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Pour en finir avec dix idées reçues sur la guerre de 14-18

Publié: 7 novembre 2013 par gandibleux dans Actualités, Monde
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Verdun, 1916.

LE MONDE | 04.11.2013 à 15h45 • Mis à jour le 07.11.2013 à 12h33 | Par Nicolas Offenstadt

 
 
La Grande Guerre est un événement si immense qu’il suscite sans cesse interprétations et réinterprétations. Son fort impact sur la société française alimente également la circulation d’images et de clichés qui ne correspondent pas à l’état du savoir des historiens. Le point sur dix idées reçues.

 

 

 

 

 

1. La guerre était souhaitée par les industriels et les financiers

Les interprétations marxistes des origines de la guerre, derrière les réflexions de Lénine sur l’impérialisme comme stade suprême du capitalisme, allouent une place centrale aux rivalités économiques accentuées par la baisse tendancielle du taux de profit, et au caractère prédateur des milieux industriels. Il y a certes des rapports de force commerciaux entre les blocs en Chine ou dans l’Empire ottoman, entre Britanniques – inquiets du « made in Germany » – et Allemands. La course aux armements dans l’immédiat avant-guerre, dans tous les pays, renforce cette interprétation.

Mais l’historiographie a montré que les interdépendances étaient en fait très fortes entre les économies et que, pour nombre de secteurs (assurances, sociétés minières…), la paix était préférable à la guerre. La City a ainsi plutôt poussé à défendre la paix. Par ailleurs, en matière de politique étrangère, les milieux industriels et financiers n’étaient pas unis.

2. Les soldats sont partis reprendre l’Alsace-Lorraine la fleur au fusil

Il n’est pas évident de saisir rétrospectivement des sentiments, des perceptions de contemporains et encore moins de les agréger pour donner une tendance d’ensemble. D’autant que les mots d’une époque (« résignation », par exemple) ne réfèrent pas forcément à l’identique à nos compréhensions d’aujourd’hui. En 1914, les attitudes face à la mobilisation semblent variées. Elles peuvent aussi évoluer selon les moments et les situations. Il y eut quelques démonstrations d’enthousiasme, mais on ne voit guère de joie dans les quartiers ouvriers de Hambourg, de Berlin, ou dans de nombreuses régions rurales. Beaucoup de témoignages évoquent même de la tristesse. S’il fallait donner une ligne générale, elle tiendrait plus de la résolution et de la résignation que de la « fleur au fusil », véritable mythe que les travaux ont démonté pour les différents pays engagés. Quant à l’Alsace-Moselle, devenue allemande en 1871, si son sort suscite de nombreuses déplorations en France, à l’école comme dans les journaux, rares sont ceux qui la considèrent comme une motivation profonde à faire la guerre en 1914.

3. Les taxis ont joué un rôle décisif dans la bataille de la Marne

La bataille de la Marne (6-12 septembre 1914), qui arrête la grande offensive allemande proche de Paris après avoir traversé la Belgique et le nord du pays, est un affrontement qui s’étend sur environ 300 kilomètres, de Meaux à Verdun. Les quelque 4 000 hommes de la 7e division d’infanterie transportés par taxi, les 6, 7 et 8 septembre, pour renforcer les troupes de la VIe armée vers Silly-le-Long et Nanteuil-le-Haudouin ne sont donc qu’un apport tout à fait limité à une armée composée d’environ 150 000 hommes. L’épisode est militairement insignifiant. La mobilisation de véhicules civils était par ailleurs prévue depuis le début de la guerre et les compagnies de taxis sont payées pour cette course particulière. Dès le moment même, l’épisode est utilisé pour valoriser l’ingéniosité du général Gallieni ou le sursaut d’une société en guerre.

4. Les combats à la baïonnette marquent la guerre des tranchées

La baïonnette est en vérité d’un usage rare dans les combats, même si elle équipe les soldats de différentes armées. Les deux tiers des pertes sont en fait causées par l’artillerie. Les combats rapprochés sont assez limités dans l’expérience de guerre des soldats qui, pour l’essentiel, ne voient pas leurs adversaires. Lorsque des assauts ou des patrouilles mettent cependant en contact, ou rapprochent, les combattants d’armées adverses, chacun préfère utiliser des armes de distance, plus protectrices, comme les grenades, les pistolets ou les lance-flammes.

Les grandes évocations du combat à la baïonnette que l’on trouve abondamment dans les publications de l’arrière reproduisent une représentation traditionnelle de la guerre d’avant 1914, et participent d’une héroïsation des soldats qui ne correspond pas à l’ordinaire de la guerre. Comme l’écrit l’ancien sous-lieutenant Raymond Jubert dans Verdun : mars-avril-mai 1916 (Presses universitaires de Nancy, 1989), le fantassin « meurt sans gloire, sans un élan du coeur, au fond d’un trou ».

Un bataillon britannique pendant la première guerre mondiale.

5. L’alcool a joué un rôle essentiel pour faire tenir les soldats

L’abondante consommation d’alcool est courante avant 1914. Dans les tensions et les violences de la guerre des tranchées, elle sert à l’évidence à apaiser ou à oublier. Ivresse et beuveries ne sont pas rares. Les soldats sont souvent à la recherche de rations supplémentaires : comme l’écrit en 1915 Jules Isaac, « la chasse au pinard est depuis le début de la guerre la principale occupation du poilu », dans Jules Isaac : un historien dans la Grande Guerre. Lettres et Carnets 1914-1917 (Armand Colin, 2004). Pour autant, il est d’un simplisme consternant de penser que c’est l’ivresse qui fait combattre les soldats dans les terribles circonstances de 1914-1918. Leurs motivations sont multiples et variables selon les pays et les périodes. Pour certains, notamment les intellectuels, la guerre comporte une dimension idéologique affirmée (la grandeur et la défense de la patrie) ; pour beaucoup, il s’agit surtout d’un sens du devoir assez général, sans motivation particulière. La camaraderie des tranchées, la fidélité aux morts tient aussi une large place pour comprendre les comportements des soldats. Les contraintes disciplinaires qui s’exercent sur la troupe ne sont pas négligeables.

6. En 1914-1918, on a fusillé les soldats en masse

Toutes les armées en campagne disposaient d’une justice militaire, et toutes, sauf celle d’Australie, ont prononcé des peines de mort suivies d’exécutions. La sévérité a marqué nombre de ces condamnations, car les conseils de guerre se déterminaient aussi en fonction d’enjeux disciplinaires, comme la volonté de faire des exemples pour la troupe. Mais elle frappe inégalement selon les cultures nationales et les traditions militaires. Dans l’armée française, c’est au début de la guerre que la justice militaire fait le plus fusiller, dans un contexte où le pouvoir civil est très en retrait. Cependant, les procédures deviennent mieux contrôlées au cours du conflit, et l’on ne peut donc pas dire que les armées fusillaient à tour de bras, d’autant que la troupe n’appréciait guère de voir les exécutions de camarades. Au total, on compte un peu plus de 600 fusillés dans l’armée française, 330 dans l’armée britannique (pour des crimes et délits militaires), et 750 dans l’armée italienne (chiffre important par rapport au nombre de mobilisés). Il faut aussi prendre en considération des exécutions sommaires, sur-le-champ, sans passage devant un conseil de guerre. Leur nombre est difficile à évaluer.

7. La guerre s’est jouée à Verdun en 1916

Verdun est assurément une immense bataille, qui s’étire de février à décembre 1916 et mobilise plus de 2 millions de soldats français. Elle coûte la vie à environ 300 000 hommes, Allemands comme Français. Pour autant, elle n’est pas la seule d’une ampleur si marquante, ainsi de la bataille de la Somme (1916) ou de celle du Chemin des Dames (1917, avec environ 1 million d’hommes mobilisés). Verdun n’est donc pas « incomparable », comme l’ont fait croire de nombreux récits mythiques. Surtout, l’affrontement n’était pas d’emblée envisagé comme décisif par l’état-major allemand qui l’a lancé. Plus encore, après des mois de combats dans des conditions très difficiles, les lignes se fixent presque sur leur point de départ. A l’échelle du déroulement d’ensemble de la guerre, la bataille n’a pas eu de conséquences fondamentales. Elle s’inscrit parmi toutes ces batailles que les états-majors lancent depuis 1915 pour tenter de sortir de la guerre des tranchées, peu considérée par la théorie militaire, et retrouver une guerre de mouvement. Sans succès avant 1918.

8. Les généraux français ont sacrifié les minorités régionales

C’est un raisonnement qui a été tenu par certains mouvements régionalistes et identitaires, en particulier en Bretagne et en Corse. A vrai dire, c’est mal poser le problème. Les généraux, en 1914-1918, ne sont pas préoccupés par la composition régionale de leurs troupes en priorité, d’autant que très vite, devant l’ampleur des pertes, les régiments perdent cette caractéristique. Ils disposent leurs troupes comme ils le peuvent, selon les enjeux militaires. Globalement, les travaux et les calculs montrent qu’aucune région n’a été particulièrement « sacrifiée ». Les taux de pertes varient en fait selon la composition démographique et sociale des départements : on sait par exemple que les paysans sont largement mobilisés dans les unités combattantes, donc les régions rurales risquent plus de pertes. Mais il y a aussi des variations régionales et locales plus fines. En revanche, les soldats des colonies étaient considérés selon les logiques raciales et de domination coloniales de l’époque, soit avec peu d’égards, tant par les Français que par les Allemands en Afrique. Il arrivait que, devant les conseils de guerre, des soldats jugés arriérés, parlant mal français ou bien issus des marges du Royaume-Uni (comme les Irlandais) subissent un traitement plus dur.

9. En 1918, la révolution a empêché l’armée allemande de gagner

La légende polymorphe du « coup de poignard dans le dos » a été diffusée en particulier par l’état-major allemand, relayée par des polémistes conservateurs et de la droite radicale. A l’automne 1918, la société et l’armée allemandes étaient exsangues, tandis que les alliés bénéficiaient de l’engagement américain. A l’arrière, le ravitaillement faisait défaut et les tensions sociales et politiques se multipliaient. Au front, après l’échec des grandes offensives du printemps, l’armée s’affaiblit progressivement puis se délite. C’est même l’état-major qui a demandé l’armistice avant de prôner la résistance. Il sut avec habileté faire porter la responsabilité au pouvoir civil et parlementaire, dans des circonstances délicates qui conduisent à l’abdication de Guillaume II et à la proclamation de la République. La droite antirépublicaine bâtit et diffuse avec succès un double mythe : celui d’une armée qui rentre victorieuse (et qui reçoit un accueil triomphal) et qui a été poignardée dans le dos par la subversion à l’arrière. La République de Weimar doit supporter le lourd fardeau de ces accusations fausses.

10. La guerre a émancipé les femmes

La question fait encore débattre les historiens. Assurément, pendant la guerre, les femmes ont accompli des tâches auparavant largement masculines, assurément, elles ont obtenu des droits politiques plus importants dans un certain nombre de pays (comme l’Angleterre), assurément encore, certaines modes, comme celle de la « garçonne », évoquent une émancipation des codes féminins traditionnels. Mais, en réalité, le travail féminin était déjà en croissance avant 1914 et, dès la guerre finie, de nombreuses femmes retournent à leurs tâches antérieures. La féminisation du travail est limitée et dépend des secteurs. Par ailleurs, de nombreux droits leur sont refusés (en France, le droit de vote ne date que de 1945, il y a peu d’acquis aussi en matière de droit civil) et, surtout, les formes d’émancipation des rôles traditionnels sont souvent très restreintes socialement et quantitativement. Des travaux récents mettent l’accent sur cette période comme temps de transition amorçant les évolutions à venir.

Obama a décidé de frapper mais veut le feu vert du Congrès

Source: Belga© ap.

Barack Obama a déclaré samedi qu’il avait pris la décision de principe de frappes contre le régime syrien mais qu’il demandera au Congrès de donner son feu vert à une telle opération, éloignant la perspective d’une intervention américaine à court terme.

« J’ai décidé que les Etats-Unis devraient agir militairement contre des cibles du régime syrien » pour le punir d’avoir utilisé ses armes chimiques contre des civils, et le pays est « prêt à frapper quand nous le choisirons », a affirmé le président américain dans une intervention solennelle depuis la Maison Blanche.

Mais « je vais demander l’autorisation des représentants des Américains au Congrès pour un usage de la force », a ajouté M. Obama, en exhortant les élus à soutenir cette demande au nom de la « sécurité nationale » des Etats-Unis.

Le Congrès est en vacances jusqu’au 9 septembre, ce qui éloigne la perspective d’une action militaire américaine imminente contre le régime de Bachar al-Assad.

M. Obama a semblé indiquer que le Congrès ne serait pas rappelé en session extraordinaire, expliquant qu’il s’était entretenu avec les chefs de file parlementaires et que ces derniers étaient « d’accord pour mettre un débat et un vote à l’ordre du jour dès que le Congrès aura recommencé à siéger ».

AFP Publié le jeudi 29 août 2013 à 19h54 – Mis à jour le jeudi 29 août 2013 à 21h20

International Le vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a déploré la récente escalade de violences et de menaces à l’est de la République démocratique du Congo.

 

 

 

 

L’ONU a des « informations crédibles et cohérentes » sur un soutien de l’armée rwandaise aux rebelles du M23 dans les combats en République démocratique du Congo, ont déclaré jeudi des diplomates.

Ces troupes rwandaises se sont infiltrées en RDC « pendant ces derniers jours », ce qui a conduit le secrétaire général Ban Ki-moon à contacter le président rwandais Paul Kagamé pour l’inciter à la retenue, selon ces diplomates citant un compte-rendu d’un responsable de l’ONU.

Ce responsable, Edmond Mulet, sous-secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, s’adressait au Conseil de sécurité lors de consultations à huis clos sur la situation en RDC.

Toujours selon les diplomates, il a indiqué au Conseil que la Monusco (Mission de l’ONU) avait « constaté des tirs d’artillerie du M23 » sur le Rwanda, alors que Kigali accuse les forces de Kinshasa d’avoir tiré sur son territoire.

M. Mulet a indiqué par contre que la Monusco n’avait pas constaté de tirs sur le Rwanda de la part des forces gouvernementales congolaises (FARDC). Les tirs d’artillerie venaient « de zones où les FARDC ne sont pas présentes », a-t-il expliqué.

A l’issue de ses consultations, le Conseil a publié une déclaration « condamnant en termes les plus fermes les attaques répétées et ciblées du M23 contre les civils et la Monusco », dont un Casque bleu a été tué mercredi et plusieurs autres blessés. La déclaration unanime des 15 pays membres réclame le désarmement et le démantèlement des groupes armés dont le M23. Elle qualifie les attaques contre les Casques bleus de « crime en droit international ».

Reynders condamne

Le vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a déploré la récente escalade de violences et de menaces à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), qui s’est notamment soldée mercredi par la mort d’un Casque bleu tanzanien. M. Reynders a, dans un communiqué, « fermement condamné » la reprise des combats par la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23).

Le chef de la diplomatie belge ajoute « soutenir pleinement l’action de la Monusco (la Mission des Nations Unies en RDC) et des FARDC (Forces armées de la RDC, l’armée gouvernementale) qui vise à empêcher le M23 de tirer des obus sur la ville densément peuplée de Goma », le chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

M. Reynders a encore appelé tous les signataires de l’accord-cadre d’Addis Abeba et en particulier les voisins de la RDC à respecter leurs engagements et l’intégrité du territoire congolais et à contribuer à la paix et la stabilité dans l’est de la RDC.

Cet accord, signé à Addis Abeba le 24 février dernier, vise à pacifier l’est congolais et prévoit notamment le renforcement de la Monusco par une brigade d’intervention, au mandat offensif, chargée d’éradiquer les groupes armés dans les Kivu.

M. Reynders s’est ainsi dit « choqué » d’apprendre la nouvelle du décès d’un Casque bleu tanzanien appartenant à cette brigade d’intervention – encore en cours de déploiement. « Il a perdu la vie en intervenant pour protéger la population civile de Goma », a-t-il souligné.

Le ministre, qui était encore récemment en RDC, a présenté toutes ses condoléances à la famille du défunt, à ses compagnons de troupe et au peuple tanzanien.

La Syrie, plus grande menace contre la paix mondiale

oure: Belga© reuters.

Le conflit syrien est la plus grande menace actuelle contre la paix mondiale, surtout depuis l’usage présumé d’armes chimiques lors d’une attaque près de Damas, a averti vendredi l’envoyé spécial de la Ligue arabe et de l’ONU, M. Lakhdar Brahimi.

« La Syrie est sans nul doute la plus grande menace pour la paix et la sécurité dans le monde aujourd’hui », a déclaré M. Brahimi dans une interview diffusée vendredi par la chaîne de télévision de l’ONU et dans laquelle il lance un appel aux différentes parties de venir s’asseoir à la table des négociations.

« Les allégations selon lesquelles les armes chimiques ont été utilisées à quelques kilomètres du coeur de Damas soulignent l’importance de cette crise et ses dangers, non seulement pour le peuple syrien mais aussi pour le monde », a-t-il ajouté.

L’opposition syrienne a indiqué que le régime de Damas avait utilisé des armes chimiques lors d’une attaque, qui a tué des centaines de personnes.

M. Brahimi essaye depuis des mois de réunir dans une même conférence de la paix, appelée Genève 2, le régime du président syrien Bachar el-Assad et l’opposition.

« Le problème c’est que chaque partie prenante à cette guerre civile pense gagner sur le plan militaire », alors que l’ONU estime qu’il ne peut pas y avoir de solution militaire, « personne ne va gagner », selon M. Brahimi.

« Il ne peut y avoir qu’une solution politique, et le plus tôt on y travaillera, le mieux ce sera », a-t-il estimé.

Égypte : »Ils falsifient les autorisations d’enterrement pour minimiser les chiffres de la répression »

Photo d’une autorisation d’enterrement sans mention de la cause du décès.
Depuis l’assaut de l’armée contre les sit-in des pro-Morsi, c’est la bataille des chiffres sur le nombre de morts entre les autorités égyptiennes et le mouvement des Frères musulmans. Une polémique que viennent alimenter les familles des victimes qui accusent les autorités sanitaires de trafiquer les documents relatifs au décès de leurs proches afin qu’ils ne soient pas comptabilisés parmi les victimes de la répression.
Selon le dernier bilan du ministère de la Santé, au moins 623 personnes ont été tuées le 14 août. Des chiffres contestés par le mouvement islamiste qui parle lui de 2200 morts et de plus de 10 000 blessés. La plupart des cadavres sont toujours entassés dans la Mosquée Eman du Caire. Les familles attendent que des autorisations d’enterrement leurs soient délivrées pour qu’elles puissent procéder aux funérailles. Ces documents sont pour l’instant délivrés au compte goutte.
En outre, sur les réseaux sociaux, des témoignages circulent selon lesquels les autorités falsifieraient ces certificats, omettant la cause de la mort, pour que les cadavres de soient pas comptabilisés dans les chiffres de la répression. Des allégations appuyées par des photos disponibles sur le Net.
Voici comment devrait être rempli une autorisation d’enterrement. Le document indique la cause la mort « par balle ».
Ce certificat en revanche ne mentionne pas la cause de la mort.
Photo postée sur Facebook.
Or il existe une vidéo de l’enterrement de l’homme mentionné sur l’autorisation d’enterrement ci-dessus, Adbelrahmane Eldeeb. Et plusieurs témoins qui affirment qu’il a bien été tué lors de l’assaut du 14 août.
Photo du cadavre d’Abdelrahmane Eldeeb.
Selon l’un de nos Observateurs au Caire, qui assiste les familles de victimes, il s’agit d’une démarche délibérée de la part des autorités pour sous-estimer le nombre de victimes tombées le 14 août.

« Ils falsifient les autorisations d’enterrement pour minimiser les chiffres de la répression »

Khaled el Gammel est membre du centre égyptien des droits économiques et sociaux.

Pour enterrer leurs morts, les familles des victimes ont besoin d’autorisations d’enterrement. Or, j’ai vu des autorisations où la cause du décès n’était pas mentionnée, ce qui est illégal ! Les familles n’ont ensuite aucune preuve que leur proche est mort suite à la répression du sit-in. Car selon ces certificats, il pourrait s’agir d’une mort naturelle.
Beaucoup de familles affirment également qu’on les a obligés à signer sur des certificats de décès [document signé par un médecin et que la famille doit également signer, contrairement à l’autorisation d’enterrement] qui attestaient que la victime était morte par accident, ou avait commis un suicide [information qui n’a pas pu être vérifiée]. Notre centre a donc proposé de mettre à disposition ses membres pour accompagner les familles dans les hôpitaux, afin qu’ils aient un témoin de cette fraude.
De plus, je suis allé hier [15 août] au bureau de la santé qui signe et tamponne ces autorisations, mais il était fermé ! Il n’y avait pas de médecin. Si aucun certificat n’a été validé hier comment le ministère peut-il alors donner un bilan des morts ?
L’autre problème c’est que tous les morts sont dirigés vers la morgue de Zeinhom [la seule au Caire habilitée à délivrer le certificat de mort par balles]. Mais une seule ne peut pas accueillir autant de victimes en si peu de temps, du coup les cadavres s’entassent. Je ne sais pas si c’est délibéré de la part des autorités, mais cela empêche d’établir un décompte des morts.
Cadavres entassés dans la mosquée Eman, photos envoyées par l’un de nos Observateurs.

Une chose est sûre : le chiffre donné par le ministère ne correspond pas à la réalité du nombre de victimes. Le problème c’est que les Frères musulmans de leur côté sortent des chiffres qui ne sont pas non plus vérifiables. Et les familles de victimes ne veulent pas collaborer avec nous, car elles n’ont confiance qu’en les avocats de Frères musulmans. Elles ne comprennent pas qu’il est important de collaborer avec des organisations de la société civile pour crédibiliser leurs cas.
source:france24.com

 

Au moins 24 policiers tués dans une attaque au Sinaï

Source: Belga© photo news.

Au moins 24 policiers égyptiens ont été tués lundi et deux autres blessés lors d’une attaque à la roquette contre deux minibus qui les transportaient dans le Sinaï, ont annoncé des sources médicales et de sécurité.

Les assaillants, soupçonnés d’appartenir à la mouvance radicale islamiste, ont attaqué le convoi alors qu’il se dirigeait vers la ville de Rafah, où se trouve le point de passage vers la bande de Gaza, selon ces sources.

D’autres sources font état de 25 morts dans les rangs des policiers.

Le point de passage de Rafah, dans la péninsule du Sinaï, permet à des centaines de travailleurs palestiniens dans les deux sens.

173 morts en 24h en Egypte: la photo qui choque le web

Source: Belga© Twitter.

Au moins 173 personnes ont été tuées dans toute l’Égypte depuis vendredi dans les heurts entre manifestants partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi et forces de l’ordre qui avaient reçu l’autorisation d’ouvrir le feu, a annoncé samedi le gouvernement. Parmi les victimes, figure le fils de Mohamed Badie, guide suprême des Frères musulmans, tué par balles vendredi au Caire.

Pendant ce temps, une photographie prise par un photographe egyptien fait le tour du web. On y voit des vacanciers, principalement égyptiens, se baigner dans les eaux de la plage de Marsa Matruh (ouest du Caire), alors que la ville est en feu en arrière-plan.

95 victimes au Caire
Détaillant le bilan, Chérif Chawki, porte-parole du bureau du Premier ministre, a indiqué que 95 personnes avaient notamment péri au Caire et 25 autres à Alexandrie (nord), la deuxième ville du pays.

Ce bilan, a-t-il précisé, inclut les décès recensés depuis vendredi après-midi et jusqu’à samedi à 10H00 du matin (08H00 GMT).

Les heurts qui ont éclaté au cours du « vendredi de la colère », une journée de manifestation décrétée par les Frères musulmans, la confrérie de M. Morsi, ont en outre fait 1.330 blessés, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, 57 policiers ont été tués depuis trois jours, a-t-il déclaré sans préciser s’ils venaient ou non s’ajouter au 173 morts.

Vendredi, à l’issue de la prière de la mi-journée, des cortèges de partisans du président déchu étaient partis de nombreuses mosquées du pays, défiant une nouvelle fois les forces de l’ordre désormais autorisées à ouvrir le feu sur les manifestants hostiles.

Ils protestaient contre le « massacre » mercredi de près de 600 personnes, essentiellement dans la dispersion sanglante au Caire de partisans de M. Morsi, destitué et arrêté par l’armée début juillet.

Les Frères musulmans ont appelé à de nouvelles manifestations quotidiennes durant une semaine à compter de samedi.

L’Arabie saoudite envoie trois hôpitaux mobiles en Egypte

Source: Belga© ap.

Le roi Abdallah d’Arabie saoudite, qui soutient le pouvoir en place en Egypte, a ordonné samedi l’envoi de trois hôpitaux mobiles dans le pays.

© afp.
© ap.

Avec cette aide, l’Arabie saoudite entend « aider et soutenir le peuple frère de l’Egypte, et alléger la pression sur les hôpitaux là-bas », selon un responsable saoudien cité par l’agence officielle SPA.

Des techniciens et des médecins seront également envoyé sur place, a ajouté ce responsable.

Vendredi, le roi Abdallah avait proclamé son ferme appui au pouvoir égyptien « face au terrorisme », alors que les affrontements sanglants entre forces de l’ordre et militants pro-Morsi ont fait des centaines de morts, essentiellement des partisans du président islamiste déchu.

Depuis la destitution et l’arrestation de M. Morsi par l’armée le 3 juillet, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Koweït ont promis une aide totale de 12 milliards de dollars à l’Egypte, qui s’enfonce dans une crise économique dévastatrice.

Quatorze morts par des obus de mortier en Syrie

Publié: 16 août 2013 par t66000 dans Actualités, Monde
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Quatorze morts par des obus de mortier en Syrie

16/08/13 – 11h52  Source: AFP(illustration) © ap.

Au moins 14 civils, dont quatre enfants, ont été tués par des obus de mortier tirés par l’armée syrienne sur la localité de Mleha, au sud-est de Damas, rapporte vendredi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Les troupes du président Bachar al-Assad, qui tentent depuis des mois d’écraser la rébellion dans les banlieues et les quartiers périphériques de la capitale, ont bombardé cette localité jeudi soir, tuant quatre enfants de moins de 16 ans, une femme et neuf hommes.

L’armée a bombardé vendredi à l’aube également les localités rebelles de Mouadamiya al-Cham (sud-ouest), Yabroud et Rankous (nord), où des combats ont également éclaté. La violence est quotidienne dans la région de Damas où les rebelles sont solidement implantés malgré les tentatives de les déloger depuis des mois.

Egypte: violents affrontements entre pro et anti Morsi au Caire

L’Expresse

Au moins 82 personnes ont été blessées vendredi lors d’affrontements sur la place Abdel Moneim Riad, au Caire, entre opposants et partisans du président islamiste Mohamed Morsi. Ces affrontements ont éclaté quand des manifestants anti-Morsi se sont dirigés vers la Cour suprême où des milliers de Frères musulmans (dont est issu Mohammed Morsi) s’étaient rassemblés aux cris de « Le peuple veut l’assainissement de la justice ».

DES MANIFESTATIONS EN FAVEUR D’UNE « PURGE DE LA JUSTICE »

Le Sénat, dominé par les islamistes, s’apprête à discuter des amendements à la loi de réforme judiciaire, prévoyant notamment de ramener l’âge de la retraite des juges de 70 à 60 ans (certains y voient une manœuvre pour se débarrasser de magistrats hostiles). « Nous sommes venus réclamer une purge au sein de la justice, des hommes de main sont venus de Tahrir et nous ont attaqués », a affirmé à l’AFP Mohamed Moheï, un manifestant islamiste. Rana, une manifestante de l’opposition a accusé la police de « protéger » les islamistes.

Depuis le pont du 6 octobre qui surplombe la place Abdel Moneim Riad (proche de l’emblématique place Tahrir) des islamistes ont jeté des pierres sur les manifestants de l’opposition, tandis que des hommes portant des masques noirs, appartenant au mouvement des « Black Bloc », balançaient des cocktails Molotov. De leur côté, des manifestants au pied du pont ont tiré sur des Frères musulmans. La police n’est intervenue qu’une heure après le début des affrontements.

UN PAYS INSTABLE CONFRONTÉ À UNE CHUTE DU TOURISME ET DES INVESTISSEMENTS

Au même moment, à Alexandrie, des jets de pierres, lors d’affrontements entre islamistes et manifestants de l’opposition, ont fait au moins une douzaine de blessés, selon des témoins. Dans un communiqué, le premier ministre, Hicham Qandil, a dénoncé :  « la poursuite des manifestations accompagnées de violences nuit à la sécurité et à l’économie du pays et entrave les plans de réformes ». Le ministère de l’Intérieur a appelé « tous les courants politiques à aider les forces de l’ordre à accomplir leur mission de sécurisation des manifestants pour éviter que les affrontements ne se soldent par des victimes ».

Alors que des affrontements sporadiques se poursuivaient en soirée, notamment entre police et manifestants anti-Morsi, le chef des services de secours, Mohammad Sultan, a affirmé que les heurts au Caire avaient fait 82 blessés. La police a procédé à l’arrestation de 19 militants anti-Morsi, dont trois sont soupçonnés d’avoir incendié un bus affrété par les Frères Musulmans et transportant des manifestants islamistes, selon le ministère de l’Intérieur.

Ces violents affrontements entre Frères musulmans et opposition éclatent sporadiquement dans un pays qui a basculé dans l’instabilité depuis la révolte populaire de début 2011, ayant provoqué la chute de l’ex-président Moubarak. L’Égypte est aussi confrontée à une baisse des revenus du tourisme et à un effondrement des investissements étrangers, qui contribuaient autrefois fortement à la croissance économique.