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Nuit sanglante en Egypte

AFP

  • MONDE A l’issue d’une journée de manifestations des deux bords, des affrontements ont éclaté dans la soirée au Caire.
Les islamistes ont appelé tôt samedi à de nouvelles manifestations « pacifiques » en soutien au président Mohamed Morsi renversé par l’armée, au lendemain d’une journée de violences en Egypte au cours de laquelle 25 personnes ont péri, dont 19 en marge de manifestations.
Alors que la tension est extrême entre pro et anti-Morsi, cinq policiers et un soldat ont été tués dans la péninsule du Sinaï (nord), dans des attaques de militants islamistes qui n’ont pas été revendiquées. Dans la nuit, des islamistes ont attaqué le gouvernorat du Nord-Sinaï et y ont hissé leur drapeau.
Trois jours après que les militaires ont déposé M. Morsi, sa confrérie, les Frères musulmans, ont appelé à de nouvelles manifestations, faisant craindre de nouveaux débordements à l’issue d’une journée d’affrontements, notamment au Caire et à Alexandrie (nord), les plus grandes villes du pays.
Galvanisés par leur Guide suprême Mohamed Badie, les partisans de l’ex-chef d’Etat islamiste ont multiplié les manifestations vendredi.
Devant le siège de la Garde républicaine, ils ont tenté d’accrocher la photo de M. Morsi sur les fils barbelés qui entourent le bâtiment proche du palais présidentiel, bravant les avertissements des forces de l’ordre.
Quatre de leurs militants sont morts, de source officielle, dans les échanges de tirs qui ont suivi et déclenché des scènes de panique. Une partie des islamistes est restée sur place pour un sit-in illimité devant le bâtiment militaire.
Plus tard, d’autres pro-Morsi se sont dirigés vers la télévision d’Etat, passant à proximité de l’emblématique place Tahrir, où les opposants au président déchu avaient appelé à une manifestation rivale pour « défendre la révolution du 30 juin », allusion à la journée ayant vu les plus importantes manifestations contre le président déchu.
Des affrontements violents, durant lesquels des tirs ont été entendus, ont alors éclaté, faisant deux morts, avant que l’armée n’envoie ses blindés s’interposer.
Dans la ville côtière d’Alexandrie (nord), des heurts similaires ont fait 12 morts et 460 blessés, selon l’agence officielle Mena.
Le bilan de ce « vendredi du refus » du « coup d’Etat militaire » et de « l’Etat policier » déclaré par les islamistes est de 25 morts –six membres des forces de l’ordre dans le Nord-Sinaï et 19 manifestants.
Les Frères musulmans, dont l’influent numéro 2, Khairat al-Chater, a été arrêté dans la nuit, entendent rester « dans les rues par millions jusqu’à ce que » le président déchu retrouve son chef, a prévenu M. Badie devant une foule de ses partisans.
« Nous avons déjà vécu sous un régime militaire et nous ne l’accepterons pas une nouvelle fois », a-t-il lancé, faisant référence à l’intérim controversé assuré par l’armée entre la chute de Hosni Moubarak en février 2011 et l’élection de M. Morsi en juin 2012.
Les nouvelles autorités mises en place par l’armée, après l’éviction de M. Morsi mercredi, semblaient toutefois tout aussi déterminées à mettre en place rapidement de nouveaux rouages dans le pays et mener à bien leur « feuille de route » qui doit aboutir à des élections anticipées.
Le président intérimaire Adly Mansour, nommé par l’armée, a dans son premier décret dissous la chambre haute dominée par les islamistes, qui assure l’intégralité du pouvoir législatif, et nommé un nouveau chef des renseignements.
En outre, le procureur général a annoncé que des poursuites seraient engagées contre neuf dirigeants du mouvement islamiste –dont M. Badie– dans le cadre d’une enquête pour « incitation au meurtre » de manifestants. M. Morsi est quant à lui toujours détenu par l’armée.
Reflétant l’embarras international face à ce coup militaire qui a le soutien d’une importante partie de la population, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a mis en garde contre une politique de « représailles ».
L’Union africaine a, elle, suspendu l’Egypte.
Ces décisions pourraient faire monter encore davantage la tension, déjà alimentée par les accrochages qui ont fait plus de 80 morts dans le pays depuis le 26 juin.
Après la destitution de M. Morsi, l’armée avait appelé à oeuvrer en vue de « la réconciliation nationale », tandis que M. Mansour exhortait à oeuvrer pour l' »unité » dans le pays plus que jamais divisé.
Elu en juin 2012, M. Morsi était accusé de tous les maux –administrations corrompues, dysfonctionnements économiques, tensions confessionnelles– par ses adversaires qui voyaient en lui un apparatchik islamiste inexpérimenté et avide de pouvoir. Il a été évincé par l’armée après des manifestations d’une ampleur inédite réclamant sa chute.
Le coup de l’armée, annoncé aux côtés de figures religieuses et de l’opposition, ouvre la voie à une nouvelle et délicate période de transition dans le plus peuplé des pays arabes.
Pour le représentant de l’opposition Mohamed ElBaradei, l’intervention de l’armée pour faire partir M. Morsi a été une « mesure douloureuse » mais nécessaire pour « éviter une guerre civile ».
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Egypte: l’armée écarte Morsi et suspend la Constitution

 Source: BelgaLe président égyptien destitué Mohamed Morsi © epa.

Le président Mohamed Morsi a été écarté du pouvoir par l’armée et remplacé par le chef de la Cour constitutionnelle, a annoncé l’AFP.

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L’armée égyptienne a écarté le président islamiste Mohamed Morsi, qui a été remplacé par le président du conseil constitutionnel et suspendu la Constitution, a annoncé son chef le général Abdel Fattah al-Sissi, dans une allocution télévisée. 

En outre, l’armée a annoncé la tenue d’une élection présidentielle anticipée et suspendu de fait le président islamiste Mohamed Morsi, une annonce accueillie par une explosion de joie par ses opposants qui manifestaient en masse à travers le pays. 

De son côté, le président égyptien Mohamed Morsi appelle les Egyptiens à résister « pacifiquement » au « coup d’Etat » de l’armée, a déclaré mercredi à l’AFP un de ses proches collaborateurs. « Le président appelle tous les Egyptiens à résister pacifiquement à ce coup d’Etat, comme il le fera lui-même », a déclaré cette source sous couvert de l’anonymat. 

« Ce qu’ils ont fait est illégal, ils n’ont pas autorité pour le faire », a ajouté ce collaborateur de M. Morsi, après la déclaration du chef de l’armée, le général Abdel Fattah Sissi, annonçant que le président du Conseil constitutionnel prenait la direction du pays. 

Rappel
Des dizaines de blindés de l’armée égyptienne se sont déployés mercredi après-midi aux abords de rassemblements des partisans du président islamiste Mohamed Morsi au Caire. 

Une source militaire, citée par l’agence officielle Mena, a déclaré que les troupes s’étaient massivement déployées dans les quartiers de Nasr City, d’Héliopolis et près de l’université du Caire, alors qu’un conseiller du chef d’Etat a dénoncé un « coup d’Etat militaire ». 

Le camp du président Mohamed Morsi a accusé mercredi l’armée de mener un coup d’Etat, après l’expiration d’un ultimatum sommant le chef de l’Etat de mettre fin à la grave crise secouant l’Egypte et l’interdiction qui lui a été faite de quitter le territoire. 

Ces développements sont survenus après l’expiration à 14H30 GMT de l’ultimatum de l’armée qui a menacé lundi d’imposer sa propre « feuille de route » à M. Morsi s’il ne « satisfait pas les revendications du peuple », en allusion aux Egyptiens qui manifestent pour réclamer son départ. 

M. Morsi avait peu avant appelé, sur sa page Facebook officielle, à « former un gouvernement de coalition et de consensus afin d’organiser des législatives à venir ». Mardi soir, il avait rejeté l’ultimatum de l’armée et affirmé qu’il ne se plierait à aucun « diktat », mettant en avant la « légitimité » que lui confère son élection démocratique.

L’annonce de la « feuille de route » de l’armée prévue vers 21H30 
Le représentant de l’opposition égyptienne Mohammed ElBaradei, le patriarche copte orthodoxe et le grand imam d’Al-Azhar vont annoncer vers 19H30 GMT la « feuille de route » de l’armée qui prévoit une « courte » période de transition, ont annoncé mercredi soir l’armée et les médias officiels. 

Les militaires avaient donné lundi 48 heures au président islamiste Mohamed Morsi pour « satisfaire les revendications du peuple », dont une grande partie réclame son départ. Si ce délai, qui a expiré dans l’après-midi, n’était pas respecté, l’armée avait annoncé qu’elle mettrait en place une « feuille de route ». 

Ce projet prévoit, a indiqué l’agence officielle Mena, « une courte période de transition qui sera suivie d’élections présidentielle et législatives ». 

« La réunion entre le commandement des forces armées et des représentants religieux, nationaux et des mouvements de la jeunesse a pris fin. La publication des résultats de cette réunion interviendra dans une heure », a affirmé de son côté l’armée sur sa page Facebook officielle, soit 19H30 GMT. 

M. ElBaradei, Tawadros II et le grand imam Ahmed Al-Tayeb d’Al-Azhar, la principale autorité sunnite, avaient rencontré dans la journée les chefs militaires.

Sept morts dans des affrontements entre pro et anti-Morsi au Caire

Source: Belga© reuters.

Sept personnes ont péri mardi dans des affrontements entre partisans et opposants du président islamiste Mohamed Morsi au Caire, où les deux camps manifestent en masse, ont indiqué des sources médicales à l’AFP.

Ces heurts dans le quartier de Guizeh (sud) ont également fait des dizaines de blessés, dont plusieurs ont été grièvement touchés par des tirs, ont précisé ces sources.

Les deux camps ont à nouveau mobilisé mardi d’importantes foules au cours de démonstrations de force rivales, à la veille de l’expiration d’un ultimatum de l’armée au chef d’Etat islamiste.

Des heurts ont également éclaté dans d’autres quartiers de la périphérie du Caire et dans la province de Beheira.

Les militaires ont donné lundi soir 48 heures à M. Morsi pour « satisfaire les revendications du peuple », faute de quoi ils présenteraient une « feuille de route » visant à sortir de la crise.

L’opposition a salué cet ultimatum, y voyant un appui de poids dans sa volonté de pousser vers la sortie M. Morsi, accusé de vouloir instaurer un régime autoritaire au profit du mouvement des Frères musulmans, la formation dont il est issu.

Les partisans du chef de l’Etat insistent quant à eux sur la « légitimité » du premier président démocratiquement élu de l’histoire du pays, et dénoncent une tentative de coup de force pour le démettre.

Morsi rencontre le chef de l’armée

Source: Belga© afp.

Le président islamiste égyptien Mohamed Morsi a rencontré mardi le chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, pour parler de la crise politique qui secoue le pays, a-t-on appris de sources présidentielle et militaire.

Cet entretien survient à 24 heures de l’expiration d’un ultimatum de l’armée, rejeté par M. Morsi, enjoignant le président à « satisfaire les revendications du peuple » après des manifestations massives pour réclamer son départ.

Aucune précision n’a été donnée sur ces entretiens. L’armée égyptienne a déclaré lundi que si aucun accord n’était trouvé d’ici à mercredi, elle imposerait une « feuille de route » pour sortir de la crise. L’institution militaire a par la suite assuré qu’elle ne préparait pas un « coup ». La présidence égyptienne a répondu en affirmant que la déclaration de l’armée n’avait pas reçu son aval, et en présentant M. Morsi comme seul garant d’un dialogue politique pour sortir de la crise.

Des nouvelles manifestations rivales de partisans et d’adversaires de M. Morsi se sont formées mardi après-midi en plusieurs endroits du Caire.

Explosion de joie place Tahrir après la déclaration de l’armée Egyptienne

Source: Belga© ap.

Les manifestants réclamant le départ du président islamiste Mohamed Morsi ont explosé de joie sur la place Tahrir au Caire après la déclaration de l’armée affirmant que « les demandes du peuple devaient être satisfaites ».

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« Morsi n’est plus notre président, Sissi avec nous », ont scandé les manifestants, en référence au général Abdel Fattah al-Sissi, chef de l’armée et ministre de la Défense, dont la photo est apparue à l’écran pendant la lecture de la déclaration télévisée du commandement militaire.

© ap.

Deux manifestants brandissent un drapeau égyptien lors du rassemblement anti-Morsi au Caire, le 30 juin - Photo AFP.

 

Cri de colère du Prix Nobel de la paix, l’Egyptien Mohamed El-Baradei, contre l’état de déliquescence de son pays et l’incompétence des dirigeants islamistes.

 

Deux ans après la révolution qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir, l’Egypte est un Etat en déliquescence. Selon l’indice des Etats en faillite, nous sommes passés de la 45e place, un an avant la chute du dictateur, à la 31e. Je n’ai pas regardé où nous en étions dernièrement parce que je n’ai pas envie de déprimer davantage. Mais les preuves de cette aggravation sont autour de nous.

Nous assistons aujourd’hui à une érosion de l’autorité de l’Etat égyptien. Il est censé assurer la sécurité et la justice. Mais l’Etat de droit est en voie de désintégration. En 2012, les meurtres ont augmenté de 130 %, les vols de 350 % et les enlèvements de 145 %, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Des gens se font lyncher en public sous les yeux de passants qui s’arrêtent pour prendre des photos. Nous sommes au XXIe siècle, pas pendant la Révolution française. Résultat, les gens pensent qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Et naturellement cette situation crée beaucoup de peur et d’angoisse. On ne peut pas demander à l’économie égyptienne de fonctionner normalement dans ces conditions. Egyptiens ou étrangers, ceux qui ont de l’argent n’investissent pas. Lorsque l’Etat de droit n’est plus respecté, lorsque les institutions ne fonctionnent plus et que vous ne savez pas ce qui peut se passer le lendemain, il est naturel de rester prudent.

Résultat, les réserves de devises étrangères sont épuisées, le déficit budgétaire s’élèvera à 12 % du PIB cette année et la monnaie perd de sa valeur. Près d’un quart des jeunes Egyptiens se lèvent le matin et restent désœuvrés toute la journée. Dans tous les domaines, les facteurs économiques fondamentaux sont dans le rouge. Au cours des prochains mois, l’Egypte risque de se trouver en cessation de paiement de sa dette extérieure.

« Ces gens n’ont pas les compétences pour gouverner »

Le gouvernement tente désespérément d’obtenir une ligne de crédit ici ou là, mais ce n’est pas ainsi qu’il relancera l’économie. L’Egypte a besoin d’investissements étrangers, d’une politique économique cohérente, d’institutions efficaces et de main-d’œuvre qualifiée. Le gouvernement égyptien n’a toujours pas réussi à proposer une vision globale, il ne prend que des mesures économiques ponctuelles sans maintenir de cap ferme. En décembre, il a adopté un plan d’austérité pour se conformer aux exigences du Fonds monétaire international (FMI) et l’a suspendu le lendemain. Pendant ce temps, les prix grimpent en flèche et la situation devient intenable, notamment pour près de la moitié de la population qui vit avec moins de deux dollars par jour. Le pouvoir exécutif ne sait tout simplement pas comment diriger le pays. Ces gens n’ont pas les compétences pour gouverner.

Cela fait des mois que l’opposition rappelle au président Morsi que l’Egypte a besoin d’un gouvernement compétent et impartial, au moins jusqu’aux prochaines élections législatives. Nous avons besoin d’une commission pluripartite pour amender la Constitution, dont à peu près tout le monde s’accorde à dire qu’elle ne garantit ni un bon équilibre des pouvoirs, ni les droits et libertés fondamentales. Nous avons besoin d’une coopération politique entre partis établis – y compris ceux de sensibilité islamique – et les Frères musulmans, qui représentent probablement moins de 20 % de la population. Ces recommandations n’ont pas été entendues. Le gouvernement perd également du terrain car, en dépit de ses beaux discours, il s’est révélé incapable de tenir ses promesses. Les gens veulent de la nourriture, des soins, de l’éducation, autant de choses que les Frères musulmans ne leur ont pas apportées. On ne peut pas se nourrir de la charia.

Les Egyptiens disent aujourd’hui quelque chose d’encore impensable hier : ils réclament le retour de l’armée. Nous pourrions également assister à une révolte des pauvres, ce qui serait désastreux. Il y a pire qu’un Etat en déliquescence, et je crains que l’Egypte soit à la veille de le découvrir

 

Courrier International

Sept morts dans des heurts entre pro et anti-Morsi

Source: AFP© epa.

Sept personnes ont été tuées dimanche dans des heurts entre partisans et adversaires du président islamiste égyptien Mohamed Morsi. Celui-ci a été hué lors de manifestations monstres organisées dans tout le pays pour réclamer son départ, un an après son investiture.

© reuters.
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Les cortèges, d’une ampleur sans précédent depuis la révolte qui fit chuter Hosni Moubarak début 2011, ont défilé en scandant « dégage » et « le peuple veut la chute du régime ».

L’armée estime à « plusieurs millions » le nombre de manifestants anti-Morsi descendus dans la rue, a déclaré à l’AFP une source militaire. Il s’agit « de la plus grande manifestation de l’histoire de l’Egypte », a ajouté cette source sous couvert de l’anonymat.

Cinq personnes ont été tuées au sud du Caire, dans la vallée du Nil: trois à Assiout, une à Beni Souef et une à Fayoum.

« Le peuple veut la chute du régime »
Des dizaines de milliers d’Egyptiens sont descendus dans la rue au Caire et en province dimanche, premier anniversaire de l’arrivée au pouvoir du président Mohamed Morsi, pour l’accuser de gouverner au seul profit des islamistes et réclamer sa démission.

Sur la place Tahrir dans le centre du Caire, site emblématique de la révolte qui fit chuter le régime de Hosni Moubarak en février 2011, la foule a afflué en scandant « le peuple veut la chute du régime ».

De nombreux manifestants brandissaient des cartons rouge portant l’inscription « dégage » à l’adresse du président, issu du mouvement des Frères musulmans.

Des manifestations anti-Morsi ont également lieu à Alexandrie (nord), deuxième ville du pays, à Menouf et Mahallah, dans le delta du Nil, ainsi qu’à Port-Saïd et Suez, sur le canal du même nom, ou encore dans la ville natale de M. Morsi, Zagazig, au nord-est du Caire.

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Egypte: Les opposants à Morsi revendiquent 22 millions de signatures

Source: Belga© epa.

Les organisateurs de la campagne Tamarrod (rébellion en arabe) qui réclame la démission du président islamiste égyptien Mohamed Morsi, ont affirmé samedi que leur pétition avait recueilli plus de 22 millions de signatures.

« Nous avons recueilli 22.134.465 signatures pour notre pétition », a déclaré le porte-parole de Tamarrod, Mahmoud Badr, lors d’une conférence de presse à la veille d’une manifestation devant le palais présidentiel pour réclamer le départ du chef de l’Etat. Le dernier chiffre avancé par la campagne faisait état de 15 millions de signatures.

Avec une population de plus de 80 millions d’Egyptiens, ce chiffre est supérieur à celui des électeurs ayant voté pour M. Morsi -13,23 millions, soit 51,7% des suffrages exprimés- au second tour de la présidentielle en juin 2012.

Les partisans de M. Morsi font toutefois valoir que cette pétition n’a pas de valeur constitutionnelle, et que seules des élections peuvent décider du maintien ou du départ d’un chef d’Etat.

M. Morsi a indiqué récemment qu’il comptait rester jusqu’à l’échéance de son mandat, en juin 2016.

Les manifestations de dimanche à l’appel de Tamarrod et d’autres formations de l’opposition correspondent à la date du premier anniversaire de l’investiture de M. Morsi.

L’opposition accuse M. Morsi de gouverner au seul profit de sa formation d’origine, les Frères musulmans, et de vouloir reproduire un système autoritaire. Ses partisans mettent en revanche l’accent sur sa « légitimité », acquise par un vote démocratique.

La fortune des Moubarak évaluée à 1,2 milliard de dollars

Source: Belga© afp.

La fortune du président égyptien déchu Hosni Moubarak, de son épouse Suzanne, de ses fils Alaa et Gamal et de leurs épouses est évaluée à neuf milliards de livres égyptiennes (environ 1,2 milliard de dollars US), a indiqué jeudi le Parquet général.

C’est la première fois qu’un tel chiffre est apporté de source officielle pour la fortune des Moubarak, qui a fait l’objet de nombreuses spéculations ou d’informations partielles depuis la chute du régime en février 2011 après une révolte populaire.

« Les rapports de l’Autorité de surveillance administrative, de l’Autorité des gains illicites et de l’Autorité centrale des comptes (trois organismes chargés de la surveillance des institutions publiques) ont prouvé » que la fortune des Moubarak s’élevait à 9 mds de livres égyptiennes, a affirmé devant la cour criminelle du Caire Mahmoud al-Hefnawy, un représentant du Parquet.

Cette estimation inclut les biens des épouses d’Alaa et Gamal Moubarak, Heidi Rassekh et Khadiga al-Gammal.

La somme inclut « la valeur de leur fortune en liquide et en actions dans des compagnies en Egypte », a dit M. Hefnawy, cité par l’agence officielle Mena. Les sommes en liquide représentent 3 mds de livres, les actions environ 5 mds et les biens immobiliers un milliard, a-t-il précisé sans donner plus de détails, notamment sur des avoirs et des biens à l’étranger.

« Moubarak a utilisé son pouvoir et s’est enrichi, lui et ses proches », a-t-il ajouté.

Hosni Moubarak, 85 ans, et ses deux fils sont détenus dans une prison au sud du Caire.

L’ex-président avait été condamné à la réclusion à perpétuité en 2012 pour complicité dans la mort de manifestants durant la révolte et pour des accusations de corruption mais ce jugement avait été annulé, amenant la justice à organiser un nouveau procès ouvert en mai dernier.

Ses deux fils avaient été acquittés, mais maintenus en détention préventive pour corruption.

Mme Moubarak, placée en détention préventive après la chute du régime, avait obtenu sa mise en liberté en mai 2011 après avoir remis à l’Etat 570.000 dollars environ d’avoirs personnels. Ses deux belles-filles sont aussi en liberté et ne sont pas poursuivies

AFP

Mis en ligne le 02/06/2013

La Haute cour constitutionnelle a jugé non constitutionnels la loi ayant régi l’élection du Sénat ainsi que les critères de sélection des membres de la commission constituante.

La justice égyptienne a invalidé dimanche le Sénat dominé par les islamistes, qui assume le pouvoir législatif en l’absence d’Assemblée, ainsi que la commission qui a rédigé une Constitution controversée adoptée en décembre, ont annoncé les médias officiels.

La Haute cour constitutionnelle a jugé non constitutionnels la loi ayant régi l’élection du Sénat ainsi que les critères de sélection des membres de la commission constituante, selon l’agence officielle Mena.

Le président de la cour, Maher al-Beheiry, a affirmé que le Sénat pouvait rester en place jusqu’à l’élection d’un nouveau Parlement, mais qu’il ne devait pas légiférer, ont précisé des sources judiciaires.

Plusieurs plaintes faisant état d’irrégularités dans le mécanisme électoral avaient été déposées contre le Sénat dominé par les islamistes, qui assume le pouvoir législatif jusqu’à l’élection d’une nouvelle Assemblée du peuple, la précédente ayant été dissoute sur ordre de la justice.

La commission constituante, également dominée par les islamistes, avait aussi fait l’objet de plusieurs plaintes, car accusée d’avoir rédigé un texte non représentatif de tous les Égyptiens. L’instance avait été boycottée par les libéraux, la gauche et les représentants de la communauté chrétienne.

Les conséquences de l’invalidation de cette commission n’étaient pas encore claires dans l’immédiat.