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Après un « dérapage » sexuel

Publié: 4 juin 2014 par estellavaras dans A contre-courant
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Une opinion de Charles Delhez Publié le mardi 03 juin 2014 à 18h58 – Mis à jour le mercredi 04 juin 2014 à 19h40

Opinions Ouvrons les yeux après les événements du collège Saint-Michel. Beaucoup d’enfants sont éduqués très tôt, par Internet, à une sexualité hard. Et puis personne ne leur en parle… Une opinion de Charles Delhez, auteur, avec Armand Lequeux, de Le sexe et le goupillon (Fidélité 2010).

Les événements du collège Saint-Michel (1) ouvriront-ils les yeux à ceux qui préfèrent ne pas voir ? « Tout ce que vous ignorez de la sexualité de nos ados », titrait Le Vif/L’Express à la suite de ce dérapage. Mais comment peut-on l’ignorer, puisque les ados sont le reflet de cette société où, notamment, les sites pornos sont les plus visités. Beaucoup d’enfants sont éduqués très tôt, par Internet, à une sexualité hard et nourrissent leurs fantasmes sur écran.

Il ne s’agit pas, dans ces lignes, de juger quiconque, surtout pas des adolescents qui sont précisément à cette étape de leur vie où ils cherchent, parfois confusément, les valeurs qui orienteront leur existence. Je voudrais ici simplement interroger notre société : que leur offrons-nous ? Après une époque trop puritaine, qui était autant le fait des croyants que des libres-penseurs, nous en sommes arrivés à l’excès inverse. Je ne plaide pas pour un retour à « l’ordre moral », mais au « principe d’humanité » (J.-Cl. Guillebaud). Les anthropologues nous montrent que le passage de la société animale à la société humaine est marqué par l’interdit de l’inceste, c’est-à-dire par la régulation de la sexualité. Les règles matrimoniales sont parmi les plus étudiées par eux, car elles structurent la vie en société. Aujourd’hui, une dérégulation est évidente, alors que dans tous les autres domaines, nous n’hésitons pas à recourir à des normes de plus en plus nombreuses.

Ne peut-on expliquer cette anomie par l’absence de paroles à propos de la sexualité ? Qui ose encore parler du sens de la sexualité avec les ados ? Un groupe de mes étudiants s’est risqué à une petite enquête auprès de 70 personnes entre 18 et 24 ans : Pensez-vous que le rapport sexuel est un acte sacré ? 62,86 % ont répondu non. Seules 22,86 % avaient un avis positif. Le titre de leur travail était : « La banalisation du sexe en dehors du mariage et la perte de son caractère sacré ». Je me souviens encore de cet autre étudiant qui, pour montrer l’ouverture des catholiques, me proposait d’organiser une distribution de préservatifs. Je me suis permis de lui répondre que selon moi, la première question n’était pas « pour ou contre le préservatif », mais celle de l’éducation affective. La sexualité est-elle réduite à sa dimension ludique, fruit d’une pulsion que l’on assouvit, consiste-t-elle à se faire plaisir entre gens qui s’apprécient, ou est-elle l’expression de sentiments très forts et, finalement, d’un don de soi ?

On a déconnecté la sexualité de la procréation, la voilà maintenant trop souvent déconnectée des sentiments. Or, si elle ne se limite pas à la procréation, elle est cependant plus qu’une pulsion. L’originalité de l’être humain est d’accompagner ses gestes d’une parole. Ainsi qu’a pu l’écrire le pédopsychiatre Philippe van Meerbeeck, il est plus important de pouvoir dire ‘je t’aime’ que de faire l’amour. Il est aussi plus important de pouvoir donner un sens à cet acte, qui est à la fois expression de l’amour et don de la vie, que d’en bien maîtriser la technique.

La sexualité est un domaine mystérieux, sur lequel nous n’avons pas totalement prise. Pour utiliser la formule de Rudolf Otto concernant la religion, on pourrait dire que la sexualité suscite à la fois fascination – elle attire – et terreur – serai-je à la hauteur ? On ne s’étonnera donc pas que certaines cultures l’aient sacralisée (que l’on songe aux prostituées sacrées). Actuellement, hélas, elle est devenue « un sujet comme les autres » (85,71 %, selon la même enquête). En apparence, du moins.

La crise du sens est la plus grave de celles que nous traversons aujourd’hui. Un minimum de consensus social sur les grands sujets de l’existence humaine, tels l’amour et la mort, ne façonne plus notre culture. Du coup, plus personne ne se risque à prendre la parole. Et si ce « dérapage » nous délivrait de notre mutisme ?

(1) Je ne reviendrai pas sur les faits, parfois amplement déformés. Il suffit de se rappeler que lors d’une retraite spirituelle, une élève de 15 ans s’est livrée à des relations sexuelles avec plusieurs garçons.

 

Entretiens>Jean-Paul Duchâteau Publié le jeudi 24 avril 2014 à 15h23 – Mis à jour le jeudi 24 avril 2014 à 15h25

 

Plusieurs partis traditionnels s’inquiètent de voir des petites formations les affaiblir au profit de leurs adversaires. Il faut voter « utile » pour favoriser la formation d’une majorité, disent les uns. La démocratie a besoin d’opposition répondent les autres. Entretiens croisés .

OUI – Pierre Vercauteren, politologue (UC-Mons)

 

Plus ces mouvements davantage radicaux parviennent à drainer un nombre important d’électeurs, plus la constitution ultérieure de majorités sera compliquée. Cela pourrait en effet entraîner un affaiblissement plus ou moins fort des partis traditionnels, et la nécessité de composer une majorité ouverte à un plus grand nombre de partis, ce qui nuirait à sa cohésion et à son efficacité.  

Voter pour l’un ou l’autre parti – démocratique – permettrait-il de forcer un changement politique plus efficacement que le ferait un vote pour les partis dits traditionnels ?

Non, car le vote pour les petits partis constitue d’abord un vote de sanction et la manifestation d’un désarroi de l’électeur. Donc, le vote pour les petits partis ressort davantage de la critique que de l’adhésion à leurs programmes.

Ce n’est donc pas pour vous un vote « utile » ?

Je veux d’abord préciser que le vote pour un petit parti n’est en rien antidémocratique, à condition bien sûr que ce petit parti se situe dans le jeu démocratique. Cela étant, ils permettent d’exprimer une critique ou un rejet de ce que font, ou ne font pas, les partis traditionnels. Cela étant, plus ces mouvements davantage radicaux parviennent à drainer un nombre important d’électeurs, plus la constitution ultérieure de majorités sera compliquée, en cela qu’une telle situation provoquerait une plus grande dispersion sur la carte électorale et politique. Cela pourrait entraîner un affaiblissement plus ou moins fort des partis traditionnels, et la nécessité de composer une majorité ouverte à un plus grand nombre de partis, ce qui nuirait à sa cohésion et à son efficacité.

Le système électoral proportionnel qui est le nôtre n’implique-t-il pas par définition une telle dispersion et donc une plus grande vitalité démocratique que le système majoritaire – un camp contre l’autre – que l’on connaît par exemple en France ?

C’est un débat qui revient à chaque campagne électorale, qu’elle soit fédérale ou régionale. Le fait de voter sur une palette plus large de partis dans le système proportionnel induit qu’on soit obligé de recourir à la formation de coalitions et cela donne à l’électeur l’impression que, quel que soit son vote, on retrouve toujours les mêmes au pouvoir. Cela étant, on observe qu’il n’y a jamais eu de majorité claire pour changer le système, dans la mesure où certains reprochent au scrutin majoritaire de provoquer des alternances brutales qui empêchent toute continuité dans l’action publique.

Vous disiez auparavant que le vote pour les petits partis est essentiellement un vote de rejet. Vous ne croyez donc pas que ces partis puissent apporter une vitalité retrouvée au débat politique ?

Pas nécessairement, dans la mesure où ils situent eux-mêmes leur argumentation dans la critique de ce qui se fait autre part, plus que dans la proposition concrète et réalisable de projets alternatifs. Des études fondées sur les résultats électoraux des dix dernières années montrent que la volatilité de cet électorat est très grande. Ils peinent donc à consolider leurs forces, si ce n’est dans le rejet des partis classiques.

A ce propos, la démarche active ou passive de l’abstention n’est-elle pas plus significative que le vote pour les petits partis ?

Je pense qu’une part significative de l’abstention est davantage à chercher dans une exaspération à l’égard du nombre de scrutins enregistré depuis 1999.

Pour que les électeurs puissent bien connaître le projet politique des petits partis, ne faudrait-il pas que ces derniers disposent du même temps d’antenne dans les médias que les formations traditionnelles ?

Il faut bien instaurer une règle la moins ambiguë possible. Dans certaines circonscriptions, on note la présence d’une vingtaine de listes. Comment, alors, décider qui aura accès ou non à la radio-télévision, si ce n’est par le système qui consiste à distinguer les partis qui disposent déjà d’une représentation dans les différents parlements et les autres ? Il faut aussi veiller aux effets pervers que provoquerait une égalité de traitement. Le temps d’antenne qui serait accordé aux émissions et débats électoraux serait tel qu’il provoquerait très vite une désaffection large des téléspectateurs à l’égard de ces programmes.

 


 

 

NON – Pierre Verjans, politologue (Université de Liège)

 

Affaiblit-on son groupe d’idées en votant pour des gens qui risquent de ne pas avoir d’élus ? Beaucoup d’électeurs potentiels des petits partis pensent au contraire rendre service à leur camp en souhaitant qu’ils fassent pression indirectement sur un grand parti pour que celui-ci radicalise son programme.

 

Voter pour un petit parti, est-ce adhérer à son projet politique, ou vouloir sanctionner les partis traditionnels ?

C’est d’abord un vote-sanction. Si les partis sont petits, c’est que lors des élections précédentes, il n’y a pas beaucoup de gens qui ont voté pour eux. On peut donc supposer que le vote pour un petit parti est la marque d’une défiance par rapport à un grand parti pour lequel une partie de la population avait voté auparavant. Mais, comme pour les grands partis, il est très difficile de connaître la motivation d’un électeur. Il y a toute une série de gens votant pour les grands partis par tradition familiale, locale, professionnelle ou encore par reconnaissance pour un service clientéliste reçu. Donc, tant pour les grands que les petits partis, il y a toute une série de raisons de voter ici ou là, sans pour autant adhérer à un programme.

Certains affirment qu’en votant pour un petit parti, on affaiblit automatiquement son camp au profit de l’autre en face. Votre avis ?

Ne confondons pas tout. Lors d’un scrutin fédéral ou régional, on vote d’abord pour désigner des représentants dans une assemblée. Les parlements représentent donc la diversité de l’opinion, et c’est bien ainsi. C’est une autre étape qui consiste à former des gouvernements. Affaiblit-on son groupe d’idées en votant pour des gens qui risquent de ne pas avoir d’élus ? Beaucoup d’électeurs potentiels des petits partis pensent au contraire rendre service à leur camp en souhaitant que ces derniers fassent pression indirectement sur un grand parti pour que celui-ci radicalise son programme.

Le PS n’arrête pas de dire depuis le début de la campagne que voter pour le PTB, c’est automatiquement renforcer le MR et la droite. Vous êtes d’accord ?

On pourrait faire cette analyse si effectivement le PS risquait de perdre des voix à cause de l’extrême gauche. Mais un examen très fin des résultats des élections communales de 2012 montre, paradoxalement peut-être, que cela n’a pas été le cas. En fait, quand le PTB monte, ce sont les absents au vote qui diminuent. Et on a d’ailleurs pu constater qu’à plusieurs endroits, il y avait une augmentation parallèle des voix en faveur du PS d’une part, du PTB de l’autre. Cela dit, une percée des petits partis, tant à droite qu’à gauche, aurait comme effet de forcer les grands partis de chaque camp à armer leur discours et à ne plus seulement compter sur des rentes de situation. Cela freinerait sans doute la tactique des différents partis de se situer davantage au centre pour ratisser large, un phénomène qui a pour conséquences de désorienter complètement l’électorat.

Donc, vous ne partagez pas l’argument des grands partis pour qui voter pour une formation plus radicale est un vote inutile et perdu ?

Non. On peut au contraire considérer qu’il est utile d’avoir un ou des parlementaires dans une assemblée, qui ne chercheraient pas à participer au pouvoir, et dont la mission serait majoritairement de poser des questions, dérangeantes le cas échéant, puisque c’est bien la fonction d’un parlement que de contrôler un gouvernement. Ce serait très enrichissant pour notre démocratie.

Justement, pour que les électeurs puissent apprécier sur pièces la pertinence des différents programmes, ne devrait-on pas permettre aux petits partis de disposer du même temps d’antenne que les grands, en tout cas sur les chaînes de service public dont c’est davantage la mission ?

D’abord, n’imposons pas de règles plus contraignantes aux médias publics, au risque de leur faire perdre leur audience. Sur le fond de la question, il n’y a pas de règles légales, démocratiques ni même déontologiques qui obligeraient à traiter tout le monde sur le même pied. Je pense que les règles généralement adoptées par les différentes chaînes sont les moins mauvaises, à défaut de pouvoir être complètement satisfaisantes. Il s’agit de donner un large écho aux partis qui ont déjà fait la preuve, par leurs résultats précédents, de leur représentativité, et, dans le même temps, d’offrir la possibilité, mais dans une moindre mesure, aux plus grandes des petites listes de faire connaître leurs arguments.

Stop à l’école de la médiocrité

Publié: 15 avril 2014 par estellavaras dans A contre-courant
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Barbara Dufour, enseignante Publié le dimanche 13 avril 2014 à 19h21 – Mis à jour le lundi 14 avril 2014 à 11h35

 

Opinions La mixité sociale seule n’est pas la solution pour lutter contre les inégalités sociales à l’école. Cela passe aussi par un enseignement de qualité et des enseignants motivés et reconnus. Une opinion de Barbara Dufour, enseignante. Ces derniers temps, l’enseignement est associé, quasi systématiquement, aux inégalités sociales qu’il génère et à la mixité sociale qui serait « la » solution. Et personne n’évoque, même en filigrane, la qualité de l’enseignement. Pourtant, quand l’école n’offre pas une formation de qualité, qu’elle soit mixte socialement ou non, ce sont les moins privilégiés qui trinquent puisque, pour les plus favorisés socio-culturellement parlant, les familles compensent les manquements de l’école.

Or, pour le moment, on observe un manque de qualité dans l’enseignement. Les discours optimistes de nos dirigeants sur les résultats apparemment encourageants de nos jeunes n’y changent rien, les conséquences d’une école de la médiocrité sont bien là. Le taux de réussite en première année du supérieur est à la baisse(1) et la difficulté qu’ont les chefs d’entreprise de trouver de la main-d’œuvre adéquate est bien réelle.

Et qu’en est-il de la motivation des enseignants, indispensable à la qualité de l’enseignement ? Qui s’en soucie encore ? Certains voudraient nous faire croire que, pour être (un bon) enseignant, il suffit d’accumuler des jours d’ancienneté (c’est le nombre de jours prestés qui donne priorité pour une éventuelle nomination), de remplir des formulaires d’objectifs et de compétences acquises ou non acquises, de suivre 3 jours de formation par an. Comment peut-on assommer les enseignants de procédures et de contrôles et croire qu’ils vont continuer à être motivés ? Comment peut-on penser qu’on peut former des jeunes en appliquant des techniques pédagogiques sans avoir la flamme pour leur donner l’envie d’apprendre ? Comment peut-on penser qu’on est heureux d’enseigner en se faisant critiquer de toute part ? Le métier d’enseignant a perdu ses lettres de noblesse. Les enseignants ont perdu la reconnaissance indispensable à l’exercice de leur profession et de leur autorité.

Les conséquences sont palpables : nivellement par le bas, découragement des acteurs de l’enseignement, violence, difficultés de mettre en place des règles de vie commune, décrochage scolaire… Pendant ce temps, les cours privés, payants bien entendu, se multiplient.

Un défavorisé + un favorisé dans un enseignement sans qualité = un non qualifié et un qui s’en sort quand même grâce à la famille.

La mixité sociale seule, sans la qualité de l’enseignement, n’est pas une solution pour lutter contre les inégalités sociales.

La difficulté réside dans le fait qu’un enseignement de qualité est en général associé à de l’élitisme puisque ce sont souvent les plus favorisés qui, en comprenant les règles du jeu de l’école, s’en sortent le mieux, les autres restant sur le carreau. Le risque existe donc qu’une école exigeante fasse de la reproduction sociale, les enseignants sélectionnant ceux qui sont déjà bons et excluant les moins bons, passant alors à côté de leur mission de base : assurer la formation de (presque) tous les jeunes.

Mais alors, que faire ?

Faisons l’hypothèse que l’école a une mission d’ordre politique (non pas au sens de l’exercice du pouvoir mais au sens de l’organisation de la vie en communauté) : faire en sorte que chaque jeune trouve la place qui lui convient le mieux, selon son propre choix, posé en toute liberté et indépendamment de son origine socio-culturelle. Et disons-le haut et fort aux enseignants. Il ne s’agit pas seulement de former mais aussi de rendre les jeunes libres et responsables !

1. Stop aux programmes écrits dans un jargon incompréhensible pour le commun des mortels et aux programmes qui changent tout le temps… Cela nuit à la qualité de l’enseignement. L’approche par compétences a noyé l’essentiel de ce qu’il faut savoir à l’école. Finalement, que faut-il retenir ? Qu’est-ce qui est important pour la suite ? Mystère et boule de gomme… Nous voulons des programmes clairs et stables, avec une redéfinition des savoirs de base indispensables à notre société moderne, en particulier dans l’enseignement primaire.

2. Stop au bricolage didactique. Nous exigeons qu’on mette à notre disposition une très grande quantité d’outils d’enseignement et d’outils d’évaluation.

3. Stop au blabla stérile sur le sexisme à l’école, faisons revenir les hommes dans l’enseignement et les discriminations liées au genre diminueront certainement. Mais pour cela, il faudrait revaloriser la profession, et pas seulement en termes de salaire mais aussi en termes de reconnaissance du véritable métier d’enseignant.

4. Stop à une exigence excessive vis-à-vis de l’école. L’école ne peut pas tout faire toute seule, elle s’inscrit dans une société qui encourage les inégalités. Nous exigeons que ce qui est demandé à l’école en termes de justice sociale soit aussi exigé de la société : un accès à un logement décent, une politique volontariste en termes d’emploi, une justice fiscale, une régulation de notre hyperconsommation et de l’hypersexualisation présente partout…

5. Stop aux diktats des spécialistes en éducation. Nous exigeons de l’autonomie didactique et de la liberté d’action pour retrouver du souffle, de la motivation, de l’autorité, du désir d’élever des jeunes dans le respect de soi et des autres. Donnez-nous des objectifs clairs et faites-nous confiance pour les atteindre.

6. Mais en échange, que donnons-nous, nous, les enseignants ? La plupart donnent déjà beaucoup d’énergie, de temps, d’inventivité, d’ingéniosité… Mais probablement que cela ne suffit pas puisque, manifestement, notre enseignement ne va pas si bien que cela. Ne serait-ce pas le moment de repenser notre temps de présence à l’école ? Ne serait-ce pas le moment d’admettre que les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier et que leurs besoins sont différents ? Ne serait-ce pas le moment d’accepter que notre mission de formation dépasse l’instruction pure et dure ? Ne serait-ce pas le moment de s’ouvrir à plus de diversité, autant culturelle qu’intellectuelle ?

En conclusion, oui à plus de mixité sociale, à plus de justice, à moins de sexisme, mais pas sans un projet fort visant la qualité de l’enseignement et le respect des acteurs de terrain, et pas sans que la société entière se mobilise autour de ce projet. Ce sont les conditions essentielles pour que l’école retrouve son rôle d’ascenseur social et vive sereinement une indispensable mixité sociale, moteur de notre avenir.

 

 

(1) Fédération Wallonie-Bruxelles/ETNIC – 2012, Indicateurs 2012 – 29 – Taux de réussite en 1re année des étudiants de 1re génération dans l’enseignement supérieur en haute école et à l’université, (ressource 9631).

 

 

Les Diables Rouges retrouvent le top 10

Source: BelgaLes hommes de Marc Wilmots gagnent une place. © belga.

La Belgique a gagné une place jeudi dans le nouveau classement mensuel des nations de football publié par la FIFA, la fédération internationale. Les Diables Rouges occupent la 10e place mondiale.

Depuis le précédent classement, l’équipe de Marc Wilmots a disputé un match amical (2-2 contre la Côte d’Ivoire, le 5 mars). La Belgique a pris la place des Pays-Bas, battus le même jour en France (2-0), qui sont désormais onzièmes.

L’Espagne, championne du monde et d’Europe, reste à la première place devant l’Allemagne et l’Argentine. Le Portugal et la Colombie complètent le top 5. L’Uruguay monte à la 6e place aux dépens de la Suisse. Suivent ensuite dans l’ordre l’Italie, le Brésil et la Belgique.

Trois amicaux
D’ici au début du Mondial, les Diables Rouges rencontreront encore le Luxembourg (26 mai à Genk), la Suède (1er juin à Stockholm) et la Tunisie (7 juin à Bruxelles).

Les adversaires des Belges dans le groupe H du Mondial ont tous progressé: Russie (19e, +3), Algérie (25e, +1) et Corée du Sud (60e, +1). Le prochain classement FIFA sera révélé le jeudi 10 avril.

« Macaronis », « Marloufs », « Maçons poilus », « Boches »: une carte géographique fait polémique

BELGIQUE L’artiste montois Sébastien Laurent, à l’origine de cette carte, s’est voulu provocateur et cela fonctionne.

Le site Enseignons.be a mis en ligne une carte géographique bourrée de clichés sur les pays et les peuples, à but pédagogique, mais la polémique fait rage sur son côté « raciste » , peut-on lire jeudi dans les journaux de l’Avenir et de Sudpresse.

Cette carte géographique, proposée comme outil pédagogique aux professeurs de géographie via le site internet Enseignons.be, illustre chaque pays ou région par des « clichés » , certains « gentils » , d’autres « poussés à l’extrême » , peut-on lire dans la presse.

L’artiste montois Sébastien Laurent, à l’origine de cette carte, s’est voulu provocateur et cela fonctionne, sa carte faisant réagir de nombreux internautes et notamment le Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie (MRAX), qui estime que « cette reproduction et banalisation de tous les préjugés et stéréotypes habituels, ne relèvent en rien de l’humour » et a menacé d’entreprendre des poursuites en justice si la carte n’est pas retirée.

Les responsables du site internet, eux, relativisent et expliquent que « cela nous a semblé une bonne porte d’entrée pour aborder les questions de stéréotypes et de préjugés. Nous avons donc publié cette ressource pour nos membres en jouant sur l’humour » « Notre objectif n’était pas de choquer, ni d’inciter à la haine ou à la discrimination raciale. Et puis, cette carte est une œuvre d’art exposée dans une galerie. On peut l’analyser en classe comme n’importe quel tract du Front national. »

Du côté du cabinet de la ministre de l’enseignement obligatoire Marie-Martine Schyns, on réagit en indiquant que « la publication d’une telle carte est une maladresse » et on rappelle qu’il n’existe aucun lien entre Enseignons.be et la Communauté française.

Quatre adolescents, âgés entre 13 et 16 ans, ont été interpellés samedi dernier à Molenbeek, où ils s’étaient rendus à la suite d’un message diffusé sur Facebook, appelant à une bagarre entre deux bandes de jeunes, a indiqué lundi le parquet de Bruxelles. Un des suspects, âgé de 14 ans, détenait une arme factice et un mineur de 13 ans a jeté des pierres sur un véhicule de police. Les quatre adolescents ont été mis à la disposition du parquet. Un appel a été lancé via Facebook pour organiser une bagarre entre deux bandes de jeunes nommées « Bonnevie » et « Anderlecht ». Une trentaine de jeunes ont répondu à cet appel et se sont rassemblés sur la place des Etangs Noirs à Molenbeek. Une patrouille de la police locale a remarqué l’attroupement et à sa vue, une vingtaine de jeunes ont pris la fuite vers le parc Bonnevie.

Plusieurs arrestations administratives ont été effectuées et peu après, des véhicules de police ainsi que des bikers ont été la cible de jet de pierres.

Un adolescent de 14 ans a été interpellé pour port d’arme factice et un autre âgé de 13 ans pour jet de pierre sur un véhicule de police. Enfin, deux mineurs âgés de 15 et 16 ans, qui avaient l’intention de prendre part à la bagarre, ont également été interpellés.

David Ribant et Laurent Kennes, avocats conseils d’Alexandre Vander Elst.
Mis en ligne dimanche 16 février 2014, 19h44

Alexandre Vander Elst a été condamné à 40 mois avec sursis après voir donné un coup de poing entraînant la mort d’un agent de la Stib. Ses avocats rétablissent un semblant de vérité.

Depuis plusieurs jours, de nombreuses personnes se sont exprimées sur la condamnation de notre client, Alexandre Vander Elst, pour avoir porté volontairement un coup de poing, ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Une grève et une manifestation ont été organisées par des syndicats en raison de «  l’incompréhension  » face à un jugement présenté comme trop clément. Une pétition circule, réclamant la démission du juge d’instruction. La famille de la victime s’est exprimée publiquement, caricaturant notre client, communiquant des informations parfois erronées, sans aucun doute de bonne foi.

Parallèlement à ces événements, des appels à la haine ont été lancés sur des réseaux sociaux, certains individus invitant à aller «  chercher cet enfoiré  », d’autres se réjouissant qu’il se fasse bientôt «  refroidir  ».

Cela suffit. Il est temps de mettre le holà à cette dérive qui n’a rien de commun avec une saine démarche citoyenne. Il est temps de mettre fin à ce lynchage public, d’un autre temps. Et il est temps, plus que jamais, d’expliquer.

Oui. Le 7 avril 2012, l’homme que nous défendons a eu un geste de violence inadmissible à l’égard d’un homme qui ne le méritait pas. Il a porté un coup de poing. Un coup dont jamais personne n’a imaginé qu’il pourrait causer la mort. Un coup comme, malheureusement, la police en constate quotidiennement. Dès qu’il a porté le coup, il s’est enfui et a été poursuivi par des témoins. La victime est tombée sur le sol et c’est cet impact qui a induit une hémorragie cérébrale et le décès de ce pauvre homme.

Notre client est conscient être responsable de cette mort. Il a toujours dit que son geste était irrationnel. Cela n’a rien d’étonnant puisque l’expert en toxicologie a constaté qu’il avait 2,11grammes d’alcool/litre de sang. Il n’a jamais cherché la moindre excuse. Il était, lors de son arrestation et devant les enquêteurs, effondré parce que conscient du mal qu’il avait causé.

Invité à se défendre du risque d’être placé sous mandat d’arrêt, il a répondu trouver cela normal. Lors de la première audience, il n’a pas sollicité sa remise en liberté.

Durant sa détention, il a été assigné à des conditions de sécurité strictes, qu’il n’a pas demandées, au motif qu’un membre de la famille de la victime serait détenu dans la même prison et que des détenus indéterminés auraient voulu lui faire la peau. Il n’a jamais su si cela était vrai et n’a jamais demandé de se voir imposer des conditions de détention épouvantables. Il ne s’en est jamais plaint. Il ne s’est jamais posé en victime.

Plus tard, c’est la chambre du conseil qui a libéré notre client sous des conditions strictes. Le juge d’instruction n’a fait que confirmé cette libération quelques jours plus tard. Entre-temps, un psychiatre désigné par le juge avait constaté non seulement qu’il ne constituait pas un danger pour la société, mais encore qu’il était effondré de ce qu’il avait fait et se demandait s’il méritait encore de vivre.

Depuis, cet homme a respecté toutes les conditions qui lui ont été imposées, dont un suivi strict d’un éventuel problème d’assuétude à l’alcool.

Une fois l’instruction clôturée, Alexandre Vander Elst s’est présenté devant la chambre du conseil, pour statuer sur le règlement de la procédure. Dans le couloir d’attente de la salle d’audience, en l’absence du moindre policier, un membre de la famille du défunt, empli de colère d’être ainsi confronté à notre client, lui a porté plusieurs coups de poing au visage. Les autres membres de la famille l’ont empêché de continuer. Nous étions là, de même que l’un des conseils de la famille.

Alexandre Vander Elst a juste subi, tête basse. Il s’est assis pour attendre le début de l’audience, dans un climat pour le moins pesant. Il n’a jamais dénoncé ce fait, et n’a pas déposé plainte. Nous avions décidé de ne pas évoquer ce fait, mais la désinformation actuelle nécessite que nous rétablissions un semblant de vérité.

Parallèlement, des informations qui proviennent de milieux qui ne le concernent en rien ont été communiquées aux services de police suivant lesquelles un contrat aurait été mis sur sa tête. Cela n’a jamais été confirmé à ce jour, mais participe de l’ambiance qui entoure ce procès.

C’est la raison pour laquelle nous avons demandé qu’il soit emmené par une autre porte lors des audiences devant le tribunal correctionnel. De manière surréaliste, cela nous a été reproché par des tiers, ainsi que par les conseils des parties civiles. Comme s’il avait été plus sain que les victimes et l’auteur entrent ensemble par la porte d’entrée.

C’est donc un an et demi plus tard qu’il a comparu devant le tribunal correctionnel. La peine maximale applicable par le tribunal correctionnel était de 5 ans d’emprisonnement. Le minimum était de 8 jours d’emprisonnement. C’est cette peine qui est prévue depuis des temps immémoriaux.

Au mieux, le tribunal pouvait lui accorder une suspension du prononcé, ou une peine de travail. C’est ce que nous avons sollicité. Le tribunal a constaté que la gravité des faits ne permettait pas de prononcer une autre peine que celle d’emprisonnement.

Il a été condamné à 40 mois d’emprisonnement, soit une peine proche du maximum de la peine prévue par la loi. Et le tribunal a assorti cette peine d’un sursis pour ce qui excède la détention préventive.

En quoi cette peine est-elle clémente ? En quoi cela relèverait-il de l’injustice ou du laxisme, voire d’un manque de respect pour les victimes ?

Ce n’est pas l’acte posé par un homme ivre le 7 avril 2012 qui était jugé. Ce ne sont pas les conséquences terribles de ces quelques secondes de vie qui dictent la peine. Non. Il fallait juger un homme de 31 ans, lui-même brisé de ce qu’il a fait et qui ne sait comment faire pour réparer l’irréparable.

Un homme qui n’a, ni avant, ni après, jamais frappé une tierce personne. Un homme qui n’a jamais été condamné par le tribunal correctionnel et travaillait. Un homme qui n’a jamais cherché à minimiser sa responsabilité. Un homme qui, tant bien que mal, a commencé à indemniser les parties civiles.

Quels sont donc les arguments des croquantes et des croquants, qui n’ont pas suivi les audiences, qui n’ont pas lu le dossier, qui n’ont même pas lu le jugement, et prétendent réclamer justice là où ils la mettent en péril ?

Fallait-il, pour contenter l’émoi d’une partie de la population, prononcer une peine de principe, pour l’acte, mais sans rapport aucun avec l’homme ? Ne fallait-il pas, aussi, tenir compte de la disproportion évidente entre le coup qu’il a porté et ses conséquences ? Fallait-il le renvoyer en prison pour le faire expier sa faute, comme s’il ne ressentait pas le poids de la culpabilité à l’extérieur ?

Non. La justice n’a pas pour fonction d’agir comme les délinquants, avec une violence aveugle et absurde. Une peine doit avoir un sens. Le tribunal correctionnel n’a pas choisi la vengeance, certes. Mais il n’a pas choisi, loin de là, le laxisme. Il a choisi l’équilibre et la justice.

Tout simplement, il a rendu justice.

Les sénateurs ont pris congé de leur institution

Source: Belga© photo news.

Le Sénat a adopté jeudi soir, en séance plénière, par 51 voix contre 17, la réforme de la Haute assemblée, appelée à devenir une institution non permanente composée d’élus indirects, et le transfert du fédéral vers les Régions et Communautés d’un important paquet de compétences, dernier volet, avec la loi de financement, de la sixième réforme de l’Etat.

La cinquantaine de textes, propositions de révision de la Constitution, de loi spéciale et de loi a reçu l’assentiment de la majorité institutionnelle (socialistes, libéraux, centristes et démocrate chrétiens ainsi que les écologistes). La N-VA, le VB et un ex-VB ont voté contre. La plupart des votes se sont conclus par 51 pour et 17 contre, seuls trois sénateurs étant excusés, 2 N-VA et 1 MR.

Le sénateur Karl Vanlouwe (N-VA) a dit ne pas pouvoir voter des réformes en vertu desquelles le Sénat n’est pas supprimé et les compétences ne sont pas suffisamment transférées.

« Le vieux Sénat national est derrière nous »
Alors que du côté néerlandophone, on s’est largement félicité de l’accroissement de compétences au profit des Régions et de l’évolution du bicaméralisme et, singulièrement, du Sénat vers un lieu de rencontre des communautés, les élus francophones de la Haute assemblée ont évoqué la nécessité d’assurer la stabilité du pays et dit leur espoir que le nouveau Sénat deviendra ce que les futurs sénateurs en feront.

« Le vieux Sénat national est derrière nous. Ce n’est pas une défaite, cela correspond à la volonté de créer un pays qui accorde davantage de compétences aux Communautés et Régions », a expliqué Philippe Moureaux (PS) très en verve.

Pour le chef de groupe cdH et constitutionnaliste Francis Delpérée, « le Sénat de demain sera fonction de la volonté politique de nos successeurs, et de ceux parmi nous qui en seront encore, et des moyens qui lui seront attribués », dès lors, « vive le Sénat de demain, au propre comme au figuré ».

Dans un style volontiers emprunté à d’autres formations politiques, l’ex-président du Sénat Armand De Decker (MR) a, « pour les annales », considéré, au nom de la défense du bicaméralisme, que « l’on pourra considérer son vote favorable comme une abstention » alors que la cheffe de groupe MR Christine Defraigne venait de se féliciter de la réforme de l’Etat en sa qualité de « régionaliste ».

« Pacta sunt servanda », a rappelé Marcel Cheron « à destination d’une grande ville du nord » en évoquant la contribution des Verts alors que les nationalistes du président de parti et bourgmestre de la ville d’Anvers Bart De Wever sont restés à quai.

Une « réforme historique » pour Wouter Beke
Dithyrambiques, les sénateurs néerlandophones ont usé de moins de pincettes. C’est une « réforme historique », a répété le président du CD&V Wouter Beke, faisant valoir la « chance unique » de « transformer les entités fédérées ».

Les Régions et Communautés sont désormais au coeur de l’Etat fédéral, y compris au Sénat, s’est réjoui Bert Anciaux (sp.a) alors que Martine Taelman (Open Vld) a estimé qu’il s’agissait d’un « pas dans la construction d’un Etat fédéral efficace ».

Les textes adoptés jeudi doivent encore l’être à la Chambre alors que le Sénat s’emparera prochainement de la nouvelle loi de financement.

Les étudiants anglais apprennent le français avec Stromae

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Les étudiants de l’enseignement britannique semblent s’intéresser de nouveau à la langue française depuis la découverte du répertoire de notre Stromae national…

Autrefois glorifiée et admirée aux quatre coins du monde, la langue française perd aujourd’hui peu à peu de son prestige et de son rayonnement. Elle ne semble plus susciter outre mesure la curiosité des étudiants, lui préférant souvent les incontournables (anglais, espagnol) voire les « émergentes » (chinois, russe), généralement plus lucratives. Le phénomène n’est pas nouveau mais ne décourage pas pour autant les professeurs qui, francophones ou pas, tentent chaque jour de transmettre leur passion de la langue de Molière aux jeunes générations. Certains ont ainsi trouvé en la personne de Stromae l’antidote miraculeux pour réveiller l’intérêt assoupi des écoliers britanniques…

En effet, la réputation de notre phénomène national s’étend depuis longtemps au-delà des frontières du Royaume. Après Paris, le Bruxellois part à la conquête du monde anglo-saxon et semble déjà convaincre les professionnels de l’enseignement outre-Manche qui n’hésitent pas à l’inclure, avec beaucoup d’enthousiasme, dans le programme scolaire.

Stromae, électrochoc culturel?
Rencontre avec Helen Myers, professeur de français dans le comté de Surrey (« The Ashcombe School« ), francophile passionnée et membre de l’influente association nationale de promotion des langues étrangères The Association for Language Learning. Confessions d’un professeur comblé ou comment l’oeuvre de Stromae est devenue un outil pédagogique de premier choix, un véritable électrochoc culturel…

Comment avez-vous découvert Stromae?
J’ai sondé l’opinion de mes confrères, notamment sur Twitter, et Stromae revenait sans cesse parmi les suggestions susceptibles d’intéresser les élèves dans le cadre de leurs cours de français. J’ai consulté son site officiel, puis son répertoire et j’ai été rapidement conquise. Stromae n’est pas uniquement un artiste accompli et une ‘bête de scène’ mais il donne aussi le sentiment d’être quelqu’un de sincère, d’intéressant et d’extrêmement sympathique. J’ai été ravie d’apprendre qu’il allait également se produire chez nous à Londres en décembre, à la Scala, et j’ai évidemment immédiatement sauté sur l’occasion.

Qu’appréciez-vous chez lui?
Sa musique a quelque chose d’irrésistible, d’entraînant, d’entêtant. Ses textes brillent par leur clarté et regorgent de sens. J’apprécie plus particulièrement ‘Alors on danse’, ‘Formidable’ et ‘Papaoutai’.

Pourquoi l’intégrer dans le programme scolaire?
J’ai toujours adoré intégrer la musique à mes cours de langue, pour installer une atmosphère, pour initier les élèves à la culture francophone mais aussi pour leur permettre d’assimiler plus facilement le vocabulaire et la syntaxe dans une ambiance agréable et ludique. Tout le monde aime la musique! Le répertoire de Stromae parle aux adolescents: ses rythmes, ses mots, ses thèmes de prédilection interpellent les étudiants.

A quoi ressemble une leçon de français avec Stromae?
Je vais par exemple commencer par leur faire écouter une première fois le morceau, sans fournir les paroles, puis une deuxième fois en suivant le texte et leur demander de repérer quelques mots. Procéder ensuite à une vérification du vocabulaire, lire la traduction, regarder le clip vidéo avant de tenter quelques exercices d’expression orale pour travailler la prononciation.

Comment réagissent les élèves?
Les élèves ont généralement des goûts très variés et si le morceau divise l’opinion, les résultats déçoivent également. Or, Stromae a mis tout le monde d’accord! ‘Génial!’, ‘Super!’, ‘J’adore!’, ‘Trop bien!’: mes élèves sont aux anges. Personne ne se plaint de ces leçons…

Notez-vous des résultats concrets?
Stromae alimente leurs conversations en dehors des cours et ils l’écoutent aussi à la maison, d’après ce que me confient leurs parents. Leur prononciation s’améliore et ils retiennent même certaines phrases par coeur comme ‘Alors on danse’. Ils se souviennent du sens et parviennent à déceler les mots mémorisés dans d’autres contextes. Ils adorent aussi compléter les phrases que je leur suggère, ils chantent, etc. Un bémol toutefois: ils ne veulent plus écouter que lui! La dernière fois que j’ai eu recours à Gérard Lenorman, l’enthousiasme n’était pas au rendez-vous…

A part Stromae, qui leur présentez-vous?
J’aime utiliser certaines chansons pour illustrer un point précis de la langue française, sa grammaire, sa conjugaison, un sujet spécifique, etc. Parmi mes préférées, je citerais les suivantes.
– ‘Non, je ne regrette rien‘ d’Edith Piaf pour la récurrence des mots
– ‘Répondez-moi‘ de Francis Cabrel pour le vocabulaire et le thème humaniste
– ‘Si j’étais président’ de Gérard Lenorman pour l’usage du conditionnel et la culture française
– ‘Ca plane pour moi‘ de Plastic Bertrand
– ‘Amour t’es là‘ de Banda Magda
– ‘C’est ma terre‘ de Christophe Maé
– ‘Champs-Elysées‘ de Joe Dassin
– ‘L’amour à la française‘ des Fatals Picards, un choix purement ludique
– Bénabar, Bruel, Renaud, Yves Montand, Pink Martini (‘Je ne veux pas travailler’) etc.

Et une chanson des Flight of The Conchords ‘Foux du fafa’ pour leur second degré et pour débattre sur la perception du français à l’étranger.

Les langues en musique
« J’ai toujours envié les méthodes des professeurs d’anglais à l’étranger et l’intégration de la musique dans l’apprentissage de la langue. Ils ont la possibilité de puiser dans un répertoire que connaissent généralement leurs élèves. Par exemple, tout le monde connaît les Beatles. Ils peuvent dès lors chanter les paroles sur une mélodie familière. Ce serait formidable que mes élèves puissent aborder la chanson française de la même manière, en dehors des cours et développer cette curiosité, cette envie de découvrir le sens de ces mots. Je pense que Stromae possède la capacité d’éveiller cet intérêt chez les jeunes Anglais et partout ailleurs… En tant que professeur de français en Angleterre, je ne peux que l’en remercier! ».

Première enquête nationale sur l’homophobie, le sexisme et la transphobie

Source: Belga© DR.

La première enquête nationale sur l’homophobie, le sexisme et la transphobie sera lancée lundi à l’initiative du secrétaire d’Etat bruxellois pour l’Egalité des Chances, Bruno De Lille, le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme (CECLR) et l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, a annoncé dimanche le cabinet du secrétaire d’Etat par communiqué.

L’enquête sonde ce que les gens pensent de l’égalité entre les femmes et les hommes, les gays, lesbiennes et les transgenres. L’objectif est d’avoir une meilleure vision des attitudes de la population dans son ensemble, et disposer ainsi d’une analyse spécifique de la situation bruxelloise. « En prenant connaissance des facteurs à la base des cloisonnements, nous pourrons mener une politique encore plus ciblée et plus efficace », précise Bruno De Lille.

« En examinant les aspects cognitifs, émotionnels et comportementaux, nous voulons apporter les nuances nécessaires aux résultats », explique Joz Motmans de l’Universiteit Antwerpen, promoteur de l’enquête.

« Derrière l’acceptation politiquement correcte de l’homosexualité, se cachent encore des préjugés, et une attitude négative, parfois très violente, à l’égard des personnes concernées. Seule une compréhension approfondie des causes de ce phénomène permettra de mener une politique efficace et préventive », a pour sa part affirmé Jozef De Witte, directeur du CECLR.

Du 7 octobre au 7 décembre, toute personne âgée de minimum 16 ans peut se rendre sur le site www.beyondthebox.be et répondre anonymement à l’enquête en ligne, en néerlandais, en français ou en anglais.