Articles Tagués ‘Education’

Quatre adolescents, âgés entre 13 et 16 ans, ont été interpellés samedi dernier à Molenbeek, où ils s’étaient rendus à la suite d’un message diffusé sur Facebook, appelant à une bagarre entre deux bandes de jeunes, a indiqué lundi le parquet de Bruxelles. Un des suspects, âgé de 14 ans, détenait une arme factice et un mineur de 13 ans a jeté des pierres sur un véhicule de police. Les quatre adolescents ont été mis à la disposition du parquet. Un appel a été lancé via Facebook pour organiser une bagarre entre deux bandes de jeunes nommées « Bonnevie » et « Anderlecht ». Une trentaine de jeunes ont répondu à cet appel et se sont rassemblés sur la place des Etangs Noirs à Molenbeek. Une patrouille de la police locale a remarqué l’attroupement et à sa vue, une vingtaine de jeunes ont pris la fuite vers le parc Bonnevie.

Plusieurs arrestations administratives ont été effectuées et peu après, des véhicules de police ainsi que des bikers ont été la cible de jet de pierres.

Un adolescent de 14 ans a été interpellé pour port d’arme factice et un autre âgé de 13 ans pour jet de pierre sur un véhicule de police. Enfin, deux mineurs âgés de 15 et 16 ans, qui avaient l’intention de prendre part à la bagarre, ont également été interpellés.

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La mobilité scolaire peine à séduire les élèves

Publié: 7 août 2013 par estellavaras dans Belgique
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Stéphanie Bocart Publié le mercredi 07 août 2013 à 05h39 – Mis à jour le mercredi 07 août 2013 à 09h40

Belgique

 

Depuis 2011, les élèves du secondaire peuvent partir à l’étranger dans une école d’accueil. Grâce aux programmes d’échanges Expedis et Comenius. Mais les candidats manquent à l’appel.

Expedis

 

Lancé en 2011 par la Fédération Wallonie-Bruxelles, le programme Expedis (1) s’adresse à tous les élèves de la 3e à la 6e année de l’enseignement secondaire ordinaire ou spécialisé (forme 4). Il entend offrir aux élèves la possibilité de fréquenter un établissement scolaire d’une autre communauté linguistique belge ou d’un autre pays pendant une période oscillant d’un mois à une année scolaire entière. « Ce programme permet de détacher temporairement un élève de son école d’origine vers une école d’accueil et une famille d’accueil, tout en respectant une série de critères , explique-t-on à la Direction générale de l’enseignement obligatoire (DGEO). Avant la mise en place d’Expedis, les élèves qui le souhaitaient partaient à l’étranger, mais, soit ils s’inscrivaient dans des écoles de langues, soit ils partaient comme cela, sans aucun contrôle. C’était un risque en quelque sorte. Ici, ce sont des mobilités certifiées : ce programme est lié à l’équivalence du niveau des études. »

Concrètement, toutes les dispositions sont prises, tant par l’école d’origine que l’école d’accueil, pour que soit assuré le continuum pédagogique. De même,  « l’école d’origine s’engage à soutenir l’élève avant, pendant et après son retour »  , précise-t-on à la DGEO. Tout au long du séjour,  « il y a un mécanisme de soutien, propre à chaque école; l’élève à l’étranger n’est pas abandonné »  . Et à son retour, l’école veille « à garantir sa réintégration harmonieuse » dans sa classe, que ce soit via des cours de remédiation, des dispenses d’examens pour certaines matières, etc.

Cadre privé ou organisé

Pour partir dans le cadre du programme Expedis, l’élève (et ses parents) a le choix entre deux formules : via un organisme de coordination (2) ou dans un cadre privé. Si l’élève et sa famille optent pour un voyage coordonné par un organisme agréé, la durée du séjour peut s’étendre d’un mois à une année scolaire entière. En revanche, l’élève qui choisit de partir dans un cadre privé pourra partir jusqu’à trois mois maximum.

Mais, en tout état de cause, il n’y a pas de bourse. « Ce sont les parents qui financent le séjour de leur enfant , souligne la DGEO. Dans quelle proportion ? Cela, on ne peut pas le déterminer. Si les parents font appel à un organisme de coordination, évidemment que les frais sont plus importants. Mais si l’élève part dans un cadre privé, chez de la famille ou des amis, par exemple, les frais sont différents. »

Ce facteur financier pourrait-il expliquer, en partie, que le programme Expedis attire peu d’élèves ? En 2012-2013, première année de la mise en œuvre effective d’Expedis, 67 élèves ont effectué un voyage d’une période moyenne de trois mois; 9 d’entre eux ont séjourné en Flandre, 31 dans un pays de l’UE (7 aux Pays-Bas, 5 en Espagne, 4 en Allemagne, 2 au Portugal, 1 en Autriche) et 27 dans un pays extracommunautaire (7 aux USA, 6 au Canada, 5 en Australie, 5 en Nouvelle-Zélande). Parmi ces 67 élèves, 10 sont partis dans un cadre privé.

Pour l’année à venir, l’Administration a reçu 80 demandes d’élèves, dont 16 dans un cadre privé. Principales destinations ? Le Canada (40), la Flandre (12) et les USA (6).

Selon la DGEO,  « un programme comme Expedis dépend avant tout de la motivation de l’élève. Et puis, il faut que l’école soit derrière lui; elle doit être d’accord et le soutenir. Expedis n’est pas un programme imposé, obligatoire »  . Par ailleurs,  « ce dispositif ouvre le champ d’action vers des parents qui ne font pas appel à un organisme de coordination. Il y a des parents qui se débrouillent très bien seuls pour trouver une famille d’accueil »  . Enfin, mis en place il y a deux ans, Expedis  « doit encore se faire connaître auprès du public »  .

(1) Plus d’infos sur www.enseignement.be

(2) Il y a cinq opérateurs : Kasteel Van Velm, WEP, Education First, AFS et YFU ASBL.

 

Comenius

 

Cette année, 33 élèves s’embarqueront dans l’aventure d’un séjour individuel en Europe, dans le cadre du programme européen de mobilité scolaire Comenius (1).

Calqué sur le même fonctionnement que « son grand frère » Erasmus, le programme d’échanges pour l’enseignement supérieur, Comenius est destiné aux élèves ayant minimum 14 ans. Il leur permet d’effectuer un séjour de trois à dix mois dans un établissement scolaire d’accueil et dans une famille d’accueil à l’étranger. « Dans les faits, en Communauté française, toutes les demandes ne dépassent pas quatre mois, c’est-à-dire un trimestre  , informe Manoëlle Joos, responsable du programme Comenius au sein de l’Agence francophone pour l’éducation et la formation tout au long de la vie (AEF Europe). Quand les élèves reviennent dans leur école d’origine, le trimestre passé à l’étranger est reconnu et ils ne repassent pas les examens puisqu’ils ont déjà été testés à l’étranger. » Cela étant,  « il ne faut pas se faire d’illusions : une grille horaire belge est assez différente des grilles horaires en Europe – on ne va jamais trouver un cours de néerlandais en Roumanie ! Il y a donc quand même une certaine adaptation des grilles horaires. Notre agence veille à respecter les options des élèves et puis va chercher à l’étranger des cours qui n’existent pas ici pour élargir leurs connaissances, éveiller leur curiosité »  .

Financé par la Commission européenne, le programme Comenius permet aux établissements qui y prennent part de recevoir une subvention. Celle-ci couvre : une allocation mensuelle (environ 120 euros/mois) versée aux élèves (ou à leurs parents), les frais de voyage (aller-retour) des élèves, l’organisation de la mobilité (courriers, coups de téléphone, réunions,…), et la préparation linguistique de chaque élève.  « De plus, les écoles reçoivent une subvention supplémentaire par élève étranger qu’elles accueillent dans leur établissement. »

Des partenariats préalables

Toutes les écoles ne peuvent pas intégrer le programme Comenius. Il est, en effet, réservé aux seuls établissements scolaires participant ou ayant participé à un partenariat scolaire multilatéral ou bilatéral Comenius. Soit, à ce jour, 180 écoles. « Comme il s’agit de mobilité mineure, l’idée est que les écoles qui vont s’échanger des élèves se connaissent au préalable et que les équipes pédagogiques se connaissent également , explique la responsable du programme, pour pouvoir assurer un encadrement adéquat des élèves du point de vue de la sécurité ainsi qu’un encadrement pédagogique. » Néanmoins, « le programme Comenius va connaître une refonte pour 2014-2020 , enchaîne-t-elle. Il est possible qu’à l’avenir, cette restriction de participer ou d’avoir participé à un partenariat préalable Comenius saute, ce qui ouvrirait les possibilités à de nombreuses écoles d’intégrer le programme » .

Un projet à long terme

Depuis son lancement en 2011, le programme de mobilité scolaire Comenius n’a pas encore séduit beaucoup d’élèves : 13 en 2011-2012, 23 en 2012-2013 et 33 pour la prochaine rentrée. Des chiffres qui tranchent avec les près de 3 000 étudiants qui partent chaque année à l’étranger dans le cadre du programme Erasmus. « Erasmus existe depuis vingt-cinq ans , rappelle Mme Joos. Si on reprend les chiffres d’Erasmus en 1987, ils n’étaient pas meilleurs. »

Il n’en reste pas moins que Comenius manque de candidats : « Nous avons une enveloppe de 65 000 euros pour financer la mobilité des élèves , reprend-elle. Or, elle n’est utilisée qu’aux deux tiers, car nous n’avons pas assez de candidatures. »

En cause ? Manoëlle Joos avance trois raisons. Primo, « il y a eu un manque de communication. Quand notre nouvelle équipe est arrivée en 2007 , se souvient-elle, on s’est rendu compte que le programme était très peu connu en Communauté française alors qu’il existe depuis 1995. Mais le bouche-à-oreille commence à faire son œuvre » . Secundo, « il y a effectivement la lourdeur du programme , reconnaît-elle. La mobilité Comenius demande beaucoup d’investissement de la part des écoles et quand elles le mettent en œuvre c’est un vrai projet d’école à long terme, qui doit être pensé un ou deux ans à l’avance. Or, les enseignants qui se lancent dans ce type de programme le font en plus : il faut donc trouver les bonnes volontés dans les écoles » . Tertio,  « il y a une culture de la mobilité qui n’est pas présente dans les établissements scolaires, les projets pédagogiques, chez les parents,… Dans des pays comme la Suède ou la Finlande, c’est plus que normal que tous les élèves partent en mobilité »  .

Cependant, « chaque année il y a un peu plus d’élèves et d’écoles qui participent , relève Mme Joos, même si cela reste marginal par rapport à la masse d’élèves en Communauté française. Mais je pense que c’est un bon départ » .

(1) Plus d’infos sur www.aef-europe.be

Marcel Linden, Correspondant en Allemagne

Mis en ligne le 06/05/2013 sur le site de lalibre.be

Ali Kemal Gün, psychologue à Cologne,explique comment la communauté turque a vécu les méfaits du NSU.

La communauté turque d’Allemagne et les immigrés en général suivront avec émotion le procès qui s’ouvre ce lundi devant le tribunal supérieur de Munich contre les terroristes d’extrême droite du « Nationalsozialistischer Untergrund » (NSU), un groupuscule accusé du meurtre de huit Turcs, d’un Grec et d’une policière allemande.

Quand on a appris en novembre 2011 que ceux-ci étaient les victimes de néonazis et non pas d’une prétendue mafia turque, les trois millions de Turcs vivant en Allemagne, dont la moitié a la nationalité allemande, ont pris peur.

Le fait qu’en Allemagne, le « père » Etat ait subi une grave défaillance en ne réussissant pas à mettre fin à la série d’assassinats les a marqués, explique le docteur Ali Kemal Gün, psychothérapeute et psychologue turc, que « La Libre Belgique » a interrogé à la clinique psychiatrique rhénane LVR de Cologne.

Il y a vingt ans, ce psychologue avait soigné les victimes turques de l’incendie criminel de Solingen.

Le procès contre le groupe terroriste NSU va-t-il pouvoir panser les plaies ?

Je pense que le tribunal ne pourra pas tirer au clair ce qui a mal tourné avec le travail des autorités. On n’éclaircira pas les dessous de l’affaire. C’est pourtant l’attente de la communauté turque et des immigrés en général. Les Turcs sont un symbole pour la xénophobie qu’entretient l’extrême droite. En attaquant des personnes d’origine turque, ils ont voulu dire : « Nous sommes contre les immigrés ».

Les attentes sont-elles très élevées ?

Oui, très élevées. Les personnes d’origine turque veulent deux choses : la peine maximale; et, ce qui est plus important, que le tribunal éclaire l’arrière-plan. Pourquoi ? L’attaque contre un homme qui vise en fait tout un peuple est une expérience traumatisante. Les proches des victimes, mais aussi ceux qui s’identifient avec eux, subissent un traumatisme.

Les Allemands d’origine turque pensent : « Cela peut aussi m’arriver, je suis aussi une cible potentielle. » Cela crée un sentiment de peur et d’insécurité. On n’est plus sûr dans la société, on se sent en danger. On perd confiance dans l’Etat de droit. Le procès devra aider à restaurer la confiance. Car, sans cela, les immigrés continueront à se sentir mal à l’aise dans la société allemande.

Toutefois, le tribunal devra surtout juger si Beate Zschäpe est coupable ou non, sans se prononcer sur l’éventuelle défaillance des autorités.

Je crois que le tribunal suivra toutes les pistes pour savoir pourquoi les choses ont mal tourné. Beate Zschäpe ne sait pas tout, mais elle en sait plus que ce qui est connu actuellement. Nous, psychothérapeutes, parlons d’un traumatisme secondaire. L’immigré se dit : « Je ne suis pas directement touché, mais la connaissance de la chose peut avoir une influence sur moi. » Peut-être que je figure aussi sur la liste. Vous penseriez de même, si on avait tué dix Belges. Les assassinats ont commencé en 2000 et pendant plus de dix ans on n’a pas su qui en étaient les auteurs. C’est un fait unique dans l’après-guerre que l’Etat n’ait pas réussi à mettre fin à une longue série de meurtres. Il est indécent de parler de ratages. Cela n’explique rien : il y a dû y avoir un système derrière.

Une conjuration ?

Non, pas de conjuration. Deux jours après l’attentat à la bombe de la Keupstrasse à Cologne de 2004, le ministre social-démocrate de l’Intérieur Otto Schily avait déclaré sur place que ce n’était pas un acte terroriste, mais un crime commis par le milieu. Mais d’où le savait-il ? Devant la commission d’enquête du Bundestag il a dit l’an dernier : « J’endosse la responsabilité. » Oui, mais pour quoi ? Mon hypothèse est qu’il dissimule quelque chose. Quelques jours après l’attentat, on a distribué dans un tram de Cologne des tracts où des extrémistes de droite saluaient l’agression. J’ai pris peur quand Schily a dit que ses informations, il les tenait du centre opérationnel du ministère. Mais quelle est la véritable source d’information ? Après tous ces attentats, la police a pendant des années littéralement terrorisé les proches parents des victimes. Elle a dit aux épouses : « Admettez que votre mari avait une amie, qu’il vous trompait, qu’il trafiquait. » Les attentats ont causé une blessure. Comment la guérir ? Voila ce qui importe. Le dédommagement financier ne peut pas aboutir. Le gouvernement fédéral a payé un million d’euros que doivent se partager plus de cinquante proches parents. On ne peut pas effacer avec de l’argent une douleur que les familles ont supportée pendant des années. Cela est offensant. Un accompagnement psychologique est plus important.

La communauté turque avait déjà été traumatisée il y a vingt ans avec les incendies criminels de Mölln en novembre 1992, tuant trois Turcs, et de Solingen en mai 1993 avec cinq morts. Vous aviez soigné des survivants de l’attentat de Solingen.

Solingen a été le premier tournant dans la progression de la xénophobie, les assassinats du NSU le second tournant. Au début des années 90, il y avait eu des incendies criminels contre des réfugiés à Hoyerswerda et à Rostock. Les Turcs, anciens résidents, ne se sentaient pas concernés. A Mölln, on n’était pas encore sûr que les Turcs fussent visés. A Solingen, c’était manifeste.

Dans la langue turque, il y a un proverbe : « La justice l’emportera. » Pour les Turcs, l’Etat est le père. Ils pensent maintenant qu’en Allemagne le « père » Etat a subi une défaillance.

Après Solingen, les personnes touchées avaient bénéficié de beaucoup de sympathie de la part de la population et du monde politique. Après les attentats du NSU, on n’a pas aidé les proches. Un blessé turc de la Keupstrasse de Cologne s’est suicidé l’an dernier. Il était traumatisé; personne ne l’a aidé. Il a beaucoup bu, encore plus qu’auparavant. Il faut présumer que l’attentat a largement contribué à son suicide.

A Solingen, la police avait arrêté de suite de jeunes extrémistes de droite, ce qui avait déclenché une vague de solidarité. Dans le cas des meurtres du NSU, cette solidarité n’a pas joué parce qu’on ne connaissait pas les auteurs des attentats.

Depuis Solingen, l’hostilité à l’égard des immigrés a gagné du terrain. Il y a eu le livre de Thilo Sarrazin. Aujourd’hui, la société allemande est moins sensible qu’à l’époque de Solingen. Au passif, il y a aussi l’immixtion de l’Etat turc avec des accents nationalistes. Ainsi, Bekir Bozdag, ministre pour les Turcs de l’étranger, a lancé: « Quoi qu’il arrive, le tribunal allemand ne sera pas indépendant. » Les immigrés sont pris entre deux feux. D’une part, la Turquie ne les aide pas, d’autre part, Ankara leur dit qu’ils sont des Turcs et ne doivent pas s’assimiler. Pourtant, il est important que leur intégration aboutisse. Un Turc intégré a l’impression de trahir son pays.

Dans un récent incendie, dans le sud de l’Allemagne, il y a eu quatre victimes turques. Le ministre Bozdag s’est emporté. Les autorités allemandes ont alors autorisé six inspecteurs turcs à vérifier sur place que cet incendie n’avait pas d’origine criminelle. Kenan Kolat, le président de la communauté turque en Allemagne, a dit que pour chaque incendie criminel, il faut partir d’un acte xénophobe. Cela est absurde.

On pourrait dire que la communauté turque est hypersensible. Le fait est qu’il y a un manque de confiance et un traumatisme collectif, non pas pathologique, mais qui se base sur des expériences faites dans le passé.

Le clip était annoncé depuis quelques semaines. Personne ne s’attendait à tant de réactions outrées. Dans son dernier clip, College boy, sorti en exclusivité sur Le Parisien.fr, le groupe de musique français Indochine évoque le harcèlement à l’école.

Six minutes d’un court-métrage tourné en noir et blanc par le réalisateur québecois Xavier Dolan. Une esthétique irréprochable, mais des images d’une rare violence : un jeune garçon harcelé par ses camarades est crucifié avant d’être exécuté par balles devant une assemblée aveugle.

Les images choquent. Pour certains, trop. Françoise Laborde, membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), a estimé sur Europe 1 que ces images étaient d’une violence « insoutenable », et qu’elles n’avaient « pas leur place en journée sur des chaînes de musique ».

« On va l’étudier évidemment en groupe de travail. Mais il devrait y avoir au minimum une interdiction aux moins de 16 ans et peut-être une aux moins de 18 ans », a jugé Mme Laborde, qui préside le groupe de travail sur la jeunesse et la protection des mineurs au CSA. « On avait interdit aux moins de 18 ans un clip deMarylin Manson il y a quelques années. On pourrait refaire quelque chose d’approchant », a-t-elle ajouté.

DES IMAGES OUTRANCIÈRES

Eric Debarbieux, chargé de la prévention de la violence en milieu scolaire, a estimé que « ce clip d’Indochine est une œuvre artistique, qui en cela doit être respectée et qui a le mérite de rappeler l’importance et la gravité du phénomène de harcèlement à l’école. Il n’est pas question de censure ».

« Mais je dois souligner le caractère outrancier de ces images, qui sont d’une violence insoutenable », a-t-il ajouté. « Ce qui est dommage, c’est que ce film ne montre aucune solution, alors qu’elles existent. Il n’y a pas de fatalité au harcèlement. Les pays qui ont mis en place des politiques énergiques contre ce phénomène, comme la Finlande, sont parvenus à le diviser par trois. »

« PLUS ÉDUCATIF QU’AUTRE CHOSE »

Dans une interview au Parisien, Nicolas Sirkis, leader d’Indochine, tente d’expliquer sa démarche : « La violence du clip n’est pas gratuite. Pour moi, c’est la même démarche que lorsque la sécurité routière réalise un clip choc poursensibiliser aux accidents de la route. C’est plus éducatif qu’autre chose. » Pour lui, il s’agit d’« une réalité qui existe ». En effet, selon une enquête du ministère de l’éducation nationale, un élève sur vingt se dit harcelé de manière sévère ou très sévère. Un malaise qui peut parfois mener jusqu’au suicide.

« On ne cherche pas le scandale. Je comprendrais très bien que le clip ne passe pas en journée à la télé. Je ne crierai pas à la censure. Et malheureusement je pense que les ados voient des choses bien plus horribles que ça », a ajouté le chanteur.

De son côté, Xavier Dolan reconnaît la violence de son clip. Dans une interview à Bande à part, il explique avoir eu carte blanche pour la réalisation de ce court-métrage. Pour lui, « il n’y a pas d’ambiguïté dans le message de non-violence du clip. On est immédiatement dans l’empathie avec le personnage. Pour moi, la société fonctionne selon le concept de meute. On en fait partie ou pas. Et c’est très difficile de s’y opposer, d’être contre un ensemble de personnes ».

« On voulait envoyer aux jeunes une illustration logique et concrète de la violence dont ils sont victimes, acteurs ou observateurs », a-t-il expliqué. La lutte contre le harcèlement à l’école doit se faire avec « des méthodes plus radicales que des clips publicitaires de trente secondes » que personne ne regarde, a estimé le Montréalais.

« VIOLENCE IN REAL LIFE »

Sur Twitter également le débat a été  tendu. D’un côté, les détracteurs d’une violence qui n’a pas sa place à la télévision. Et de l’autre, les promoteurs d’une sensibilisation à des problèmes vécus par des adolescents dans la vraie vie, comme les journalistes Emilie Mazoyer et Morgane Tual :

Dans "College boy" Indochine et Xavier Dolan dénoncent le harcèlement que subissent certains jeunes en milieu scolaire, avec des images très violentes.

La libre belgique

Outre un plan de prévention de la radicalisation violente, la ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet (CDH), proposera également à ses collègues vice-Premiers ministres, réunis en kern ce matin, d’examiner une série de propositions consacrées plus particulièrement à la problématique des jeunes Belges, parfois mineurs, qui sont partis ou qui partent encore combattre en Syrie. Une de ces dispositions prévoit tout simplement de retirer la carte d’identité aux jeunes que l’on soupçonne d’être tentés par un tel voyage.

La note de Mme Milquet apporte d’abord des précisions intéressantes sur l’ampleur du phénomène. Le mouvement a plutôt tendance à se stabiliser, contrairement à ce que certains médias ont affirmé. Il y aurait, pour l’instant, une soixantaine de jeunes. La présence de mineurs demeure exceptionnelle.

La ministre invite par ailleurs ses collègues vice-Premiers à se prononcer sur toute une série de suggestions qui ont été faites ces derniers temps par les services de police ou de la justice, par les acteurs de terrain, les associations ou certains parlementaires :

– l’activation de la loi du 1er août 1979. Pour rappel, cette loi interdit à des ressortissants belges de se battre à l’étranger, même dans des forces armées régulières. Elle avait été adoptée à l’époque car des Belges partaient se battre dans le Sahara occidental, un territoire revendiqué à la fois par le Maroc et le Front Polisario. Des peines de 3 mois à deux ans de prison étaient prévues dans cette loi;

– la confiscation de la carte d’identité des mineurs qui risquent de partir pour la Syrie, à la demande des parents ou de leur tuteur;

– l’établissement de nouvelles règles concernant le départ des mineurs en dehors du territoire national;

– le renforcement des contrôles aux frontières, en particulier en Belgique, mais aussi en Turquie et dans les Balkans. Des initiatives diplomatiques pourraient être prises auprès de ces pays;

– le renforcement du dispositif diplomatique dans les pays proches de la Syrie : la Turquie, la Jordanie, le Liban;

– l’envoi de signaux à l’opposition en Syrie leur demandant instamment d’éviter d’engager des combattants européens et en particulier de mineurs;

– le renforcement de la capacité d’enquête en matière de terrorisme;

– la définition de mesures préventives, en concertation avec les milieux de l’enseignement, pour éviter de nouveaux départs de jeunes vers la Syrie.

AFP

Mis en ligne le 11/04/2013 sur le site de lalibre.be

« Le régime ne peut plus enflammer la population avec une vision crédible ou cohérente d’un futur socialiste. »

Les menaces de guerre thermonucléaire brandies par Pyongyang peuvent paraître absurdes ou exagérées mais elles sont destinées d’abord à la population nord-coréenne, qui vit dans la crainte perpétuelle d’une attaque des Etats-Unis, soulignent les analystes.

Pour être remarquée à l’étranger, la rhétorique belliqueuse de la Corée du Nord doit atteindre un certain niveau. Les Nord-Coréens, eux, grandissent sur fond de propagande quotidienne: la Corée du Nord est entourée d’ennemis, menés par les Etats-Unis, qui complotent pour envahir cette nation dont les habitants appartiennent à une race pure.

« Le type au conseil de sécurité de la Maison blanche sait bien que c’est absurde mais le gars qui regarde la télévision à Pyongyang est sans doute en train d’encourager son pays à grands cris », déclare Daniel Pinkston, analyste au centre d’études International Crisis Group.

Les pénuries alimentaires sont causées par les sanctions injustes qui visent à affaiblir le Nord; la Corée du Nord doit donc consacrer ses ressources à la défense nationale pour l’assaut final, qui peut survenir n’importe quand, répète inlassablement cet endoctrinement.

« Le régime ne peut plus enflammer la population avec une vision crédible ou cohérente d’un futur socialiste. Elle tente donc de faire de la totalité de sa force de travail (…) une force auxiliaire de l’armée « , estime B.R. Myers, expert en propagande nord-coréenne, dans le New York Times.

« Les lieux de travail sont des +champs de bataille+ et tout travail renforce le pays pour la victoire finale de l’unification » de la péninsule, ajoute le chercheur de l’université Dongseo, à Busan (sud).

Les témoignages des Nord-Coréens passés au Sud soulignent que la vie professionnelle s’y déroule dans un contexte martial et guerrier. « Nous étions tout le temps en guerre, toute l’année », indique Oj Ji-Heon, qui a fui le Nord en 2010.

« Au printemps, c’était +la guerre pour la culture du riz+, l’été +la guerre pour désherber+, l’automne +la guerre pour la récolte+ et l’hiver +la guerre pour la pêche+ », raconte-t-elle au site New Focus International, tenu par des transfuges. « Chaque saison apportait un nouvel ennemi à conquérir ».

Avec un tel conditionnement, les tirades du régime promettant l’apocalypse aux Etats-Unis et à la Corée du Sud ne sont jamais mises en doute par la population nord-coréenne.

Les manifestations extrêmes de joie ou de chagrin exprimées par les foules lors de grands rassemblements déconcertent les téléspectateurs étrangers. Elles sont certes orchestrées par le régime mais cela ne signifie pas que les participants n’y croient pas.

Le régime est passé maître dans l’art d’enflammer les émotions nationalistes lors d’anniversaires, tels que la mort des deux précédents dirigeants. Le 15 avril, le pays fêtera ainsi la naissance du fondateur de la nation, Kim Il-Sung, grand-père du dirigeant actuel.

« Le Nord-Coréen moyen croit plus ou moins à la réalité telle qu’elle lui est présentée par le gouvernement », souligne Andrei Lankov, professeur à l’université Kookmin à Séoul. « Même ceux qui peuvent avoir un brin de scepticisme sont extrêmement fiers de leur pays, pensent être les victimes d’un complot américain et sous la menace imminente d’une attaque », ajoute-t-il.

Pour maintenir cette mentalité de siège, l’élite nord-coréenne s’appuie sur l’endoctrinement et un contrôle très strict de l’information.

Les nouvelles technologies –notamment les portables ou les MP3 introduits en contrebande depuis la Chine– ont permis de desserrer un tout petit peu l’étau, mais les Nord-Coréens vivent encore dans l’une des sociétés les plus reclues et les plus fermées de la planète.

« Il est aisé de +lire+ cette propagande nord-coréenne, surtout à un tel niveau, comme une paranoïa de masse. Mais les Nord-Coréens ne sont ni paranoïaques ni pleins d’illusions. C’est juste qu’ils n’ont pas accès à une réalité qui leur permettrait de remettre en doute les déclarations que (le régime) leur sert », estime Andrei Lankov.

Rédaction web de la libre.be

Mis en ligne le 29/03/2013

Des parents d’élèves se sont plaints quant aux pratiques d’un professeur américain de biologie.

Les faits se passent aux USA. Un professeur de biologie d’une certaine expérience (18 ans dans l’enseignement…) s’est fait accusé par des parents d’élèves pour avoir prononcé le mot « vagin » durant son cours, rapporte le site MagicValley. Le professeur en question, Tim McDaniel, donnait une leçon sur le système reproductif humain à des adolescents d’une quinzaine d’années.

Pas de quoi crier au scandale a priori, vu l’âge déjà « avancé » des élèves et étant donné que l’enseignement du système reproductif fait partie du programme scolaire à ce niveau.

Mais des parents d’élèves n’ont pas apprécié le fait que le professeur ait diffusé en classe la vidéo d’un herpès génital et lâché certaines blagues inappropriées.

Le professeur a quant à lui essayé de se justifier. «Tout ce que j’enseigne sort tout droit du manuel. Je n’enseigne rien que le manuel ne mentionne pas. De plus, je donne à chaque étudiant la possibilité de ne pas assister à ce cours sur la reproduction s’il ne se sent pas à l’aise», a assuré Tim McDaniel.

Et le professeur ne manque pas de soutien. Une page facebook « Sauvez le professeur de biologie » lui a été dédiée et les messages affluent…

Fabrice Voogt
Mis en ligne Dimanche 24 Mars 2013, 17h52 sur le site du soir.be

Ce 28 mars, des associations étudiantes manifesteront lors d’une journée d’action pour un enseignement de qualité pour tous et un refinancement public. Entretien avec David Mendez Yepez, président de la FEF.

  • © Le Soir

Les principales associations d’étudiants francophone et flamande, la Fédération des étudiants francophones (FEF) et la Vlaamse vereniging van studenten (VVS), participeront le 28 mars prochain à une « journée d’action nationale » dans huit villes (Bruxelles, Gand, Liège, Louvain-la-Neuve, Namur, Anvers, Mons et Louvain) pour un enseignement de qualité pour tous et un refinancement public.

À Bruxelles, les étudiants se rendront notamment aux cabinets du ministre de l’Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt (PS) et de son homologue néerlandophone Pascal Smet (SP.A). La FEF rappellera également son opposition au décret médecine, d’application depuis cette année, qu’elle considère comme une forme de sélection, ainsi que son inquiétude concernant l’absence du volet financement dans le projet de refonte de l’enseignement supérieur du ministre. Explications avec le président de la FEF, David Mendez Yepez.

Quelles sont les raisons qui poussent étudiants néerlandophones et francophones à manifester ensemble, alors que l’enseignement est une matière communautaire ?

C’est effectivement du jamais vu. On s’est retrouvé il y a quelques jours en coordination nationale avec les représentants des étudiants néerlandophones et de la VVS. On s’est rendu compte que les problèmes auxquels on est confronté sont les mêmes des deux côtés : suppression de filières, manque d’infrastructures et d’encadrement, système de financement sous forme d’enveloppe fermée qui fait qu’il n’augmente pas quand il y a plus d’étudiants… On envoie le même message : un enseignement de qualité pour tous et un refinancement public. C’est une première étape. L’année 2014 sera celle des élections. On connaît le contexte politique. On sait que ce sont les communautés qui ont en charge l’enseignement, mais cela ne doit pas les empêcher d’être ambitieux plutôt que de se complaire dans une forme de fatalisme. L’enseignement supérieur doit être un levier pour l’émancipation et permettre de gommer les inégalités sociales. Nous voulons que ce soit un enjeu national. Symboliquement, c’est important que les représentants des étudiants des deux communautés descendent en rue avec les mêmes revendications.

On ne va pas décommunautariser l’enseignement…

Bien sûr. Ce n’est pas le but. Mais on sait que l’on fait face aux mêmes manques. En 40 ans, le financement par étudiant a été divisé par deux. Résultat : on manque d’encadrement et il y a un taux d’échec très élevé. Il y a deux mesures qui pourraient faire diminuer le taux d’échec : réduire la taille des auditoires et améliorer l’évaluation continue. Mais il faut plus de moyens. Le supérieur doit rectifier les inégalités creusées par l’enseignement obligatoire. Mais la tendance est plus à l’acceptation de l’échec de la démocratisation de l’école. En temps de crise, c’est encore plus vital.

Le futur décret paysage du ministre Marcourt ne va pas dans ce sens ?

On a l’impression qu’on parle beaucoup des structures et d’institutionnel mais peu du fond, à savoir comment on garantit un enseignement de qualité pour tous. La FEF a pris soin de rester éloignée des combats de coqs, par rapport aux pôles. Nous voulons que la réforme soit bénéfique pour les étudiants. Ce ne doit pas être une fin en soi.

Quel est le message que vous lancez au ministre alors que les intercabinets ont repris et que le texte du décret pourrait bientôt passer en deuxième lecture ?

Tant qu’il n’y aura pas un plan clair pour améliorer les infrastructures, le service aux étudiants, l’aide à la réussite et tout ce qui concerne l’encadrement, ce sera difficile pour les étudiants de sentir que le projet est vraiment porteur d’une vision pour l’enseignement supérieur. Pour l’instant, très peu de nos revendications ou propositions ont été intégrées. C’est un déprimant d’aller en concertation au cabinet du ministre et de s’entendre dire qu’il n’y a plus d’argent et qu’on va définancer l’enseignement supérieur. Il y a un défaitisme terrible. Les mandataires devraient non seulement avoir une vision et y croire aussi. On vit constamment sous contrainte. Quand les étudiants ont des revendications légitimes, on leur répond qu’elles sont irréalistes. L’enseignement doit être une des réponses à la crise. Chaque euro investi peut rapporter jusqu’à quatre euros. C’est l’OCDE qui le dit.

Ça manque de souffle ?

Oui. Et de vision. On devrait plus voir l’enseignement comme un service public, un investissement qui rapporte à tous plutôt que comme une seule dépense. Notre message est donc que même si c’est une matière communautaire, l’enseignement est un enjeu national.

On n’entend pas du tout la FEF sur les pôles.

On a refusé, en tant que FEF de se cantonner au cadre défini par le ministre. Pour nous, les enjeux fondamentaux ne sont pas abordés. On ne parle pas du financement ; on ne dit pas comment on va financer les nouvelles structures ; … C’est pourtant une réforme profonde. La réforme des études de médecine aurait pu être l’occasion pour le ministre de faire son autocritique. On parle quand même de 1.600 étudiants de première année qui savent déjà, en janvier, qu’ils vont devoir étaler leur année. Cette réforme doit être revue !

Interviews: Jean-paul Duchâteau

Mis en ligne le 25/03/2013 sur le site de lalibre.be

Sa dernière version ayant été mise au point et défendue par la ministre Marie-Dominique Simonet, le décret inscription continue à susciter des points de vue divergents. Appuyé par les uns qui y voient une bonne manière de lutter contre les discriminations sociales, il est rejeté par d’autres qui considèrent qu’il prive les parents d’une liberté élémentaire. Interviews croisées.

RECTO

On stigmatise souvent le décret inscription comme le responsable de tous les maux mais c’est excessif. Une très grosse majorité d’enfants et de parents trouvent leur compte par rapport à leurs souhaits. On n’en parle pas beaucoup parce que, c’est médiatiquement normal, on entend proportionnellement plus ceux qui sont mécontents.

Marc Elsen, chef du groupe CDH au parlement de la Communauté française.

Le décret inscription de la ministre Simonet a-t-il selon vous atteint ses objectifs ?

Les objectifs à la fois de transparence et d’accessibilité pour tous à l’ensemble des établissements sont en passe d’être atteints. En tout cas, ils progressent bien. On peut aussi se réjouir du fonctionnement du dispositif qui amène, au-delà des premières étapes, un bon contact entre les directions et les familles qui permet à un maximum d’élèves de se rapprocher de leur premier choix. Ce dispositif n’est pas parfait puisqu’on n’en est pas encore à 100 % d’élèves entièrement satisfaits, mais on s’en approche. Donc, l’ensemble des objectifs qui ont fondé le décret voient effectivement une évolution positive.

Tout est donc parfait ?

A côté de cela, il faut savoir aussi admettre qu’il y a certaines régions plus particulières où la différence entre la réalité et les premiers choix est plus grande. Il y a peut-être une concentration de difficultés à Bruxelles et on ne peut que le regretter. Cela doit nous amener à trouver des solutions adaptées. A cet égard, un des enjeux majeurs est le développement des infrastructures en particulier aux endroits où cela pose le plus de problèmes. Il s’agit par cela d’apporter des solutions aux sous-régions où le mécontentement est le plus important, que l’on sait identifier par l’origine des signataires de la pétition qui a été remise au Parlement. Je ne nie pas qu’il y a un décalage dans des endroits bien ciblés entre la « demande » et « l’offre ». Nous devons faire en sorte de pouvoir développer le nombre de places. Il faut que les fonds soient mobilisables le plus rapidement possible et notamment pour le réseau libre, qui a plus de difficultés que l’officiel à mobiliser de l’argent. C’est un objectif que nous avons déjà plusieurs fois exprimé devant le Parlement. Une très grosse majorité d’enfants et de parents trouvent leur compte par rapport à leurs souhaits. On n’en parle pas beaucoup parce que, c’est médiatiquement normal, on entend proportionnellement plus ceux qui sont mécontents.

Le décret inscription a-t-il favorisé, comme on l’escomptait, la mixité sociale ?

Il est à nouveau difficile d’objectiver parfaitement parce qu’il n’y a pas de moyens de mesure. Mais je pense qu’il a probablement fait évoluer quelque peu la mixité sociale, mais pas de manière fantastique. Il y a aussi un certain nombre d’habitudes dans les inscriptions et elles n’ont pas été toutes modifiées, ce qui est d’ailleurs la preuve qu’on doit s’adapter à chaque cas. Il y a des familles qui se posent beaucoup de questions et d’autres qui continuent à travailler sur le même mode qu’elles agissaient précédemment et ce avec satisfaction. Le vrai enjeu, c’est de se dire que sur base des différentes réactions, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur des écoles, nous devons continuer à mettre toute notre force pour accroître la qualité du système scolaire. IL faut reconnaître, même si on en parle peu, que la ministre Simonet a mis en œuvre un certain nombre de chantiers pour améliorer le dispositif, particulièrement dans l’enseignement qualifiant parce que les besoins y sont plus cruciaux. On stigmatise souvent le décret inscription comme le responsable de tous les maux mais c’est excessif.

Justement, que pensez-vous des critiques de l’opposition ? Ci-contre, votre collègue MR au parlement de la Communauté française, Mme Bertieaux, cite des parents qui préféraient encore le décret Arena parce qu’il leur laissait quand même le choix final, même s’ils devaient faire la file pour inscrire leur enfant.

Je pense que l’image de notre système scolaire a été considérablement affectée par ces fameuses files interminables, avec des parents qui subventionnaient l’une ou l’autre personne acceptant de faire la file à leur place. Ce n’était bon ni pour les familles, ni pour l’image de notre système scolaire. Il est normal que les responsables de l’enseignement interviennent dans les dispositions à mettre en place en matière d’inscriptions. Le bon système, c’est celui qui fixe bien le cadre réglementaire notamment à travers l’inscription tout en privilégiant la continuité pédagogique et au maximum la liberté de choix. Mais trouve-t-on vraiment qu’avec le système à files, on favorisait le libre choix de tous les parents ? Je n’en suis pas convaincu.


VERSO

Les décrets successifs veulent forcer des choses qui doivent être libres. Ils n’ont pas de respect pour la relation parents-direction qui doit se nouer. Pour de nombreux parents que j’ai entendus, ils préféraient encore le décret Arena parce qu’avec celui-là, ils étaient encore maîtres de leur destin. On faisait la file, mais votre enfant était inscrit.

Une opinion de Françoise Bertieaux, chef de groupe MR au parlement de la Communauté française.

Quel bilan tirez-vous du décret inscription ?

Je préfère parler des décrets inscription successifs, mais leur bilan est de plus en plus mauvais. Le premier, on s’en souvient, avait eu pour conséquences les files de parents pendant trois jours devant les établissements où ils souhaitaient inscrire leurs enfants en secondaire. Humainement, cela avait été une image-choc. On a eu droit à d’autres décrets qui cachent les files. Le visuel n’apparaît plus mais la souffrance se multiplie.

Tout est donc à jeter ?

Ces décrets inscription sont essentiellement mauvais pour Bruxelles et pour les Bruxellois. Ils veulent réguler, avec des critères de distance, sans tenir compte du fait que les écoles ne sont pas réparties de façon égale sur le territoire. Et donc, fatalement, il y a des gens qui, par leur situation géographique ou celle de l’école primaire de leur enfant, sont a priori discriminés. Tout cela fait que les enfants et les parents rencontrent de grosses difficultés pour avoir accès à l’école de leur choix. Avec le boom démographique que l’on connaît à Bruxelles, chaque année, le nombre d’enfants en difficultés augmente. Si cela diminuait, je dirais qu’on va peut-être le résorber un jour, mais ce qu’on voit avec le décret Simonet, c’est que les problèmes augmentent. Et avec la suppression de l’adossement l’année prochaine, cela devrait exploser.

Ce décret a-t-il favorisé, comme souhaité par ses auteurs, une plus grande mixité sociale ?

On n’a jamais eu une évaluation complète et objective. Ce que moi j’entends dans les directions d’écoles et en rencontrant les professeurs du secondaire, c’est que le décret ne favorise pas la mixité sociale puisqu’on a de plus en plus d’échecs et d’exclusion à la fin du premier degré du secondaire. Il faut voir ce qu’est une vraie mixité sociale. Il faut qu’elle s’installe dans la durée. Ce sont des élèves qui rentrent dans une école pour y terminer avec succès leur enseignement secondaire. J’ai toujours dit que le vrai problème d’une mixité sociale, il est moins à l’entrée à l’école qu’au milieu du cursus parce que l’école secondaire actuelle exclut les plus faibles au deuxième degré du secondaire. En fait, ce décret n’aborde pas le vrai problème : si vous êtes mauvais élève, et que vous avez épuisé votre capital redoublement, vous n’avez par exemple pas réussi votre troisième année secondaire. L’école vous délivre une attestation qui vous permet de passer dans l’année suivante à condition de vous réorienter. Et neuf fois sur dix, se réorienter, cela veut dire partir de l’école d’enseignement général et aller dans une autre qui fait du technique et du professionnel. Vous avez comme résultat l’enseignement général qui exclut les plus faibles et s’homogénéise avec des enfants qui sont meilleurs élèves et qui généralement viennent des milieux favorisés, et l’enseignement technique et professionnel qui rassemble des enfants plus défavorisés. Où est-elle alors, la mixité sociale ?

Ce décret Simonet est-il plus efficace que ceux qui l’ont précédé, comme par exemple le décret Arena ?

C’est tout aussi mauvais. Ces décrets veulent forcer des choses qui doivent être libres. Ils n’ont pas de respect pour la relation parents-direction qui doit se nouer. Pour de nombreux parents que j’ai entendus, ils préféraient encore le décret Arena parce qu’avec celui-là, ils étaient encore maîtres de leur destin. On faisait la file, mais votre enfant était inscrit. C’est les parents qui géraient, tandis qu’avec le décret Simonet, c’est une commission aveugle qui tranche.

Par quoi faudrait-il remplacer ces décrets, selon vous ?

On dit toujours qu’il a fallu prendre ces décrets parce que certaines directions d’écoles refusaient certains types d’élèves. Si c’est vrai, ce qu’il aurait fallu faire dès le départ, c’est trouver des sanctions pour ces cas précis et ne pas enquiquiner toute la communauté française à cause de ces quelques cas. Il faudrait en revenir à la situation d’avant 2007, en renversant la charge de la preuve. Ce ne serait plus aux parents de prouver qu’ils ont été discriminés mais aux directions d’expliquer pourquoi elles refusent un élève. Avec des sanctions à la clé.

Des violences sexuelles comme stratégies de domination

Publié: 21 mars 2013 par estellavaras dans Analyse
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Inde

Des violences sexuelles comme stratégies de domination

par Aurélie Leroy
(12 mars 2013)

La vague de colère soulevée par le viol collectif contre une jeune étudiante de 23 ans à New Delhi est déconcertante et inédite. Selon les statistiques officielles, un viol est commis toutes les 20 minutes en Inde [1] dans l’indifférence générale, alors pourquoi un tel déchaînement des passions ? L’explication tient principalement au statut de la jeune fille et de ses agresseurs : elle était étudiante universitaire issue de la classe moyenne et symbolisait une minorité privilégiée censée refléter l’« Inde qui brille », ils habitaient les bidonvilles et appartenaient aux classes subalternes. India Gate – sorte de Champs Élysées de Delhi et principal lieu des manifestations – versus slums.

La brutalité de l’agression a certes été condamnée, mais l’émoi collectif n’aurait pas été identique si la victime avait été une femme pauvre, musulmane, des bas quartiers de la ville. « La distance sociale module l’échelle de gravité des crimes  » [2]. La mesure de l’outrage demeure étroitement liée à l’appartenance sociale et à la « qualité » des individus.

Une société inégalitaire, injuste et conflictuelle

L’ampleur des violences sexuelles en Inde tient pour partie aux traditions socioculturelles. Elle renvoie en effet au statut d’infériorité qu’occupe la femme dans une société inégalitaire, patriarcale, machiste et violente. Le viol est à ce titre souvent un moyen de domination et de possession des hommes sur les femmes. Il représente le refus masculin d’une autonomisation de l’« alter ego » féminin et de son accession au statut d’individu à part entière. Une relative tolérance envers ce phénomène a cours en Inde, accentuée plus encore lorsqu’un rapport de puissance existe entre les acteurs concernés. La « faiblesse » et l’« infériorité » des victimes – qui, au-delà du rapport entre les sexes, peuvent s’exprimer sur des bases sociales et de caste, de culture et de religion – favorisent l’impunité des violeurs et discréditent la victime et sa plainte, au point que des soupçons soient parfois injustement émis sur sa moralité et sur son consentement présumé.

Ce climat d’impunité se vérifie également à la lecture des témoignages sur les exactions commises par les forces de sécurité, notamment dans les régions conflictuelles du Chhattisgarh ou du Cachemire [3], et plus globalement, dans les postes de police à travers le pays [4]. Le recours à la violence, notamment sexuelle, pour atteindre la femme adverse – celle de l’autre camp, responsable d’atteinte à l’ordre, au sentiment national ou à la souveraineté de l’État – y est justifié et légitimé. Dans la « plus grande démocratie du monde », il existe encore – on le voit quotidiennement – de nombreuses zones de non-droit où règnent la loi du plus fort et l’impunité.

Les transformations économiques et sociales que le pays a connues depuis le tournant néolibéral des années 1990 méritent également d’être relevées pour mieux appréhender le phénomène multiple de la violence. La période de transition s’est réalisée au prix de coûts sociaux (et environnementaux…) dévastateurs. Des contradictions manifestes existent ainsi entre « la superpuissance émergente » et les manifestations d’une société inégalitaire, injuste et conflictuelle, dont l’asymétrie des rapports hommes/femmes n’est qu’une facette. Les fractures sociales et géographiques, les crispations entre les communautés et les dérives identitaires n’ont cessé de s’accentuer.

La violence structurelle – celle qui résulte des actions et des injustices et vise à maintenir des structures permettant la domination d’un groupe de personnes sur un autre – traverse le pays et entrave les tentatives d’émancipation. La mutation de l’Inde et la reconfiguration de la société ne se font ainsi pas sans mal. Néanmoins, des formes de résistance émergent : les basses castes se sont ainsi constituées en groupes d’intérêt et ont usé de leur identité – de leur « ethnicité » – pour revendiquer une société plus juste. Les femmes ont dû, elles aussi, s’adapter aux contraintes et aux opportunités créées par la transition et l’ouverture du pays. Leur statut, leur rôle, les relations entre les sexes ont été interrogés. Des timides avancées ont été obtenues, mais une « mâle résistance » demeure cependant.

Maintien d’un statu quo

La mobilisation contre le viol collectif de « la fille de l’Inde » constitue-t-elle un événement pivot qui témoignera d’un avant et d’un après ? Le changement de l’appréciation envers les violences sexuelles – de l’indifférence à l’indignation – et les propositions avancées par les autorités modifieront-ils les rapports de genre et des mentalités ? En dépit de certains signes encourageants, il est toutefois permis d’en douter.

Une première critique aux propositions formulées est que le durcissement des lois réclamé à cor et à cri par les manifestants ne profitera au mieux qu’à une minorité. Ce n’est en effet pas l’absence de lois qui fait ici problème, mais bien l’absence de volonté politique qui freine l’application des lois. Pour la classe moyenne, les lois sont un puissant garde-fou, mais pour une majorité d’individus, elles ne protègent souvent de rien.

Une seconde critique est qu’en dépit des apparences, les pistes sécuritaires et légales avancées ne bousculeront pas l’ordre établi et le respect des traditions. Pour le quidam indien, les femmes doivent ainsi être « protégées » et « respectées » ; non pour elles-mêmes ou pour leur droit à l’autodétermination, mais pour les rôles qu’elles sont censées perpétuer de génération en génération : ceux de mère et d’épouse. Même au sommet de l’État, cette image de la femme est dominante. Le président Pranab Mukherjee a ainsi exprimé la « honte » qu’il éprouvait du fait que son pays n’était pas à même de respecter « ses mères, ses sœurs et ses filles » [5].

Le drame de Delhi a ébranlé les consciences indiennes, mais seule une minorité a été jusqu’à mettre en cause les méfaits des traditions patriarcales, archaïques et discriminantes dans lesquels le pays est plongé, à l’instar de Ramachandra Guha, journaliste à The Hindu, qui sur base d’exemples de la culture de masse indienne (cinéma populaire de Bollywood, chanson pop indienne, télévision et publicité, etc.), a souligné un paradoxe dérangeant : « quoique nous puissions condamner le viol, notre culture a partie liée avec les valeurs du violeur. La culture de masse de l’Inde est teintée de misogynie » [6]. Et pendant ce temps, les traditionalistes hindous et musulmans continuent de rejeter la faute sur la seule décadence morale importée de l’Occident…

Apporter une réponse ambitieuse à la question de l’inégalité entre les sexes nécessite des politiques ciblées et globales. En lieu et place des réformettes actuelles, les autorités pourraient ainsi envisager un système de « places réservées » pour les femmes (dans les assemblées parlementaires, la fonction publique, les universités, etc.) comme cela se fait pour les Dalits, les Adivasis et les autres Other Backward Classes. Les politiques de discriminations positives ont des travers, certes, mais elles ont contribué par le passé à réduire le fossé des inégalités et à démocratiser la société. Le chemin de l’émancipation féminine est encore long et des politiques fortes sont nécessaires pour garantir aux femmes leurs droits élémentaires, notamment un meilleur accès aux ressources éducatives, financières et patrimoniales. Au-delà, l’oppression à laquelle sont soumises les femmes ne peut être isolée des luttes plus générales pour un développement juste et solidaire. L’instauration d’un État de droit, d’une démocratisation sociale et redistributive et d’une justice intègre sont des facteurs qui s’avèrent déterminants pour l’évolution positive du statut de la femme.µ

Article paru dans la revue Espace de libertés, mars 2013 du Centre d’Action laïque.

Documents joints

Texte complet de l’analyse (PDF – 81.9 ko)