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AFP

Mis en ligne le 14/06/2013- lalibre.be

La présidence américaine s’est toutefois abstenue d’annoncer dans l’immédiat une décision d’armer les rebelles face au pouvoir du président Bachar al-Assad.

La Maison Blanche a pour la première fois reconnu jeudi que le régime syrien avait eu recours à son stock d’armes chimiques « à de multiples reprises » dans des attaques qui ont fait jusqu’à 150 morts. Ce franchissement de la « ligne rouge » édictée par Washington a conduit la présidence américaine à décider d’accorder une « aide militaire » aux rebelles. La Maison Blanche n’a toutefois pas précisé dans l’immédiat si cette aide englobait la livraison d’armes, alors que les Etats-Unis ont refusé jusqu’à maintenant de franchir ce pas.

« Après un examen approfondi, la communauté du renseignement (américaine) estime que le régime Assad a utilisé des armes chimiques, dont du gaz sarin, à échelle réduite contre l’opposition à de multiples reprises dans l’année écoulée », a déclaré le conseiller adjoint de sécurité nationale du président Barack Obama, Ben Rhodes.

« Notre communauté du renseignement a une confiance élevée dans cette évaluation, étant donné les sources d’information multiples et indépendantes » à ce sujet, a ajouté M. Rhodes, moins de 10 jours après que la France fut parvenue aux mêmes conclusions et eut communiqué les éléments en sa possession à ses alliés de Washington.

Le renseignement américain « estime que 100 à 150 personnes sont mortes à la suite d’attaques aux armes chimiques en Syrie jusqu’ici. Cela dit, les données sur les victimes sont sans doute incomplètes », a remarqué M. Rhodes.

« Même si le nombre de victimes dans ces attaques ne représente qu’une petite fraction des pertes en vies humaines catastrophiques en Syrie, qui dépassent désormais plus de 90.000 morts, le recours à des armes chimiques viole les règles internationales et franchit clairement des lignes rouges qui existent depuis des décennies au sein de la communauté internationale », a-t-il dit.

Le président Obama, depuis l’été 2012, avait mis en garde de nombreuses fois le régime de M. Assad contre le recours aux stocks d’armes chimiques qu’il a reconnu posséder. Il avait dit que cela reviendrait à franchir une « ligne rouge » et changerait « les règles du jeu ».

Barack Obama « a affirmé que le recours à des armes chimiques changerait son équation, et c’est le cas », a assuré M. Rhodes, en révélant que le président américain avait décidé de fournir un « soutien militaire » aux rebelles syriens.

Le conseiller n’est pas allé jusqu’à parler de livraisons d’armes. Mais cette aide sera « différente tant en nature qu’en échelle, de ce que nous avons fourni jusqu’ici », a-t-il dit.

M. Rhodes a par ailleurs affirmé que la Maison Blanche n’était pas encore parvenue à une décision sur l’imposition ou pas d’une zone d’exclusion aérienne en Syrie, alors que le Wall Street Journal a assuré jeudi soir que le Pentagone avait présenté un tel plan à la tête de l’exécutif.

Attendu en Irlande du Nord en début de semaine prochaine pour le sommet du G8, M. Obama y « consultera ses partenaires » au sujet de la Syrie, a souligné M. Rhodes, en évoquant aussi la Russie, soutien jusqu’ici indéfectible du régime Assad qui a bloqué à l’ONU toutes les résolutions contraignantes contre Damas.

« Nous avons communiqué les informations sur les armes chimiques aux Russes (…) et nous pensons que la Russie et tous les membres de la communauté internationale devraient être préoccupés » par un recours à de tels armements, a remarqué M. Rhodes.

Il a répété la position américaine selon laquelle une transition politique en Syrie devrait inclure « une démission de Bachar al-Assad ». Mais « les Russes ne l’ont pas encore accepté », a-t-il concédé.

 

 

 

 

Des barricades, des masques, des chants, des pavés et ce peuple déterminé à ne pas quitter la rue malgré la répression des forces de l’ordre, à coup de gaz lacrymogènes, de camions à eau, et de balles en caoutchouc… Cela fait maintenant cinq jours que les manifestations ont commencé en Turquie. Voici notre sélection pour suivre les évènements sur le web.

Le vice Premier ministre turc Bülent Arinç a présenté ses excuses ce mardi aux personnes blessées lors des affrontements entre la police et les manifestants anti-gouvernement. Après cinq jours de protestations, le gouvernement fait le choix de l’apaisement. Partie du parc Gezi et de la place Taksim à Istambul, la révolte s’est propagée dans des dizaines de villes du pays, dont Ankara, la capitale. Lundi, c’est dans la province d’Hatay, au sud, qu’Abdullah Comert, un jeune homme de 22 ans, est tombé sous les balles de la police, selon la chaine locale NTV. Et comme la révolte se poursuit aussi sur Internet et les réseaux sociaux, voici quelques supports à suivre si on veut rien manquer :

Le tumblr #OccupyGezi

Images, vidéos, commentaires… Ce tumblr est vite devenu le miroir numérique des affrontements. Sans censure, il montre la brutalité du face-à-face entre les manifestants et la police. Comme sur cette photo de jeunes visés par les jets de camions à eau.

Turquie 2

Ou une autre, plus dure encore, de cette femme blessée, à terre :

Image turquie

La google map “Ankara Polis

Elle est en turc et essentiellement destinée aux habitants d’Ankara pour leur permettre de suivre en continu les actions de la police dans la capitale. Mais même si l’on ne maîtrise pas forcément la langue, il n’est pas difficile de comprendre ce qu’il se passe sur place. Si on zoom, on peut voir où a eu lieu l’une des dernières interventions des forces de l’ordre par exemple : à 2 h 40, on signale des blessés et des arrestations opérées par la police près de la rue John F. Kennedy.

Google Map turquie

 

 

Le suivi en continu du site The Guardian :

L’inquiétude face au comportement de la police et la violence avec laquelle sont réprimées les manifestations : c’est ce qui ressort des dernières réactions recueillies par le site web du Guardian. Le quotidien britannique nous fait suivre en direct la situation turque tout en nous apportant des analyses et des résumés pratiques.

 

Les Inrocks

 

 

Des forces spéciales de la police tunisienne sur le toit de la mosquée Okba Ibn Nafaa à Kairouan après l'interdiction du rassemblement annuel du mouvement Ansar Al-Charia, 19 mai 2013. Photo : Fethi Belaid / AFP.

Courrier Internationnal

 

Après les heurts violents du week-end contre le mouvement salafiste Ansar Al-Charia, le gouvernement tunisien a montré qu’il pouvait réagir fermement, estime la presse. Pour assurer la sécurité, mais aussi pour asseoir son autorité.

 

Après un week-end de violences, des affrontements entre des manifestants salafistes et la police et l’arrestation de 200 personnes, la presse de Tunis revient sur le conflit qui se profile entre le gouvernement et le groupe salafiste Ansar Al-Charia.

Dans son éditorial, le quotidien tunisien La Presse réaffirme son soutien au gouvernement. « Les Tunisiens ont choisi, par le biais de la République démocratique et du suffrage populaire, de prendre définitivement en main leur destin […]. Pour cette raison, on reconnaît à l’Etat le droit d’exercer, en cas de nécessité, la contrainte légitime et même la violence. Et l’Etat légitime en est l’unique détenteur. »

Dimanche 19 mai, dans une déclaration retransmise par la télévision d’Etat, le Premier ministre Ali Larayedh avait désigné le groupe salafiste comme étant « en relation et impliqué dans le terrorisme ». Le mot est fort, et c’est la première fois qu’il est employé pour désigner Ansar Al Charia. « Lorsque ces groupes, se présentant comme prédicateurs mais se distinguant par un comportement agressif et intolérent, prétendent organiser un vaste rassemblement de dizaines de milliers de personnes sans avoir d’existence légale et sans en aviser les autorités, cela met en cause la sécurité publique et la souveraineté du pays. »

Pour le quotidien arabophone, Al Chourouk, la bataille entre le gouvernement et le mouvement salafiste est « une bataille politique par excellence ». Le quotidien rappelle d’ailleurs « la proximité idéologique entre le parti principal de la coalition gouvernementale, Ennahda, et [le mouvement] salafiste » : « mais le gouvernement a montré qu’il était capable d’agir lorsqu’il est question de la sécurité du pays. »

Cette réaction ferme est un message lancé aux « citoyens qui commençaient à craindre qu’Ennahda livre le pays à des groupes terroristes. » Pour Al Chourouk, c’est la première fois depuis son arrivée au pouvoir que le Premier ministre apparaît comme un « homme d’Etat ».

 

 

Depuis plusieurs semaines, l'armée, aidée par le <a href=

 

Centre névralgique de la rebellion, cette ville située près de Homs serait tombée ce week-end. La France craint un massacre de la population civile.

Centre névralgique de la rébellion, al-Qusayr serait retombée ce week-end aux mains des troupes de Bachar el-Assad. La ville d’environ 30.000 habitants, située à 35 kilomètres de Homs, dans l’ouest du pays, est stratégique car elle est notamment située sur l’axe reliant Damas au littoral. L’armée affirme avoir repris le centre de la vile et en assurer le contrôle. Les militants anti-régime ont toutefois minimisé les gains de l’armée, assurant que les rebelles opposaient une résistance acharnée.

«Si l’armée parvient à contrôler al-Qusayr, c’est toute la province de Homs qui tombe» aux mains du régime, a affirmé Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni, qui s’appuie sur un large réseau de militants et de sources médicales et militaires. Il a ajouté craindre un «massacre» si l’armée prenait la ville, dont beaucoup d’habitants sont des proches de rebelles ou d’opposants. La France s’est également dite dimanche «extrêmement préoccupée» par la situation à al-Qusayr, craignant «un nouveau massacre de la population civile».

Les bombardement ont déjà fait au moins 52 morts

L’OSDH a en outre ajouté que, depuis dimanche matin, les bombardements incessants avaient fait au moins 52 morts à al-Qusayr, dont trois femmes. Des images de cadavres ensanglantés et de corps démembrés d’une grande violence ont été postées sur YouTube par les rebelles pour alerter l’opinion. Depuis plusieurs semaines, l’armée, aidée par le Hezbollah et des miliciens pro-régime, tente de reprendre ce bastion rebelle. Le puissant mouvement chiite libanais a d’ailleurs perdu vingt-trois hommes depuis samedi, toujours selon l’OSDH.

L’assaut intervient au lendemain d’un rare entretien de Bachar el-Assad à des médias argentins, dans lequel il a martelé son refus de quitter le pouvoir avant la présidentielle de 2014. «Sur la question de savoir qui doit partir et qui doit rester (…), c’est le peuple syrien qui le déterminera lors de l’élection présidentielle de 2014», a-t-il insisté. Sur un autre front, des coups de feu en provenance de Syrie ont touché un secteur du plateau du Golan occupé par Israël dans la nuit de dimanche à lundi, mais sans faire de blessé ni de dégât.

Le Figaro

Rédaction en ligne sur soir.be
Mis en ligne le 20/05/2013

 

Des affrontements opposaient lundi matin des rebelles congolais du M23 à l’armée congolaise au nord de la ville stratégique de Goma, dans l’est de la RD Congo, a-t-on appris auprès du M23 et de l’armée.

 

 

Selon un porte-parole du mouvement rebelle, Amani Kabasha, ces échanges de tirs se déroulent à 12 kilomètres au nord de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu.

Le colonel Olivier Hamuli, porte-parole des Forces armées de la RDCongo (FARDC), qui a confirmé cette information, n’a pas été en mesure dans l’immédiat de préciser si il y avait des victimes. Selon l’officier, les forces armées étaient menacées depuis une semaine par les rebelles du M23.

Un porte-parole de la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo (Monusco) a pour sa part expliqué que « c’est la zone de Mutaho » qui aurait été attaquée « ce matin à partir de 04h00 (02h00 GMT) par le M23 » qui ciblaient les « FARDC ».

« Une quinzaine de coups de feu ont été entendus et ensuite il y a eu des tirs plus nourris jusque 06h45. Les affrontements se sont après étendus sur les hauteurs de Kibati », a précisé le commandant Vincent Tourny, porte-parole intérimaire de la Monusco, précisant que les informations restaient à « confirmer ». D’après lui, les FARDC, dans un premier temps repoussés, auraient finalement repris leurs positions et, vers 10h00, les tirs seraient devenus « intermittents » dans la zone.

Ban Ki-moon est attendu mercredi en RDC

Ces affrontements sont les premiers depuis le retrait du mouvement rebelle de Goma en décembre dernier. Ils surviennent alors que les Nations unies ont commencé la mise en place d’une brigade d’intervention destinée à combattre les groupes armés dans l’est de la RDC.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, est attendu mercredi en RDC dans le cadre d’une tournée qui doit le mener à Goma puis à Kigali (Rwanda) et Entebbe (Ouganda).

Les affrontements entre le M23 et l’armée gouvernementale ont commencé il y a un an lors de la création de ce mouvement par d’anciens militaires congolais. Ils ont culminé avec la prise de Goma fin novembre. Le mouvement s’en est retiré après une dizaine de jours d’occupation contre la promesse d’un dialogue avec Kinshasa. Depuis ce retrait, il tenait des positions à quelques kilomètres de la ville.

Le M23 est, selon la RDC et les Nations unies, soutenu par deux pays voisins, le Rwanda et l’Ouganda, ce que ces deux pays nient.

Devant la persistance de ce mouvement et l’action de nombreux groupes armés dans l’est de la RDC, les Nations unies ont décidé fin mars de créer une brigade d’intervention avec un mandat plus offensif que celui de la Monusco, chargée du maintien de la paix et de la protection des civils.

Cette brigade, forte de 3.000 hommes, sera constituée de soldats de Tanzanie, du Malawi et d’Afrique du Sud. Ses premiers éléments sont déjà arrivés à Goma mais elle ne devrait être pleinement opérationnelle que dans plusieurs semaines, a-t-on appris de source militaire occidentale à Kinshasa.

 

 

Des habitants se tiennent près du lieu des attentats à Reyhanli, le 15 mai 2013 - Photo AFP.

 

 

La Turquie a été frappée par un double attentat le 11 mai dans la ville de Reyhani, qui accueille de nombreux réfugié syriens. Pour ces derniers, il est devenu presque impossible de faire face au ressentiment de la population.

Dans les moments qui ont suivi l’explosion de la première voiture le 11 mai 2013, des gens se sont précipités sur la place centrale de Reyhanli pour venir en aide aux blessés. C’est alors que la seconde voiture a explosé. « Une quinzaine d’hommes sont morts sous mes yeux », rapporte Kasseim, 26 ans, accouru du Centre syrien pour les médias où se trouve son bureau.

De nombreux habitants du quartier ont alors pris la fuite, croyant qu’il s’agissait de bombes venues de l’autre côté de la frontière. Quand ils sont retournés sur les lieux, poursuit-il, des gens armés de ceintures et de couteaux s’en prenaient à des Syriens alors même que ces derniers aidaient à sortir les victimes des gravats.

Les habitants de Reyhanli sont en colère et leur réaction est justifiée. Les deux explosions ont fait 46 morts et plus de 100 blessés. Elles ont ravagé le centre de la ville en détruisant d’innombrables commerces et bureaux. Sur les 60 000 habitants que compte la ville, rares sont ceux qui n’auront pas été affectés par les énormes pertes matérielles et humaines qu’elles ont causées.

Sur la scène internationale, le ministre des Affaires extérieures turc, Ahmet Davutoglu, a imputé l’attentat à des agents du régime de Bachar El-Assad, tandis que Damas rejetait cette accusation en incriminant des groupes terroristes. Mais, à Reyhanli, la colère se dirige vers d’autres protagonistes. Nombreux sont ceux qui accusent le gouvernement d’avoir provoqué ces attentats en soutenant les rebelles syriens et qui montrent les médias du doigt.

Certains réfugiés préfèrent retourner en Syrie

Toutefois, selon certains habitants, les principaux responsables seraient les nombreux Syriens qui, en venant se réfugier dans cette ville pour échapper aux atrocités commises de l’autre côté de la frontière, auraient poussé le régime de Bachar El-Assad à la prendre pour cible.

Aujourd’hui, Reyhanli n’est plus un abri pour eux. Depuis les explosions, des Syriens sont pourchassés et roués de coup par la foule en colère, leurs commerces sont pillés et leurs voitures vandalisées. Certains considèrent même que le ressentiment populaire rend la vie dans cette ville plus dangereuse que la guerre civile qu’ils avaient voulu fuir en venant s’y réfugier.

Le 15 mai à 9 heures, une foule de Syriens, parmi lesquels beaucoup de femmes et d’enfants, se pressaient déjà contre les grilles du poste-frontière de Bab Al-Hawa dans l’espoir de rentrer dans leur pays dévasté par la guerre. Craignant de voyager dans une voiture immatriculée en Syrie, la plupart avaient engagé des chauffeurs turcs. Mais ces derniers, incapables de passer la frontière, les avaient reconduits à Reyhanli, les déposant, eux et leur chargement, sur la chaussée où ils attendaient maintenant l’ouverture des portes.

Beaucoup d’entre eux n’avaient pas de passeport – ils l’avaient perdu en fuyant la Syrie ou n’en avaient jamais eu – et des agents notaient leur nom sur des bouts de papier pour tenter de garder une trace de ceux qui étaient entrés clandestinement en Turquie.

Au milieu des sacs, des boîtes, des tapis et de l’énorme réfrigérateur qui constituent tous les biens de sa famille, un homme, qui se présente sous le nom d’Abou Rami, nous confie qu’il n’a pas grand-chose d’autre à faire qu’à attendre en espérant franchir prochainement la frontière. « Reyhanli était un endroit agréable, nous avons échappé aux massacres en Syrie en venant nous y réfugier, mais, aujourd’hui, à cause des explosions, nous allons peut-être devoir y retourner. » Lui et sa famille ont senti que, s’ils voulaient assurer leur sécurité, ils devaient partir en sacrifiant trois mois de loyer payés d’avance. Ils ont décidé de rentrer dans leur région, à Alep, même si celle-ci est le théâtre de certains des combats les plus violents de la guerre civile. « Maintenant nous fuyons la Turquie, dit-il, nous rentrons en demandant à Dieu de nous venir en aide. »

Agressions et passages à tabac

Non loin de là, s’appuyant sur des béquilles, se tient Hassan Al-Shamrani, un combattant de l’Armée syrienne libre blessé il y a un an dans une escarmouche avec les forces de Bachar El-Assad et qui, après avoir subi une opération importante, se rétablissait en Turquie. Il nous explique qu’il rentre dans sa famille en Syrie poursuivre sa convalescence malgré le manque de structures hospitalières. « Je ne suis pas encore guéri, mais, aujourd’hui, ils tuent les Syriens ici et j’ai peur. »

A Reyhanli, la tension reste vive : agressions, passages à tabac, meurtres de Syriens commis en représailles pour les explosions, rumeurs – fausses, selon Kasseim – selon lesquelles certains auraient brûlé le drapeau turc et se seraient livrés à d’autres manifestations d’hostilité envers la Turquie.

Craignant de sortir de chez eux, la plupart des réfugiés vivent cachés. « Ça me rappelle la Syrie », confie Kasseim, qui a passé la nuit de l’attentat enfermé dans un bureau avec 11 autres personnes sans aucune nourriture. « On était seuls, on avait peur de la police et des groupes armés et on ne répondait pas au téléphone. » Beaucoup de réfugiés, selon lui, jugent que leur seule option est de partir et de ne jamais revenir. « Tous les Syriens qui ont vécu cette expérience ne reviendront jamais en Turquie », estime-t-il.

 

 

Courrier International

 

Alors comme ça, elle est pas belle, Bruxelles ? L’article de Libération(daté du 14 mai et intitulé « Bruxelles, pas belle ») n’aura pas manqué de faire réagir au plat pays. Le quotidien populaire La Dernière Heure-Les Sports prend carrément la mouche, et consacre son édition du 16 mai à une contre-offensive virulente : un titre, « Paris pourri », dans une typographie imitant celle du quotidien français, et un édito vengeur : « Casse-toi p’tit con ! »

« Oui, Bruxelles est une ville un peu barrée, dotée d’une signalétique d’un autre âge, de trottoirs mouvants, de chantiers perpétuels, d’embouteillages monstres. (…) Oui, Bruxelles souffre de sa situation géostratégique », concède le journal. Oui, Jean Quatremer, le correspondant de Libération a visé « là où ça fait mal ». Mais est-ce une raison suffisante pour signer un Grand Angle partiel et partial ? « Sache, cher Jean Quatremer, qu’en Belgique, on ne tire pas sur une bête blessée », écrit encore l’éditorialiste, avant de conclure : « Franchement, si tu préfères vivre à Berlin ou à Rome (…), casse-toi p’tit con ! »

Et d’ailleurs : « Que reste-t-il de Paris, quand on la regarde comme Libé a vu Bruxelles ? » Non contente de régler ses comptes avec l’auteur de la diatribe, La Dernière Heure en profite pour pointer Paris, capitale de ce grand voisin arrogant, et y a dépêché un envoyé spécial pour en épingler les défauts et laideurs. Bruxelles est bien peu de chose aux côtés de la Ville lumière, note d’entrée de jeu le tabloïd qui n’ignore pas que, « à côté de Libération, cette grande presse, la DH semble bien modeste ». N’empêche : « On ne pouvait laisser notre capitale se faire molester de manière aussi gratuite. »

« Paris, poubelle ville du monde » : ce titre volontairement provocateur surplombe un article plus nuancé. Il ne s’agit pas de rendre œil pour œil, dent pour dent, explique la DH, mais de démontrer « à quel point il est facile de montrer une ville, aussi belle soit-elle, sous son plus mauvais visage, tout en zappant son patrimoine, ses richesses, ses beautés – et,foert, on en a encore ». Car si les artères de Bruxelles sont sales et encombrées, si ses trottoirs sont couverts de cratères, si son urbanisation est parfois chaotique et certains de ses quartiers malfamés, Paris n’est pas en reste.

 

 

Le président américain Barack Obama en compagnie du chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas (D), et du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou (G), à New York, le 22 septembre 2009.

20 minutes.fr

 

PROCHE – ORIENT – Alors que les Palestiniens commémorent ce mercredi la Nakba, «20 Minutes» fait le point sur le processus de création d’un Etat palestinien…

Ce mercredi 15 mai, et comme chaque année depuis 1948, les Palestiniens commémorent la «nakba» (catastrophe, en arabe), l’exode d’environ 760.000 de leurs aïeux qui suivit la création de l’État d’Israël le 14 mai 1948. L’Etat hébreu fête donc lui aussi ses 65 ans, alors que la création d’un Etat palestinien ne semble toujours pas à l’ordre du jour.

«A court terme, aucune des conditions nécessaires n’est réunie pour voir redémarrer le processus de paix, gelé depuis septembre 2010, et qui est censé déboucher sur une solution à deux Etats: pas de pression américaine, une Europe divisée et impuissante, et un désaccord sur la manière de reprendre les négociations», souligne Frédéric Encel, docteur en géopolitique, professeur à l’ESG management school et auteur de Atlas géopolitique d’Israël (Autrement 2012).

Voie diplomatique

Pourtant, le 30 novembre dernier, l’Assemblée générale de l’ONU a accordé le statut d’Etat non membre observateur à l’Autorité palestinienne, jusqu’ici mentionnée en tant qu’«entité», reconnaissant implicitement l’existence d’un Etat palestinien souverain, laissant espérer une évolution de la situation. «Ce vote à l’ONU était important pour les Palestiniens, d’un point de vue diplomatique, mais n’implique pas de changement sur le terrain. C’était un symbole, ce qui n’est pas anecdotique, mais dans la vie quotidienne des Palestiniens, rien n’a changé.»

De plus, alors que leur nouveau statut permet au Palestiniens de rejoindre les organismes de l’ONU tels que la Cour pénale internationale de La Haye, qui leur permettrait de porter plainte contre Israël et ses dirigeants, aucun mouvement en ce sens n’a été fait. Mahmoud Abbas persiste donc dans le choix de la voie diplomatique, qu’il a fait dès 2011. D’autant plus, comme l’explique Frédéric Encel à 20 Minutes que le rapport de force est beaucoup trop défavorable aux Palestiniens pour qu’il joue de la menace de saisir la CPI.

Pas de véritable volonté américaine

Reste donc la reprise des négociations de paix directes, que les deux parties n’ont pas l’air de vouloir relancer pour l’heure, malgré les discussions entamées par le secétaire d’Etat américain John Kerry, qui a estimé en début d’année que la paix entre Israël et les Palestiniens était toujours «possible». Ce qui achoppe, ce sont les conditions de reprise des pourparlers. Les Palestiniens exigeant l’arrêt  de la colonisation avant toute discussion.

Or, la semaine dernière, Israël a approuvé la construction de logements dans une colonie en Cisjordanie, entraînant l’animosité de l’Autorité palestinienne, qui a jugé que cette décision allait «saboter» les efforts américains pour relancer le processus de paix. En effet, le secrétaire d’Etat américain John Kerry multiplie les discussions sur le sujet depuis le début de son entée en fonctions. Mais cette agitation «n’a pas d’impact et n’en aura pas», selon Frédéric Encel, dans la mesure où le président américain semble ne pas avoir de véritable volonté de régler la question israélo-palestinienne. La preuve: lors de sa visite en Israël en mars, Barack Obama est venu sans proposition, seulement pour écouter les différentes parties. «S’il y avait une véritable volonté de régler la question, il y mettrait de la puissance, mais là, sa volonté est seulement rhétorique: il laisse les deux protagonistes face à face.»

 

&quot;Lignes à haute tension.&quot; A gauche, la Turquie de Tayyip Erdogan. A droite, la Syrie de Bachar El-Assad. Dessin de Bleibel, Liban.

Courrier International

 

Après le double attentat survenu samedi, la tension est montée d’un cran dans le pays. Mais la Turquie doit continuer à s’impliquer si elle veut devenir un acteur important dans la région, quitte à en payer le prix, estime la presse turque.

 

« Ce n’est pas la première fois que le conflit syrien débouche sur des attentats sur le sol turc », écrit Taha Akyol dans le quotidien Hürriyet. En juin 2012, l’armée syrienne avait déjà abattu un avion de chasse turc. Moins d’un an après, le 11 février 2013, un attentat au poste-frontière de Cilvegözü avait fait 17 morts. Les obus et les missiles tombent régulièrement du côté turc de la frontière.

« Avec l’attentat de Reyhanli qui a fait plus de 45 morts, la Syrie poursuit donc ses attaques non conventionnelles sur le sol turc », estime le quotidien, ajoutant que « outre ces attentats et les manipulations de groupuscules d’extrême-gauche turcs [accusés d’être derrière cet attentat] qui seraient selon certaines sources hébergés à Damas et liés à la famille Assad, la Syrie tente, et c’est encore plus grave, de créer des tensions entre sunnites et alaouites de Turquie [dans cette région où ces derniers sont très nombreux] ».

Garder son sang-froid

« Nos concitoyens alaouites [arabophones, appelés aussi nousayris] s’inquiètent en effet qu’un régime sunnite autoritaire succède au régime baasiste [et à dominante alaouite] de Bachar El-Assad. C’est dans cet état d’esprit qu’ils regardent l’évolution de la guerre civile en Syrie », poursuit le journal.

Hürriyet rappelle également que l’afflux important de réfugiés syriens en Turquie a créé dans la région de sérieuses tensions depuis quelques mois. Celles-ci ont été exacerbées par le double attentat survenu dimanche : certains habitants s’en sont ainsi pris aux réfugiés syriens de la région. « Le fait que la police ait alors dû tirer en l’air pour empêcher des affrontements montre que les nerfs sont à vif et que l’on pourrait se retrouver dans des situations incontrôlables », note le quotidien, qui estime que « dans ce contexte d’instabilité régionale majeure, la Turquie doit donc garder son sang-froid et ne pas céder à la provocation ».

L’implication de l’AKP en cause

Kadri Gürsel, dans Milliyet, estime, quant à lui, que cet attentat sanglant est une conséquence de l’implication unilatérale du gouvernement turc AKP dans le conflit syrien : « A partir d’août-septembre 2011, le gouvernement AKP a choisi de favoriser le renversement du régime baasiste afin de permettre l’instauration d’un gouvernement islamiste dominé par les Frères musulmans, c’est-à-dire d’un gouvernement de même nature que lui », explique-t-il.

« A part s’abstenir d’y faire intervenir directement son armée, Ankara a alors vraiment tout fait pour déclarer ouvertement la guerre à la Syrie. Les autorités turques ont alors volontairement négligé la sécurité aux frontières pour permettre les allers et venues des rebelles syriens et des combattants djihadistes étrangers », analyse Gürsel. Il ajoute que « c’est donc très probablement dans ce contexte de frontières devenues poreuses que les auteurs de l’attentat de Reyhanli ont pu faire entrer 300 kilos d’explosifs sur le territoire turc ».

Selon Cengiz Candar, éditorialiste de Radikal, dans cet attentat, le message de « mise en garde » de la Syrie à la Turquie est très clair, mais « il ne faut pas pour autant en conclure que la Turquie a tout faux sur le dossier syrien et qu’elle doit se tenir éloignée de tout ce qui se passe au Moyen-Orient », assure-t-il, ajoutant que « le statu quo qui prévalait lors de la guerre froide n’est plus de mise ». Pour l’éditorialiste, « certes, la Turquie a commis des erreurs, mais l’alternative n’est pas pour autant de ne pas s’impliquer en Syrie et au Moyen-Orient ».

Il estime que, dans ces conditions, un tel attentat impliquant un nombre de morts aussi élevé « est l’un des ‘prix à payer’ pour être un ‘acteur influent’ au Moyen-Orient ». Et de conclure : « Il s’agit certes là d’un constat désagréable. Fallait-il alors pour éviter de payer ce prix se tenir à distance de tout ce qui se passe en Syrie ? C’est tout simplement impossible compte tenu de la place qu’occupe désormais la Turquie sur le plan international. »

 

 

 

Les Inrocks

 

Un documentaire explique comment internet a toujours été le terrain de conflits entre la réalité de la culture web et les pouvoirs publics.

Morale et politique : tels sont les deux grands axes de ce documentaire qui rappelle, en reprenant l’évolution du net à son origine, que ce n’est pas uniquement un système utilitaire, mais avant tout un espace des possibles, un lieu imaginaire où l’on peut être tranquille et errer en toute indépendance, sans que les notions de race, de pays, de classe et de loi n’entrent en ligne de compte. La toile est une utopie réalisée. Premier point souligné dans ce film au ton ludique : internet n’est pas le fruit d’un brain trust de businessmen. “La plupart des gens qui ont créé internet étaient des hippies, même si certains d’entre eux travaillaient pour la Darpa (agence de recherche de la Défense américaine – ndlr)”, explique John Perry Barlow, un ancien cow-boy psychédélique précurseur du réseau. Sans le LSD, il n’y aurait sans doute jamais eu d’hypertext transfer protocol (http).

Au départ, les pionniers, les purs, s’appelaient entre eux des hackers. Ce n’est que plus tard que le terme est devenu péjoratif, synonyme de voyou. Ces individus avaient rêvé un monde virtuel et illimité, sans frontières, mais il leur a manifestement échappé. Toute une frange d’utilisateurs d’internet, parmi lesquels certaines figures du hacking interviewées dans le film (comme Richard Stallman, inlassable activiste du logiciel libre), ont une conception encore presque mystique du net, considéré comme un espace de communion et de fraternité. Un des fondateurs historiques du world wide web, Vinton Cerf, émarge à présent chez Google en tant que “chef évangéliste de l’internet” (sic). En février 1996, Barlow publie la Déclaration d’indépendance du cyberespace, qui fait figure de nouvelle table de la loi virtuelle et propulse cet ancien rancher, ex-parolier du Grateful Dead, groupe pionnier du psychédélisme, au rang de prophète du net. L’ennui, pour ces hackers allumés, c’est qu’ils sont souvent les seuls capables de contourner le cyber-système. Si, par définition, ces gentils geeks sont des libertaires (dont certains aux Etats-Unis, comme Barlow, sont proches du “libertarianisme”), hostiles à toute contrainte, ils sont aussi les plus à même à contrer leurs semblables. D’où l’accointance parfois gênante de certains d’entre eux avec les services secrets (en France, la DST). Des hackers deviennent des employés de l’Etat.

D’où le second volet, moins idyllique, de ce documentaire, qui traite de la répression et de la manipulation des individus par certains gouvernements profitant de ce flux d’informations tous azimuts. “Tout ce qui circule sur internet est enregistré par la NSA (National Security Agency – ndlr), souligne Barlow, curieux animal politique, naviguant entre la marge et les officiels. Je peux vous dire que le despotisme de la NSA est amoindri par son incompétence.” On est à peine rassuré. Car si “Echanger sans être surveillé est l’une des devises implicites des cybernautes, tous les gouvernements ne peuvent pas ne pas avoir envie de contrôler ou de “réguler” (sic) la toile. Les plus tyranniques se servent largement du réseau pour terroriser le peuple (comme en Libye ou en Syrie). Certains sites sociaux sont pain bénit pour les flics et les despotes. En tête, Facebook qui, selon Julian Assange (WikiLeaks), est “la version postmoderne de la Stasi” : un répertoire inespéré de données privées ouvert à tous les vents.

Si les champions de la liberté sur internet s’opposent évidemment au droit d’auteur (fustigeant la “rémunération de rente” par rapport à la “rémunération du travail”, comme l’explique Benjamin Bayart, pdg de French Data Network) et à son rempart, Hadopi, et donc aux citadelles commerciales de la culture, ils ne semblent pas militer très activement contre l’utilisation des données par Facebook ou Google, qui contribuent au fichage des vies privées et des particularités des individus. “Si on vous diagnostique une maladie grave, précise Rickard Falkvinge – fondateur suédois du Parti Pirate, fer de lance européen du combat pour la libération totale du net –, les premiers à le savoir ne sont ni vos parents, ni vos amis proches, ni vos enfants, ni votre mari ou votre femme, c’est Google.” D’où la difficulté de trouver un juste milieu entre les pulsions libertaires des hackers/pirates et la fascination de l’establishment politique pour ces plates-formes de surveillance dont tous les flics du monde ont toujours rêvé sans oser les demander.

Pour “Rick” Falkvinge, “nous sommes au bord d’un risque majeur, celui de construire une société de la surveillance, un Big Brother bien pire que ce qu’aucun auteur de sciencefiction n’a jamais imaginé”. Certes, mais cela ne nous dit rien sur les manipulations commerciales des internautes par l’entremise des mêmes moteurs de recherche et sites communautaires. Sans parler de la cybercriminalité pure et simple. Fort heureusement, ce film n’a pas la prétention d’être exhaustif. Au contraire. Comme le conclut sa voix off : “Ce n’est qu’un chapitre. A vous d’écrire la suite”.