Articles Tagués ‘attentat’

Le Monde.fr | 07.10.2015 à 17h03 • Mis à jour le 07.10.2015 à 18h00 | Par Cécile Hennion

L'hôpital de Kunduz, le 3 octobre.

L’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a, mercredi 7 octobre, à Genève, de nouveau qualifié de « crime de guerre » le bombardement dans la nuit du 3 au 4 octobre de son hôpital de Kunduz (Afghanistan), qui a fait 22 morts parmi les patients et le personnel soignant. Que recouvre cette accusation, et quelles peuvent être ses conséquences ?

  • Qu’est-ce qu’un crime de guerre ?

Le Statut de la Cour pénale internationale (CPI) définit les crimes de guerre comme des « violations graves des lois et coutumes applicables aux conflits armés internationaux ». Notion a priori subjective, la « gravité » des violations est reconnue, dans la pratique, lorsque ces violations impliquent des morts, des blessés, des destructions ou des prises illégales de biens.

Un autre élément entre en compte pour évaluer la « gravité » : si la violation contrevient aux « valeurs importantes ». Les exemples donnés dans cette catégorie par le droit international humanitaire (DIH) coutumier sont, entre autres, la mutilation de cadavres, le fait de faire subir des traitements humiliants à des personnes ou encore l’enrôlement dans les forces armées d’enfants âgés de moins de 15 ans.

Les crimes de guerre peuvent consister en des actes ou en des omissions (comme le fait de ne pas fournir de nourriture ou des soins médicaux nécessaires aux personnes qui se trouvent aux mains de l’adversaire). Si ces actes ou omissions sont « généralisés » et « systématiques », on peut alors parler alors de « crimes contre l’humanité ».

  • Cette définition peut-elle s’appliquer à la destruction de l’hôpital de Kunduz ?

Les autorités américaines risquent de contester une telle accusation, même si celle-ci paraît assez bien établie dans le cas de l’hôpital de MSF. Parmi la longue liste des crimes de guerre recensés par le DIH figurent en effet « le fait d’attaquer le personnel sanitaire ou religieux, les unités sanitaires ou les moyens de transports sanitaires » ; « le fait de soumettre à une attaque la population civile ou des personnes civiles ne participant pas directement aux hostilités ». Le cas du bâtiment de l’hôpital de Kunduz, bombardé pendant près d’une heure, en partie détruit et incendié, avec un bilan de 22 morts et 37 blessés parmi les médecins et les patients de l’établissement, pourrait donc entrer dans la catégorie des crimes de guerre.

A l'hôpital de Kunduz, le 7 octobre.

Même à considérer une situation hypothétique (et démentie par Médecins sans frontières) selon laquelle des combattants auraient utilisé l’hôpital pour se réfugier, voire comme base de lancement d’attaques, le DIH considère clairement comme un crime de guerre « le fait de lancer une attaque en sachant qu’elle causera incidemment des pertes en vies humaines ou des blessures parmi la population civile ou des dommages aux biens de caractère civil qui seraient manifestement excessifs par rapport à l’avantage militaire concret et direct attendu ».

Les attaques dirigées contre le personnel humanitaire, qui se sont multipliées de façon inquiétante lors des derniers conflits, sont également considérées comme un crime de guerre par le DIH.

  • Qui sont les responsables ?

Différentes enquêtes ont été annoncées par les autorités américaines, afghanes, et par l’OTAN. Le général John Campbell, chef des forces américaines et de l’OTAN en Afghanistan, a d’ores et déjà affirmé au Sénat, mardi 6 octobre, que « la chaîne de commandement américain » avait failli en ordonnant le bombardement de l’hôpital à la demande des Afghans. Il a même parlé d’« erreur ».

Mais MSF réclame – en vain à ce stade – une véritable enquête internationale, indépendante, puisque les responsabilités de nombreux acteurs – OTAN, armée américaine, autorités et armée afghanes – peuvent s’entremêler dans ce genre de cas. La présidente de l’ONG, Joanne Liu, a exigé, mercredi, la création d’une « commission internationale humanitaire pour établir les faits », indiquant « ne pas faire confiance à une enquête militaire interne ».

La présidente de MSF, Joanne Liu, et son directeur pour la Suisse, Bruno Jochum, le 7 octobre à Genève.
La présidente de MSF, Joanne Liu, et son directeur pour la Suisse, Bruno Jochum, le 7 octobre à Genève. FABRICE COFFRINI / AFP

Par ailleurs – et dans la tragédie de Kunduz il pourrait s’agir d’un point essentiel –, le droit international a introduit dans sa définition de crime de guerre l’« élément psychologique ». La jurisprudence internationale a en effet indiqué que les crimes de guerre sont des violations qui sont commises « avec intention », c’est-à-dire avec « l’intention de provoquer le résultat criminel » ou avec « négligence coupable ou imprudence ». C’est pourquoi le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a estimé que si cette frappe était reconnue comme délibérée, elle pourrait « constituer un crime de guerre ».

Un groupe lié à Al-Qaïda revendique le double attentat-suicide à Beyrouth

Un double attentat-suicide a fait au moins 23 morts et près de 150 blessés, mardi, dans le sud de Beyrouth, devant l’ambassade d’Iran, dans un secteur contrôlé par le Hezbollah chiite. Un groupe d’Al-Qaïda a revendiqué l’attaque sur Twitter.

Au moins 23 personnes ont été tuées et près de 150 autres ont été blessées, mardi 19 novembre, dans un double attentat-suicide dans un quartier à majorité chiite de Beyrouth, devant l’ambassade d’Iran. « Ce n’est pas un bilan définitif », a affirmé le ministre de la Santé libanais,Ali Hassan Khalil.

En outre, l’attaché culturel de l’ambassade iranienne a péri dans l’attaque, indique une source gouvernementale. « Cheikh Ibrahim Ansari entrait dans les bâtiments de l’ambassade quand l’explosion s’est produite. Il a été grièvement blessé, puis est décédé à l’hôpital », a indiqué à l’AFP la source sous le couvert de l’anonymat.

Un groupe lié à Al-Qaïda revendique l’attaque

Un groupe lié au réseau terroriste d’Al-Qaïda, les « brigades Abdallah Azzam », ont revendiqué « le double attentat-suicide » sur Twitter. « Les brigades Abdallah Azzam (…) sont responsables de l’attaque contre l’ambassade d’Iran à Beyrouth », dit le cheikh Sirajeddine Zreikat, un porte-parole du groupe, sur le réseau social. « Il s’agit d’une double attaque pour laquelle deux de nos héros, des sunnites du Liban, sont tombés en martyrs », a ajouté Sirajeddine Zreikat.

« Les opérations vont se poursuivre jusqu’à ce que le parti d’Iran (le Hezbollah, NDLR) retire ses combattants de Syrie », écrit-il encore tout en exigeant aussi la libération de « [ses] partisans des prisons de l’injustice au Liban ».

Les deux explosions se sont produites peu avant 10h00 (08h00 GMT) dans le quartier de Jnah, dans le sud de Beyrouth. Selon l’armée libanaise, un kamikaze a été à l’origine d’une première déflagration devant la façade de l’ambassade et une voiture piégée, conduite par un autre kamikaze, a explosé quelques minutes plus tard, deux bâtiments plus loin.

Téhéran accuse Israël

Les images diffusées par les médias locaux de ce quartier, considéré comme un fief du Hezbollah, le puissant mouvement politico-militaire chiite, montrent des scènes chaotiques, des voitures en feu et des personnes blessées.

La guerre en Syrie, voisine du Liban, a exacerbé les tensions entre les sunnites et les chiites du Liban, en particulier le Hezbollah, allié de l’Iran, qui s’est engagé à combattre aux côtés de Damas aussi longtemps que nécessaire. Il s’agit du troisième attentat visant un bastion du parti de Hassan Nasrallah depuis l’été.  C’est en revanche la première attaque visant l’Iran depuis le début du conflit en Syrie, où Téhéran a dépêché des experts militaires.

Si Téhéran a imputé l’attaque de ce mardi à Israël, la Syrie a de son côté accusé, sans les nommer, les pays du Golfe hostiles à Damas d’en être les instigateurs. « Le gouvernement syrien condamne fermement l’acte terroriste perpétré près de l’ambassade iranienne à Beyrouth », a indiqué la télévision syrienne soulignant que « l’odeur du pétrodollar se dégageait de tous les actes terroristes frappant la Syrie, le Liban et l’Irak », faisant visiblement référence notamment à l’Arabie saoudite et au Qatar qui soutiennent la rébellion syrienne.

Condamnations de l’attaque

L’Élysée a condamné avec « la plus grande fermeté l’attentat sanglant qui s’est produit devant l’ambassade d’Iran à Beyrouth », et a présenté « ses profondes condoléances aux familles des victimes et sa solidarité aux autorités libanaises et iraniennes ».

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a, lui, appelé les Libanais à « agir avec retenue et à soutenir les institutions de l’État, notamment les forces de sécurité », après l’attentat.

Pakistan: 70 morts dans un attentat contre des chrétiens

Source: AFP© reuters.

Un double attentat suicide perpétré devant une église à la sortie de la messe a tué au moins 70 personnes dimanche au Pakistan, l’attaque la plus sanglante jamais menée contre la minorité chrétienne dans le pays, selon les autorités locales.

© afp.
© epa.
© afp.
© afp.

L’attaque, qui n’avait toujours pas été revendiquée dimanche, a visé l’Eglise de tous les Saints de Peshawar, la principale ville de Khyber Pakhtunkhwadu dans le nord-ouest du pays à la fin de la messe dominicale.

Le Dr Arshad Javed de l’hôpital Lady Reading, le principal hôpital public de Peshawar, a déclaré à l’AFP que 72 personnes avaient été tuées et plus d’une centaine blessées dans l’attentat.

Le ministre de la Santé de la province, Shaukat Ali Yousufzai, a confirmé ce bilan et déclaré à l’AFP que le gouvernement provincial avait décrété un deuil de trois jours. Le nord-ouest du Pakistan est un bastion conservateur de nombreux groupes rebelles islamistes, dont le Mouvement des talibans du Pakistan (TTP), alliés à Al-Qaïda et auteurs d’innombrables attentats suicide qui ont fait plus de 6.000 morts depuis 2007 et ont régulièrement ensanglanté Peshawar.

Les chrétiens du Pakistan, qui représentant 2% de la population de ce pays de 180 millions d’habitants à plus de 95% musulman, sont parfois victimes de violences, mais très rarement du fait des attentats qui visent habituellement les forces de sécurité ou les minorités musulmanes (chiites, ahmadis) jugées infidèles par certains extrémistes sunnites talibans.

L’attaque de dimanche fait craindre que les chrétiens, traditionnellement pauvres, victimes de discrimination, relégués à des métiers subalternes (nettoyage notamment) et vivant souvent dans des bidonvilles, ne soient eux aussi de plus en plus visés par ces attentats. Les deux kamikazes ont déclenché les explosifs qu’il portaient sur eux à la sortie de la messe du dimanche alors que plus de 400 chrétiens sortaient de l’église, selon des témoins.

« Une énorme explosion m’a jeté au sol »
« Une énorme explosion m’a jeté au sol, et dès que je suis revenu à moi, une seconde a eu lieu et j’ai vu des blessés partout autour », a raconté à l’AFP l’un d’eux, Nazir Khan, un maître d’école âgé de 50 ans. « La plupart des blessés sont dans un état critique », avait déclaré un peu plus tôt à la presse le responsable de l’administration de la ville, Sahibzada Anees.

« Les terroristes n’ont pas de religion »
Les autorités savaient que cette église pouvait être attaquée et avaient déployé spécialement des forces de sécurité autour, a ajouté M. Anees. « Nous sommes encore dans la phase des secours, mais quand cela sera terminé nous enquêterons pour savoir ce qui n’a pas été fait » pour y garantir la sécurité, a-t-il précisé.

Devant l’église, certains proches de victimes en pleurs ont crié des slogans hostiles à la police, jugée incapable d’avoir évité cette attaque. D’autres ont bloqué l’une des rues principales de la ville avec des cadavres de victimes pour dénoncer ces assassinats. Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a fermement condamné cet attentat. « Les terroristes n’ont pas de religion, et viser des innocents est contraire aux préceptes de l’islam et de toutes les autres religions, a-t-il souligné dans un communiqué exprimant sa solidarité avec la communauté chrétienne.

« Ces actes terroristes cruels montrent l’état d’esprit brutal et inhumain des terroristes », a ajouté M. Sharif, dont le gouvernement a proposé récemment des négociations de paix avec les talibans du TTP pour mettre fin aux violences. Les violences interconfessionnelles ont augmenté ces dernières années au Pakistan, avec notamment une série d’attentats suicide sanglants visant la minorité musulmane chiite (environ 20% de la population), revendiqués par le Lashkar-e-Janghvi, un groupe armé sectaire proche du TTP et d’Al-Qaïda.

Mais pas jusqu’ici les chrétiens. Les violences antichrétiennes au Pakistan avaient été limitées à des heurts entre communautés locales, souvent après que des chrétiens ont été accusés de blasphème contre l’islam. Le principal accès de violence avait eu lieu en 2009 à Gojra, dans la province du Pendjab (est), où une foule musulmane en colère avait brûlé 77 maisons de chrétiens et tué sept d’entre eux après des rumeurs de Coran profané.

Mais les détracteurs de la loi qui criminalise le blasphème au Pakistan, où il est passible de la peine de mort, estiment qu’elle est régulièrement instrumentalisée pour régler des conflits locaux, fonciers notamment. L’an dernier, une jeune chrétienne, Rimsha Masih, avait passé trois semaines en prison après avoir été accusée de blasphème. Elle avait ensuite été innocentée, mais s’est depuis réfugiée avec ses proches au Canada.

Un attentat fait deux morts et 10 blessés en Afghanistan

Source: BelgaImage d’archives © afp.

Un policier et un civil ont perdu la vie dans un attentat suicide, vendredi, dans le sud de l’Afghanistan, à la frontière avec le Pakistan. Dix autres personnes, dont deux agents, ont été blessées, a indiqué la police.

« Le kamikaze est entré en Afghanistan par la frontière, avant d’être interpellé par la police à un poste de contrôle », affirme le chef de police de la province de Kandahar.

« Il s’est fait exploser au moment où les agents le fouillaient », conclut-il.

Au moins 44 morts dans une série d’attaques en Irak

© reuters.

Une série d’attaques a fait au moins 44 morts et plus de 150 blessés mardi en Irak, où des voitures piégées ont notamment ciblé des quartiers à majorité chiite à Bagdad.

Selon des sources médicales et des services de sécurité, cinq voitures piégées ont explosé à quelques minutes d’intervalle vers 18H00 (15H00 GMT) dans les quartiers chiites de Chaab, Choola, Kamaliyah et Abou Chir de la capitale irakienne, faisant 32 morts.

Quatre personnes ont par ailleurs été tuées par balles dans deux quartiers de la capitale, ont indiqué des sources sécuritaires.En dehors de Bagdad, une explosion dans la ville à majorité chiite de Samawa, dans le sud-ouest du pays, a fait trois morts et 22 blessés. Quatre personnes ont péri et 15 ont été blessées dans un attentat à la bombe contre un cortège funéraire sunnite, près de Bakouba, au nord-ouest de Bagdad.

Enfin, une personne a été tuée par un engin explosif à Kirkouk, ville multiethnique dans le nord du pays. Aucun des attentats n’a été revendiqué, mais des groupes sunnites liés à Al-Qaïda mènent régulièrement des attaques coordonnées contre les chiites, qu’ils considèrent comme des apostats.

Une victime du 11-Septembre identifiée près de 12 ans après

Source: AFP© reuters.

Une femme de 43 ans, morte dans les attentats du 11-Septembre à New York, vient d’être identifiée, ce qui porte à 1.636 le total des victimes identifiées à ce jour, a annoncé vendredi le médecin légiste de New York. Cette avancée a été rendue possible par de nouveaux tests menés sur des restes découverts juste après le drame, a précisé une porte-parole. Son nom n’a pas été rendu public, à la demande de la famille.

Au total, 2.753 personnes avaient été tuées dans les attentats du 11 septembre 2001 à New York, lorsque deux avions de ligne avaient été précipités par des commandos d’Al-Qaïda contre les tours jumelles du World Trade Center. A ce jour, seulement 59% de ces victimes ont pu être identifiées (1.636).

Selon le médecin légiste, aucune trace n’a jamais été retrouvée pour les 41% restants, soit 1.117 personnes. Au total, 21.906 restes humains ont été retrouvés, dont 62% seulement ont été identifiés, selon la même source.

En avril dernier, une nouvelle recherche de restes humains avait été menée près du site, après la découverte d’un morceau d’avion coincé entre deux immeubles, mais rien n’avait été trouvé.

Tentative d’attentat chez Axa: le périmètre de sécurité est levé

© photo news.

Un homme a tenté, pour des raisons encore inconnues, de commettre un attentat chez Axa Belgium à Watermael-Boitsfort. Le suspect aurait aspergé d’ammoniaque des employés et un véhicule piégé a été retrouvé dans la zone.

Selon une employée d’Axa Belgium contactée par 7sur7 ainsi que la police locale, un homme aurait fait irruption dans le hall d’entrée des locaux de la compagnie d’assurances au boulevard du Souverain à Watermael-Boitsfort. Celui-ci était, selon les forces de l’ordre, armé d’une machette et d’un bidon d’ammoniaque.

Alors que deux ouvriers tentaient de maîtriser l’agresseur, ce dernier leur aurait jeté de l’ammoniaque. Les ouvriers ne seraient cependant que légèrement blessés et ont pu tenir l’homme en joue jusqu’à l’arrivée de la police. Un véhicule rempli de bonbonnes de gaz et d’essence a ensuite été retrouvé dans la zone des bureaux d’Axa. Les démineurs ont fait exploser les vitres de la voiture pour mieux voir ce qui se trouvait à l’intérieur. Le périmètre de sécurité a été levé peu après 18h30.

La police qualifie l’acte de tentative d’attentat, bien que les motivations de l’homme demeurent inconnues. Selon la DH, Selon la DH, il pourrait s’agir d' »un assuré qui n’a pas apprécié la façon dont son sinistre a été géré ». Les employés d’Axa qui ont été aspergés d’amoniaque sont déjà sortis de l’hôpital.

Forte explosion près de l’ambassade des Etats-Unis à Kaboul, au moins 10 victimes

11/06/13 – 14h56  Source: Belga© reuters.Un attentat suicide à la voiture piégée a fait au moins dix morts ou blessés mardi dans le centre de la capitale afghane, Kaboul, non loin de l’ambassade américaine, a annoncé à l’AFP un responsable du ministère de l’Intérieur.

© reuters.
© reuters.
© reuters.

L’explosion a eu lieu vers 16h30 locales (14h00 heure belge) devant la Cour suprême, a précisé le général Mohammad Zahir, chef du service des enquêtes criminelles du ministère.

« Le kamikaze a précipité son véhicule piégé contre un bus transportant des employés de la Cour suprême. Il y a beaucoup de victimes civiles », a-t-il ajouté, sans plus de précisions.

« Les premières informations font état de dix civils tués ou blessés, la plupart employés de la Cour suprême », a ajouté de son côté Najib Danish, le porte-parole adjoint du ministère.

Des témoins ont indiqué avoir vu sur place des débris de voitures et de bus aux vitres éventrées.

Kaboul est régulièrement frappée par des attentats suicide, l’une des armes de prédilection des rebelles talibans qui luttent depuis plus de dix ans contre le gouvernement de Kaboul et son alliée de la force de l’Otan.

Lundi, sept rebelles talibans avaient pris d’assaut le quartier de l’aéroport de Kaboul, se réfugiant dans un immeuble avant d’être tués par les forces de sécurité locales soutenues par l’Otan, selon la police qui n’a pas fait état d’autres victimes.

 

Finale de la Ligue des champions: l’Allemagne craint un attentat
© Reporters
Les mesures de sécurité devraient être renforcées

BERLIN Les autorités allemandes craignent le risque d’attentat lors des retransmissions publiques de la finale de la Ligue des champions de football qui oppose deux clubs allemands samedi soir, affirme l’édition en ligne du magazine Spiegel.

La police criminelle allemande (BKA) dispose d' »un indice à prendre au sérieux » sur un possible projet d’attentat en Allemagne, poursuit l’hebdomadaire sans citer ses sources. Contactée par l’AFP, la police criminelle n’était pas en mesure de réagir immédiatement.

Vendredi, au cours d’une réunion confidentielle, le président du BKA, Jörg Ziercke, a informé les ministres régionaux de l’Intérieur sur un possible attentat terroriste en Allemagne, ajoute der Spiegel.

Plusieurs suspects islamistes prépareraient un attentat à la bombe. Seraient visées les diverses retransmissions publiques sur écran géant prévues dans toute l’Allemagne à l’occasion de la finale de la compétition européenne, selon la même source.

Les mesures de sécurité doivent par conséquent être renforcées notamment à Berlin où la finale opposant le Bayern Munich à Dortmund sera retransmise au pied de la Porte de Brandebourg. Dans un pays où le football est le sport roi, les organisateurs de la retransmission berlinoise attendent jusqu’à 200.000 personnes.

L’Allemagne est régulièrement citée comme cible possible d’attentats commis par des extrémistes islamistes notamment en raison de son engagement armé en Afghanistan.

AFP

 

"Lignes à haute tension." A gauche, la Turquie de Tayyip Erdogan. A droite, la Syrie de Bachar El-Assad. Dessin de Bleibel, Liban.

Courrier International

 

Après le double attentat survenu samedi, la tension est montée d’un cran dans le pays. Mais la Turquie doit continuer à s’impliquer si elle veut devenir un acteur important dans la région, quitte à en payer le prix, estime la presse turque.

 

« Ce n’est pas la première fois que le conflit syrien débouche sur des attentats sur le sol turc », écrit Taha Akyol dans le quotidien Hürriyet. En juin 2012, l’armée syrienne avait déjà abattu un avion de chasse turc. Moins d’un an après, le 11 février 2013, un attentat au poste-frontière de Cilvegözü avait fait 17 morts. Les obus et les missiles tombent régulièrement du côté turc de la frontière.

« Avec l’attentat de Reyhanli qui a fait plus de 45 morts, la Syrie poursuit donc ses attaques non conventionnelles sur le sol turc », estime le quotidien, ajoutant que « outre ces attentats et les manipulations de groupuscules d’extrême-gauche turcs [accusés d’être derrière cet attentat] qui seraient selon certaines sources hébergés à Damas et liés à la famille Assad, la Syrie tente, et c’est encore plus grave, de créer des tensions entre sunnites et alaouites de Turquie [dans cette région où ces derniers sont très nombreux] ».

Garder son sang-froid

« Nos concitoyens alaouites [arabophones, appelés aussi nousayris] s’inquiètent en effet qu’un régime sunnite autoritaire succède au régime baasiste [et à dominante alaouite] de Bachar El-Assad. C’est dans cet état d’esprit qu’ils regardent l’évolution de la guerre civile en Syrie », poursuit le journal.

Hürriyet rappelle également que l’afflux important de réfugiés syriens en Turquie a créé dans la région de sérieuses tensions depuis quelques mois. Celles-ci ont été exacerbées par le double attentat survenu dimanche : certains habitants s’en sont ainsi pris aux réfugiés syriens de la région. « Le fait que la police ait alors dû tirer en l’air pour empêcher des affrontements montre que les nerfs sont à vif et que l’on pourrait se retrouver dans des situations incontrôlables », note le quotidien, qui estime que « dans ce contexte d’instabilité régionale majeure, la Turquie doit donc garder son sang-froid et ne pas céder à la provocation ».

L’implication de l’AKP en cause

Kadri Gürsel, dans Milliyet, estime, quant à lui, que cet attentat sanglant est une conséquence de l’implication unilatérale du gouvernement turc AKP dans le conflit syrien : « A partir d’août-septembre 2011, le gouvernement AKP a choisi de favoriser le renversement du régime baasiste afin de permettre l’instauration d’un gouvernement islamiste dominé par les Frères musulmans, c’est-à-dire d’un gouvernement de même nature que lui », explique-t-il.

« A part s’abstenir d’y faire intervenir directement son armée, Ankara a alors vraiment tout fait pour déclarer ouvertement la guerre à la Syrie. Les autorités turques ont alors volontairement négligé la sécurité aux frontières pour permettre les allers et venues des rebelles syriens et des combattants djihadistes étrangers », analyse Gürsel. Il ajoute que « c’est donc très probablement dans ce contexte de frontières devenues poreuses que les auteurs de l’attentat de Reyhanli ont pu faire entrer 300 kilos d’explosifs sur le territoire turc ».

Selon Cengiz Candar, éditorialiste de Radikal, dans cet attentat, le message de « mise en garde » de la Syrie à la Turquie est très clair, mais « il ne faut pas pour autant en conclure que la Turquie a tout faux sur le dossier syrien et qu’elle doit se tenir éloignée de tout ce qui se passe au Moyen-Orient », assure-t-il, ajoutant que « le statu quo qui prévalait lors de la guerre froide n’est plus de mise ». Pour l’éditorialiste, « certes, la Turquie a commis des erreurs, mais l’alternative n’est pas pour autant de ne pas s’impliquer en Syrie et au Moyen-Orient ».

Il estime que, dans ces conditions, un tel attentat impliquant un nombre de morts aussi élevé « est l’un des ‘prix à payer’ pour être un ‘acteur influent’ au Moyen-Orient ». Et de conclure : « Il s’agit certes là d’un constat désagréable. Fallait-il alors pour éviter de payer ce prix se tenir à distance de tout ce qui se passe en Syrie ? C’est tout simplement impossible compte tenu de la place qu’occupe désormais la Turquie sur le plan international. »