Articles Tagués ‘économie’

La Belgique, championne du salaire minimum

Source: Belga© thinkstock.

La rémunération minimum légale en Belgique est de 1.502 euros brut, soit le deuxième salaire minimum le plus élevé d’Europe après le Luxembourg (1.874 euros), rapportent Le Soir et De Standaard vendredi sur base de chiffres d’Eurostat.

Le salaire minimum belge a augmenté de 29% en dix ans en Belgique, et de 36% au Luxembourg. Les deux pays sont talonnés par les Pays-Bas, dont le salaire minimum s’établit à 1.478 euros (+18%), la France, avec 1.430 euros (+30%) et l’Irlande, 1.462 euros (+36%).

A l’autre extrémité, on retrouve la Bulgarie (159 euros, +183%) et la Roumanie (179 euros, +145%), où le niveau de vie est toutefois totalement différent.

Quand ArcelorMittal fuit l’impôt à Dubaï…

Publié: 30 mai 2013 par estellavaras dans Analyse
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BELGA

Mis en ligne le 30/05/2013

Un centre financier transféré de Belgique à Dubaï: « rien d’étonnant », pour la FGTB.

ArcelorMittal a transféré un centre financier initialement basé en Belgique à Dubaï, où aucun impôt n’est exigé, annonce le site d’informations Mediapart. Pour Francis Gomez (FGTB), « la démarche est cohérente avec la politique industrielle du groupe : Mittal trouve des moyens de faire toujours plus de bénéfices ». Selon Mediapart, le sidérurgiste aurait créé une nouvelle filiale à Dubaï, ArcelorMittal International FZE, où il aurait transféré l’un de ses centres financiers, initialement basé en Belgique. Vue comme une « évasion fiscale », cette manœuvre permettrait au groupe d’éviter de payer des impôts et de maintenir une certaine opacité sur ses finances.

« Mittal mène une stratégie à l’échelle européenne », constate Francis Gomez, président de la FGTB Métal Liège-Luxembourg. « Il sort d’Europe tous les avoirs qui pourraient être fiscalisés et tient à tout prix à optimaliser ses moyens financiers. Cela n’a rien d’étonnant, c’est cohérent avec sa politique industrielle. Quand il trouve des moyens de faire des bénéfices et du pognon ailleurs, il le fait. Il utilise tous les mécanismes financiers mis à sa portée et centralise ses moyens là où on ne l’ennuie pas. »

Pour le président des Métallos FGTB liégeois, le groupe Mittal agit de la même manière en désinvestissant ses installations européennes pour aller s’implanter ailleurs, où les coûts de fabrication sont plus bas. « Il va créer une demande en Europe, d’ici quelques années. Il compte donc y conserver quelques sites afin de pouvoir y importer de l’acier à prix hors concurrence. Il va gagner sur toute la ligne ! »

Francis Gomez ajoute également être surpris par la politique européenne. « L’Europe s’indigne de ces opérations d’évasion fiscale mais en n’agissant pas, elle devient complice », ajoute-t-il.

« Le groupe n’a pas transféré le centre belge vers Dubaï »

« Le centre à Dubaï n’est pas nouveau, il a été créé en janvier 2008 », a fait savoir la direction d’ArcelorMittal, interrogée par l’agence Belga. « Le groupe n’a pas transféré le centre belge vers Dubaï. Le rôle des deux centres, tant en Belgique qu’à Dubaï, a été réduit au profit de celui du Luxembourg, qui est le centre financier principal. ArcelorMittal respecte les obligations légales dans tous les pays dans lesquels il opère ».

Belga

 

Mis en ligne le 29/05/2013

 

ArcelorMittal parle d’une obligation légale.

 

ArcelorMittal vient d’envoyer un e-mail au directeur de l’urbanisme de la ville de Seraing, lui demandant rendez-vous pour discuter des modalités de démolition des deux hauts-fourneaux liégeois, rapportent mercredi les journaux de Sudpresse et L’Echo. Le groupe a par ailleurs décidé de reporter d’un an des investissements de près de 32 millions d’euros sur deux lignes du froid à Liège. L’objet du mail est intitulé: « Demande de permis de démolition des hauts-fournaux ».

« Plus rien ne m’étonne chez lui (Mittal, ndlr) », a déclaré le bourgmestre de Seraing Alain Mathot, interrogé par Sudpresse. De son côté, Jordan Atanasov de la CSC estime que « l’annonce lundi de l’achat d’une nouvelle planeuse et ce mail pour demander la démolition des hauts-fourneaux, c’est clairement un signal donné à l’extérieur de sa détermination à fermer le chaud et à conserver le froid qui l’intéresse ».

ArcelorMittal parle d’une obligation légale. « Nous avons déposé un plan d’assainissement en janvier », explique se porte-parole. « Et ce mail a été envoyé lundi soir uniquement pour avoir des renseignements complémentaires. »

Par ailleurs, L’Echo explique qu’ArcelorMittal a décidé de reporter d’un an des investissements de près de 32 millions d’euros sur deux lignes du froid à Liège, ce qui met en danger la pérennité de celles-ci. « Les dossiers ne sont pas assez bien ficelés pour être lancés cette année », a justifié la porte-parole du groupe

Désindustrialisation inéluctable ?

Publié: 19 mai 2013 par estellavaras dans Analyse
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Michel Quévit

Mis en ligne le 18/05/2013 sur le site de lalibre.be

Pour la Wallonie, encore fortement marquée par l’industrialisation, il est essentiel de développer des stratégies offensives qui permettent de faire évoluer son tissu productif.

Les annonces de licenciements collectifs se multiplient en Wallonie : ArcelorMittal Liège, Caterpillar à Gosselies, Duferco à La Louvière. Ce phénomène des fermetures d’entreprises n’est pas circonstanciel. On constate depuis plusieurs années une diminution de l’emploi industriel ou manufacturier. En effet, la Wallonie aurait perdu près de 10 000 emplois manufacturiers entre 2000 et 2010 et l’IWEPS prévoit la perte supplémentaire de 17 000 unités d’emploi manufacturier de 2012 à 2017. Le processus de désindustrialisation touche le plus durement le Hainaut et Liège qui occupe 66 % de l’emploi manufacturier wallon et où l’activité industrielle lourde s’est concentrée. Le phénomène s’observe aussi dans plusieurs pays d’Europe et d’Amérique du Nord depuis les années 1970. Tous les Etats de l’UE à l’exception de l’Allemagne, sont affectés par une diminution de l’emploi manufacturier.

Sur un plan macroéconomique, on observe que ce processus structurel de désindustrialisation est à mettre en relation avec la croissance économique des grands pays émergents face auxquels les pays européens sont de plus en plus en position de faiblesse. En effet, sur les six dernières années, le taux de croissance du PIB de l’UE n’est que de 7,18 % contre 21,64 % pour la Chine, 24,43 % pour le Brésil et 12,47 % pour l’Inde !

Pour la Wallonie, encore fortement marquée par l’industrialisation, il est essentiel de développer des stratégies offensives qui permettent de faire évoluer son tissu productif afin de faire face à la concurrence des pays émergents tels que la Chine, l’Inde ou le Brésil. Certes, la Région wallonne s’est déjà partiellement adaptée à ces évolutions importantes avec le Plan Marshall et la création des pôles de compétitivité, dans lesquels 550 entreprises se sont impliquées, dont 80 % sont des PME.

Cette tendance est encourageante et met en évidence l’importance à accorder aux PME et TPE qui représentent 80 % du tissu productif wallon. Notons que les Régions européennes les plus compétitives le doivent en priorité au tissu très dense de PME dite globales car fortement orientées vers l’exportation.

La Région wallonne s’est dotée d’une structure particulièrement performante qui constitue un atout majeur : l’Agence d’Exportation de Wallonie (AWEX). Depuis plus d’une décennie, le volume des exportations wallonnes est en constante progression. En 2000, la Wallonie contribuait pour 15,4 % des exportations belges. Elle atteint actuellement les 22 %. Leur croissance est structurelle et significative comparativement aux régions voisines de la Belgique. De 1996 à 2009, les exportations augmentent de + 6,7 % devançant les scores de l’Allemagne (+ 6,2 %), des Pays-Bas (+ 6,1 %), de la Flandre (+ 5,2 %), de l’UE15 (+ 4,9 %) et de la France (+ 4,0 %).

Elément plus significatif et déterminant, les exportations wallonnes se développent particulièrement dans les pays émergents BRICS tels que la Chine (+ 35,7 %), l’Inde (+ 66,7 %), le Brésil (+ 56,8 %) et l’Afrique du Sud (+ 68,9 %). Bien évidemment, la désindustrialisation avec les fermetures d’entreprises qu’elle entraîne a un impact négatif sur l’export wallon. Les exportations wallonnes accusent un repli de 3,1 % sur les neufs premiers mois de 2012 et plus significativement vers les pays émergents BRICS où la chute est de 8,1 % alors que les pays européens y enregistrent une croissance de 8,5 %.

La Région wallonne sera pleinement novatrice si elle veille à ce que ce soit l’ensemble du tissu productif, y compris les PME, qui adopte les nouveaux déterminants de la compétitivité. Ces nouveaux facteurs de compétitivité sont à considérer comme des moyens et non des fins en soi. Ils peuvent servir un développement économique purement productiviste centré sur le profit comme ils peuvent contribuer à une économie à visage humain, respectueuse des personnes et de l’environnement.

La Wallonie gagnerait à orienter sa politique industrielle autour de quatre axes stratégiques :

1) des politiques qui s’inscrivent dans la société de la connaissance en accordant plus d’importance à la promotion de pédagogies qui stimulent le désir d’apprendre et l’apprendre à apprendre, la capacité d’analyse critique et ce à tous les niveaux du système scolaire depuis le primaire jusqu’au secondaire, à la formation tout au long de la vie, par le renforcement de l’éducation permanente, au développement de la créativité dans la formation des jeunes de sorte qu’ils soient préparés à contribuer à la recherche et l’innovation et à se situer face aux mutations technologiques et sociétales;

2) des politiques offensives de développement qui concilient la croissance économique et le respect de l’environnement : le soutien prioritaire aux entreprises qui promeuvent des productions de biens ou de services respectueux de l’environnement – notamment par l’utilisation de matières premières renouvelables, par la gestion et la récupération des déchets recyclables, par le développement de procédés de fabrication économiseurs d’énergie et de matières premières non renouvelables, etc. -, la valorisation du patrimoine environnemental et écologique, la sensibilisation des responsables politiques locaux et la mobilisation des populations à une meilleure gestion des ressources naturelles, des transports durables et des énergies renouvelables;

3) des politiques d’équité sociale visant : la sensibilisation de la population aux enjeux d’une société plus équitable par la lutte contre la pauvreté, l’accès à la santé et à un logement décent. L’ouverture aux étrangers immigrés et le développement du dialogue interculturel : s’ouvrir aux apports culturels extérieurs et anticiper sur le dialogue entre les générations futures, la prise en compte des problèmes liés à la longévité et le développement d’une solidarité intergénérationnelle;

4) des politiques culturelles visant : la valorisation de la multiculturalité dans l’espace de l’Union européenne, qui compte 23 langues avec leur propre racine historique, et le développement d’une citoyenneté européenne responsable qui s’enrichisse de nos différences culturelles car la diversité culturelle est un atout considérable pour une ouverture au monde.

La concrétisation de ces différentes politiques pour la Wallonie implique d’adopter une approche transversale de développement à une échelle régionale eu égard aux compétences régionales et communautaires et cela en partenariat avec l’Union européenne.

 

 

Elio Di Rupo l’avait annoncé en novembre 2012 : le gouvernement veut modifier la loi de fixation des salaires (loi de 1996). Avec comme objectif déclaré de rattraper le « handicap » salarial que la Belgique aurait avec ses voisins. Ce qui pourrait mener à un blocage salarial pendant au moins 6 ans. Solidaire a mis la main sur l’avant-projet de loi daté du 22 mars 2013. On ne sait pas les suites que le Conseil des ministres lui a données. Mais l’attaque sur les salaires serait grave. Le gouvernement organiserait la modération salariale permanente, donnerait des cadeaux fiscaux aux patrons et mettrait les syndicats hors jeu. Rien que ça.

Benjamin Pestieau, Axel Bernard et Jonathan Lefèvre

 

Fin 2012, le gouvernement a décidé un panel de mesures d’austérité et pour stimuler la compétitivité. Il a « éliminé » 0,9 % de l’écart salarial en bloquant les salaires pour 2013-2014. Il a aussi octroyé un cadeau supplémentaire de 400 millions de réduction de cotisations sociales aux employeurs. Une perte de 0,3% du coût salarial (et un manque à gagner équivalent pour la sécurité sociale). Il a enfin manipulé l’indexation des salaires en introduisant dans son calcul des produits soldés et en modifiant l’impact des prix des combustibles.

Conséquence : une nouvelle baisse de 0,4 % de l’évolution des salaires. Il veut aller encore beaucoup plus loin en modifiant la loi du 26 juillet 1996 « relative à la promotion de l’emploi et à la sauvegarde de la compétitivité ». L’avant-projet dont nous avons pris connaissance met en place un mécanisme permanent de concurrence salariale avec les pays voisins et instaure un système de sanctions strictes pour éviter tout dépassement salarial dans un secteur d’activité ou au niveau d’une entreprise. Décryptage.

Blocage salarial

La loi de 1996 avait comme objectif que l’évolution des salaires belges tienne compte de l’évolution des salaires des pays limitrophes (Allemagne, France et Pays-Bas). Avec cet avant-projet de loi, le gouvernement voudrait durcir le cadre pour que les salaires belges augmentent moins vite que ceux des pays limitrophes.

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Rendre effectives des sanctions strictes

Avec l’avant-projet de loi, le gouvernement veut donner des armes aux patrons pour justifier l’interdiction de toute augmentation salariale, même si l’entreprise fait des milliards de profits.

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Bonus aux patrons qui bloquent les salaires

Si les patrons restent dans le cadre de la norme salariale, ils obtiendront des diminutions de cotisations sociales. Un « bonus de compétitivité » selon le projet de loi…

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Casser la négociation intersectorielle

Toute la négociation intersectorielle pour obtenir des salaires plus élevés est mise hors jeu. Monica De Coninck, ministre de l’Emploi (sp.a), explique clairement le but poursuivi par la modification de la loi du 26 juillet 1996 dans sa note au conseil des ministres : « L’élimination du handicap des coûts salariaux par rapport aux États-membres de référence, à savoir la France, les Pays-Bas et l’Allemagne, sur une période de trois accords interprofessionnels. » Et même plus longtemps, peut-on craindre, si les pays voisins jouent également dans cette course à la compétitivité et à la baisse des salaires.

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La loi ne doit pas passer…

En novembre 2012, lors de sa déclaration de politique générale, le Premier ministre, Elio Di Rupo (PS) déclarait : « Contrairement à ce que certains disent, il n’y a pas de gel des salaires puisque l’index et les augmentations barémiques sont maintenus. » C’était là un (très gros) mensonge. Car l’indexation des salaires a déjà fait l’objet d’un coup de canif avec l’introduction des soldes et la modification de l’impact de des prix de l’énergie.

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Dernière minute.

La ministre De Coninck est obligée – suite aux révélations du PTB – de s’expliquer publiquement sur un projet de loi qui se discute en coulisses et qui concerne des millions de salariés. Lire ici.

La ministre dit que le projet de loi a évolué. Mais qu’elle nous explique en quoi ? Changement cosmétique ? Ou est-ce que les travailleurs pourront réellement négocier des augmentations de salaires ? Est-ce qu’elle maintient son système de sanctions pénales contre ceux qui accorderaient des augmentations de salaires ? Est-ce qu’elle maintient son système de concurrence salariale vers le bas ? Est-ce qu’elle maintient son système de norme impérative ? Est-ce que le bonus gouvernemental de 1,2 milliard accordé au monde patronal en cas de blocage salarial est maintenu ? Est-ce qu’elle maintient la fixation par arrêté royal de cette norme, vidant le contenu de l’accord interpro ?

C.M. (avec AFP et Belga)

Mis en ligne le 06/05/2013 sur le site de lalibre.be

En accordant un délai à la France pour réduire son déficit, l’Europe a desserré la bride de l’austérité. En Belgique, c’est la potentielle amende pour non-respect des engagements qui a fait recette.

C’est décisif, c’est un tournant dans l’histoire de la construction européenne depuis que l’euro existe. [ ] On a assisté à la fin d’une certaine forme d’orthodoxie financière et à la fin du dogme de l’austérité. [ ] En Europe, l’austérité, c’est fini, le sérieux ça continue.«  C’est ce qu’a déclaré dimanche Pierre Moscovici, le ministre français de l’Economie et des Finances, suite à la décision prise vendredi par la Commission européenne, d’accorder à la France un délai de deux ans pour réduire son déficit public à 3 % du PIB.

Ce délai acte la fin du dogme de l’austérité en Europe, a-t-il ajouté, précisant que la France ne relâchera pas pour autant ses efforts pour redresser ses finances publiques et mener des réformes structurelles : « Il n’y aura pas de laxisme ». Pour Pierre Moscovici, « c’est une victoire pour les thèses françaises », qui a été obtenue « parce que nous avons une politique crédible ».

« Une certaine flexibilité »

Tout au long du week-end, en Allemagne, Italie, Belgique et ailleurs, ce ballon d’oxygène à la France a suscité de multiples réactions. En sens divers.

Réaction mitigée du côté de l’Allemagne. A la défense, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble, soulignant que le Pacte de stabilité autorisait « une certaine flexibilité dans l’application des règles ». A l’attaque, son collègue de l’Economie, Philipp Rösler, accusant le président de la Commission européenne José Manuel Barroso d’avoir remis en cause de manière « irresponsable » la politique de consolidation budgétaire en Europe. Afin de combattre « durablement » les causes de la crise de la dette, M. Rösler a estimé qu’il est du devoir des Etats européens de consolider leurs budgets. « Nous devons renforcer la croissance. Et consolider les budgets. Nous devons faire des économies », a-t-il martelé. L’Allemagne montre le bon exemple : « Nous ne dépensons pas plus. Mais moins », a souligné le chef des libéraux, rappelant que l’Allemagne entendait présenter en 2014 son premier budget à l’équilibre depuis 40 ans.

Réaction envieuse en Italie, dans le chef du nouveau ministre délégué à l’Economie Stefano Fassina, membre du Parti démocrate (centre-gauche) et considéré comme l’un des principaux pourfendeurs des plans d’austérité. « Si plusieurs pays, pas seulement l’Espagne et la France, mais aussi le Portugal, la Grèce, l’Irlande, les Pays-Bas et la Slovénie, ont déjà obtenu plus de temps pour atteindre l’objectif de déficit de 3 % (du produit intérieur brut), pourquoi pas l’Italie ? »

Réaction, encore, du côté de la Banque centrale européenne. Le Français Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, a mis en garde contre tout éventuel relâchement des efforts de baisse des déficits : « Ce qui compte pour la BCE, c’est la crédibilité. [ ] Si ces deux ans de plus accordés [ ] permettent de crédibiliser la trajectoire de baisse des déficits, à ce moment-là, pourquoi pas ? Mais si au contraire, ces deux ans de plus donnent l’impression qu’il n’y a plus de limite, que les objectifs ne sont plus là et que l’effort s’attenue, à ce moment-là, cela n’aurait pas servi à grand-chose. »

En Belgique, aussi, ce desserrement de la bride de l’austérité a fait parler. Surtout lié au fait que la Commission européenne doit décider à la fin du mois si elle soumet le pays à une amende pour n’avoir pas respecté ses engagements.

Haro sur Bruxelles et la Wallonie

« Si la Commission européenne devait en décider ainsi le 29 mai, nous aurions dix jours pour réagir. Je plaiderai alors les circonstances économiques exceptionnelles » qui ont conduit à cette situation, a indiqué, dimanche, dans l’émission « De Zevende Dag » sur la VRT, le ministre des Finances Koen Geens (CD&V). Tout en jugeant que Bruxelles et la Wallonie sont les deux entités qui seront amenées à porter la plus grande part de l’effort qui sera nécessaire pour maintenir le déficit budgétaire dans les limites de ce qui avait été décidé, la Flandre ayant déjà fait sa part et « se trouvant à l’équilibre ».

Pour le commissaire européen Karel De Gucht, invité samedi du « Grand Oral RTBF-Le Soir », la Belgique « a fait autre chose » que ce à quoi elle s’était engagée dans ses obligations budgétaires transmises à l’Union européenne, une situation qui résulte notamment de l’absence de gouvernement durant une bonne partie de l’année, en 2010-2011. « Je trouve que la N-VA porte une très grande responsabilité dans ce dossier. On pourrait envoyer l’amende au mayorat d’Anvers » si telle devait être la décision de la Commission fin du mois, a estimé le libéral flamand.

Robert De Baedermaeker, invité du JT de 13h, parle de "recul".

Rtbf

Les ministres fédéraux ont adopté vendredi de nouvelles mesures dans le dossier « aide juridique », qu’on appelait avant « pro deo ». La ministre de la Justice voulait une réforme du système. Annemie Turtelboom proposait, entre autres, de supprimer la gratuité totale, en instaurant un ticket modérateur. Elle a été suivie par le gouvernement.

La décision est tombée en Conseil des ministres : les justiciables qui bénéficient de l’aide juridique devront payer une partie des frais : leur quote-part s’élèvera de 10 à 20 à 30 euros.  Les avocats stagiaires devront au minimum traiter 5 dossiers pro deo dans le cours de leur stage, sans aucune indemnisation, une mesure qui fait bondier les avocats.

Chaque année, la Justice fixe un budget global, mais comme il y a de plus en plus de personnes qui bénéficient de l’aide juridique, la valeur du point qui sert de référence, vaut de moins en moins d’euros. Pour Annemie Turtelboom, il fallait maintenir « l’équilibre entre accès à justice pour tout le monde tout en faisant que le système reste payable »« Une reforme qui n’en est pas une », selon Robert De Baedermaeker, président d’Avocats.be, qui estime que par rapport aux ambitions initiales de réforme de l’aide juridique, le projet adopté est « un recul ». Robert De Baedermaeker, qui s’exprimait sur le plateau du 13h, dit ne pas être opposé au principe du ticket modérateur à condition, dit-il, qu’il soit correctement introduit, ce qui ne lui semble pas être le cas en l’état.

Menaces pour l’accès à la justice

Ce projet est aussi dénoncé par plusieurs associations, qui craignent que l’accès à la justice pour les plus faibles s’en trouve encore réduit. Pour de nombreux avocats, restreindre l’accès au « pro deo » pourrait mener à une « catastrophe« .
L’ordre des barreaux francophones et germanophones émet des réserves : pour les avocats, ces réformes mettent en danger le droit fondamental à l’aide juridique.

Marie Christine Warlop, avocat à Bruxelles, explique : « On va vers un démantèlement de l’aide juridique. Puisqu’elle bafoue donc tous les grands principes de l’aide juridique qui est organisée par une loi qui vise le libre choix de l’avocat, l’indépendance de l’avocat et un travail de qualité« .

Robert De Baerdemaeker ajoute : « Nous nous battons pour que cette aide juridique soit une réalité en Belgique ; nous avons la meilleure loi du monde mais nous n’avons évidemment pas les moyens pour la mettre en oeuvre. Nous naviguons au jour le jour pour essayer de trouver des idées de refinancement de cette aide juridique qui a absolument besoin de l’être. Parce que l’indemnisation qui est payée aux avocats est tout à fait insuffisante ».
Il nuance cependant : le système de l’aide juridique ne vit pas ses dernières heures en Belgique. « Il ne faut quand même pas exagérer. Par contre, il faut être bien conscient que ceux qui assument sur le terrain, ce service extraordinaire, à un prix extrêmement modique, vont se décourager face à des promesses non tenues ».
La Ligue des Familles opposée au changement proposé
« Nous avons constitué un groupe de travail, nous en avons formulé officiellement à la ministre et au gouvernement. Les idées de ticket modérateur, peuvent être approfondies. Il faut absolument créer une plateforme de réflexion pour réfléchir à d’autres idées d’assurance – protection juridique de mutualisation du système et il faut aussi avoir un minimum de courage politique pour maintenir en tout cas le niveau du financement. Parce que la demande ne cesse de croître et si on travaille dans une enveloppe fermée, forcément l’indemnisation qui est insuffisante, diminue encore ».
Par ailleurs, la Ligue des Familles s’oppose à la réforme, annonce-t-elle vendredi dans un communiqué. Elle demande le retrait du projet de réforme « qui va à l’encontre de l’accès à la justice pour tous » car le texte prévoit d’établir un ticket modérateur qui pourra s’élever jusqu’à 30 euros.

L’accès à la justice est un droit fondamental pour les familles. Aujourd’hui, plus d’un parent sur deux a recours à des procédures judiciaires en cas de séparation, divorce, garde des enfants et pension alimentaire, explique la Ligue des Familles.

« Cette réforme aura incontestablement des conséquences néfastes sur les relations familiales et les enfants« , conclut le communiqué.

DailyMotion/Montebourg : une affaire d’Etat ?

Publié: 3 mai 2013 par ghaouatyousra dans Actualités, Monde
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Les Inrocks

 

 

 

Arnaud Montebourg a-t-il eu raison d’empêcher le rachat de DailyMotion par l’entreprise américaine Yahoo ? Protectionnisme déplacé ou nécessaire sauvegarde d’une « pépite » de l’économie numérique française ? Retour sur une intervention qui fait jaser.

Une pépite donc. Un fleuron.  A l’heure où le gouvernement français prend conscience des enjeux de l’économie numérique et rêve d’une Silicon Valley à la française, DailyMotion fait déjà figure de référence. La plate-forme de partage de vidéos, fondée en 2005, est le 31ème site le plus visité au monde. 2,5 milliards de vidéos sont visionnées chaque mois. Sa valorisation est estimée à 300 millions de dollars. Mais comme toute start-up qui se respecte, l’entreprise, en plein développement, voit plus grand. Elle veut conquérir les internautes américains et asiatiques, et pourquoi pas, un jour, détrôner son grand rival, le géant Youtube. Mais pour ça, il faut des sous.

Moite-moite

DailyMotion, détenu à 100% par France Télécom depuis janvier 2013, cherche donc un partenaire financier pour assurer son expansion. Yahoo, qui essaye de son côté de reprendre quelques parts de marché au mastodonte Google, est prêt à mettre le prix. Mais l’entreprise américaine ne veut pas faire les choses à moitié. Elle propose une prise de participation de 75%. C’est là qu’intervient Arnaud Montebourg. L’Etat est actionnaire de France Télécom et le ministre du redressement productif estime qu’il a son mot à dire. A savoir : pas question que la pépite passe sous pavillon américain. Il propose donc moite-moite et demande à ce que la transaction ne porte que sur 50% du capital de la société. Résultat, l’accord capote. Le 1er mai Yahoo annonce qu’il renonce à racheter Daily Motion.

De quoi je me mêle

Stéphane Richard, le boss de France Télécom, semble peu apprécier l’intervention gouvernementale : « DailyMotion est une filiale d’Orange, et non de l’Etat », déclare-t-il le lendemain aux Echos. Le patron de Daily Motion, Cédric Tournay, exprime quant à lui sa déception dans le Monde et ne passe pas par quatre chemins : « je regrette le blocage gouvernemental », assène-t-il. Au sein du gouvernement justement, ça couac un peu. Le 2 mai, Arnaud Montebourg assure avoir pris sa décision en accord avec le ministre du Budget. Pierre Moscovici dément et assure n’avoir été que « peu impliqué » dans le dossier. Finalement la porte-parole Najat Vallaud-Belkacem vient remettre de l’ordre : « Il est absolument naturel que l’Etat défende les intérêts de ses entreprises. L’enjeu était d’éviter la disparition de DailyMotion », déclare-t-elle. Le premier ministre Jean-Marc Ayraut appuie. Arnaud Montebourg trouve même un soutien inattendu… parmi l’opposition. Le député UMP Henri Guaino affirme en effet sur RTL soutenir la « démarche » du ministre. Jean-Luc Mélénchon quant à lui applaudit des deux mains : « Evidemment je soutiens Arnaud Montebourg. Il s’agit de notre indépendance », déclare-t-il sur BFMTV/RMC. Autre son de cloche chez Jean-François Copé. Le président de l’UMP dénonce « un coup de com » et « une politique industrielle incompréhensible. » « On fait rire les autres pays par notre inconstance », ajoute-t-il sur Europe 1.

Gangnam Style

Le patron de France Télécom, lui, est reparti à la recherche d’un nouveau partenaire. Il se rendra aux Etats-Unis la semaine prochaine pour rencontrer quelques poids lourds du numérique : Apple, Facebook, Google, Microsoft, Amazon… Le PDG de DailyMotion assure avoir déjà reçu « de nombreuses marques d’intérêt du monde entier. » La pépite française y croit : un jour, on dira que le nouveau clip de Psy ou la dernière vidéo de Justin Bieber montrant ses fesses ont été vus plus d’un milliard de fois… sur DailyMotion.