Articles Tagués ‘Etats-Unis’

De l’utilité de la Guerre froide

Publié: 18 avril 2014 par estellavaras dans A contre-courant
Tags:, ,
Contribution externe Publié le vendredi 18 avril 2014 à 08h01 – Mis à jour le vendredi 18 avril 2014 à 08h01

 

Opinions 

Une opinion de Ian Buruma, professeur de démocratie, des droits humains et de journalisme au Bard College de New York et auteur de « L’an zéro: une histoire de 1945 ».

Les relations entre les pays occidentaux et la Russie ont rarement été aussi mauvaises qu’aujourd’hui, depuis l’intervention du président russe Vladimir Poutine en Ukraine et sa décision d’annexer la Crimée. Le président américain Barack Obama a toutefois tenu à assurer à la communauté internationale qu’il ne s’agissait pas du début d’une nouvelle guerre froide. Cela n’empêche pas certains Américains, qu’ils soient des libéraux bellicistes ou des conservateurs purs et durs, de comparer défavorablement la présidence d’Obama avec celles de présidents supposément plus coriaces, comme Dwight Eisenhower et Ronald Reagan.

Qu’importe qu’Eisenhower n’ait rien fait pour empêcher les tanks russes d’écraser l’insurrection hongroise de1956 ou que Reagan n’ait jamais eu l’intention de venir en aide aux militants de Solidarnosc lorsqu’ils défièrent le régime communiste au pouvoir en Pologne. Sous bien des aspects, la guerre froide facilita la tâche des présidents américains. Il n’existait alors que deux grandes puissances – l’émergence de la Chine n’est intervenue que récemment – et leurs sphères d’intérêt respectives étaient clairement définies.

Stalinisme, maoïsme et conservatisme

L’idéologie du pouvoir en Union soviétique était également claire : une version staliniste du communisme. Le stalinisme, comme le maoïsme en Chine, était en fait profondément conservateur. Son principal objectif était le renforcement du régime au plan intérieur et l’assujettissement des pays satellites à l’étranger. Si l’ennemi idéologique était le monde capitaliste, la menace immédiate était représentée par “les trotskistes”, “les révisionnistes” et autres “éléments réactionnaires” de la zone d’influence soviétique.

En période de crise, le nationalisme russe traditionnel était mobilisé pour servir les intérêts soviétiques. La Chine a suivi la même voie. Mao Zedong n’était pas un expansionniste impérialiste, au point de ne jamais demander aux Britanniques de restituer HongKong à la Chine. Le Grand Timonier a lui aussi inféodé le nationalisme chinois au meilleur des mondes communistes. Mais la situation a changé du tout au tout après la mort de Mao et l’effondrement de l’Union soviétique.

Le communisme, sous forme de l’idéologie dominante, a disparu en Russie et est devenu tellement dilué dans la Chine capitaliste qu’il n’en reste plus guère que les attributs symboliques – et un parti léniniste ayant le monopole du pouvoir. Cette évolution a créé un vide politique dans les deux pays. On a d’un côté un gouvernement russe qui tente de justifier une autocratie élue; et, de l’autre, la dictature du parti unique en Chine qui cherche à renouveler sa légitimité.

Le retour en grâce des philosophes oubliés

Des traditions anciennes, discréditées, ont subitement été remises au goût du jour. Poutine s’évertue à démontrer la supériorité de l’âme nationale russe en citant des philosophes à moitié oubliés, tandis que les autorités chinoises ont commencé à évoquer le confucianisme comme base de la nouvelle doctrine politique. Tous ces propos sont pour le moins boiteux. La grande majorité des Chinois, responsables du gouvernement y compris, n’ont qu’une vague connaissance des Classiques confucéens. Les autorités tendent à ne sélectionner que les citations qui confirment leur mainmise sur le pouvoir, soulignant des vertus “traditionnelles” telles que la soumission à l’autorité, mais négligeant le fait que la pensée de Confucius défend le droit à la rébellion contre des dirigeants injustes.

Les philosophes préférés de Poutine sont un pot-pourri de nationalistes mystiques qui voyaient la Russie comme une communauté spirituelle basée sur la foi orthodoxe, mais dont les idées sont par ailleurs trop diverses, et trop obscures, pour engendrer une doctrine cohérente. Leurs pensées ne correspondent même pas toujours à la ligne idéologique de Poutine. Pour le président russe, l’effondrement de l’Union soviétique a été une catastrophe majeure, ce qui ne l’empêche pas de citer abondamment Ivan Iline, un philosophe qui devint un opposant résolu du régime soviétique et qui fut banni et exilé en Europe occidentale par Lénine.

Il se peut que Poutine pense réellement que la Russie est un bastion spirituel face à la décadence d’un monde occidental corrompu par le matérialisme et l’homosexualité. Il se peut également que les dirigeants actuels de la Chine, dont les familles se sont enrichies par le biais de faveurs politiques, soient des étudiants convaincus de la pensée confucéenne. Mais les gouvernements russe et chinois encouragent une tendance difficile à gérer : le nationalisme basé sur le ressentiment.

« L’éducation patriotique » par le ressentiment

Le dogme maoïste a pour l’essentiel été remplacé en Chine par l’introduction de cours scolaires sur “l’éducation patriotique”, par ailleurs mise en exergue dans les musées d’Histoire et par toutes sortes de monuments. Les Chinois grandissent avec l’idée – pas entièrement fausse – que la Chine a été profondément humiliée par les puissances étrangères pendant plus d’un siècle, en particulier durant les guerres de l’opium du XIXe siècle et l’occupation brutale du pays par le Japon. Seule une Chine forte, sous la férule ferme du Parti communiste, est en mesure de protéger la population de nouvelles exactions.

En Russie également, Poutine manipule d’anciens griefs et l’idée reçue qu’un Occident pervers s’acharne à saper l’unité russe et à détruire son âme. Tout comme les dirigeants chinois, Poutine accuse les pays occidentaux de se liguer contre la Russie. Cette attitude, que l’on pourrait qualifier de paranoïaque, n’est pas complètement irrationnelle. Ces deux Etats, la Russie et la Chine, sont entourés de pays alliés des Etats-Unis. Et en portant l’Otan aux frontières de la Russie, l’Occident ne s’est pas vraiment montré sensible aux préoccupations de sécurité de ce pays.

Le problème que présente le nationalisme basé sur le ressentiment est qu’il entrave la diplomatie, basée elle sur des concessions de part et d’autre. Toute critique est rapidement perçue comme un signe d’hostilité ou de manque de respect. Des gestes malheureux de politiciens américains ou japonais sont aussitôt dénoncés comme “une insulte pour le peuple”. Une grande partie de cette rhétorique a bien sûr vocation à mobiliser l’opinion publique aux côtés de ses dirigeants autocratiques. Mais le nationalisme rancunier de ces régimes autoritaires a fait que les relations sont devenues plus difficiles à gérer qu’avec leurs prédécesseurs communistes, plus brutaux, mais moins imprévisibles. Compte tenu de l’extrême dangerosité d’une confrontation armée, la meilleure stratégie pourrait encore être celle préconisée par le diplomate américain George Kennan en1947, à savoir une politique de “l’endiguement” à l’égard de l’Union soviétique. Si la Chine et la Russie ne peuvent être traitées comme des pays amis, les situations conflictuelles peuvent être gérées en reconnaissant leurs intérêts et avec une vigilance constante.

Si, contrairement à l’opinion de M.Obama, nous sommes au seuil d’une nouvelle guerre froide, qu’il en soit ainsi. Le principe même de la guerre froide était d’empêcher une guerre “chaude”.

 

Copyright : Project Syndicate, 2014. http://www.project-syndicate.org

 

Le ministre israélien Naftali Bennett a été dépêché aux Etats-Unis par son premier ministre Benyamin Nétanyahou pour faire du lobbying auprès du Congrès américain.Le Monde.fr avec AFP | 15.11.2013 à 01h47

Le ministre de l’économie israélien, Naftali Bennett, en visite à Washington, a accusé jeudi 14 novembre les Etats-Unis de « jouer » avec la sécurité d’Israël en envisageant de sceller un accord diplomatique avec l’Iran sur son programmenucléaire.

M. Bennett, du parti national religieux de colons israéliens, Le Foyer juif, a été dépêché aux Etats-Unis par son premier ministre Benyamin Nétanyahou pour faire du lobbying auprès du Congrès américain, lequel est sceptique, voire hostile, face à un règlement diplomatique en l’état entre les grandes puissances et l’Iran.

 

 

L’administration du président Barack Obama défend une telle entente avec l’Iran et est à couteaux tirés avec l’allié israélien, ennemi de Téhéran et qui dénonce au contraire un hypothétique accord « mauvais et dangereux ».

« Même si je meurs d’envie de faire la paix, je ne crois pas à l’heure actuelle que cela soit le bon moment de jouer avec notre sécurité », a dénoncé le ministre Bennett, invité au centre d’études Brookings Institution.

Constatant que les sanctions internationales contre les Iraniens avaient asphyxié leur économie, M. Bennett a jugé qu’il était « précisément temps de leur dire : ‘Vous avez soit une arme nucléaire, soit une économie, mais vous ne pouvez pas avoirles deux' ».

« C’est comme lors d’un match de boxe quand le type est au tapis et que l’arbitre compte six, sept, huit, neuf et qu’à la dernière seconde on le relève et on relâche la pression. Il ne faut pasrelâcher maintenant » la pression, a argumenté le ministre israélien.

Il a répété que les négociations entre le groupe « 5+1 » (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) et l’Iran ne devaient pas conduire à une simple pause dans le programme nucléaire controversé de Téhéran, mais à son démantèlement complet. « Je suis convaincu que si nous augmentons la pression, nous obtiendrons le bon accord », a martelé M. Bennett.

Israël, considéré comme la seule puissance atomique de la région, estime qu’un Iran disposant de l’arme atomique menacerait son existence et se dit régulièrement prêt à mener des frappes contres les installations nucléaires iraniennes.

 Herman Wallace L’ex-Black Panther,décède trois jours après sa libération

Source: AFPHerman Wallace © reuters.

Herman Wallace, 72 ans, un ex-Black Panther confiné à l’isolement pendant plus de 40 ans pour le meurtre d’un Blanc qu’il a toujours nié, est mort vendredi d’un cancer du foie, trois jours après sa libération, ont annoncé ses avocats.

Wallace s’est éteint vendredi matin, a annoncé à l’AFP son équipe de défense: « Herman a enduré ce que peu d’entre nous pouvons imaginer et il l’a fait avec grâce, dignité et empathie jusqu’à la fin ». « Une des dernières choses qu’Herman nous ait dite, c’est ‘Je suis libre, je suis libre' », a-t-elle assuré.

Wallace était l’un des « trois d’Angola » du nom de la prison d’Angola en Louisiane, réputée pour son passé raciste et baptisée ainsi car elle fut construite sur une ancienne plantation où les esclaves venaient de ce pays d’Afrique australe. Ces trois prisonniers avaient attiré l’attention internationale après avoir passé à eux trois plus d’un siècle à l’isolement pour le crime en 1972 d’un gardien de prison blanc, qu’ils ont toujours nié et dont les preuves ont été une à une remises en cause. Les trois hommes étaient alors membres des Black Panthers, le groupe radical luttant pour la cause des Noirs aux États-Unis.

Wallace a été libéré mardi soir au terme d’un bras de fer judiciaire avec l’Etat de Louisiane qui refusait sa remise en liberté pour raisons médicales. Wallace souffrait d’un cancer du foie en phase terminale et avait imploré un juge fédéral de le remettre en liberté avant sa mort. Le juge Brian Jackson l’avait entendu, en renversant sa condamnation et sa peine de prison à vie, en raison de « l’exclusion systématique de femmes dans le grand jury qui l’avait reconnu coupable, en violation du 14e amendement de la Constitution qui garantit l’égalité devant la loi ».

M. Wallace « a passé plus de 40 ans en prison pour une condamnation basée sur une inculpation anticonstitutionnelle », avait écrit le juge, en rejetant un ultime appel de l’Etat pour empêcher sa libération.

Barack Obama, à la tribune de l'ONU, à New York, mardi 24 septembre 2013.
Barack Obama, à la tribune de l’ONU, à New York, mardi 24 septembre 2013. | ANDREW BURTON/AFP

Lors du premier jour de la 68e assemblée générale des Nations unies, Barack Obama a abordé les deux dossiers internationaux les plus pressants, l’Iran et la Syrie.

« La voie diplomatique mérite d’être essayée avec l’Iran. » Alors que les relations entre les deux pays s’améliorent depuis l’élection de Hassan Rohani à la présidence, M. Obama a tenu à se montrer ouvert. « Les obstacles seront peut-être trop grands, mais je suis fermement convaincu que la voie diplomatique mérite d’être essayée », a-t-il déclaré devant le parterre international, tout en avertissant que les différends ne seraient pas résolus « du jour au lendemain ».

M. Obama a salué les gestes d’ouverture d’Hassan Rohani, tout en invitant ce dernier à traduire ses paroles en actes, notamment en ce qui concerne le programme nucléaire. M. Rohani, tout en réaffirmant que Téhéran a droit aunucléaire civil, a juré qu’il ne cherchait pas à acquérir la bombe. « Les propos conciliants doivent être accompagnés par des actes vérifiables et transparents », a résumé Barack Obama.

Une rencontre entre les deux présidents en marge de l’assemblée, évoquée avec force ces derniers jours, n’aura finalement pas lieu. Selon un haut responsable de la Maison Blanche, qui s’exprimait sous couvert de l’anonymat, une telle entrevue a été proposée par la présidence américaine aux Iraniens, mais ceux-ci l’ont déclinée, estimant qu’elle serait « trop compliquée à réaliser à l’heure actuelle ». Une entrevue même brève aurait eu une portée symbolique car elle aurait été la première du genre depuis la révolution de 1979.

« Il doit y avoir une résolution solide sur la Syrie. » Le président américain a laissé entendre que la communauté internationale était toujours prête à faire usage de la force contre le régime Assad s’il ne coopérait pas sur la destruction de son arsenal chimique.

« Le gouvernement syrien a fait un premier pas. Maintenant, il doit y avoir une résolution solide du Conseil de sécurité, pour vérifier que le régime tienne ses engagements. La crise syrienne et la déstabilisation de toute la région font partie de défis beaucoup plus larges, auxquels la communauté internationale doit désormais se confronter. »

« Je ne pense pas qu’une action militaire, menée depuis l’intérieur du pays ou par des puissances extérieures, peut mener à une paix durable », a toutefois poursuivi le président américain. « Je ne pense pas non plus que l’Amérique ni aucun pays doive décider de qui va diriger la Syrie, c’est au peuple syrien de décider. Mais un dirigeant qui a massacré ses citoyens et gazé des enfants à mort ne peut pasregagner la légitimité pour conduire un pays gravement divisé », a-t-il ajouté, à propos du président syrien.

Malgré la poursuite des combats, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, espère convoquer rapidement, si possible en octobre, une conférence de paix dite de « Genève 2 ». Il réunira samedi les ministres des affaires étrangères américain et russe, John Kerry et Sergueï Lavrov, ainsi que son médiateur en Syrie Lakhdar Brahimi. L’ONU veut aussi une mobilisation internationale plus forte en faveur des deux millions de réfugiés installés dans les pays voisins, en particulier le Liban, qui croule sous ce fardeau.

 

LE RISQUE DU « VIDE »

M. Obama, qui a constaté que la communauté internationale « n’avait pas été à la hauteur de l’enjeu », et pour qui une impasse sur le dossier syrien montrerait que les « Nations unies sont incapables d’appliquer les lois internationales les plus élémentaires », a promis qu’une aide de 340 millions de dollars supplémentaires serait débloquée pour la Syriemême si « aucune aide ne peut remplacer une solution politique qui donne la chance au peuple syrien de commencer àreconstruire leur pays, mais elle peut aider les personnes déséspérées à survivre« .

Plus largement, M. Obama, en prévenant que les Etats-Unis restaient prêts àrecourir à la force si leurs intérêts étaient menacés au Moyen-Orient, a refusé d’envisager un désengagement américain de cette région marquée par des soubresauts de violence après le « Printemps arabe ». Un tel retrait « créerait un vide qu’aucun autre pays n’est prêt à remplir ».

 

Lien pour vidéo: http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/09/24/devant-l-onu-obama-se-veut-ferme-sur-la-syrie-et-ouvert-sur-l-iran_3483791_3218.html

Un mot d’excuse qui en jette

© White House/Pete Souza.

Il y a des mots d’excuse qui ont plus de poids que d’autres… quand il est signé de la main du président américain, par exemple.

Une fillette venu assister à une cérémonie d’hommage aux blessés de guerre s’est vu justifier son absence à l’école de la main de Barack Obama en personne, relate Le Figaro.

Le président américain a rédigé lui-même un mot d’excuse à Alanah Poullard, cinq ans, adorable fillette dans sa robe bleue, qui détient désormais l’excuse la plus crédible au monde: « J’étais avec le président m’dame ».

Le moment a été immortalisé par le photographe officiel de la Maison Blanche, Pete Souza.

Un G.I. prend la défense d’un musulman victime de racisme

Capture d’écran. © ABC.

Un soldat américain, filmé par des caméras cachées, a eu une réaction  extraordinaire face à un faux client qui critiquait le serveur, de confession musulmane.

Cette séquence est tirée de l’émission « What Would You Do? » diffusée sur ABC. Le principe repose sur une séquence en caméras cachées dans laquelle les gens font face à des dilemmes éthiques contre lesquels ils s’indignent ou, à l’inverse, n’agissent pas.

Un soldat américain n’a pas hésité longtemps à réagir aux propos outranciers d’un faux client qui refusait de se faire servir par le serveur. « C’est un musulman » argue-t-il. Une réflexion qui a déplu au G.I.. « Nous vivons aux Etats-Unis, il a le choix de sa religion », rétorque-t-il. « C’est pour cette raison que je porte cet uniforme pour permettre à n’importe qui de vivre librement dans ce pays ».

« Vous êtes-vous battu contre ces types? », demande le client. « Pas pour le moment. Je commande un sandwich », répond le soldat, agacé, mais contenu. Il ne se retiendra pas plus longtemps: « Tu achètes tes chips et tu dégages », lance-t-il. Un ordre que le jeune homme ne suit pas. Pire, il en rajoute. « Dégage. Dépose tes chips et va les acheter ailleurs », insiste le G.I.

L’arrivée de l’équipe de tournage concluera cette séquence au terme de laquelle le soldat, soulagé d’avoir été confronté à deux acteurs, réfutera avoir eu des propos « héroïques ». « Tout le monde dispose de droits identiques. Peu importe que vous soyez musulmans: si vous êtes Américain, vous êtes Américain ».

 

 

Au moins douze morts dans la fusillade de Washington

Source: AFP© reuters.

Une fusillade dans un immeuble de bureaux de la Marine américaine à Washington a fait au moins 12 morts lundi matin, parmi lesquels le tireur dont les motivations restaient inconnues. Cette fusillade en plein coeur de la capitale fédérale est la plus importante s’étant déroulée sur une implantation militaire depuis l’assassinat de 13 militaires sur la base de Fort Hood (Texas) en 2009.

© reuters.
© belga.
© reuters.
© epa.
© ap.
© epa.
© epa.
© reuters.
© epa.
© ap.
© reuters.
© belga.

L’identité du tireur n’a pas été communiquée mais les autorités n’ont « aucune raison de penser à ce stade » qu’il s’agisse d’un acte terroriste, a affirmé le maire de Washington Vincent Gray. L’enquête a été confiée au FBI. La police a évoqué deux autres suspects potentiels. L’un d’entre eux, un homme blanc portant une uniforme kaki, a été mis hors de cause en début d’après-midi.

« Lâcheté », selon Obama
« Nous nous retrouvons une nouvelle fois face à une fusillade de masse », a réagi Barack Obama, dénonçant un acte « lâche » visant cette fois des militaires et des civils employés par l’armée. « Ils connaissent le danger d’être déployés à l’étranger, mais aujourd’hui ils ont été confrontés à une violence inimaginable, qu’ils ne s’attendaient pas à rencontrer ici », a ajouté le président américain.

Les faits se sont déroulés à 08H20 (12H20 GMT) au siège du Commandement des systèmes navals de la Marine américaine (NAVSEA), dans le quartier en reconstruction de Navy Yard, dans le sud-est de la ville. Un homme s’est introduit dans l’immeuble 197 du complexe, où travaillent 3.000 personnes, et a ouvert le feu à plusieurs reprises, selon l’US Navy.

« J’ai entendu trois coups de feu à la suite ‘Pa, pa, pa’. Trois secondes plus tard, encore ‘pa, pa, pa' ». Au total il y a dû avoir sept coups de feu. On s’est mis à courir », a raconté à l’AFP Patricia Ward, une employée qui prenait son petit déjeuner dans une cafétéria du premier étage. Pour entrer dans l’immeuble, il suffit juste de montrer son badge mais il n’y a pas de détecteur de métaux, selon elle.

Un autre témoin, Terry Durham, qui travaillait également dans l’immeuble 197, a raconté sur CNN avoir vu le tireur. « On a entendu des tirs, il est apparu dans le couloir, il nous a mis en joue et tiré au moins deux ou trois fois. On a couru vers la sortie et on a continué d’entendre des tirs à l’intérieur », a-t-elle indiqué.

« Peut-être deux autres tireurs »
L’homme était « grand », « noir » et portait un fusil, selon elle. « Au moins 12 personnes » ont été tuées, a annoncé le maire au cours d’une conférence de presse. « Nous avons quelques autres personnes blessées », a ajouté le chef de la police de la ville Cathy Lanier. Un policier a été touché dans un échange de feu avec le tireur qui a été abattu, selon elle.

Au Washington Medical Center, la médecin-chef Janis Orlowski a fait état de trois blessés graves transportés dans son hôpital: un policier et deux femmes. « Nous pensons qu’il y a d’autres » blessés, a-t-elle indiqué lors d’une conférence de presse.

La police était cependant toujours à la recherche d’un possible complice, un homme noir d’1,75 mètres âgé d’une cinquantaine d’années et « aux tempes grisonnantes ». Il porterait des vêtements couleur vert olive, qui pourraient être de style militaire, selon la chef de la police. Le quartier, en reconstruction et situé au bord de la rivière Anacostia, a été bouclé sur cinq pâtés de maisons alentours. Les écoles situées dans le périmètre s’étaient calfeutrées, interdisant à toute personne d’entrer ou de sortir.

Un ballet d’hélicoptères, de voitures de police et des services de secours parcourait la zone, tandis que des navires patrouillaient sur la rivière Anacostia, toute proche. Dans la matinée, un hélicoptère de la police a été vu à plusieurs reprises en train de descendre puis de remonter des policiers à l’aide d’une nacelle fixée au bout d’un câble.

S’il s’agit probablement d’un « incident isolé » selon le maire Vincent Gray, le Pentagone, siège de la défense américaine situé de l’autre côté du Potomac, a renforcé son dispositif de sécurité « par précaution », a indiqué son porte-parole George Little.

« Tragédie »
Le secrétaire à la Défense Chuck Hagel a parlé d’un « jour tragique » pour l’armée et pour le pays. Les vols au départ de l’aéroport Ronald-Reagan, situé à quelques kilomètres de là ont quand à eux été suspendus pendant une heure et demie dans la matinée. Le Sénat américain a de son côté annulé sa session lundi après-midi et ne reprendra ses travaux que mardi.

En 2009, un psychiatre de l’armée américaine, le major Nidal Hasan, avait ouvert le feu sur des militaires sur la base de Fort Hood (Texas), tuant 13 personnes. Considéré comme un « loup solitaire » inspiré par Al-Qaïda, il a été condamné fin août à la peine de mort.

 

Obama affiche son soutien à la communauté gay russe

Source: Belga© reuters.

Le président américain Barack Obama devait rencontrer vendredi des militants russes pour les droits des gays, leur apportant à l’issue du G20 un soutien très symbolique après la promulgation par Vladimir Poutine d’une loi qui condamne la « propagande » homosexuelle devant les mineurs.

Dès la fin d’un sommet dominé par l’opposition entre Moscou et Washington sur l’opportunité d’une intervention militaire en Syrie, le chef de l’Etat américain va réunir en fin d’après-midi dans un hôtel à Saint-Pétersbourg un groupe de représentants de la société civile russe.

« Nous voulons que cette rencontre soit un exemple pour le président russe », a indiqué à l’AFP Alexandra Savelieva, de l’association Coming Out, qui apporte un soutien pyschologique et juridique aux victimes de discriminations liées à leur orientation sexuelle.

Vladimir Poutine a promulgué fin juin une loi condamnant d’amendes la « propagande » de l’homosexualité devant les mineurs. Le texte est dénoncé comme homophobe par de nombreux défenseurs des droits de l’homme en Russie, pour qui sa formulation très vague ouvre la porte à la mise en cause d’un couple qui se tient la main.

Le Monde.fr | 04.09.2013 à 18h21 • Mis à jour le 04.09.2013 à 18h49

Aux Etats-Unis, la protection des sources n’est pas seulement reservée aux journalistes, elle bénéficie aussi à certains cinéastes. En témoigne cette décision de justice américaine de refuser de publier des informations que la CIA avait divulguées aux producteurs du film Zéro Dark Thirty relatives à la traque d’Oussama Ben Laden.

Le juge fédéral Rudolph Contreras a débouté l’ONG Judicial Watch, qui réclamait la publication des noms des personnages clés de la chasse du chef d’Al-Qaida, que la CIA et le Pentagone avaient livrés à la réalisatrice Kathryn Bigelow et au scénariste Mark Boal.

Pour motiver sa décision, le juge argue que les véritables noms de quatre responsables de la CIA et d’un membre du commando « n’appartiennent pas au domaine public », puisqu’ils ne sont pas mentionnés dans le film. Le ministère de la justice a quant à lui déclaré que leur publication causerait « un risque inutile à la sécurité et au contre-renseignement ».

PLAINTE D’UN PAKISTANAIS TORTURÉ

En outre, l’un des accusés des attentats du 11-Septembre, le Pakistanais Ali Abd Al-Aziz Ali, a lui aussi réclamé à la justice militaire d’en savoir autant que les réalisateurs de Hollywood. Il s’identifie dans le long-métrage comme le détenu ayant subi des actes de torture dans une prison secrète de la CIA. Son recours devrait être examiné le 16 septembre.

Son avocat, Me James Connell, se plaint que « les Etats-Unis ont fourni plus d’informations aux producteurs de Zéro Dark Thirty sur le traitement de [s]on client dans la prison de la CIA qu’à sa défense ».

L’association Judicial Watch a affirmé, dans un communiqué, avoir fourni, dans les deux cas, des documents montrant que « l’administration Obama a donné aux réalisateurs de Hollywood un accès inhabituel à des renseignements classifiés, y compris les noms d’acteurs de la CIA impliqués dans le raid contre Ben Laden ».

Obama a décidé de frapper mais veut le feu vert du Congrès

Source: Belga© ap.

Barack Obama a déclaré samedi qu’il avait pris la décision de principe de frappes contre le régime syrien mais qu’il demandera au Congrès de donner son feu vert à une telle opération, éloignant la perspective d’une intervention américaine à court terme.

« J’ai décidé que les Etats-Unis devraient agir militairement contre des cibles du régime syrien » pour le punir d’avoir utilisé ses armes chimiques contre des civils, et le pays est « prêt à frapper quand nous le choisirons », a affirmé le président américain dans une intervention solennelle depuis la Maison Blanche.

Mais « je vais demander l’autorisation des représentants des Américains au Congrès pour un usage de la force », a ajouté M. Obama, en exhortant les élus à soutenir cette demande au nom de la « sécurité nationale » des Etats-Unis.

Le Congrès est en vacances jusqu’au 9 septembre, ce qui éloigne la perspective d’une action militaire américaine imminente contre le régime de Bachar al-Assad.

M. Obama a semblé indiquer que le Congrès ne serait pas rappelé en session extraordinaire, expliquant qu’il s’était entretenu avec les chefs de file parlementaires et que ces derniers étaient « d’accord pour mettre un débat et un vote à l’ordre du jour dès que le Congrès aura recommencé à siéger ».