

Tout ce qui est dans le graphe Facebook est une ressource potentielle : noms entiers, lieux d’habitations, employeurs, mentions “j’aime”, photos, endroits où je suis allé, listes d’amis et de familles… Je veux savoir qui de mes amis est déjà allé à Londres ? Facebook me fait une liste. Je cherche des photos de deux de mes amis ensemble ? Facebook me les montre. Et ainsi de suite, c’est aussi simple que ça.

Un rêve de stalker ?

Troisième manière d’accéder à nos données, donc troisième façon de pénétrer dans notre sphère personnelle. Graph Search peut être vu comme un rêve de stalker, ces personnes qui aiment traquer (ponctuellement ou régulièrement) des gens (connus ou inconnus) sur Internet, par curiosité ou par malveillance. En tant qu’outil facile et gratuit pour localiser des cibles potentielles, Graph Search est aussi un paradis pour marketeur. Or c’est un espace que l’on voudrait réservé à ses amis, à l’abri des regards des entreprises mais aussi de son boss, ses collègues de bureau, ses recruteurs et du reste du monde.

La particularité de cet outil est de se nourrir de la quantité d’informations accessibles. Plus il y a d’informations disponibles, plus la recherche sur le graphe sera fructueuse. Le risque dénoncé par PC World est inscrit dans la logique même du système :

“Facebook va vouloir avoir autant d’informations disponibles que possible pour répondre à chaque demande et s’assurer que l’expérience des utilisateurs soit positive. Cela va directement à l’encontre du désir exprimé par les membres que leurs données restent privées.”

Dans le but de rendre le contenu de Graph Search plus riche et pertinent, il ne faudrait pas que le réseau social rende plus difficile (ou plus laborieuse encore) la protection des données privées sur son site.

Recherche amateurs de Mein Kampf

La recherche dans le graphe a en tout cas déjà été intelligemment“trollée” en janvier dernier avec le tumblr Actual Facebook Graph Searches. Son créateur, Tom Scott, a utilisé le moteur de recherche pour trouver sur le réseau social pêle-mêle les hommes mariés qui aiment les prostitués, les employeurs de racistes auto-déclarés, les hommes musulmans intéressés par les hommes à Téhéran, les Chinois qui soutiennent le groupe Falun Gong interdit en Chine, les hommes qui aiment Ashley Madison (un site de rencontres extraconjugales), etc. Et à chaque fois, de nombreux américains sont référencés.

 

A sa suite, le blog Rézonances du Monde.fr a notamment trouvé les membres français de Facebook qui sont salariés de la RATP et qui aiment le livre Mein Kampf, les hommes mariés qui se disent intéressés par les hommes, ainsi qu’une liste de soldats français partis en Afghanistan qui comportait des informations qui sont censées êtres cachées. Ces informations qui, avant, pouvaient être exhumées à l’issue d’un travail fastidieux, sont désormais à portée de clic.

Si les deux expériences soulignent l’imprécision des résultats obtenus, qui peuvent être faussés par l’ironie (on imagine que c’est le cas de ceux qui se déclarent racistes), elle met aussi en évidence le danger supplémentaire pour la vie privée que représente la recherche dans le graphe. Afin d’éviter de se retrouver dans une liste où on aimerait mieux ne pas être, la meilleure solution est de faire attention à ses données (voir le mode d’emploi du Monde). Plus que jamais pour vivre heureux, vivons cachés.

 

Les Inrocks

Les mots « gros canard jaune » censurés en Chine

Source: Belga© Capture d’écran.

Les mots « gros canard jaune » ne semblent pas, a priori, avoir de connotation politique. Ils étaient pourtant censurés mercredi sur l’internet en Chine, après le détournement d’une célèbre photo de 1989, où les palmipèdes remplacent une colonne de chars place Tiananmen.

© Capture d’écran.

Ce cliché, où un homme seul stoppe la colonne de chars, est devenu emblématique de la sanglante répression du mouvement démocratique des étudiants chinois, écrasé dans le sang le 4 juin 1989, dont les autorités ont interdit toute commémoration mardi.

Ces derniers jours, plusieurs métropoles chinoises ont mis à l’eau des copies d’un canard en plastique géant, oeuvre d’un artiste néerlandais exposée dans le port de Hong Kong, suscitant une polémique sur un éventuel manque de créativité nationale.

Un internaute a eu l’idée de reprendre ce thème du jouet de bain géant pour remplacer, via un montage sur la fameuse photo de 1989, les chars arrêtés par l’homme à pied lors de la répression qui fit plus d’un millier de morts à Pékin.

La photo de la colonne de canards jaunes n’a visiblement pas fait sourire les autorités communistes, à l’instar de toute recherche sur la date du 4 juin ou des mots tels que « Tiananmen » ou « bougie », bloquée mardi sur internet.

Près d’un quart de siècle après ces événements, l’anniversaire de Tiananmen reste une date sensible pour le régime, qui exerce une censure draconienne sur les réseaux sociaux.

 

 

 

 

Des barricades, des masques, des chants, des pavés et ce peuple déterminé à ne pas quitter la rue malgré la répression des forces de l’ordre, à coup de gaz lacrymogènes, de camions à eau, et de balles en caoutchouc… Cela fait maintenant cinq jours que les manifestations ont commencé en Turquie. Voici notre sélection pour suivre les évènements sur le web.

Le vice Premier ministre turc Bülent Arinç a présenté ses excuses ce mardi aux personnes blessées lors des affrontements entre la police et les manifestants anti-gouvernement. Après cinq jours de protestations, le gouvernement fait le choix de l’apaisement. Partie du parc Gezi et de la place Taksim à Istambul, la révolte s’est propagée dans des dizaines de villes du pays, dont Ankara, la capitale. Lundi, c’est dans la province d’Hatay, au sud, qu’Abdullah Comert, un jeune homme de 22 ans, est tombé sous les balles de la police, selon la chaine locale NTV. Et comme la révolte se poursuit aussi sur Internet et les réseaux sociaux, voici quelques supports à suivre si on veut rien manquer :

Le tumblr #OccupyGezi

Images, vidéos, commentaires… Ce tumblr est vite devenu le miroir numérique des affrontements. Sans censure, il montre la brutalité du face-à-face entre les manifestants et la police. Comme sur cette photo de jeunes visés par les jets de camions à eau.

Turquie 2

Ou une autre, plus dure encore, de cette femme blessée, à terre :

Image turquie

La google map “Ankara Polis

Elle est en turc et essentiellement destinée aux habitants d’Ankara pour leur permettre de suivre en continu les actions de la police dans la capitale. Mais même si l’on ne maîtrise pas forcément la langue, il n’est pas difficile de comprendre ce qu’il se passe sur place. Si on zoom, on peut voir où a eu lieu l’une des dernières interventions des forces de l’ordre par exemple : à 2 h 40, on signale des blessés et des arrestations opérées par la police près de la rue John F. Kennedy.

Google Map turquie

 

 

Le suivi en continu du site The Guardian :

L’inquiétude face au comportement de la police et la violence avec laquelle sont réprimées les manifestations : c’est ce qui ressort des dernières réactions recueillies par le site web du Guardian. Le quotidien britannique nous fait suivre en direct la situation turque tout en nous apportant des analyses et des résumés pratiques.

 

Les Inrocks

 

 

Photo AFP.

Courrier International

 

Le site de rencontres suédois Prisonmatch a été lancé pour faciliter la rencontre des détenus avec l’âme sœur, rapporte le Göteborgs-Posten.

En Suède, environ 5 000 personnes se trouvent en prison. Pour les détenus qui n’ont pas le droit d’avoir accès à Internet, ce site offre la possibilité d’entretenir des contacts avec l’extérieur. Prisonmatch s’engage à transmettre par lettre ce qui a été écrit sur le compte du détenu, et de poster les réponses à sa place.

Pour les personnes hors de prison, l’adhésion est gratuite. Les détenus, eux, paient l’équivalent de 200 euros par an. Tout le monde peut s’y inscrire, sauf les condamnés pour viol ou pour pédophilie. Les meurtriers sont acceptés. « Nos membres ont tous plus de 18 ans et, si l’on choisit de contacter un meurtrier, c’est son propre choix », précise la fondatrice Valbona Demiri.

Un professeur en criminologie émet des doutes quant à l’intérêt de ce genre de site pour les personnes en liberté. « Ce ne sont pas exactement des Justin Bieber qui sont incarcérés », constate-t-il. Mais Valbona Demiri ne veut pas porter de jugement sur ceux qui cherchent à rencontrer quelqu’un sur Prisonmatch :  » Nous cherchons tous désespérément l’amour, que nous soyons en liberté ou en prison. »

 

 

Dessin de Falco, Cuba.

Courrier International

 

Après la publication dans Dagens Nyheter de la lettre ouverte de l’écrivain Jonas Hassen Khemiri à la ministre de la Justice Beatrice
Ask, le mot-dièse #bästabeatrice [« Chère Beatrice »] sur Twitter, tout juste créé, déborde de messages de milliers de personnes qui témoignent de leurs expériences du racisme dans la vie quotidienne en Suède, rapporte le Hufvudstadsbladet. Exemples :

Elenor Eriksson : « Tu n´as presque pas d’accent, tu parles très bien le suédois. – Je suis arrivée en Suède à l’âge de trois mois. – Et tu te plais ici ? »

Rashid Musa : « A ma première journée de travail en tant que journaliste dans l’un des principaux journaux du pays, certains pensaient que
j’étais la personne qui distribue les journaux. »

Nabila Abdul Fattah : « La police de sécurité me demande : ‘Qu’est-ce que votre frère pense du fait que vous portez des vêtements occidentaux’ ? »

Zacharie : « L’agent de police m’arrête, fait du profilage racial [contrôle au faciès, etc.] pendant 30 minutes et puis se rend compte qu’il y a six mois, moi, je l’ai formé sur le racisme. »

 

 

Les Inrocks

 

Un documentaire explique comment internet a toujours été le terrain de conflits entre la réalité de la culture web et les pouvoirs publics.

Morale et politique : tels sont les deux grands axes de ce documentaire qui rappelle, en reprenant l’évolution du net à son origine, que ce n’est pas uniquement un système utilitaire, mais avant tout un espace des possibles, un lieu imaginaire où l’on peut être tranquille et errer en toute indépendance, sans que les notions de race, de pays, de classe et de loi n’entrent en ligne de compte. La toile est une utopie réalisée. Premier point souligné dans ce film au ton ludique : internet n’est pas le fruit d’un brain trust de businessmen. “La plupart des gens qui ont créé internet étaient des hippies, même si certains d’entre eux travaillaient pour la Darpa (agence de recherche de la Défense américaine – ndlr)”, explique John Perry Barlow, un ancien cow-boy psychédélique précurseur du réseau. Sans le LSD, il n’y aurait sans doute jamais eu d’hypertext transfer protocol (http).

Au départ, les pionniers, les purs, s’appelaient entre eux des hackers. Ce n’est que plus tard que le terme est devenu péjoratif, synonyme de voyou. Ces individus avaient rêvé un monde virtuel et illimité, sans frontières, mais il leur a manifestement échappé. Toute une frange d’utilisateurs d’internet, parmi lesquels certaines figures du hacking interviewées dans le film (comme Richard Stallman, inlassable activiste du logiciel libre), ont une conception encore presque mystique du net, considéré comme un espace de communion et de fraternité. Un des fondateurs historiques du world wide web, Vinton Cerf, émarge à présent chez Google en tant que “chef évangéliste de l’internet” (sic). En février 1996, Barlow publie la Déclaration d’indépendance du cyberespace, qui fait figure de nouvelle table de la loi virtuelle et propulse cet ancien rancher, ex-parolier du Grateful Dead, groupe pionnier du psychédélisme, au rang de prophète du net. L’ennui, pour ces hackers allumés, c’est qu’ils sont souvent les seuls capables de contourner le cyber-système. Si, par définition, ces gentils geeks sont des libertaires (dont certains aux Etats-Unis, comme Barlow, sont proches du “libertarianisme”), hostiles à toute contrainte, ils sont aussi les plus à même à contrer leurs semblables. D’où l’accointance parfois gênante de certains d’entre eux avec les services secrets (en France, la DST). Des hackers deviennent des employés de l’Etat.

D’où le second volet, moins idyllique, de ce documentaire, qui traite de la répression et de la manipulation des individus par certains gouvernements profitant de ce flux d’informations tous azimuts. “Tout ce qui circule sur internet est enregistré par la NSA (National Security Agency – ndlr), souligne Barlow, curieux animal politique, naviguant entre la marge et les officiels. Je peux vous dire que le despotisme de la NSA est amoindri par son incompétence.” On est à peine rassuré. Car si “Echanger sans être surveillé est l’une des devises implicites des cybernautes, tous les gouvernements ne peuvent pas ne pas avoir envie de contrôler ou de “réguler” (sic) la toile. Les plus tyranniques se servent largement du réseau pour terroriser le peuple (comme en Libye ou en Syrie). Certains sites sociaux sont pain bénit pour les flics et les despotes. En tête, Facebook qui, selon Julian Assange (WikiLeaks), est “la version postmoderne de la Stasi” : un répertoire inespéré de données privées ouvert à tous les vents.

Si les champions de la liberté sur internet s’opposent évidemment au droit d’auteur (fustigeant la “rémunération de rente” par rapport à la “rémunération du travail”, comme l’explique Benjamin Bayart, pdg de French Data Network) et à son rempart, Hadopi, et donc aux citadelles commerciales de la culture, ils ne semblent pas militer très activement contre l’utilisation des données par Facebook ou Google, qui contribuent au fichage des vies privées et des particularités des individus. “Si on vous diagnostique une maladie grave, précise Rickard Falkvinge – fondateur suédois du Parti Pirate, fer de lance européen du combat pour la libération totale du net –, les premiers à le savoir ne sont ni vos parents, ni vos amis proches, ni vos enfants, ni votre mari ou votre femme, c’est Google.” D’où la difficulté de trouver un juste milieu entre les pulsions libertaires des hackers/pirates et la fascination de l’establishment politique pour ces plates-formes de surveillance dont tous les flics du monde ont toujours rêvé sans oser les demander.

Pour “Rick” Falkvinge, “nous sommes au bord d’un risque majeur, celui de construire une société de la surveillance, un Big Brother bien pire que ce qu’aucun auteur de sciencefiction n’a jamais imaginé”. Certes, mais cela ne nous dit rien sur les manipulations commerciales des internautes par l’entremise des mêmes moteurs de recherche et sites communautaires. Sans parler de la cybercriminalité pure et simple. Fort heureusement, ce film n’a pas la prétention d’être exhaustif. Au contraire. Comme le conclut sa voix off : “Ce n’est qu’un chapitre. A vous d’écrire la suite”.

 

 

Les Inrocks

 

Le Département d’Etat américain a fait retirer du catalogue DefCad les dessins permettant d’imprimer une arme à feu en 3D. Mais c’était sans compter The Pirate Bay…

En début de semaine, on vous rapportait qu’un étudiant américain de 25 ans, Cody Wilson, était parvenu à faire fonctionner une arme à feu imprimée en 3D et avait posté les dessins nécessaires à cette impression sur Defcad, un catalogue de fichiers en téléchargement libre géré par Defense Distributed, son propre site dédié aux armes à feu.

Revirement de situation le 9 mai lorsque le Département d’Etat américain demande à Wilson de retirer de Defcad les fichiers concernant le pistolet en 3D. Selon Forbes, qui est en contact avec Cody Wilson, le gouvernement américain souhaiterait évaluer la conformité de ces fichiers avec la loi contrôlant l’exportation d’armes à feu connue sous le nom de “International Traffic in Arms Regulations” (ITAR), que Wilson pourrait bien avoir violé en mettant en libre téléchargement sur Internet les plans permettant d’imprimer le “Liberator”. L’étudiant a décidé de s’exécuter: “nous devons obéir. La lettre [disponible sur le site de Forbes, ndlr] dit que tous les fichiers de ce type doivent être retirés de l’accès au public mais ça pourrait être impossible à réaliser. Nous allons déjà les retirer de nos serveurs“.

Malgré la décision du Département d’Etat américain, les fichiers sont toujours disponibles en téléchargement sur le site de The Pirate Bay. Contacté par le site spécialisé TorrentFreak, les responsables de The Pirate Bay assurent qu’ils ne retireront pas les dessins de Cody Wilson:

“TPB [The Pirate Bay, ndlr] a pendant près de dix ans fonctionné sans jamais retirer un seul fichier sous une pression extérieure. Et il ne le fera jamais”.

Quel est le rapport entre The Pirate Bay, ardents défenseurs de l’Internet libre, et Cody Wilson, crypto-anarchiste passionné par les armes ? “Nous trouvons l’idée de pouvoir imprimer un objet intéressante.(…) Le problème ce n’est pas l’objet mais ce que vous en faîtes. Comme avec un couteau de cuisine” répond le membre de The Pirate Bay interviewé par TorrentFreak. Si les pirates assurent que Cody Wilson “est invité à télécharger tout ce qu’il veut sur Defacd comme sur TPB“, ils n’en souhaitent pas moins que l’impression en 3D soit utilisée par les gens “pour imprimer des pancartes pour protester contre les armes, la corruption, et les menaces pesant sur la liberté d’expression“.

Et si Cody Wilson lui-même n’était pas aussi attaché qu’on le pense aux armes à feu? En mettant en téléchargement les dessins permettant d’imprimer une arme en 3D, Wilson chercherait peut-être moins à doter la planète entière d’armes à feu qu’à mettre des battons dans les roues du gouvernement américain voire des gouvernements des pays du monde entier et à tendre ainsi un peu plus vers son idéal libertarien et crypto-anarchiste. Un idéal commun à The Pirate Bay, Wikileaks, les Anonymous et Mega. Le site de Kim Dotcom a d’ailleurs hébergé en premier les fichiers de Cody Wilson, qui expliquait à ce propos à Forbes: nous avons de la compassion pour Kim Dotcom. Il y avait plein de services que nous aurions pu utiliser mais nous avons choisi celui-là.”

Reste que les dessins permettant l’impression du “Liberator” ont trouvé leur public. Selon un membre de Defense Distributed, les fichiers auraient été téléchargé 100 000 fois en deux jours et majoritairement par des Américains, et la vidéo du premier tir réussi postée par Wilson le 6 mai aurait été vue plus de 3 millions de fois. En août dernier, Wilson confiait àForbes“dites que je suis fou mais j’envisage un monde dans lequel la contrebande passera sous terre, par les câbles de données, et sera imprimée dans nos maisons pendant que les drones passeront au-dessus de nos têtes. J’y vois quelque de poétique… Je rêve de ce future très étrange et j’aimerais en faire partie“.

 

 

Le département d’Etat américain a fait retirer, jeudi 9 mai, les modèles 3D d’armes à feu du catalogue libre Defcad. Le site propose gratuitement aux internautes des modèles de morceaux d’armes et des accessoires concevables avec une imprimante 3D. Fondé au début de l’année par l’étudiant Cody Wilson, autoproclamé crypto-anarchiste, le site est censé héberger tous les objets qui pourraient subir des restrictions légales, et M. Wilson a promis à son lancement de ne jamais supprimer le moindre fichier. Ce revirement légal a donc agacécertains utilisateurs.

 

 

UN PISTOLET FONCTIONNEL IMPRIMÉ EN 3D

La décision des autorités a dû être motivée par la dernière invention de la société, également distribuée librement sur le site. Defcad accueillait depuis le 6 mai le premier modèle 3D de pistolet fonctionnel en plastique, le « Liberator », auquel il manquait un percuteur et une pièce de métal permettant sa détection pour être en conformité avec la loi. Cette création avait été largement médiatisée dans la presse anglophone. Jusqu’ici, Defense Distributed n’avait conçu que certaines pièces d’armes, nécessitant d’en acheter d’autres pour les assembler.

Les modèles d’armes 3D, refusés par d’autres catalogues en ligne de modèles 3D, sont désormais disponibles en téléchargement de pair à pair (P2P). A leur suppression de Defcad, des liens vers des versions hébergées par des internautes sont rapidement apparus pour garantir leur disponibilité. La suppression de ces contenus a d’ailleurs jeté une lumière supplémentaire sur le site, difficilement accessible vendredi. Le choix d’une licence libre (sans restriction d’usage ou de distribution) et la notoriété rapidement acquise par l’initiative ont permis cette diffusion rapide.

Le régulateur américain des armes, l’ATF, déclarait pour sa part ne pas encorevouloir réguler ces modèles imprimées, car trop peu résistants pour circulerpendant des années, contrairement aux armes vendues dans le commerce. Defense Distributed a également levé plus de 75 000 dollars (58 000 euros) en six semaines pour le développement d’un moteur de recherche consacré aux modèles 3D, décentralisé donc difficile à mettre hors ligne.

 

Le Monde.fr

 

 

 Les Inrocks

 

Alors que certains médias y voyaient l’action de masculinistes, les créateurs du site adopteunnegre.com, qui souhaitent rester anonymes, se revendiquent du féminisme. Interview.

Le 30 avril, le lien d’un site provocateur commence à circuler sur Twitter. Son nom ? Adopteunnegre.com (le site est clos depuis le 2 mai). La page d’accueil se présente comme une reproduction du site de rencontre adopteunmec.com mais à la sauce ethno-raciale. Où l’on propose aux femmes de choisir un homme noir parmi une sélection de “fils d’ambassadeur”, de “racaille” ou de “sans papier”. Dès qu’on clique sur un lien, un message apparaît :

“Ce site vous choque ? C’est pourtant, transposé à la discrimination raciale, le même principe que le site de rencontre adopteunmec.com avec les femmes/hommes.”

Après avoir émis l’hypothèse qu’un collectif de trolls – internautes dont la spécialité est de pourrir l’ambiance d’un débat ou d’une discussion volontairement – puisse être à l’origine de cette action, nous avons interviewé – par mail – une personne représentant le groupe derrière adopteunnegre.com.

Qui êtes-vous ?

Nous sommes à l’origine du site adopteunnegre.com, mais nous souhaitons garder l’anonymat. Ce qui importe est le message que l’on souhaite véhiculer, pas le messager.

Faites-vous partie de la GNAA (collectif de trolls américainnotamment connu pour avoir piraté la plateforme de blogs Tumblr – ndlr), comme semblent l’indiquer l’adresse mail et le logo présents sur le site adopteunnegre.com ?

Adopteunnegre.com n’est pas de l’initiative de la GNAA (qui n’a pas de branche française). La GNAA y a juste apporté un soutien logistique et son label.

Votre objectif premier en créant ce site était-il réellement de pointer du doigt ce que vous décrivez comme la discrimination mise en place par le site de rencontre adopteunmec.com ?

L’objectif est évident : montrer qu’un site qui se revendique du féminisme pour “inverser” les rôles n’est en fait qu’un modèle où les hommes paient pour accéder à la clientèle féminine du site, qui sont donc les véritables produits (comme l’explique l’article de lifehacker.com “If You’re Not Paying for It, You’re the Product”). Nous pensons que se prétendre féministe avec un tel modèle est une hypocrisie. Dans un communiqué, Adopte un mec justifie ce modèle en disant “tout le monde fait ça”. Cette réponse n’est pas satisfaisante à nos yeux. Notre démarche dépasse ce site, nous condamnons tout autant les autres sites, ou les boîtes de nuit qui donnent l’accès gratuit aux filles, qui de fait servent de produit d’appel pour inciter les hommes à payer. C’est en cela que l’on ne comprend pas les insinuations de masculinisme ou de machisme dans notre action(plusieurs médias ont émis l’hypothèse que le site adopteunnegre.com avait été créé par des masculinistes – ndlr). Nous pensons au contraire qu’elle est clairement féministe. De la même manière, est-il aujourd’hui vraiment normal qu’un site de rencontres exclue les homosexuels ? Pourquoi cela ne fait-il pas scandale ? Un mec ne pourrait-il pas adopter un mec ? Enfin, on ne peut pas se vanter d’être numéro un et ne pas se sentir un peu responsable des inégalités qu’on crée en disant simplement “rien ne vous empêche d’aller voir ailleurs”. Devrait-on cautionner les discriminations salariales au détriment des femmes au prétexte qu’elles acceptent ces emplois ?

Dix heures après le lancement d’adopteunnegre.com, vous avez décidé de fermer ce site, regrettant qu’il ait été mal interprété par certains médias, récupéré “par des sites fascistes” et accusé de véhiculer un discours raciste ou machiste par des “imbéciles”. Cette action vous a-t-elle échappé ?

Nous déplorons que beaucoup de médias y aient associé des mouvances qui ne nous concernent pas. Il n’y a aucune association ni organisation politique derrière ce site. L’objectif était d’amener à s’interroger sur ce type de service marchand fondé sur une discrimination. Chacun étant libre ensuite de la considérer comme normale ou de s’en indigner. Les mauvaises interprétations sont par nature inévitables puisque chacun projette ses propres représentations. Nous observons d’ailleurs qu’elles sont très variées et contradictoires : certaines personnes y ont vu du féminisme, d’autres, à l’opposé, du masculinisme. Si l’expression “liquidation des sans papiers” (voir la capture d’écran en tête de cet article – ndlr) a pu choquer, pourquoi est-ce que cela ne pose aucun problème lorsque adopteunmec.com vante la “liquidation totale de tous nos frisés” ?

 

Capture d'écran d'adopteunmec.com

Capture d’écran d’adopteunmec.com

L’outrance est le principe même de la caricature. Le fait d’être interpellé par une discrimination fondée sur la couleur de peau est une réaction salutaire que nous partageons, c’est le fait de ne pas l’être quand cette discrimination est fondée sur le genre que nous trouvons inquiétant.

Prévoyez-vous de finir par rendre votre identité publique pour revendiquer la création de ce site ?

Nous ne faisons pas ça dans un but auto-promotionnel, c’est pourquoi nous ne souhaitons pas revendiquer l’opération.