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Le Monde.fr | 07.10.2015 à 17h03 • Mis à jour le 07.10.2015 à 18h00 | Par Cécile Hennion

L'hôpital de Kunduz, le 3 octobre.

L’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a, mercredi 7 octobre, à Genève, de nouveau qualifié de « crime de guerre » le bombardement dans la nuit du 3 au 4 octobre de son hôpital de Kunduz (Afghanistan), qui a fait 22 morts parmi les patients et le personnel soignant. Que recouvre cette accusation, et quelles peuvent être ses conséquences ?

  • Qu’est-ce qu’un crime de guerre ?

Le Statut de la Cour pénale internationale (CPI) définit les crimes de guerre comme des « violations graves des lois et coutumes applicables aux conflits armés internationaux ». Notion a priori subjective, la « gravité » des violations est reconnue, dans la pratique, lorsque ces violations impliquent des morts, des blessés, des destructions ou des prises illégales de biens.

Un autre élément entre en compte pour évaluer la « gravité » : si la violation contrevient aux « valeurs importantes ». Les exemples donnés dans cette catégorie par le droit international humanitaire (DIH) coutumier sont, entre autres, la mutilation de cadavres, le fait de faire subir des traitements humiliants à des personnes ou encore l’enrôlement dans les forces armées d’enfants âgés de moins de 15 ans.

Les crimes de guerre peuvent consister en des actes ou en des omissions (comme le fait de ne pas fournir de nourriture ou des soins médicaux nécessaires aux personnes qui se trouvent aux mains de l’adversaire). Si ces actes ou omissions sont « généralisés » et « systématiques », on peut alors parler alors de « crimes contre l’humanité ».

  • Cette définition peut-elle s’appliquer à la destruction de l’hôpital de Kunduz ?

Les autorités américaines risquent de contester une telle accusation, même si celle-ci paraît assez bien établie dans le cas de l’hôpital de MSF. Parmi la longue liste des crimes de guerre recensés par le DIH figurent en effet « le fait d’attaquer le personnel sanitaire ou religieux, les unités sanitaires ou les moyens de transports sanitaires » ; « le fait de soumettre à une attaque la population civile ou des personnes civiles ne participant pas directement aux hostilités ». Le cas du bâtiment de l’hôpital de Kunduz, bombardé pendant près d’une heure, en partie détruit et incendié, avec un bilan de 22 morts et 37 blessés parmi les médecins et les patients de l’établissement, pourrait donc entrer dans la catégorie des crimes de guerre.

A l'hôpital de Kunduz, le 7 octobre.

Même à considérer une situation hypothétique (et démentie par Médecins sans frontières) selon laquelle des combattants auraient utilisé l’hôpital pour se réfugier, voire comme base de lancement d’attaques, le DIH considère clairement comme un crime de guerre « le fait de lancer une attaque en sachant qu’elle causera incidemment des pertes en vies humaines ou des blessures parmi la population civile ou des dommages aux biens de caractère civil qui seraient manifestement excessifs par rapport à l’avantage militaire concret et direct attendu ».

Les attaques dirigées contre le personnel humanitaire, qui se sont multipliées de façon inquiétante lors des derniers conflits, sont également considérées comme un crime de guerre par le DIH.

  • Qui sont les responsables ?

Différentes enquêtes ont été annoncées par les autorités américaines, afghanes, et par l’OTAN. Le général John Campbell, chef des forces américaines et de l’OTAN en Afghanistan, a d’ores et déjà affirmé au Sénat, mardi 6 octobre, que « la chaîne de commandement américain » avait failli en ordonnant le bombardement de l’hôpital à la demande des Afghans. Il a même parlé d’« erreur ».

Mais MSF réclame – en vain à ce stade – une véritable enquête internationale, indépendante, puisque les responsabilités de nombreux acteurs – OTAN, armée américaine, autorités et armée afghanes – peuvent s’entremêler dans ce genre de cas. La présidente de l’ONG, Joanne Liu, a exigé, mercredi, la création d’une « commission internationale humanitaire pour établir les faits », indiquant « ne pas faire confiance à une enquête militaire interne ».

La présidente de MSF, Joanne Liu, et son directeur pour la Suisse, Bruno Jochum, le 7 octobre à Genève.
La présidente de MSF, Joanne Liu, et son directeur pour la Suisse, Bruno Jochum, le 7 octobre à Genève. FABRICE COFFRINI / AFP

Par ailleurs – et dans la tragédie de Kunduz il pourrait s’agir d’un point essentiel –, le droit international a introduit dans sa définition de crime de guerre l’« élément psychologique ». La jurisprudence internationale a en effet indiqué que les crimes de guerre sont des violations qui sont commises « avec intention », c’est-à-dire avec « l’intention de provoquer le résultat criminel » ou avec « négligence coupable ou imprudence ». C’est pourquoi le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a estimé que si cette frappe était reconnue comme délibérée, elle pourrait « constituer un crime de guerre ».

Au moins douze morts dans la fusillade de Washington

Source: AFP© reuters.

Une fusillade dans un immeuble de bureaux de la Marine américaine à Washington a fait au moins 12 morts lundi matin, parmi lesquels le tireur dont les motivations restaient inconnues. Cette fusillade en plein coeur de la capitale fédérale est la plus importante s’étant déroulée sur une implantation militaire depuis l’assassinat de 13 militaires sur la base de Fort Hood (Texas) en 2009.

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L’identité du tireur n’a pas été communiquée mais les autorités n’ont « aucune raison de penser à ce stade » qu’il s’agisse d’un acte terroriste, a affirmé le maire de Washington Vincent Gray. L’enquête a été confiée au FBI. La police a évoqué deux autres suspects potentiels. L’un d’entre eux, un homme blanc portant une uniforme kaki, a été mis hors de cause en début d’après-midi.

« Lâcheté », selon Obama
« Nous nous retrouvons une nouvelle fois face à une fusillade de masse », a réagi Barack Obama, dénonçant un acte « lâche » visant cette fois des militaires et des civils employés par l’armée. « Ils connaissent le danger d’être déployés à l’étranger, mais aujourd’hui ils ont été confrontés à une violence inimaginable, qu’ils ne s’attendaient pas à rencontrer ici », a ajouté le président américain.

Les faits se sont déroulés à 08H20 (12H20 GMT) au siège du Commandement des systèmes navals de la Marine américaine (NAVSEA), dans le quartier en reconstruction de Navy Yard, dans le sud-est de la ville. Un homme s’est introduit dans l’immeuble 197 du complexe, où travaillent 3.000 personnes, et a ouvert le feu à plusieurs reprises, selon l’US Navy.

« J’ai entendu trois coups de feu à la suite ‘Pa, pa, pa’. Trois secondes plus tard, encore ‘pa, pa, pa' ». Au total il y a dû avoir sept coups de feu. On s’est mis à courir », a raconté à l’AFP Patricia Ward, une employée qui prenait son petit déjeuner dans une cafétéria du premier étage. Pour entrer dans l’immeuble, il suffit juste de montrer son badge mais il n’y a pas de détecteur de métaux, selon elle.

Un autre témoin, Terry Durham, qui travaillait également dans l’immeuble 197, a raconté sur CNN avoir vu le tireur. « On a entendu des tirs, il est apparu dans le couloir, il nous a mis en joue et tiré au moins deux ou trois fois. On a couru vers la sortie et on a continué d’entendre des tirs à l’intérieur », a-t-elle indiqué.

« Peut-être deux autres tireurs »
L’homme était « grand », « noir » et portait un fusil, selon elle. « Au moins 12 personnes » ont été tuées, a annoncé le maire au cours d’une conférence de presse. « Nous avons quelques autres personnes blessées », a ajouté le chef de la police de la ville Cathy Lanier. Un policier a été touché dans un échange de feu avec le tireur qui a été abattu, selon elle.

Au Washington Medical Center, la médecin-chef Janis Orlowski a fait état de trois blessés graves transportés dans son hôpital: un policier et deux femmes. « Nous pensons qu’il y a d’autres » blessés, a-t-elle indiqué lors d’une conférence de presse.

La police était cependant toujours à la recherche d’un possible complice, un homme noir d’1,75 mètres âgé d’une cinquantaine d’années et « aux tempes grisonnantes ». Il porterait des vêtements couleur vert olive, qui pourraient être de style militaire, selon la chef de la police. Le quartier, en reconstruction et situé au bord de la rivière Anacostia, a été bouclé sur cinq pâtés de maisons alentours. Les écoles situées dans le périmètre s’étaient calfeutrées, interdisant à toute personne d’entrer ou de sortir.

Un ballet d’hélicoptères, de voitures de police et des services de secours parcourait la zone, tandis que des navires patrouillaient sur la rivière Anacostia, toute proche. Dans la matinée, un hélicoptère de la police a été vu à plusieurs reprises en train de descendre puis de remonter des policiers à l’aide d’une nacelle fixée au bout d’un câble.

S’il s’agit probablement d’un « incident isolé » selon le maire Vincent Gray, le Pentagone, siège de la défense américaine situé de l’autre côté du Potomac, a renforcé son dispositif de sécurité « par précaution », a indiqué son porte-parole George Little.

« Tragédie »
Le secrétaire à la Défense Chuck Hagel a parlé d’un « jour tragique » pour l’armée et pour le pays. Les vols au départ de l’aéroport Ronald-Reagan, situé à quelques kilomètres de là ont quand à eux été suspendus pendant une heure et demie dans la matinée. Le Sénat américain a de son côté annulé sa session lundi après-midi et ne reprendra ses travaux que mardi.

En 2009, un psychiatre de l’armée américaine, le major Nidal Hasan, avait ouvert le feu sur des militaires sur la base de Fort Hood (Texas), tuant 13 personnes. Considéré comme un « loup solitaire » inspiré par Al-Qaïda, il a été condamné fin août à la peine de mort.

 

Obama affiche son soutien à la communauté gay russe

Source: Belga© reuters.

Le président américain Barack Obama devait rencontrer vendredi des militants russes pour les droits des gays, leur apportant à l’issue du G20 un soutien très symbolique après la promulgation par Vladimir Poutine d’une loi qui condamne la « propagande » homosexuelle devant les mineurs.

Dès la fin d’un sommet dominé par l’opposition entre Moscou et Washington sur l’opportunité d’une intervention militaire en Syrie, le chef de l’Etat américain va réunir en fin d’après-midi dans un hôtel à Saint-Pétersbourg un groupe de représentants de la société civile russe.

« Nous voulons que cette rencontre soit un exemple pour le président russe », a indiqué à l’AFP Alexandra Savelieva, de l’association Coming Out, qui apporte un soutien pyschologique et juridique aux victimes de discriminations liées à leur orientation sexuelle.

Vladimir Poutine a promulgué fin juin une loi condamnant d’amendes la « propagande » de l’homosexualité devant les mineurs. Le texte est dénoncé comme homophobe par de nombreux défenseurs des droits de l’homme en Russie, pour qui sa formulation très vague ouvre la porte à la mise en cause d’un couple qui se tient la main.

Obama a décidé de frapper mais veut le feu vert du Congrès

Source: Belga© ap.

Barack Obama a déclaré samedi qu’il avait pris la décision de principe de frappes contre le régime syrien mais qu’il demandera au Congrès de donner son feu vert à une telle opération, éloignant la perspective d’une intervention américaine à court terme.

« J’ai décidé que les Etats-Unis devraient agir militairement contre des cibles du régime syrien » pour le punir d’avoir utilisé ses armes chimiques contre des civils, et le pays est « prêt à frapper quand nous le choisirons », a affirmé le président américain dans une intervention solennelle depuis la Maison Blanche.

Mais « je vais demander l’autorisation des représentants des Américains au Congrès pour un usage de la force », a ajouté M. Obama, en exhortant les élus à soutenir cette demande au nom de la « sécurité nationale » des Etats-Unis.

Le Congrès est en vacances jusqu’au 9 septembre, ce qui éloigne la perspective d’une action militaire américaine imminente contre le régime de Bachar al-Assad.

M. Obama a semblé indiquer que le Congrès ne serait pas rappelé en session extraordinaire, expliquant qu’il s’était entretenu avec les chefs de file parlementaires et que ces derniers étaient « d’accord pour mettre un débat et un vote à l’ordre du jour dès que le Congrès aura recommencé à siéger ».

Londres renonce à intervenir en Syrie

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Le Parlement britannique a rejeté jeudi l’idée d’une intervention militaire contre la Syrie, renforçant l’hypothèse d’une éventuelle action unilatérale des Etats-Unis, Damas ayant promis de se défendre « contre toute agression ».

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Dans ce climat de fortes tensions face à la perspective d’une action militaire qui serait menée par Washington, des inspecteurs des Nations unies enquêtent depuis lundi près de Damas sur l’attaque chimique du 21 août qui a fait des centaines de morts et ont recueilli « quantité » d’éléments.

La Chambre des Communes britannique a rejeté jeudi soir, par 285 voix contre 272, une motion présentée par le Premier ministre David Cameron qui défendait le principe d’une intervention militaire en Syrie. Ce dernier a immédiatement indiqué qu’il tirerait les conséquences de ce vote. « Il est clair que le Parlement britannique ne veut pas d’intervention militaire britannique. Je prends note et le gouvernement agira en conséquence », a-t-il réagi.

La motion gouvernementale condamnait « l’usage d’armes chimiques en Syrie le 21 août 2013 par le régime de (Bachar al-)Assad » et convenait « qu’une réponse humanitaire forte est requise de la part de la communauté internationale, impliquant si nécessaire une action militaire qui soit légale, proportionnée et destinée à sauver des vies en empêchant tout usage futur d’armes chimiques en Syrie ».

Pas de changement du côté de l’ONU
Le Conseil de sécurité de l’ONU est également dans l’impasse. Une réunion d’à peine 45 minutes entre les cinq membres permanents (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni et France disposant tous d’un droit de veto) s’est achevée sans progrès apparents. Elle s’était tenue à la demande de la Russie, alliée de la Syrie et donc farouchement opposée à toute action militaire.

Réagissant au vote du Parlement britannique, la Maison Blanche a laissé entendre que le président Barack Obama pourrait décider d’une action unilatérale américaine. « Les Etats-Unis continueront à consulter le gouvernement britannique, l’un de nos alliés et amis les plus proches », mais « les décisions du président Obama seront guidées par ce qui est dans l’intérêt des Etats-Unis », a déclaré la porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, Caitlin Hayden.

M. Obama « pense que des intérêts cruciaux des Etats-Unis sont en jeu, et que les pays qui violent les règles internationales sur les armes chimiques doivent rendre des comptes », a-t-elle poursuivi. Le président américain avait dit mercredi soir ne pas avoir pris de décision sur la Syrie, mais il avait parlé d’un nécessaire « coup de semonce » contre Damas.

Assad prêt à se défendre
Les Etats-Unis « répondront » à l’utilisation par la Syrie d’armes chimiques, a réaffirmé la porte-parole adjointe du département d’Etat Marie Harf, mais sans être plus explicite. Face à cette poussée de fièvre et malgré le scepticisme qui s’est fait jour depuis mercredi sur l’opportunité d’une intervention, le président syrien Bachar al-Assad s’est engagé à « défendre » son pays « contre toute agression » des Occidentaux.

Fort de l’appui de la Russie, M. Assad, qui avait déjà démenti les accusations « insensées » de recours aux armes chimiques, a martelé que la Syrie était « déterminée à éradiquer le terrorisme soutenu par Israël et les pays occidentaux », assimilant une nouvelle fois la rébellion à du « terrorisme ».

Du côté de l’ONU, les inspecteurs enquêtant en Syrie ont récolté quantité d' »éléments » dans la région de l’attaque chimique, près de Damas. Ils doivent faire un compte-rendu oral au secrétaire général Ban Ki-moon après leur départ de Syrie prévu samedi. Les échantillons recueillis seront transmis à des laboratoires en Europe, conformément à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, et ces analyses pourraient prendre des semaines, selon un porte-parole de l’ONU, Farhan Haq.

Attente des résultats de l’enquête
Quoi qu’il en soit, un feu vert du Conseil de sécurité pour l’usage de la force en Syrie est hautement improbable compte tenu de l’opposition de la Russie et de la Chine. La France, l’autre alliée de Washington au Conseil de sécurité, a reconnu qu’une riposte militaire était « compliquée à construire ». Le président François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel ont dit attendre les résultats de l’enquête de l’ONU. Le chef de l’Etat français a cependant insisté sur la nécessité de « marquer un coup d’arrêt par rapport à l’escalade de la violence ».

Et le Canada a d’ores et déjà annoncé ne pas envisager de participer à d’éventuelles frappes. Les Etats-Unis ont rassemblé depuis une semaine des renseignements et informations sur l’attaque chimique et la Maison Blanche devait communiquer jeudi soir au Congrès les éléments en sa possession.

Alors que l’invasion de l’Irak en 2003 , construite sur de faux renseignements, est dans toutes les têtes à Washington, le gouvernement américain devait organiser dans la soirée une conférence téléphonique avec des parlementaires du Sénat et de la Chambre des représentants. Une « version déclassifiée » d’un rapport des services de renseignement américains devrait être publiée « avant la fin de la semaine »

Déploiement militaire
Le Pentagone a déployé un destroyer supplémentaire face aux côtes syriennes, portant temporairement à cinq le nombre de navires équipés de missiles de croisière en Méditerranée orientale. Le Royaume-Uni a déployé six avions de chasse Typhoon sur l’une de ses bases à Chypre, à une centaine de kilomètres seulement des côtes syriennes.

A Damas, les forces armées syriennes ont été repositionnées hors de leurs postes de commandement, et les habitants se préparaient au pire, certains pliant bagages, d’autres subissant des contrôles renforcés à des barrages routiers. S’exprimant depuis la Turquie, qui prône une opération musclée contre le voisin syrien, l’opposition syrienne a affirmé que les défections s’étaient multipliées dans l’armée syrienne ces derniers jours.

Dans le camp des alliés de Damas, Moscou a annoncé l’envoi en Méditerranée d’un bateau de lutte anti-sous-marine et d’un navire lance-missiles. L’Iran, par la voix de son chef d’état-major Hassan Firouzabadi, a prévenu qu’une action militaire contre la Syrie aurait des conséquences sur toute la région et mènerait Israël « au bord des flammes ». Celui-ci a rétorqué qu’il répliquerait « avec toute sa force » et fait état du déploiement de systèmes d’interception antimissiles.

Washington cède sur le cannabis à usage récréatif

29/08/13 – 23h09  Source: AFP© getty.

L’administration Obama, très impliquée dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, ne va pas s’opposer aux nouvelles lois qui permettent l’usage du cannabis à des fins récréatives dans les Etats du Colorado et de Washington, a indiqué le ministère de la Justice jeudi.

Dans un communiqué, le ministère dit espérer que les deux Etats encadreront « de manière stricte » l’usage du cannabis afin d’éviter que sa culture et sa vente ne bénéficient à des organisations criminelles.

Dans le même temps, les autorités fédérales disent avoir prévenu les gouverneurs du Colorado (ouest) et de l’Etat de Washington (nord-ouest) qu’elles « renoncent à leur droit de contester les lois portant sur la légalisation » du cannabis.

L’an dernier, le Colorado et l’Etat de Washington ont légalisé la consommation de cannabis à des fins récréatives.

Au Colorado, l’usage personnel, la possession et la culture à domicile, de façon limitée, de la marijuana sont désormais légaux.

De son côté, le Vermont, au nord-est des Etats-Unis, a dépénalisé en mai la possession de petites quantités.

L’utilisation du marijuana à des fins médicales est déjà autorisée dans plusieurs Etats.

Barack Obama accuse la Russie d’anti-américanisme

Source: BelgaArchives © reuters.

Le président des Etats-Unis Barack Obama a accusé vendredi la Russie de son homologue Vladimir Poutine d’anti-américanisme, le chef de la diplomatie russe lui répondant que la « Guerre froide » appartenait au passé.

Moscou et Washington, aux relations encore plus glaciales depuis l’affaire Snowden et l’annulation d’un sommet entre les deux présidents, ont voulu faire bonne figure vendredi lors d’un face à face « 2+2 » entre les secrétaires d’Etat et à la Défense John Kerry et Chuck Hagel et leurs homologues russes Sergueï Lavrov et Sergueï Choïgou.

Les quatre ministres ont fait valoir les intérêts communs des deux pays sur la scène internationale plutôt que la longue liste de leurs contentieux.

Mais lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, M. Obama a estimé qu’il y avait « davantage de rhétorique anti-américaine » en Russie depuis le retour en mai 2012 au Kremlin de Vladimir Poutine. Il y a même vu la réminiscence de « quelques vieux stéréotypes de la confrontation de la Guerre froide entre les Etats-Unis et la Russie », une expression qu’il avait déjà employée mardi.

Le président américain a toutefois assuré qu’il n’avait « pas de mauvaises relations » avec le président russe. Il a exclu tout boycott des jeux Olympiques d’hiver de Sotchi, en Russie, en 2014, jugeant « inappropriée » une telle mesure qui rappellerait les boycotts des Américains et des Russes aux JO d’été des années 1980.

Mais les relations actuelles entre les anciens ennemis de la Guerre froide sont tombées à un niveau rarement vu depuis des décennies, depuis que M. Obama a annulé mercredi son sommet avec M. Poutine. L’événement était prévu début septembre à Moscou, avant le G20 des 5 et 6 septembre à Saint-Pétersbourg où le président américain devrait toutefois se rendre.

Le sommet de Moscou ne sera pas remplacé par une rencontre en marge du G20, a précisé le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, assurant cependant que la Russie ne prendrait pas de mesures de représailles contre les Etats-Unis.

Pour justifier ce camouflet sans précédent depuis les années 1960, la Maison Blanche avait invoqué « le manque de progrès récents » sur la défense antimissile, le commerce et les droits de l’homme.

Les Américains se sont dits surtout « déçus » par les Russes dans l’affaire Edward Snowden, du nom de l’informaticien américain qui a révélé l’ampleur de la surveillance des communications par les Etats-Unis et à qui Moscou a accordé l’asile temporaire.

« Relation normale »

Mais M. Lavrov s’est déclaré beaucoup plus « optimiste » sur les relations russo-américaines.

« Il est clair que l’on ne peut pas s’attendre à une Guerre froide », a-t-il dit à la presse, affirmant que le « dossier Snowden n’affecte pas les grandes lignes de la relation ».

« L’humeur générale était très positive » durant le « 2+2 », s’est félicité le Russe, excluant la « moindre aggravation » dans une « relation normale » entre les deux puissances.

Son homologue John Kerry a aussi mis en avant une « relation très importante et marquée à la fois par des intérêts partagés et parfois par des intérêts conflictuels ». Les deux hommes, qui s’entendent bien, ont parlé de leurs points d’accord comme la non-prolifération nucléaire, le désarmement, l’Afghanistan, l’Iran ou la Corée du Nord et de leurs différends sur les droits de l’homme, la défense antimissile et la Syrie.

Sur cette guerre, Russes et Américains s’efforcent depuis trois mois d’organiser une conférence de paix, dite Genève 2, qui doit offrir une solution politique négociée entre Damas et la rébellion. D’après M. Lavrov, Washington et Moscou sont d’accord pour que Genève 2 ait lieu « dès que possible » et des responsables des deux pays doivent se revoir fin août.

Sous le mandat du président russe Dmitri Medvedev (2008-2012), le président Obama avait proposé un « Reset », une relance des relations bilatérales. Elle est « définitivement enterrée », selon le président de la commission des Affaires étrangères de la Douma russe, Alexeï Pouchkov.

Pour autant, aucun des deux pays n’a évoqué une rupture.

Bras de fer en vue sur la Syrie entre Obama et Poutine au G8

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La Syrie va dominer la première journée du sommet G8 lundi en Irlande du Nord, avec une rencontre qui s’annonce délicate entre les présidents Barack Obama et Vladimir Poutine, l’allié russe de Damas se montrant peu enclin aux concessions.

Washington et Moscou, qui cherchent à organiser en juillet une conférence de paix encore très improbable sur la Syrie, ont singulièrement durci le ton au cours des derniers jours.

Alors que les pays occidentaux alliés de l’opposition syrienne envisagent de livrer des armes aux rebelles syriens pour « rééquilibrer » les forces sur le terrain en vue d’une éventuelle négociation, Vladimir Poutine, très offensif, a prévenu que Moscou « ne pouvait envisager » une telle hypothèse.

« Je pense que tout le monde sera d’accord sur le fait que ça ne vaut pas la peine de soutenir des personnes qui non seulement tuent leurs ennemis mais mangent aussi leurs organes en public et devant les caméras », a-t-il lancé dimanche à l’issue d’une rencontre à Londres avec le Premier ministre britannique David Cameron. Il faisait référence à une vidéo diffusée en mai et montrant un rebelle syrien éviscérant un soldat.

« Nous ne violons aucune règle ou norme et nous appelons tous nos partenaires à agir de la même façon », a insisté M. Poutine, dont le pays arme le régime de Bachar al-Assad et se réserve la possibilité de lui livrer des missiles S-300 anti-aériens.

De son côté, la Maison Blanche a accusé jeudi Damas d’avoir franchi « une ligne rouge » et d’avoir utilisé des armes chimiques. Et d’annoncer qu’elle allait augmenter son soutien à l’opposition syrienne, sans pour autant dire clairement qu’elle allait livrer des armes. Les déclarations de M. Obama, qui ne s’est plus exprimé directement sur la Syrie depuis des semaines, donneront une idée de l’état d’esprit du président américain, jusqu’ici très réticent à s’engager dans le conflit syrien.

M. Poutine s’entretiendra également en bilatérale avec le président français François Hollande, juste avant l’ouverture du sommet à Lough Erne, un complexe luxueux au bord d’un lac sauvage. M. Hollande devrait présenter à son homologue russe les preuves dont dispose Paris de l’utilisation de gaz sarin par le régime syrien, accusations qui ont laissé Moscou de marbre.

Paris et Londres poussent à la livraison d’armes à l’opposition syrienne et des représentants occidentaux en ont discuté en fin de semaine en Turquie avec le chef de l’Etat major de l’armée syrienne Selim Idriss.

Les discussions sur la Syrie se tiennent aussi alors que l’Iran, autre grand soutien du régime de Bachar al-Assad, vient de se doter d’un président considéré comme modéré, Hassan Rohani, que la communauté internationale espère plus conciliant sur les dossiers syrien et du nucléaire.

« Nous allons utiliser l’opportunité d’avoir tous les dirigeants du G8 réunis pour tenter de construire sur un terrain commun », a déclaré dimanche l’hôte du sommet M. Cameron, alors que le conflit a fait 93.000 morts en un peu plus de deux ans.

Pourquoi cette photo est devenue virale en Chine

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Une photo montrant Barack Obama et le président chinois Xi Jinping a fait le tour du twitter chinois après qu’un internaute pointe une certaine ressemblance avec un dessin de Winnie l’Ourson accompagné de Tigrou. Le photomontage a depuis été censuré par les autorités chinoises. 

Le cliché a été pris lors d’une rencontre entre les deux dirigeants le week-end dernier en Californie. 

© afp.