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Des armes trouvées chez les Femen

Source: AFP© epa.

La police ukrainienne a affirmé mardi avoir découvert des armes au siège du groupe Femen, connu pour des manifestations seins nus, les féministes dénonçant une « provocation » de la part des autorités.

La police a indiqué dans un communiqué avoir reçu un message anonyme affirmant qu’un engin explosif avait été déposé dans le bâtiment situé au 21 rue Mikhaïlovskaïa où se trouve le bureau des Femen.

« Au cours de l’inspection des lieux, les forces de l’ordre ont saisi des objets ressemblant à un pistolet et à une grenade qui vont être soumis à expertise », selon la police.

Selon Anna Goutsol, la chef de la branche ukrainienne du mouvement, la police a affirmé avoir découvert un fusil, une grenade et des portraits du président russe Vladimir Poutine et du patriarche orthodoxe russe Kirill.

« Nous n’avons jamais eu d’armes »
« C’est une provocation. Nous n’avons jamais eu d’armes », a déclaré Mme Goutsol à l’AFP en estimant que des armes avaient pu être introduites dans le bureau en l’absence des militantes.

Trois militantes de Femen qui s’apprêtaient à manifester contre la visite en Ukraine du président russe Vladimir Poutine fin juillet avaient été interpellées à Kiev et Mme Goutsol avait été agressée. Elles avaient accusé les service spéciaux russes et ukrainiens d’être derrière l’incident.

Le mouvement Femen, fondé en Ukraine et dont le siège est désormais à Paris, mène depuis plusieurs années des actions dans le monde entier pour dénoncer le sexisme et les discriminations à l’encontre des femmes : ses membres surgissent soudainement, seins nus, le corps couvert d’inscriptions, pour attirer l’attention.

Le groupe dénonce en outre l’homophobie, la collusion entre l’État et l’Église, les régimes autoritaires et les fraudes aux élections. Il s’en était pris au président Poutine, en avril à Hanovre (Allemagne).

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Une fillette se tue avec un revolver

 

une fillette âgée de cinq ans s’est tuée dimanche matin à La Nouvelle-Orléans alors qu’elle se trouvait seule chez elle, rapporte la chaîne locale wwwltv.

Elle se serait tirée accidentellement une balle dans la tête avec un calibre 38 alors que sa mère l’avait laissée seule pour faire les courses.

Selon des membres de la famille, l’arme se trouvait sur l’étagère du dessus dans une armoire.

La maman de la fillette, Laderika Smith, 28 ans, va être inculpée pour meurtre au second degré.

La jeune mère avait déjà été arrêtée par la police à trois reprises depuis 2005, notamment pour vol et prostitution.

La Belgique et l’UE signent dès le premier jour le traité sur le commerce des armes

Source: Belga© epa.

La Belgique a signé lundi, dès le premier jour de son ouverture à la signature, le nouveau Traité sur le commerce des armes (TCA), tout comme les autres pays de l’Union européenne, lors d’une cérémonie au siège des Nations Unies à New York, a annoncé le Service public fédéral (SPF) Affaires étrangères.

Le ministre des Affaires étrangères argentin, Hector Timerman, a été le premier à signer le texte sous les applaudissements © epa.

Ce traité a été adopté par l’Assemblée générale de l’ONU le 2 avril.

Il a été signé, au nom de la Belgique, par son ambassadrice à l’ONU, Bénédicte Frankinet.

Au total, une soixantaine de pays ont commencé lundi à signer ce premier traité sur le commerce international des armes conventionnelles, mais qui n’entrera en vigueur qu’après cinquante ratifications.

Le ministre des Affaires étrangères argentin, Hector Timerman, a été le premier à signer le texte sous les applaudissements, lors de la cérémonie à New York.

Selon des diplomates, 61 pays devaient parapher le traité lundi, dont les Européens – l’Allemagne par le biais de son ministre des Affaires étrangères, Guido Westerwelle -, et plusieurs pays d’Amérique latine (Costa Rica, Brésil, Mexique, Chili) et d’Afrique.

Les Etats-Unis, principal pourvoyeur d’armes de la planète, devraient signer plus tard tandis que la Russie et la Chine ont réservé leur position.

Le traité, qui était en discussion depuis 2006, est censé moraliser les ventes d’armes conventionnelles, un marché de 80 milliards de dollars par an.

Chaque pays devra évaluer avant toute transaction si les armes vendues risquent d’être utilisées pour contourner un embargo international, violer les droits de l’homme ou être détournées au profit de terroristes ou de criminels.

Le vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a, dans un communiqué, souligne l’importance de ce traité pour la paix et la sécurité internationales.

« Ce qui fut considéré par certains comme irréaliste ou trop ambitieux il y a quelques années, est aujourd’hui devenu réalité. Nous avons pu adopter un traité fort et robuste, contenant des critères essentiels touchant au cœur des valeurs humaines ».

M. Reynders s’est félicité du fait que le traité dispose d’une grande légitimité – trois pays seulement ont voté contre – ce qui devrait inciter une mise en œuvre rapide et correcte et mènera à mieux réglementer et plus responsabiliser le commerce international des armes.

« L’actualité internationale démontre que le monde a plus que jamais besoin de ce traité. La Belgique fera tout son possible pour faciliter l’entrée en vigueur rapide du Traité sur le Commerce des Armes et demande à tous les pays d’y adhérer. Le respect des critères y convenus ne pourra que contribuer à la sécurité de tous nos citoyens », a-t-il ajouté.

L’Assemblée générale de l’ONU avait adopté le traité le 2 avril par 154 voix pour et trois contre (Syrie, Iran et Corée du Nord) mais 23 pays se sont abstenus, parmi lesquels certains des principaux exportateurs (Russie, Chine) ou acheteurs de ces armes (Egypte, Inde, Indonésie).

Il avait fallu deux longues sessions de négociation, en juillet 2012 puis en mars dernier, pour mettre au point ce texte d’une quinzaine de pages. Chaque pays est libre de signer ou non le traité et de le ratifier.

Il entrera en vigueur à partir de la 50ème ratification, ce qui devrait prendre « un peu plus d’an », a estimé lundi le chef de la diplomatie finlandaise, Erkki Tuomioja.

 

 

Les Inrocks

 

Le Département d’Etat américain a fait retirer du catalogue DefCad les dessins permettant d’imprimer une arme à feu en 3D. Mais c’était sans compter The Pirate Bay…

En début de semaine, on vous rapportait qu’un étudiant américain de 25 ans, Cody Wilson, était parvenu à faire fonctionner une arme à feu imprimée en 3D et avait posté les dessins nécessaires à cette impression sur Defcad, un catalogue de fichiers en téléchargement libre géré par Defense Distributed, son propre site dédié aux armes à feu.

Revirement de situation le 9 mai lorsque le Département d’Etat américain demande à Wilson de retirer de Defcad les fichiers concernant le pistolet en 3D. Selon Forbes, qui est en contact avec Cody Wilson, le gouvernement américain souhaiterait évaluer la conformité de ces fichiers avec la loi contrôlant l’exportation d’armes à feu connue sous le nom de “International Traffic in Arms Regulations” (ITAR), que Wilson pourrait bien avoir violé en mettant en libre téléchargement sur Internet les plans permettant d’imprimer le “Liberator”. L’étudiant a décidé de s’exécuter: “nous devons obéir. La lettre [disponible sur le site de Forbes, ndlr] dit que tous les fichiers de ce type doivent être retirés de l’accès au public mais ça pourrait être impossible à réaliser. Nous allons déjà les retirer de nos serveurs“.

Malgré la décision du Département d’Etat américain, les fichiers sont toujours disponibles en téléchargement sur le site de The Pirate Bay. Contacté par le site spécialisé TorrentFreak, les responsables de The Pirate Bay assurent qu’ils ne retireront pas les dessins de Cody Wilson:

“TPB [The Pirate Bay, ndlr] a pendant près de dix ans fonctionné sans jamais retirer un seul fichier sous une pression extérieure. Et il ne le fera jamais”.

Quel est le rapport entre The Pirate Bay, ardents défenseurs de l’Internet libre, et Cody Wilson, crypto-anarchiste passionné par les armes ? “Nous trouvons l’idée de pouvoir imprimer un objet intéressante.(…) Le problème ce n’est pas l’objet mais ce que vous en faîtes. Comme avec un couteau de cuisine” répond le membre de The Pirate Bay interviewé par TorrentFreak. Si les pirates assurent que Cody Wilson “est invité à télécharger tout ce qu’il veut sur Defacd comme sur TPB“, ils n’en souhaitent pas moins que l’impression en 3D soit utilisée par les gens “pour imprimer des pancartes pour protester contre les armes, la corruption, et les menaces pesant sur la liberté d’expression“.

Et si Cody Wilson lui-même n’était pas aussi attaché qu’on le pense aux armes à feu? En mettant en téléchargement les dessins permettant d’imprimer une arme en 3D, Wilson chercherait peut-être moins à doter la planète entière d’armes à feu qu’à mettre des battons dans les roues du gouvernement américain voire des gouvernements des pays du monde entier et à tendre ainsi un peu plus vers son idéal libertarien et crypto-anarchiste. Un idéal commun à The Pirate Bay, Wikileaks, les Anonymous et Mega. Le site de Kim Dotcom a d’ailleurs hébergé en premier les fichiers de Cody Wilson, qui expliquait à ce propos à Forbes: nous avons de la compassion pour Kim Dotcom. Il y avait plein de services que nous aurions pu utiliser mais nous avons choisi celui-là.”

Reste que les dessins permettant l’impression du “Liberator” ont trouvé leur public. Selon un membre de Defense Distributed, les fichiers auraient été téléchargé 100 000 fois en deux jours et majoritairement par des Américains, et la vidéo du premier tir réussi postée par Wilson le 6 mai aurait été vue plus de 3 millions de fois. En août dernier, Wilson confiait àForbes“dites que je suis fou mais j’envisage un monde dans lequel la contrebande passera sous terre, par les câbles de données, et sera imprimée dans nos maisons pendant que les drones passeront au-dessus de nos têtes. J’y vois quelque de poétique… Je rêve de ce future très étrange et j’aimerais en faire partie“.

 

 

Le département d’Etat américain a fait retirer, jeudi 9 mai, les modèles 3D d’armes à feu du catalogue libre Defcad. Le site propose gratuitement aux internautes des modèles de morceaux d’armes et des accessoires concevables avec une imprimante 3D. Fondé au début de l’année par l’étudiant Cody Wilson, autoproclamé crypto-anarchiste, le site est censé héberger tous les objets qui pourraient subir des restrictions légales, et M. Wilson a promis à son lancement de ne jamais supprimer le moindre fichier. Ce revirement légal a donc agacécertains utilisateurs.

 

 

UN PISTOLET FONCTIONNEL IMPRIMÉ EN 3D

La décision des autorités a dû être motivée par la dernière invention de la société, également distribuée librement sur le site. Defcad accueillait depuis le 6 mai le premier modèle 3D de pistolet fonctionnel en plastique, le « Liberator », auquel il manquait un percuteur et une pièce de métal permettant sa détection pour être en conformité avec la loi. Cette création avait été largement médiatisée dans la presse anglophone. Jusqu’ici, Defense Distributed n’avait conçu que certaines pièces d’armes, nécessitant d’en acheter d’autres pour les assembler.

Les modèles d’armes 3D, refusés par d’autres catalogues en ligne de modèles 3D, sont désormais disponibles en téléchargement de pair à pair (P2P). A leur suppression de Defcad, des liens vers des versions hébergées par des internautes sont rapidement apparus pour garantir leur disponibilité. La suppression de ces contenus a d’ailleurs jeté une lumière supplémentaire sur le site, difficilement accessible vendredi. Le choix d’une licence libre (sans restriction d’usage ou de distribution) et la notoriété rapidement acquise par l’initiative ont permis cette diffusion rapide.

Le régulateur américain des armes, l’ATF, déclarait pour sa part ne pas encorevouloir réguler ces modèles imprimées, car trop peu résistants pour circulerpendant des années, contrairement aux armes vendues dans le commerce. Defense Distributed a également levé plus de 75 000 dollars (58 000 euros) en six semaines pour le développement d’un moteur de recherche consacré aux modèles 3D, décentralisé donc difficile à mettre hors ligne.

 

Le Monde.fr

 

 

Sur le tableau : "Devoir aujourd'hui : Vous vous sentez chanceux les enfants ?" L'enseignant : "Autre avantage... Je leur dis de se taire et de se mettre au travail, et ils se taisent et se mettent au travail." Dessin de Danziger paru dans le New-York Times.

Sur le tableau : « Devoir aujourd’hui : Vous vous sentez chanceux les enfants ? » L’enseignant : « Autre avantage… Je leur dis de se taire et de se mettre au travail, et ils se taisent et se mettent au travail. » Dessin de Danziger paru dans le New-York Times.

Depuis la tuerie à l’école de Sandy Hook l’introduction d’armes à feu dans les écoles est régulièrement évoquée. Dans une localité rurale du Michigan, le chef de la police a un plan « réfléchi », nous dit le très conservateur National Review.
Depuis Sandy Hook [dans le Connecticut], nombreux sont ceux qui considèrent l’introduction d’armes à feu dans les écoles comme une solution extrême. Mais dans une localité rurale du Michigan, le chef de la police a d’ores et déjà concocté un plan sérieux et réfléchi en ce sens.En 33 ans de carrière dans le maintien de l’ordre, Victor Pierce a vu des corps d’enfants assassinés, et ces images le hantent toujours. Après Sandy Hook, il s’est senti dans l’obligation d’agir. Aussi a-t-il décidé d’inviter enseignants et administrateurs d’établissements scolaires à devenir officiers de réserve en participant à un programme d’entraînement.

Une fois la formation terminée, les stagiaires prêteront serment comme officiers de réserve volontaires. Si les autorités scolaires donnent leur feu vert, ils pourraient donc porter des armes à l’intérieur des écoles.

« Il nous faut recourir à la force. »

« Comme le disait si bien Edmund Burke, le mal n’a besoin que d’une chose pour vaincre : que les hommes bons ne fassent rien », affirme-t-il. « Nous, nous essayons de faire quelque chose. Les écoles représentent des zones sans armes. En général, c’est la raison pour laquelle un assassin [les vise, choisissant] le chemin de la moindre résistance. Comme il sait qu’il y a une cible facile, il la vise. On peut installer tous les verrous et les détecteurs de métal qu’on veut, ça ne l’empêchera pas de se livrer à des actes sadiques, ni de commettre un carnage. Il nous faut recourir à la force. »

Le programme a lieu à Barry Township, une petite municipalité de moins de 4 000 habitants située à 40 kilomètres au nord-est de Kalamazoo. Pendant 12 semaines, les participants suivent 60 heures de cours portant sur le droit, l’application et l’utilisation de la force, les tactiques défensives, la sécurité et le maniement des armes. La promotion en cours compte 31 élèves, dont deux enseignants et un administrateur scolaire. Pierce prévoit une formation continue pour ceux qui auront complété le stage.

En stage : la chasse au « tireur »

En vertu de la loi de l’Etat du Michigan, les établissements scolaires constituent des zones où les armes à feu sont proscrites. Par conséquent, même les détenteurs d’un permis de port d’arme dissimulée ne sont pas autorisés à en introduire une dans le périmètre de l’école. Cependant, laLaw Enforcement Officer Safety Act (loi fédérale sur la sécurité des agents de maintien de l’ordre) signée par George W. Bush en 2004, exempte les agents de maintien de l’ordre qualifiés des interdictions de port d’arme décrétées par les Etats.

Les liens entre droit fédéral et droit des Etats restent ambigües, mais Pierce a collaboré avec les autorités scolaires dans l’espoir d’obtenir leur bénédiction. Son programme vise à préparer les enseignants à protéger leurs élèves, mais également à leur donner un statut légal en tant qu’agents de maintien de l’ordre.

Lors d’une séance d’entraînement dans une bibliothèque publique, Pierce apprend à ses ouailles à sécuriser une grande salle. Armés de faux pistolets en plastique, les stagiaires se divisent en groupes de quatre. Chacun se déploie en formation de losange. Se couvrant les uns les autres, les élèves s’engouffrent dans la porte à la recherche du « tireur », joué par un jeune officier volontaire. Ils apprennent à désarmer ce dernier et à l’arrêter tout en minimisant les risques pour eux-mêmes et les personnes présentes. Pierce hurle des ordres, soumettant ses étudiants à des exercices répétés. Son sérieux déteint sur ses protégés, qui s’appliquent.

Faire des profs des officiers de réserve

L’initiative de Pierce a beaucoup de mérite. Seuls les adversaires les plus acharnés des armes à feu veulent désarmer la police. En faisant des enseignants des officiers de réserve, Pierce rend le port d’arme parfaitement légal.

Ces stages permettraient de minimiser les risques, croit Bill Page, consultant auprès du Michigan Municipal Risk Management Authority, une entité publique d’assurance couvrant les municipalités de l’Etat. En effet, si l’on arme sans discernement tous les enseignants, on créerait autant de problèmes qu’on en prévient. Mais « si on sélectionne des personnes capables de désamorcer la situation avant l’arrivée de la police, ce sera une bonne chose », estime Page. Pour avoir étudié la question, il préfère armer un personnel scolaire spécialement formé qui soit « très très qualifié ».

Dans le cadre du programme de Pierce, le secteur scolaire prendrait la décision finale d’autoriser ou non ses effectifs à porter une arme au sein des établissements. Et les personnes qui pourraient en porter seraient formées et préparées. Cet accent mis sur la compétence et la formation a convaincu de nombreux parents, assure le directeur de l’école primaire Kellogg, Steve Scoville, qui participe au stage.

« Les enseignants ne se promèneraient pas avec une arme à la ceinture, souligne-t-il. Il vaudrait nettement mieux avoir dans chaque bâtiment des gens bien entraînés, capables de réagir si quelque chose de terrible se produisait, que de rester là à attendre, cachés sous nos bureaux. Les auteurs des fusillades, eux, ne respectent pas l’interdiction des armes à l’école. »

Un mort toutes les 15 secondes

Le programme de Pierce ne coûte pas cher, non plus. En s’associant aux autorités scolaires et à la municipalité, il obtient un libre accès aux locaux pour les exercices. En tant qu’assistant instructeur à l’école de police du Community College de Kellogg, un établissement public d’enseignement supérieur local, Pierce forme les officiers de réserve lui-même et utilise le matériel déjà en possession des services de police.

Les officiers de réserve scolaires sont bénévoles. Au total, le programme coûte moins de 100 dollars [76 euros] par participant, indique Pierce, qui ajoute que même les villes et les secteurs scolaires à court d’argent peuvent y souscrire. D’ailleurs, le comté de Barry dispense le personnel scolaire des frais d’inscription.

Armer les enseignants permettrait surtout de réagir rapidement en cas d’urgence. Lors des fusillades en milieu scolaire, le temps de réaction est essentiel. A Columbine (13 morts et 24 blessés en avril 1999), les forces de police sont restées à l’extérieur de l’établissement trois heures durant avant de parvenir jusqu’aux blessés. A Sandy Hook, l’intervalle a été de 20 minutes. A Virginia Tech (33 morts en avril 2007), il a fallu moins de dix minutes, mais le tireur a été encore plus rapide. Deux membres des forces spéciales SWAT présents à Columbine le jour de la tuerie enseignent aujourd’hui qu’en cas de tuerie, une personne meurt toutes les 15 secondes.

Un programme applicable au reste du pays

Pour Pierce, la présence d’un officier de réserve armé dans l’enceinte de l’école permet de réagir dès nécessaire. « Si l’école est bouclée par les forces de l’ordre, où sont les secours ? », demande-t-il« Ils sont sans doute loin de là, c’est pourquoi il faut créer un pare-feu, un moyen de protéger les enfants jusqu’à l’arrivée des secours. » En outre, ajoute-t-il, la présence d’enseignants armés a un effet dissuasif sur la violence.

Au Michigan, l’idée gagne du terrain. Selon Jim Alden, un administrateur de Barry Township, le programme de Pierce remporte l’adhésion des dirigeants locaux. « Nous sommes des leaders », commente Alden, pour qui le programme est facilement applicable au reste du pays. « Nous partons du principe que s’il faut une arme à feu dans les écoles, il faut qu’elle soit dans les mains d’un agent de l’ordre, une personne bien formée. Columbine n’était pas un grand établissement. Sandy Hook non plus. Dans le monde d’aujourd’hui, cela pourrait se produire n’importe où. Sommes-nous prêts à affronter ce genre de situation ? »

Le programme de Pierce pourrait recevoir un coup de pouce sous la forme d’une initiative législative qui vise à institutionnaliser des programmes similaires dans l’ensemble du Michigan. Le député Greg MacMaster a proposé un texte qui conférerait aux secteurs scolaires le droit d’autoriser enseignants et personnel administratif à porter des armes dissimulées. Le processus en est à ses débuts. Le texte doit d’abord être examiné par la commission de l’éducation de la Chambre des représentants du Michigan.

« Les gens ne veulent pas voir la face cachée de notre société »

Mais, à l’instar de Pierce, MacMaster espère établir un programme axé sur la réaction aux situations d’urgence « qui comprendrait tant des exercices de tir qu’une formation en psychologie ». Avec un personnel ainsi préparé, les écoles limiteraient également leur responsabilité pénale, ajoute-t-il. « Ce qui est certain, c’est que les zones d’exclusion d’armes à feu ne marchent pas. Ce sont des zones de faiblesse. Les gens mal intentionnés savent qu’ils peuvent s’y rendre. »

Le programme conçu au Michigan pourrait être reproduit partout ailleurs dans le pays, assurent MacMaster et Pierce.

« Je suis sûr qu’il trouvera un écho favorable aux quatre coins des Etats-Unis et ne cessera de le faire — que la population, les écoles et les parents diront ‘ça suffit comme ça' », soutient Pierce. « Je ne peux pas emmener chaque administrateur d’école sur chaque scène de crime horrible. Mais si je le faisais, cela leur ferait immédiatement changer de ton. Les gens ne veulent pas voir la face cachée de notre société, et elle est réellement affreuse. On sait qu’on pourrait mettre en place certaines choses pour protéger [les enfants et les adolescents]. Les gens se focalisent sur [les cas] dans lesquels les armes à feu font du tort. Mais j’ai vu des situations où elles ont sauvé des vies. Si elles sont utilisées efficacement et correctement, elles peuvent être dissuasives. »

 

 

 

 

Née dans l’esprit tordu de Cody Wilson il y a plusieurs mois, l’idée d’imprimer des armes à feu en 3D a fait son chemin et donné naissance au premier flingue tout en plastique. Le pire, c’est qu’il marche.

Fabriquer des flingues grâce à une imprimante 3D ? L’idée, dont on vous parlait en novembre dernier, paraissait trop folle pour être réalisable. Et pourtant, Cody Wilson, qui en est à l’origine, est bel et bien parvenu à imprimer une arme à feu en 3D et à la faire fonctionner. C’est en tout cas ce que rapporte le magazine américain Forbes sur son site Internet. Le journaliste Andy Greenberg raconte avoir assisté à un premier test concluant, le 1er mai dernier à Austin (Texas), en présence de Cody Wilson, 25 ans, et d’un ami à lui. L’arme en question, dont Forbes publie des photos, a été baptisée “The Liberator” en référence au pistolet à un coup fabriqué durant la seconde guerre mondiale par l’armée américaine à destination des résistants.

Mais, contrairement au “Liberator” originel, l’arme de Cody Wilson est en plastique. Quinze de ses seize pièces ont été réalisées grâce à une imprimante 3D Stratasys d’une valeur de $8000 selon Forbes. Le mode d’emploi : dirigée par un ordinateur sur lequel a été dessiné un objet, l’imprimante réalise le dit objet en superposant plusieurs couches de polyamide. Pour se conformer à l’Undetectable Firearms Act qui rend obligatoire la détection par un détecteur de métal de toute arme à feu, Cody Wilson a ajouté une petite pièce en métal à son arme.

Et l’Américain ne s’est pas arrêté en si bon chemin puisqu’il a mis hier en téléchargement sur le site Internet de son association, Defense Distributed, les dessins nécessaires à l’impression du Liberator. En gros, si vous possédez une imprimante 3D, vous pouvez désormais créer votre flingue chez vous (enfin, encore faut-il vous procurer une autorisation si vous souhaitez rester dans la légalité).

Mouvance pro-armes et crypto-anarchie

Si l’impression 3D n’est pas nouvelle – comme nous vous l’expliquionsici – imprimer une arme à feu qui fonctionne est une autre paire de manches : il faut, comme Cody Wilson, trouver un moyen pour que le flingue en plastique ne se détruise pas au premier coup de feu. Cette réussite pose bien entendu un gros problème au niveau de la régulation et de la législation entourant les armes à feu : quelles conséquences pourraient avoir l’impression d’armes à feu en 3D ? C’est la question que souhaite poser Defense Distributed, qui explique sur son site:

“Ce projet pourrait changer la façon dont nous envisageons le contrôle et l’utilisation des armes à feu. Quel comportement les gouvernements adopteront-ils s’ils doivent un jour agir en sachant que tous les citoyens ont accès à tout instant à une arme à feu via Internet ? Découvrons-le.”

Avec le projet Defense Distributed, Cody Wilson semble moins chercher à doter tous les citoyens d’une arme à feu qu’à démontrer les limites de l’action des autorités et donc à déstabiliser les gouvernements en place. Anarchiste et libertarien, Wilson a été classé parmi les quinze personnes les plus dangereuses de la planète par Wired en décembre dernier.Interviewé par The Guardian il explique avoir été inspiré par Proudhon et Jean Baurdrillard, deux théoriciens qu’il a découvert au cours de ses études de droit. “J’aime leurs critiques de la culture de masse“. Concernant les armes à feu, il assène : “Je pense que nous devrions avoir le droit de posséder des armes automatiques; nous devrions avoir le droit de posséder tous les instruments de guerre (…).”

Plus surprenant, Cody Wilson explique admirer Julien Assange, fondateur de Wikileaks, et Kim Dotcom, créateur de MegaUpload puis Mega, tous deux connus pour leur amour de la transparence et du libre échange d’informations et leur habileté à déstabiliser les pouvoirs en place. Wilson se revendique donc, logiquement, de la mouvance crypto-anarchiste, comme il l’a expliqué à Ars Technica :

“Je ne me considère pas comme un expert en technologie mais comme un crypto-anarchiste. (…) Tim May a prédit Wikileaks et la monnaie digitale. Ce que je veux dire c’est qu’Internet et la cryptographie sont des outils anarchistes qui peuvent permettre à l’action citoyenne de prendre de l’ampleur. Nous aimons l’idée d’un marché passant complètement au noir et l’idée de priver l’État-nation de tout l’argent qu’il réclame”.

Dans son “manifeste crypto-anarchiste” de 1988, disponible en ligne,Tim May, ancien ingénieur chez Intel et spécialiste de cryptographie, écrit :“la technologie informatique est sur le point de permettre à des groupes et des individus de communiquer et d’interagir de manière totalement anonyme. (…) Ces développements altéreront complètement la nature des régulations par les gouvernements,  leur habileté à contrôler les interactions économiques, à conserver des informations confidentielles et altéreront même la nature de la confiance et de la réputation“. C’est ce à quoi vise Cody Wilson en partageant les données nécessaires à la réalisation d’une arme en 3D sur son site Internet. Depuis leur mise en ligne hier, le jeune Américain tient le décompte, via son compte Twitter, du nombre de téléchargements :

cody tweet

(“Actuellement, l’Espagne est le pays téléchargeant le plus les fichiers sur le #Liberator. Suivi de près par les États-Unis”)

Steve Israel VS Cody Wilson

Mais, rassurez-vous, le projet de Cody Wilson ne passe pas totalement inaperçu aux États-Unis. Steve Israel, membre du Congrès américain, est bien décidé à stopper net le développement des armes à feu en 3D. Pour ce faire, Israel demande à ce que ce type d’armes soit explicitement interdites par l’Undetectable Firearms Act dont on vous parlait plus haut, qui arrive à expiration en 2013. Dans une interview à Forbes, il justifie sa démarche: “Je ne cherche pas du tout à réguler ou à réduire l’utilisation des imprimantes 3D. Ceci n’est pas à propos des imprimantes 3D mais au sujet de leur utilisation pour fabriquer une arme à feu qui ne puisse pas être détectée par un détecteur de métal”.

Contacté à plusieurs reprises, Cody Wilson n’a pas répondu à nos demandes d’interviews.

SYRIE • Faut-il armer les rebelles ?

Publié: 4 mai 2013 par ghaouatyousra dans Actualités, Monde, Société
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Courrier International

 

 

Comment soutenir l’opposition face à la répression sanglante menée par le régime de Bachar El-Assad ? Deux ans après le début de la révolte en Syrie, les Etats-Unis, après la France et le Royaume-Uni, n’excluent plus de fournir des armes aux rebelles syriens. Le 2 mai, Barack Obama a envisagé, pour la première fois, cette option.

Cette annonce intervient alors que les combats viennent d’atteindre les abords de la ville de Banias dans le Nord-Ouest, au cœur du pays alaouite, communauté dont est issu le président Bachar El-Assad.

Il y a fort à craindre que ces armes ne profitent aux islamistes extrémistes du Front Al-Nosra qui affluent pour participer aux combats auprès de la résistance syrienne et qui sont considérés comme des terroristes par les Etats-Unis. Une telle décision risquerait par ailleurs de sonner comme un défi lancé à la Russie et à l’Iran qui, pour leur part, soutiennent financièrement et militairement le régime Assad. Dans le même temps, le Hezbollah vient d’affirmer son implication dans les combats en Syrie, aux côtés du régime de Bachar El-Assad.