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La Lettonie passe à l’euro sans enthousiasme

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La Lettonie, élève modèle de l’Union européenne avec des taux de croissance à faire pâlir ses voisins, s’apprête à adopter l’euro le 1er janvier, imperturbable face à une opinion publique réticente.

Ce pays balte de 2 millions d’habitants deviendra le 18e membre de la zone euro et le 4e pays ex-communiste de l’Europe centrale et orientale à adopter la monnaie commune après la Slovénie en 2007, la Slovaquie en 2009 et l’Estonie en 2011. La Lituanie voisine devrait suivre le mouvement en 2015, les trois pays baltes -trois anciennes républiques soviétiques- seront alors tous dans l’euro.

Avec une hausse annuelle de son PIB de plus de 5% en 2011 et 2012, la Lettonie, membre de l’UE depuis 2004, caracole en tête du bloc des 28 et devrait continuer en 2013 avec une croissance de plus de 4%. Mais elle a payé le prix fort pour redresser ses finances et se plier aux critères de Maastricht, avec une cure d’austérité drastique pour s’extirper de la plus profonde récession au monde, ayant entrainé une chute de son PIB de près d’un quart en 2008-2009.

Un Letton sur cinq soutient le passage à l’euro
Aujourd’hui, le Premier ministre Valdis Dombrovskis fait valoir que l’adhésion à l’euro aidera l’économie lettone en facilitant les échanges et en renforçant la confiance des investisseurs. Mais il peine à convaincre ses compatriotes qui redoutent que l’abandon de leur devise nationale, le lats, ne provoque une flambée des prix. Seulement 20% des Lettons soutiennent le passage à l’euro et 58% y sont opposés, selon les sondages.

Passage en douceur?
Le ministre letton des Finances, Andris Vilks, assure que le passage à l’euro va se faire en douceur. « Je ne pense pas qu’il y aura des problèmes importants. Nous avons beaucoup appris de l’exemple de l’Estonie où les prix n’ont augmenté que de 0,2% ou 0,3% », lors de l’adoption de l’euro en 2011, a-t-il déclaré récemment à la télévision.

Mais les prestataires de services sociaux ne se montrent pas aussi confiants. « Notre département des finances est préparé. Je pense qu’il faudra trois ou quatre mois pour mesurer l’impact, mais nous avons des plans pour aider les gens -en particulier les personnes âgées- s’il y a des problèmes », dit à l’AFP Diana Indzere, chef des services sociaux dans la petite ville de Sigulda, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Riga.

Leonara Timofejeva, 56 ans, qui habite avec son fils de 25 ans près du village de Krivi au nord de Riga, fait partie de ceux qui estiment que l’euro ne va pas rendre la vie plus facile. « Tout le monde s’attend à ce que les prix augmentent en janvier », dit-elle à l’AFP. Elle avoue ne pas s’habituer à l’affichage des prix en euros et en lats, obligatoire depuis octobre. « Je pense aux prix en lats, alors quand je vois le prix du lait en euros, ça me semble cher », dit-elle, sachant qu’un euro s’échange pour 0,7 lats.

Leonora assure l’entretien des tombes du petit cimetière local et gagne le salaire minimum (284 euros par mois). Son fils, Arkadijs, vit de petits boulots. Pour lui, l’adoption de l’euro n’est qu’un exemple de plus des changements subis par la Lettonie depuis l’effondrement du bloc soviétique en 1991. « Depuis que je suis né, ce sera la quatrième fois que nous changeons de devise (le rouble soviétique, le rouble letton, le lats et l’euro). J’espère que l’euro va durer, mais qui sait, peut-être qu’il va falloir à nouveau en changer un jour », commente-t-il.

Leur voisine, Anita Dabola, 62 ans, qui habite avec sa famille dans une petite maison de bois, est plus positive. « Tout ce qui peut nous rapprocher de l’Ouest est une bonne chose », dit-elle, faisant allusion au grand voisin russe. « Les pays baltes se souviennent qu’ils étaient occupés par l’Union Soviétique il y a à peine plus de 20 ans, donc tout ce qui peut les éloigner de cela est perçu comme un énorme avantage. Ils font tout ce qu’ils peuvent pour se rapprocher du coeur de l’Union européenne, afin d’éviter toute répétition de l’histoire », explique à l’AFP Witold Orlowski, analyste de PricewaterhouseCoopers.

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Le Parlement européen lève l’immunité de Marine Le Pen

Source: AFP© afp.

Le Parlement européen a voté mardi à une large majorité la levée de l’immunité de Marine Le Pen, poursuivie en France pour incitation à la haine.

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La présidente du Front national est accusée d’avoir assimilé les prières de rue des Musulmans à l’occupation nazie pendant la seconde guerre mondiale. Elle ne renie pas ses propos, prononcés initialement à Lyon en décembre 2010, et dénonce un procès à caractère politique.

Avec son vote, le Parlement européen « ne prend pas position sur le fond », mais seulement sur « l’existence d’éléments suffisants pour rejeter ou accorder la demande d’immunité », a souligné l’eurodéputée suédoise, Cecilia Wikström, qui était chargée du dossier. « Il revient maintenant à la justice française de décider ».

Dans un communiqué, l’eurodéputé socialiste belge Marc Tarabella a salué la levée de l’immunité. « Tenir des propos racistes est indigne, particulièrement quand ils proviennent de la bouche d’un représentant politique européen sensé défendre tous ses concitoyens, quelles que soient leurs origines, leurs croyances ou leur couleur de peau », a-t-il fait valoir.

Ce n’est pas la première fois que les dirigeants du FN français perdent leur immunité européenne. Avant Marine Le Pen, Bruno Gollnisch en a été privé à deux reprises. Jean-Marie Le Pen avait lui aussi perdu son immunité après avoir déclaré que les chambres à gaz étaient un détail de l’Histoire.

La Croatie célèbre son entrée dans l’Union européenne

Source: Belga© belga.

Des feux d’artifice ont éclairé le ciel de Zagreb alors que des dizaines de milliers de Croates à travers le pays acclamaient lundi à 00H00 locales (même heure belge) l’adhésion à l’Union européenne de leur pays, 22 ans après la proclamation de son indépendance de l’ex-Yougoslavie.

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« Bienvenue dans l’Union européenne », a lancé le président de la Commission européenne José Manuel Barroso à la foule rassemblée à Zagreb, peu avant que « L’ode à la joie » de Beethoven – hymne de l’UE -, ne consacre l’intégration de la Croatie comme 28e membre du bloc européen. « C’est une nuit historique. Vous avez fait revenir la Croatie à sa juste place au coeur de l’Europe », a-t-il lancé.

Dans son discours, le président croate Ivo Josipovic a invité ses compatriotes à l’optimisme. « Ne laissons pas le nuage de la crise économique assombrir notre optimisme. La crise est un défi, une invitation à faire demain un jour meilleur qu’aujourd’hui », a-t-il dit.

Sur les trois scènes édifiées sur la place centrale de Zagreb, plus de 700 artistes, chanteurs, musiciens et danseurs se sont produits devant la foule enchantée. Des festivités similaires se sont déroulées dans les villes de Split et Dubrovnik, de même qu’à Varazdin et Riejka.

A minuit, le panneau de signalisation frappé de l’inscription « douane » a été symboliquement retiré du passage frontalier avec la Slovénie, la seule ex-république yougoslave qui ait rejoint à ce jour l’UE (2004) depuis le démantèlement de l’ancienne fédération communiste. Dans le même temps un panneau portant le sigle de l’UE a été installé à la frontière avec la Serbie, pays à qui Bruxelles à donné vendredi son feu vert pour l’ouverture de négociations d’adhésion.

Les présidents de tous les pays des Balkans étaient au rendez-vous à Zagreb. Une centaine de responsables internationaux – dont le président du Conseil européen Herman Van Rompuy – ont assisté à la fête de l’adhésion. En dehors des dirigeants européens, aucune personnalité internationale n’a annoncé sa participation. L’absence de la chancelière allemande Angela Merkel fait quant à elle l’objet de conjectures dans la presse locale.

Car malgré les démentis de Berlin, la presse croate assure que l’absence de Mme Merkel est liée au refus de Zagreb d’extrader un ancien chef du renseignement yougoslave recherché par la justice allemande, en lien avec le meurtre d’un dissident croate sur le territoire allemand en 1983. La Croatie est le premier État à rejoindre l’UE depuis l’adhésion, en 2007, de la Roumanie et de la Bulgarie.

La Croatie est en récession depuis 2009 et le chômage touche 20% des quelque 4,2 millions d’habitants. Le gouvernement de centre gauche espère que l’adhésion à l’UE encouragera les investissements étrangers dont le pays a grandement besoin pour relancer son économie en perte de vitesse. En Croatie, le PIB est de 39% en dessous de la moyenne européenne, seules la Roumanie et la Bulgarie se plaçant derrière Zagreb, selon l’office des statistiques de l’UE.

« 300.000 chômeurs, que vont-ils fêter? Est-ce que l’UE a une baguette magique pour faire disparaître tous les problèmes? « , s’interroge un internaute sur la page officielle du gouvernement croate sur le réseau social Facebook. Mais, Nik Kolveshi, un étudiant en économie, est radieux. « Beaucoup d’opportunités vont s’ouvrir devant nous maintenant que nous avons officiellement retrouvé notre famille européenne », dit-il agitant un petit drapeau de l’UE.

Avec le feu vert à la Serbie pour l’ouverture des négociations d’adhésion et celui accordé au Kosovo pour la conclusion d’un accord de stabilisation et d’association, première étape d’une longue marche vers l’UE, la poursuite du processus d’élargissement dans les Balkans semble assurée. Mais à Bruxelles, les analystes font valoir que ce processus risque d’être plus long et mené avec davantage de prudence que les précédents.

AFP

Mis en ligne le 17/06/2013

Washington et Moscou ont singulièrement durci le ton au cours des derniers jours.

Les pays occidentaux du G8, Etats-Unis en tête, vont tenter lundi d’arracher des concessions sur la Syrie au président russe Vladimir Poutine, plus offensif que jamais dans son soutien au régime de Damas, tandis que la guerre ne connaît aucune trêve sur le terrain. « Ne soyons pas dupes. Ceci est un G7 plus un. A moins qu’il (Poutine) ne change radicalement de position, nous n’aurons pas de position commune avec lui au G8 », a déclaré dimanche soir le Premier ministre canadien Stephen Harper, à la veille de l’ouverture du sommet à Lough Erne, en Irlande du Nord.

M. Harper a ensuite accusé Vladimir Poutine de soutenir « un régime de brutes », donnant le ton des discussions à venir. Le président russe, lui, était arrivé dimanche à Londres dans un état d’esprit très offensif, mettant en garde les Occidentaux contre toute velléité d’armer les rebelles syriens et les appelant à « ne pas violer les normes » internationales.

M. Poutine rencontrera lundi en fin d’après-midi son homologue américain Barack Obama, arrivé dans la matinée à Belfast. C’est la première fois depuis un an que les deux hommes s’entretiennent en tête à tête. Washington et Moscou ont lancé en mai une initiative pour organiser une conférence de paix réunissant les belligérants syriens, mais celle-ci semble encore très improbable au vu de l’ampleur des divergences.

La Maison Blanche a accusé jeudi Damas d’avoir franchi « une ligne rouge » et d’avoir utilisé des armes chimiques. Et a annoncé qu’elle allait augmenter son soutien à l’opposition syrienne, sans pour autant dire clairement qu’elle allait livrer des armes. M. Poutine devait s’entretenir également avec le président français François Hollande, juste avant l’ouverture du sommet à Lough Erne, un complexe luxueux au bord d’un lac sauvage. M. Hollande devrait présenter à son homologue russe les preuves dont dispose Paris de l’utilisation de gaz sarin par le régime syrien, accusations qui ont laissé Moscou de marbre.

Paris et Londres poussent à la livraison d’armes à l’opposition syrienne et des représentants occidentaux en ont discuté en fin de semaine en Turquie avec Selim Idriss, le chef de l’état-major de l’ASL, l’armée syrienne libre, principale composante de la rébellion. David Cameron, hôte du sommet du G8, s’est dit pour sa part déterminé à « faire davantage pression pour la tenue d’une conférence de paix et la transition nécessaire pour mettre un terme à ce conflit ». « Nous n’avons pas pris de décision concernant la fourniture d’armes à l’opposition syrienne », a-t-il cependant précisé.

Vladimir Poutine avait ironisé dimanche sur les éventuels destinataires de ces armes, « des personnes qui non seulement tuent leurs ennemis mais dévorent aussi leurs organes en public et devant les caméras ». Sur le terrain, la guerre ne connaît pas de répit. Lundi, l’aviation militaire a bombardé plusieurs secteurs à Damas et sa banlieue où sont retranchés des rebelles, les forces gouvernementales intensifiant ces derniers jours leurs attaques pour les en déloger.

La veille, dix soldats avaient été tués dans un attentat à la voiture piégée près du plus important aéroport militaire de Syrie, à la périphérie ouest de Damas, selon une ONG syrienne. La guerre en Syrie a fait plus de 93.000 morts depuis mars 2011, selon l’ONU.

Syrie: l’UE ne peut financer une aide pour les réfugiés

Source: BelgaJanusz Lewandowski © reuters.L’Union européenne n’est plus en mesure de soutenir financièrement les réfugiés syriens car son budget est à court, a déploré mercredi le commissaire au Budget Janusz Lewandowski.

« Les Nations unies ont lancé un appel pour mobiliser trois milliards de dollars (bien dollars) et l’Union européenne ne sera pas en mesure de répondre » à la hauteur de ce qu’on attend d’elle, a-t-il expliqué au cours d’un point de presse.

Selon M. Lewandowski, l’ONU va lancer dans quelques jours un appel de fonds d’un montant de quelque 3 milliards de dollars pour faire face aux besoins des réfugiés syriens dont le nombre est croissant.

« Nous avons une réunion demain matin (jeudi) à la Commission et nous allons voir ce que nous pouvons réunir, mais ce sera très en dessous de ce que les Nations unies attendent », a-t-il dit. L’UE et ses membres sont les plus importants contributeurs pour les actions des Nations unies.

Plus d’un million de Syriens ont fui les combats dans leur pays et ont trouvé refuge dans les pays voisins, selon le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations unies (HCR).

Quelque 473.000 réfugiés syriens vivent désormais en Jordanie, 470.000 au Liban, 347.000 en Turquie, 147.000 en Irak, 67.000 en Egypte et environ 10.000 dans les pays d’Afrique du Nord, selon le HCR.

Le budget européen 2013 ne sera pas non plus en mesure de répondre à la demande du président français François Hollande d’avancer dès 2013 les fonds prévus dans le cadre de l’initiative pour les jeunes et l’emploi, dotée de 6 milliards d’euros sur la période 2014-2020, a mis en garde M. Lewandowski.

Pour les mêmes raisons, « l’Allemagne, l’Autriche et la République Tchèque devront attendre 2014 » pour obtenir des financements du fonds de solidarité pour les aider à réparer les dommages provoqués par les crues, a-t-il expliqué.

 

L’Europe donne son feu vert à l’entrée de la Lettonie

Source: Belga© afp.

La Commission européenne a donné son feu vert mercredi à la Lettonie pour rejoindre la zone euro à compter du 1er janvier, estimant que le pays a fait les efforts nécessaires pour sortir de la crise dans laquelle il était plongé en 2008-2009.

© reuters.
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L’exécutif européen a publié mercredi son rapport de convergence sur la Lettonie qui va être remis au Parlement européen et aux ministres des Finances de la zone euro. Ces derniers prendront la décision formelle sur l’adhésion de Riga à l’euro au cours d’une réunion prévue début juillet.

Mise en garde de la BCE
La Banque centrale européenne (BCE) a mis en garde la Lettonie, candidate à l’euro en janvier 2014, sur des risques inflationnistes, dans son rapport de convergence publié mercredi.

« Il y a des inquiétudes concernant le caractère durable de la convergence de la Lettonie en matière d’inflation », écrit l’institution monétaire de Francfort dans ce rapport. Certes, le pays a rempli le critère d’adhésion de Maastricht dans ce domaine, avec une inflation moyenne de 1,3% entre mai 2012 et avril 2013, soit bien en dessous de la valeur de référence de 2,7% sur cette période.

« Mais au cours des dix dernières années, l’inflation en Lettonie a été très volatile, allant de -1,2% à 15,3% », souligne la BCE qui estime qu’il sera difficile pour Riga de maintenir des taux d’inflation bas à moyen terme. Concernant les critères de convergence budgétaire, Riga, qui
s’était vu enjoindre par le Conseil européen de réduire son déficit budgétaire excessif, l’a ramené à 1,2% du Produit intérieur brut (PIB) en 2012, conformément aux exigences du Pacte de stabilité qui fixe la limite à 3% du PIB. Pour ce qui est de la dette, Riga est aussi dans les clous puisqu’elle s’élevait en 2012 à 40,7% du PIB, inférieure au taux maximum fixé de 60%.

Le rapport de la BCE, qui malgré ses mises en garde estime que la Lettonie a la capacité d’intégrer la zone euro, va être remis au Parlement européen et aux ministres des Finances de la zone euro. Ces derniers doivent prendre une décision sur son adhésion le 9 juillet. En cas d’accord, la Lettonie deviendra le 18e membre de l’Union monétaire à compter du 1er janvier 2014.

L’Estonie, un autre pays balte, est le dernier Etat à avoir rejoint l’euro, en janvier 2012. La Lettonie, qui a rejoint l’Union européenne en 2004, a été lourdement frappée par la crise. Son PIB s’est contracté de près de 25% en 2008 et 2009. Mais l’an dernier, elle l’a vu croître de 5,6%, soit la meilleure performance au sein de l’UE. En chiffres bruts, le PIB letton a atteint 22 milliards d’euros.

La Belgique et l’UE signent dès le premier jour le traité sur le commerce des armes

Source: Belga© epa.

La Belgique a signé lundi, dès le premier jour de son ouverture à la signature, le nouveau Traité sur le commerce des armes (TCA), tout comme les autres pays de l’Union européenne, lors d’une cérémonie au siège des Nations Unies à New York, a annoncé le Service public fédéral (SPF) Affaires étrangères.

Le ministre des Affaires étrangères argentin, Hector Timerman, a été le premier à signer le texte sous les applaudissements © epa.

Ce traité a été adopté par l’Assemblée générale de l’ONU le 2 avril.

Il a été signé, au nom de la Belgique, par son ambassadrice à l’ONU, Bénédicte Frankinet.

Au total, une soixantaine de pays ont commencé lundi à signer ce premier traité sur le commerce international des armes conventionnelles, mais qui n’entrera en vigueur qu’après cinquante ratifications.

Le ministre des Affaires étrangères argentin, Hector Timerman, a été le premier à signer le texte sous les applaudissements, lors de la cérémonie à New York.

Selon des diplomates, 61 pays devaient parapher le traité lundi, dont les Européens – l’Allemagne par le biais de son ministre des Affaires étrangères, Guido Westerwelle -, et plusieurs pays d’Amérique latine (Costa Rica, Brésil, Mexique, Chili) et d’Afrique.

Les Etats-Unis, principal pourvoyeur d’armes de la planète, devraient signer plus tard tandis que la Russie et la Chine ont réservé leur position.

Le traité, qui était en discussion depuis 2006, est censé moraliser les ventes d’armes conventionnelles, un marché de 80 milliards de dollars par an.

Chaque pays devra évaluer avant toute transaction si les armes vendues risquent d’être utilisées pour contourner un embargo international, violer les droits de l’homme ou être détournées au profit de terroristes ou de criminels.

Le vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a, dans un communiqué, souligne l’importance de ce traité pour la paix et la sécurité internationales.

« Ce qui fut considéré par certains comme irréaliste ou trop ambitieux il y a quelques années, est aujourd’hui devenu réalité. Nous avons pu adopter un traité fort et robuste, contenant des critères essentiels touchant au cœur des valeurs humaines ».

M. Reynders s’est félicité du fait que le traité dispose d’une grande légitimité – trois pays seulement ont voté contre – ce qui devrait inciter une mise en œuvre rapide et correcte et mènera à mieux réglementer et plus responsabiliser le commerce international des armes.

« L’actualité internationale démontre que le monde a plus que jamais besoin de ce traité. La Belgique fera tout son possible pour faciliter l’entrée en vigueur rapide du Traité sur le Commerce des Armes et demande à tous les pays d’y adhérer. Le respect des critères y convenus ne pourra que contribuer à la sécurité de tous nos citoyens », a-t-il ajouté.

L’Assemblée générale de l’ONU avait adopté le traité le 2 avril par 154 voix pour et trois contre (Syrie, Iran et Corée du Nord) mais 23 pays se sont abstenus, parmi lesquels certains des principaux exportateurs (Russie, Chine) ou acheteurs de ces armes (Egypte, Inde, Indonésie).

Il avait fallu deux longues sessions de négociation, en juillet 2012 puis en mars dernier, pour mettre au point ce texte d’une quinzaine de pages. Chaque pays est libre de signer ou non le traité et de le ratifier.

Il entrera en vigueur à partir de la 50ème ratification, ce qui devrait prendre « un peu plus d’an », a estimé lundi le chef de la diplomatie finlandaise, Erkki Tuomioja.

Le désamour turco-européen

Publié: 4 juin 2013 par estellavaras dans Europe
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Gilles Toussaint

Mis en ligne le 04/06/2013

Le mouvement de révolte populaire en Turquie fait écho à ce qui se passe en Turquie et en Egypte.

Alors que les négociations sur l’adhésion de la Turquie patinent depuis de longues années, l’Union européenne (UE) a-t-elle, sans le vouloir, indirectement contribué aux événements qui secouent actuellement ce pays ?

« On ne peut pas utiliser l’Europe comme bouc émissaire« , répond Bichara Khader, professeur émérite à l’UCL et fondateur du Centre d’études et de recherches sur le monde arabe contemporain. Pour autant, enchaîne-t-il, « il est clair que l’UE tourne le dos à la Turquie, à la fois au niveau officiel avec l’opposition de certains Etats à cette adhésion, mais aussi dans le chef des opinions publiques où règne une islamophobie rampante. Le fait que ces négociations d’adhésion traînent en longueur a accru la marge de manœuvre du parti conservateur de Recep Tayyip Erdogan. Si les négociations s’étaient poursuivies au pas de charge, la Turquie aurait été amenée à accepter les critères de Copenhague (qui fixent un ensemble de conditions préalables à l’accession d’un pays à l’UE, NdlR). Le pouvoir n’aurait, par exemple, pas pu sévir contre les journalistes qui sont aujourd’hui nombreux à être emprisonnés. Il se serait aussi sans doute montré plus prudent et il aurait organisé une consultation citoyenne préalable avant d’engager des travaux sur un site aussi symbolique que la place Taksim ».

Le mouvement de révolte populaire qui a éclaté en Turquie ce week-end fait aussi inévitablement écho à ce qui s’est passé en Egypte et en Tunisie. Mais la comparaison a ses limites. La situation économique turque est plutôt bonne et la population n’est pas descendue dans la rue pour réclamer de l’emploi, mais bien pour clamer son ras-le-bol face « à la dérive d’un gouvernement qui essaie d’imposer des normes religieuses à l’ensemble des citoyens en empiétant sur leurs libertés et les règles démocratiques ».

De l’autre côté du miroir, la contestation turque pourrait s’avérer « salutaire » pour les populations des pays arabes, juge Bichara Khader. « J’y vois une opportunité parce qu’un parti islamiste comme les Frères musulmans, qui est aujourd’hui au pouvoir en Egypte, doit probablement prendre la mesure de ce qui se passe à Ankara et Istanbul. Ils voient que lorsqu’un parti musulman arrive au pouvoir par les urnes et qu’il veut essayer d’imposer des principes religieux à une population assoiffée de liberté, il rencontre une opposition farouche. »

Responsabilité turque

Dans les couloirs européens, l’analyse est quelque peu divergente. « Je ne pense pas que le processus d’adhésion ait eu une quelconque influence sur ce qui se passe en Turquie« , confie une source. « Si les négociations se sont arrêtées, c’est un peu de leur faute aussi. Notamment à cause de l’attitude de la Turquie sur la question chypriote. Ils connaissent les règles du jeu et savent très bien les réformes qu’ils doivent entreprendre dans les différents volets qui font l’objet des négociations. »

En 2011, l’UE a lancé un « agenda positif » afin de réchauffer les relations avec Ankara, en constituant des groupes de travail communs sur certains dossiers. Dans les rangs des Etats membres les plus réticents à cette adhésion, la France a également fait un geste d’ouverture il y a trois mois, en annonçant qu’elle était disposée à lever son blocage sur le chapitre des politiques régionales. Un volet qui aura un impact financier important dans la perspective d’une éventuelle adhésion, puisqu’il vise à préparer la Turquie à la gestion des fonds structurels européens qui pourraient lui échoir. Les négociations sur ce point pourraient être entamées ce mois-ci pour autant que l’évolution de la situation ne vienne pas compromettre ce projet.

Une réaction très autoritaire du gouvernement Erdogan pourrait en effet geler les velléités d’ouverture européennes « et ralentir un peu plus un processus déjà très lent ». A l’inverse, si un compromis pacifique, et dans le respect du cadre démocratique, venait à être trouvé avec les mouvements d’opposition, cela pourrait créer une dynamique positive en faveur de la Turquie. Mais il est évidemment impossible de prédire la tournure que prendront les événements.

Pour sa part, le coprésident du groupe des Verts-ALE au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit, estime que si l’Europe « veut exercer une certaine influence, elle doit dialoguer directement avec le gouvernement turc sur la façon d’aborder les problèmes de ce pays. Ouvrir les négociations d’adhésion avec la Turquie sur les chapitres cruciaux que sont la justice et les droits fondamentaux serait particulièrement pertinent et opportun ». Des représentants du mouvement de protestation turque ont d’ailleurs été invités à venir s’exprimer mardi prochain lors de la session plénière du Parlement à Strasbourg.

Un pas à l’Europe vers la levée d’immunité de Marine Le Pen

Source: Belga© afp.Une Commission du Parlement européen s’est prononcée cette semaine, lors d’un vote à huis clos, pour la levée de l’immunité parlementaire de la présidente du Front national français, Marine Le Pen, a annoncé samedi un porte-parole de l’institution, confirmant une information de la BBC.

Le vote de la commission des Affaires juridiques du Parlement a valeur de recommandation. La décision finale sera prise le 11 juin en session plénière, a précisé Jaume Duch, le porte-parole.

La France avait demandé en novembre 2012 au Parlement européen de lever l’immunité parlementaire de Marine Le Pen, après des propos tenus établissant un parallèle entre les prières de rue des musulmans et l’Occupation allemande.

Le 10 décembre 2010, s’exprimant devant des adhérents du Front national, Mme Le Pen avait dénoncé les prières de rue des musulmans : « Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c’est une occupation du territoire ».

Ces propos avaient soulevé un tollé politique et le parquet de Lyon avait ouvert une enquête préliminaire pour « incitation à la haine raciale », après le dépôt d’une plainte du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap). Mme Le Pen avait ensuite affirmé que cette enquête avait été classée sans suite par le parquet.

Mais une plainte avec constitution de partie civile pour « provocation à la discrimination, à la violence et à la haine envers un groupe de personnes en raison de leur religion », émanant cette fois du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), a déclenché l’ouverture d’une information judiciaire.

 

Le migrant n’est pas un criminel

Publié: 31 mai 2013 par estellavaras dans Analyse
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ENTRETIEN GILLES TOUSSAINT

 

Mis en ligne le 31/05/2013

 

La politique de l’Union européenne de régulation des flux migratoires est axée sur le répressif et le sécuritaire. Elle bafoue trop souvent les droits fondamentaux des migrants, notamment en recourant à la détention systématique.

 

Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme des migrants, François Crépeau faisait escale au Parlement européen ce jeudi. Il y a présenté les résultats de son enquête sur la situation des droits des migrants aux frontières de l’Union. Un bilan loin d’être rose.

 

Les ONG de défense des droits de l’homme parlent d’une “Europe forteresse”. Cela repose-t-il sur des faits avérés ?

 

Cette qualification est évidemment un terme « médiadégradable » facilement compréhensible par tout le monde. Mais une chose est sûre : la conception qu’ont la plupart des Etats européens de la question migratoire aujourd’hui est une conception sécuritaire. Ils ne sont pas les seuls, c’est vrai partout dans le monde. Ce n’était pas le cas il y a 30 ans.

 

On a le sentiment que la politique de l’UE est focalisée sur ce pan sécuritaire, mais qu’elle oublie l’autre volet de sa mission qui est d’aider les migrants dont la présence sur le territoire européen peut se justifier…

 

La question des droits fondamentaux a été perdue de vue dans ce débat sécuritaire sur l’immigration. On oublie que les migrants – y compris ceux en situation irrégulière – ont les mêmes droits fondamentaux que les citoyens à l’exception du doit de voter et d’être élu; et du droit d’entrer et de rester sur le territoire. Quand on caractérise ces derniers comme des illégaux, c’est souvent pour connoter le fait qu’ils n’auraient aucun droit. C’est là qu’il y a un problème, ils devraient être traités exactement comme les autres citoyens. Cette conception a été perdue de vue, alors même que l’Europe possède un énorme bagage et une vaste jurisprudence en matière de protection des droits fondamentaux.

 

Ne règne-t-il pas une certaine opacité autour des conditions de rétention de ces personnes qui, a priori, n’ont rien commis de répréhensible ?

 

Ce que vous venez de dire est très important. Le migrant en situation irrégulière n’est pas un criminel. L’entrée irrégulière ou le séjour irrégulier est une violation d’une règle administrative, mais ce n’est pas un crime. Cela ne justifie pas nécessairement un enfermement. La détention préventive pour ces personnes, comme pour tout un chacun, n’est justifiée que si elles représentent un danger pour elles-mêmes ou pour d’autres ou si elles risquent de ne pas se représenter à une procédure ultérieure à laquelle elles sont convoquées. La Directive Retour européenne prévoit d’ailleurs que la détention soit un acte de dernier recours et qu’il faut donc utiliser d’autres moyens avant d’en arriver là. Il existe diverses alternatives pour éviter de détenir les gens quand ce n’est pas nécessaire.

 

Il y a un souci de ce point de vue ?

 

Oui. Sur le terrain nous n’avons pas observé de la part des Etats la mise en place de ces mécanismes alternatifs. On a également pu constater que les droits des enfants sont mal respectés. J’ai visité des centres en Grèce et en Italie et, de l’autre côté de la frontière, en Tunisie et en Turquie. Et j’ai vu des mineurs partout, particulièrement en Grèce.

 

Les ONG estiment que certaines opérations de Frontex(1) sont contraires au principe de non-refoulement inscrit dans le droit européen. Partagez-vous ce sentiment ?

 

Cette protection s’applique aux personnes qui risquent d’être persécutées dans leur pays ou qui s’exposent à des traitements dégradants – par exemple, le fait de ne pas pouvoir être soigné dans de bonnes conditions. Mais ce principe ne peut être mis en œuvre que si quelqu’un de compétent vérifie dans chaque cas s’il y a un besoin de protection. Cela peut-être le HCR, la Croix-Rouge, un personnel spécialisé formé pour cela mais il faut qu’il y ait une évaluation individuelle. Or dans les cas de détention massive que nous avons analysés, cela n’a pas été fait.Autre exemple : l’Italie a passé des accords bilatéraux avec la Tunisie, et l’Egypte pour le renvoi extrêmement rapide (moins de 72 h) de ressortissants de ces pays interceptés en mer. Ils sont amenés dans des centres de détention ad hoc, c’est-à-dire un hangar réquisitionné, et ensuite à l’aéroport de Palerme où deux charters sont affrétés par semaine. Mais aucun des organes qui a pour mission de faire les visites d’évaluation dans ce type de centre n’y a accès. Je n’ai rien contre un renvoi rapide, cela ne sert à rien de donner aux gens l’illusion qu’ils ont le droit de rester quand ce n’est pas le cas. Mais on ne peut pas le faire sans vérifier s’ils n’ont pas besoin de protection.

 

Pourquoi l’Europe attire-t-elle les migrations irrégulières ?

 

Parce qu’il y a un bassin d’emplois pour l’immigration exploitable. Il y a des employeurs en Europe dont la compétitivité est assurée parce qu’ils utilisent des gens à 3€ de l’heure dans le secteur agricole, de la construction et autres. Si nous ne payons par la barquette de fraises 17 €, c’est parce des migrants acceptent de travailler 10h par jour dans les champs pour 20€, comme j’ai pu le voir en Italie.

 

Tant que l’on n’a pas une ouverture à la migration légale pour ces besoins du marché du travail européen, les migrants continueront à arriver irrégulièrement parce que ces employeurs ont de toute façon besoin d’eux. Et plus la frontière est difficile à franchir, plus ils sont en situation vulnérable et facilement exploitables parce qu’ils ne votent pas, ils ne protestent pas et ne se plaignent pas. C’est un cercle vicieux. Il faut diminuer les facteurs d’exploitation et mettre en place un accès à la justice et aux services publics pour que ces personnes reçoivent le soutien nécessaire sans crainte d’être arrêtées et renvoyées chez eux.

(1) Frontex est l’agence chargée de coordonner la gestion des frontières extérieures de l’UE