Articles Tagués ‘Afghanistan’

Le Monde.fr | 07.10.2015 à 17h03 • Mis à jour le 07.10.2015 à 18h00 | Par Cécile Hennion

L'hôpital de Kunduz, le 3 octobre.

L’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a, mercredi 7 octobre, à Genève, de nouveau qualifié de « crime de guerre » le bombardement dans la nuit du 3 au 4 octobre de son hôpital de Kunduz (Afghanistan), qui a fait 22 morts parmi les patients et le personnel soignant. Que recouvre cette accusation, et quelles peuvent être ses conséquences ?

  • Qu’est-ce qu’un crime de guerre ?

Le Statut de la Cour pénale internationale (CPI) définit les crimes de guerre comme des « violations graves des lois et coutumes applicables aux conflits armés internationaux ». Notion a priori subjective, la « gravité » des violations est reconnue, dans la pratique, lorsque ces violations impliquent des morts, des blessés, des destructions ou des prises illégales de biens.

Un autre élément entre en compte pour évaluer la « gravité » : si la violation contrevient aux « valeurs importantes ». Les exemples donnés dans cette catégorie par le droit international humanitaire (DIH) coutumier sont, entre autres, la mutilation de cadavres, le fait de faire subir des traitements humiliants à des personnes ou encore l’enrôlement dans les forces armées d’enfants âgés de moins de 15 ans.

Les crimes de guerre peuvent consister en des actes ou en des omissions (comme le fait de ne pas fournir de nourriture ou des soins médicaux nécessaires aux personnes qui se trouvent aux mains de l’adversaire). Si ces actes ou omissions sont « généralisés » et « systématiques », on peut alors parler alors de « crimes contre l’humanité ».

  • Cette définition peut-elle s’appliquer à la destruction de l’hôpital de Kunduz ?

Les autorités américaines risquent de contester une telle accusation, même si celle-ci paraît assez bien établie dans le cas de l’hôpital de MSF. Parmi la longue liste des crimes de guerre recensés par le DIH figurent en effet « le fait d’attaquer le personnel sanitaire ou religieux, les unités sanitaires ou les moyens de transports sanitaires » ; « le fait de soumettre à une attaque la population civile ou des personnes civiles ne participant pas directement aux hostilités ». Le cas du bâtiment de l’hôpital de Kunduz, bombardé pendant près d’une heure, en partie détruit et incendié, avec un bilan de 22 morts et 37 blessés parmi les médecins et les patients de l’établissement, pourrait donc entrer dans la catégorie des crimes de guerre.

A l'hôpital de Kunduz, le 7 octobre.

Même à considérer une situation hypothétique (et démentie par Médecins sans frontières) selon laquelle des combattants auraient utilisé l’hôpital pour se réfugier, voire comme base de lancement d’attaques, le DIH considère clairement comme un crime de guerre « le fait de lancer une attaque en sachant qu’elle causera incidemment des pertes en vies humaines ou des blessures parmi la population civile ou des dommages aux biens de caractère civil qui seraient manifestement excessifs par rapport à l’avantage militaire concret et direct attendu ».

Les attaques dirigées contre le personnel humanitaire, qui se sont multipliées de façon inquiétante lors des derniers conflits, sont également considérées comme un crime de guerre par le DIH.

  • Qui sont les responsables ?

Différentes enquêtes ont été annoncées par les autorités américaines, afghanes, et par l’OTAN. Le général John Campbell, chef des forces américaines et de l’OTAN en Afghanistan, a d’ores et déjà affirmé au Sénat, mardi 6 octobre, que « la chaîne de commandement américain » avait failli en ordonnant le bombardement de l’hôpital à la demande des Afghans. Il a même parlé d’« erreur ».

Mais MSF réclame – en vain à ce stade – une véritable enquête internationale, indépendante, puisque les responsabilités de nombreux acteurs – OTAN, armée américaine, autorités et armée afghanes – peuvent s’entremêler dans ce genre de cas. La présidente de l’ONG, Joanne Liu, a exigé, mercredi, la création d’une « commission internationale humanitaire pour établir les faits », indiquant « ne pas faire confiance à une enquête militaire interne ».

La présidente de MSF, Joanne Liu, et son directeur pour la Suisse, Bruno Jochum, le 7 octobre à Genève.
La présidente de MSF, Joanne Liu, et son directeur pour la Suisse, Bruno Jochum, le 7 octobre à Genève. FABRICE COFFRINI / AFP

Par ailleurs – et dans la tragédie de Kunduz il pourrait s’agir d’un point essentiel –, le droit international a introduit dans sa définition de crime de guerre l’« élément psychologique ». La jurisprudence internationale a en effet indiqué que les crimes de guerre sont des violations qui sont commises « avec intention », c’est-à-dire avec « l’intention de provoquer le résultat criminel » ou avec « négligence coupable ou imprudence ». C’est pourquoi le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a estimé que si cette frappe était reconnue comme délibérée, elle pourrait « constituer un crime de guerre ».

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Ces merveilles touristiques que vous ne visiterez sans doute jamais

3/09/13 – 16h41Haut lieu touristique dans les années 50, le Band-e Amir peine à se remettre des multiples conflits qui touchent le pays. © getty.

Certains pays véhiculent une image négative et guerrière, alors que s’y cachent des trésors insoupçonnés.

La guerre et l’instabilité qui règnent en Afghanistan, en Irak ou au Pakistan, privent le touriste de contrées sublimes et préservées. Foreignpolicy en a relevé cinq qui, en temps de paix, attireraient certainement de nombreux aventuriers, tant elles présentent un attrait considérable. Petits tours d’horizon de ces sites (à jamais?) oubliés.

Un effort commun a permis à l’endroit d’être protégé. Une première dans le pays. © getty.
1. Band-e Amir, Afghanistan:
Perché dans la chaîne de montagne Hindu Kush, le Band-e Amir (qui signifie « Barrage de l’émir ») est un ensemble de six lacs qui s’étagent de 2971 à 2887 mètres d’altitude. Situés à 160 kilomètres à l’ouest de Kaboul, ils sont entourés de hautes falaises rouge-calcaire. L’eau minérale de ces lacs posséderaient des pouvoirs de guérison. Dans les années 50, ils constituent une destination touristique populaire pour des Afghans ou des étrangers intrépides. Malheureusement, son attrait s’est essoufflé au début de la guerre contre l’Union Soviétique, en 1979.

Une situation qui ne s’est pas arrangée avec l’avènement des talibans au milieu des années 90, l’invasion américaine de 2001 et la guerre permanente que se livrent les insurgés. Ces conflits ont également eu un impact sur la faune locale. Des animaux – comme le léopard des neiges- ont quasiment tous disparu. En 2006, la Société américaine de préservation de la faune, l’agence américaine au Développement International et le gouvernement afghan ont uni leurs forces pour former des rangers, cartographier la zone et assurer son financement. Cet effort a conduit à la création du premier parc national d’Afghanistan, en 2009. Depuis, quelques milliers d’Afghans y retournent. Mais, il reste du chemin à parcourir. La province de Bâmiyân, où se trouve le parc, s’attend à recevoir 650 visiteurs étrangers cette année.

La troisième zone le plus humide au monde a subi la colère de Saddam Hussein dans les années 90. Aujourd’hui, elle retrouve petit à petit son étendue d’origine. © U.S. Army Corps of Engineers Digital Visual Library.
2. Les Marais de Mésopotamie, Irak:
Erigée au rang de parc national le 23 juillet dernier, cette zone de 800 km² qui s’étend entre les villes de Bassorah et Amara, protège les marais mésopotamiens, un espace vaste et humide située dans le sud du pays. Une question demeure: un touriste verra-t-il un jour la troisième plus grande zone humide du monde considérée comme le « berceau de la civilisation »? L’explorateur Wilfred Thesiger, au milieu du 20e siècle, décrivait cet endroit avec une immense admiration. « Les étoiles reflétées dans l’eau sombre, le coassement des grenouilles, les pirogues qui rentrent le soir, la continuité et la quiétude d’un monde qui n’a jamais connu un moteur ».

En représaille de l’alliance entre les « Arabes des marais », des locaux surnommés les Maadans, et les chiites, Saddam Hussein décidait dans les années 90 de drainer toute la région, de détourner les rivières et de réduire 93% des 12.000 m² de nature sauvage où résidaient quelques 278 espèces d’oiseaux. Ce n’est qu’au lendemain du renversement du Raïs que les travaux de restaurations débutèrent. Il a fallu des années à l’association Iraq Nature pour développer et exécuter le réapprovisionnement des marais à l’aide de digues. Heureusement, l’entièreté des espèces a survécu aux années de guerre et 76% de la zone a été inondée avec succès. Afin de préserver les marais, Iraq Nature tente d’obtenir l’accord de la Syrie, de la Turquie et de l’Iran pour éviter qu’un conflit ne vienne détruire les efforts consentis.

Considérée comme la « Suisse orientale », la vallée de Swat est passée sous le contrôle des talibans et a connu une déportation massive. © getty.
Lieu prisé dans les années 70 des amateurs de « trek hippie » désireux de fuir l’agitation occidentale et doté en 1986 d’un domaine skiable – avec l’aide de l’Autriche -, il restait jusqu’à l’aube des années 2000 un lieu de villégiature prisé des diplomates étrangers. © getty.

3. La vallée de Swat, Pakistan:
La vallée de Swat, située au nord du Pakistan n’a pas usurpé son surnom de « Suisse orientale », vu ses collines verdoyantes séparées des montagnes enneigées par des rivières déchaînées et de nombreux ruisseaux. Prisée dans les années 70 des amateurs de « trek hippie » désireux de fuir l’agitation occidentale et dotée en 1986 d’un domaine skiable – grâce à l’aide de l’Autriche -, elle restait jusqu’à l’aube des années 2000 un lieu de villégiature prisé des diplomates étrangers, éloignés de l’instabilité d’Islamabad. Malheureusement, les talibans, chassés par le gouvernement pakistanais, s’y sont réfugiés.

En 2008, ces derniers ont pris le contrôle de la région, ont détruit les écoles et condamné à mort les villageois accusés d’adultère ou d’homosexualité. En 2009, l’offensive menée par l’armée pakistanaise contre les talibans a engendré la déportation de plus d’1,5 millions de personnes. Un drame humanitaire qualifié par l’ONU comme la « pire crise de réfugiés depuis le Rwanda ». Si l’armée a repris le contrôle du district, il n’est malheureusement pas épargné par la violence ou des attaques épisodiques contre des établissements scolaires.

Le parc national des Virunga a été abandonné aux mains des rebelles. © getty.
Il est le terrain de jeu favori de l’une des plus importantes et dernières communautés de Gorille des montagnes. Un lieu également fréquenté par les braconniers. © getty.

4. Parc national des Virunga, République Démocratique du Congo:
Plus ancien parc national d’Afrique, jadis appelé « Parc Albert », les Virunga se déploient à la frontière du Rwanda et de l’Ouganda. Malheureusement, la région est actuellement empêtrée dans un conflit qui a contraint le parc à fermer ses portes. L’endroit est néanmoins resté le terrain de jeu favori de la plus importante communauté au monde de gorilles des montagnes. Sa diversité – on passe de la savane aux sommets enneigés des montagnes de Rwenzori en passant par des plaines de laves – en fait l’un des paysage les plus riches au monde.

Créé en 1925 par Albert Ier, notre roi chevalier, il devint petit à petit le refuge des rebelles au moment du déclin du dictateur Mobutu Sese Seko, dans les années 80. Peu à peu, les rebelles se sont appropriés le territoire et ont même occupé le siège du parc en expulsant son personnel. S’ils ont quitté les lieux, cette zone de non-droit est considérée comme « la capitale mondiale du viol ». Un titre pour le moins décourageant.

Selon la légende, Kim-Jong Il serait né sur les bords du lac du Paradis. © Wikipedia.
5. Le Mont Paektu, Corée du nord:
Il n’est évidemment pas surprenant d’apprendre que ce « Royaume ermite » ne grouille pas de touristes. Mais absence de visiteurs ne signifie pas manque d’attrait touristique. À titre d’exemple, le Mont Paektu, point culminant des Corées (2.744 mètres). Situé à la limite de la Chine, il cache le lac du Paradis, lac de cratère, qui, d’après la légende, aurait vu naître Kim-Jong Il. La crête, qui s’étend sur 1.600 kilomètres, est partagée entre les deux pays. Et la frontière semble bien définie; si les randonneurs sont les bienvenus côté chinois, pas question de dépasser la partie nord-coréenne, délimitée par des fils barbelés et surveillées par des soldats armés. Malgré qu’il n’existe aucune restriction officielle du gouvernement nord-coréen, les touristes –à l’exception de Dennis Rodman– ne doivent commettre aucune imprudence. En novembre 2012, Kenneth Bae, un Américain d’origine sud-coréenne, agent de voyage en Chine, voyageait avec cinq touristes européens lorsqu’il a été accusé par les autorités nord-coréennes d’espionnage et d’actes hostiles envers la République. Il a été condamné le 30 avril 2013 à quinze ans de travaux forcés.

Kenneth Bae, un ressortissant américain, a été arrêté alors qu’il voyageait avec des touristes européens. Soupçonnés d’espionnage, il a été condamné en avril dernier à quinze ans de travaux forcés. © afp.

Un attentat fait deux morts et 10 blessés en Afghanistan

Source: BelgaImage d’archives © afp.

Un policier et un civil ont perdu la vie dans un attentat suicide, vendredi, dans le sud de l’Afghanistan, à la frontière avec le Pakistan. Dix autres personnes, dont deux agents, ont été blessées, a indiqué la police.

« Le kamikaze est entré en Afghanistan par la frontière, avant d’être interpellé par la police à un poste de contrôle », affirme le chef de police de la province de Kandahar.

« Il s’est fait exploser au moment où les agents le fouillaient », conclut-il.

Incident diplomatique entre Washington et Kaboul

Source: AFP© ap.

Les Etats-Unis ont réussi à mettre en rage le président afghan Hamid Karzaï en annonçant maladroitement de prochaines négociations de paix avec les talibans, une preuve de plus selon des experts de la volonté de Washington de se débarrasser au plus vite du fardeau afghan.

Le faux pas de la diplomatie américaine s’est noué en moins de 24 heures. Mardi, après 18 mois de tractations secrètes via des pays tiers, les talibans afghans annoncent l’ouverture à Doha, au Qatar, d’un bureau de représentation destiné à favoriser « le dialogue et l’entente avec les pays du monde ».

Au terme de plus de 11 ans de guerre, le secrétaire d’Etat américain John Kerry salue immédiatement cette « bonne nouvelle » et des diplomates anonymes annoncent même une « rencontre officielle avec les talibans dans quelques jours ». La date du jeudi 20 juin et la capitale du Qatar sont évoquées, mais le département d’Etat ne les confirme pas officiellement.

Mercredi, au lendemain de cette annonce historique, le président Karzaï exprime son vif mécontentement. La présidence afghane annonce la suspension de ses négociations sur un accord de sécurité avec les Etats-Unis pour l’après 2014 -après le retrait des troupes combattantes de l’Otan- et menace de ne pas parler aux talibans dans leur bureau de Doha. La colère de M. Karzaï contraint alors les Américains à rétropédaler. Le département d’Etat doit démentir que des discussions avec les talibans aient été « programmées » cette semaine et rend publics deux appels téléphoniques de John Kerry au président Karzaï pour tenter de le calmer.

En outre, l’envoyé spécial des Etats-Unis pour l’Afghanistan et le Pakistan, James Dobbins, qui devait partir mardi pour ces deux pays, via Doha, n’a jamais quitté Washington. D’après un responsable américain, des contacts directs entre émissaires américains et talibans pourraient toutefois avoir lieu « dans les prochains jours », mais sans que l’on sache quand, où et avec qui. Kaboul n’a guère apprécié le nom du bureau taliban à Doha, l' »émirat islamique d’Afghanistan », qui était l’appellation du gouvernement du mouvement islamiste de 1996 jusqu’à son renversement en 2001.

« Avec un tel nom, les talibans signalent immédiatement qu’ils ne sont ni un parti politique, ni une organisation terroriste, mais plutôt le gouvernement légitime de l’Afghanistan », décrypte Bruce Riedel, chercheur de la Brookings Institution. M. Karzaï « avait averti les Etats-Unis et le Qatar de ne pas faire cela et il a donc eu l’impression de ne pas avoir été écouté », pense l’expert.

M. Riedel voit aussi dans cet incident diplomatique une nouvelle « preuve » de la défiance entre Kaboul et les Etats-Unis, lesquels « sont prêts à prendre leurs cliques et leurs claques et à partir en courant » d’Afghanistan. Aux yeux de l’analyste, les Américains vont devoir « sérieusement raccommoder les choses dans les jours à venir ».

Son confrère Scott Smith, du centre de réflexion US Institute of Peace, rappelle que l’idée d’un bureau taliban à Doha est née fin 2011 et que les Etats-Unis avaient déjà commencé à discuter avec les talibans au premier trimestre 2012, avant que cela capote. Pour l’expert, il s’agissait à l’époque d’un « coup de maître diplomatique ».

« Mais si ces coups de maître ne bouleversent pas rapidement les faits sur le terrain, leur impact fait long feu », explique-t-il. D’autant, que les Américains n’ont semble-t-il toujours « pas trouvé la pièce manquante du puzzle: l’accord de Karzaï », poursuit M. Smith.

Le président afghan redoute d’être marginalisé par des pourparlers entre les Etats-Unis et les talibans et estime que les Américains ne doivent pas se mêler de la réconciliation entre Afghans. « En 24 heures mal orchestrées, nous avons réussi à placer sur la défensive le camp que nous soutenons, le gouvernement légitime afghan », critique M. Riedel à l’adresse des autorités américaines.

Le pays le plus « cool » de la planète

Islande (illustration) © thinkstock.

Quel est le pays le plus paisible de la planète, où règne la paix, la stabilité et la sécurité? Découvrez ci-dessous le top 10 mondial. Les grandes puissances désertent forcément les premiers rangs…

Le magazine Forbes relaie cette semaine le classement des pays les plus paisibles du globe publié par l’Institut pour l’Economie et la Paix, basé à New York. Pour ce faire, l’organisation a collecté un grand nombre de données qualitatives et quantitatives et octroyé à chaque pays un indice mondial de paix. Ces données sont relatives au degré de sécurité interne et de militarisation, au nombre de conflits et d’homicides à l’intérieur des frontières et à l’implication de l’État dans les conflits externes.

Pays de 320.000 habitants, isolé en bordure du cercle polaire, l’Islande remporte la palme. L’île des geysers profite de sa stabilité politique, d’un faible taux d’homicides, d’une faible population carcérale et certainement d’une densité de 3,1 habitants/km². La Belgique, 10e, ne démérite pas et figure dans le gratin mondial en la matière.

Le top 10
1. Islande
2. Danemark
3. Nouvelle-Zélande
4. Autriche
5. Suisse
6. Japon
7. Finlande
8. Canada
9. Suède
10. Belgique

Les grandes puissances à la traîne
Logiquement, la plupart des grandes puissances et des pays émergents sont relégués aux oubliettes: les Etats-Unis « trônent » à la 100e place (sur 162), la Chine est 101e, l’Afrique du Sud 121e, la Turquie 134e, l’Inde 141e, la Russie 155e, le Brésil 81e, la France 53e (avant-dernier pays de l’UE) et la Grande-Bretagne 44e. L’Allemagne constitue l’exception à la règle et figure à une très belle 15e place.

Guerre, terrorisme et conflits religieux
En queue de classement, on retrouve évidemment les pays en guerre permanente ou les États victimes du terrorisme au quotidien comme le Congo RDC (156e), le Pakistan (157e), l’Irak (159e), la Syrie (160e) et la Somalie (161e). L’Afghanistan, bon dernier, rafle cette année encore le prix tant convoité du pays le plus dangereux de la planète…

Forte explosion près de l’ambassade des Etats-Unis à Kaboul, au moins 10 victimes

11/06/13 – 14h56  Source: Belga© reuters.Un attentat suicide à la voiture piégée a fait au moins dix morts ou blessés mardi dans le centre de la capitale afghane, Kaboul, non loin de l’ambassade américaine, a annoncé à l’AFP un responsable du ministère de l’Intérieur.

© reuters.
© reuters.
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L’explosion a eu lieu vers 16h30 locales (14h00 heure belge) devant la Cour suprême, a précisé le général Mohammad Zahir, chef du service des enquêtes criminelles du ministère.

« Le kamikaze a précipité son véhicule piégé contre un bus transportant des employés de la Cour suprême. Il y a beaucoup de victimes civiles », a-t-il ajouté, sans plus de précisions.

« Les premières informations font état de dix civils tués ou blessés, la plupart employés de la Cour suprême », a ajouté de son côté Najib Danish, le porte-parole adjoint du ministère.

Des témoins ont indiqué avoir vu sur place des débris de voitures et de bus aux vitres éventrées.

Kaboul est régulièrement frappée par des attentats suicide, l’une des armes de prédilection des rebelles talibans qui luttent depuis plus de dix ans contre le gouvernement de Kaboul et son alliée de la force de l’Otan.

Lundi, sept rebelles talibans avaient pris d’assaut le quartier de l’aéroport de Kaboul, se réfugiant dans un immeuble avant d’être tués par les forces de sécurité locales soutenues par l’Otan, selon la police qui n’a pas fait état d’autres victimes.

 

Une attaque sur des camions de l’Otan fait six morts au Pakistan

Source: Belga© epa.Une attaque sur des camions de l’Otan, dans le nord-ouest du Pakistan, a fait lundi six morts, indiquent des sources officielles.

© epa.
© epa.

Une quinzaine d’hommes armés a mené cette attaque dans les environs de Jamrud, à proximité de la frontière avec l’Afghanistan. « Deux chauffeurs ont été tués sur place. Deux assistants et deux passants sont décédés de leurs blessures à l’hôpital », explique Rehman Shah, un fonctionnaire local.

Deux véhicules ont été détruits par le feu. Ils avaient l’Afghanistan pour destination.

Les assaillants ont pu prendre la fuite. L’attaque n’a pas encore été revendiquée même si les talibans sont soupçonnés. Dimanche, l’armée pakistanaise affirmait encore avoir repris le contrôle des zones stratégiques de la province Khyber-Pakhtunkhwa où se situe la ville de Jamrud.

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Sept soldats de l’OTAN tués dans un attentat-suicide

Source: BelgaIllustration © belga.

Sept soldats géorgiens de la force internationale de l’Otan en Afghanistan sont morts et neuf autres ont été blessés lorsque leur base a été attaquée par un kamikaze, a annoncé Tbilissi jeudi.

« Sept soldats ont péri » lorsqu’un « terroriste kamikaze » a fait sauter un camion chargé d’explosifs à l’extérieur d’une base militaire géorgienne dans la province afghane de Helmand, a annoncé le général Irakli Dzneladze, chef d’état-major de l’armée géorgienne.

 

 

KABOUL (Reuters) – Le président Hamid Karzaï a appelé samedi les taliban à combattre les ennemis de l’Afghanistan, une référence à peine voilée au Pakistan, quelques jours après les incidents qui ont opposé les forces de sécurité des deux pays sur leur frontière commune.

Ces déclarations de Karzaï risquent de tendre un peu plus encore des relations déjà bien fragiles avec les Pakistanais.

Elles interviennent au moment où les Etats-Unis cherchent l’appui d’Islamabad pour aider les autorités afghanes à convaincre les taliban de s’engager dans des négociations de paix avant le retrait des troupes de l’Otan fin 2014.

« Au lieu de détruire leur propre pays, ils (les taliban) devraient tourner leurs armes contre ceux qui complotent contre la prospérité afghane », a déclaré Hamid Karzaï devant la presse.

« Ils devraient soutenir ce jeune homme qui est mort en martyr pour défendre son territoire », a-t-il ajouté en référence au jeune policier afghan tué mercredi soir lors d’affrontements sur la frontière orientale de l’Afghanistan.

Deux soldats pakistanais ont été blessés dans cet incident.

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi à Asadabad dans l’est du pays, dénonçant l’attitude du Pakistan et des Etats-Unis.

La veille, des milliers de personnes étaient descendues dans les rues de Kaboul pour exprimer leur soutien aux forces de sécurité afghanes.

Le chef de l’Etat a par ailleurs révélé avoir parlé en début de journée avec le chef de l’antenne de la CIA à Kaboul pour lui demander que l’agence de renseignement américaine continue de verser des subsides à l’Afghanistan.

« Je l’ai remercié pour le soutien qui nous est fourni depuis dix ans et je lui ai demandé de le poursuivre », a déclaré Hamid Karzaï en précisant que ces fonds secrets étaient versés au Directorat national de la sécurité, qui coiffe les services de renseignements afghans.

« Dans la situation que connaît aujourd’hui l’Afghanistan (…), (cette aide financière) est extrêmement utile », a-t-il ajouté.

Selon le New York Times, qui a révélé fin avril l’existence de ces fonds secrets, ces derniers ont pour objectif officiel d’accroître l’influence de la CIA à Kaboul. Mais en réalité, ils alimentent la corruption et donnent plus de pouvoirs aux chefs de guerre locaux, ce qui a pour effet de saper la stratégie de sortie des Etats-Unis du « bourbier » afghan.

Le Nouvel Observateur

 

 

Le président afghan Hamid Karzaï lors d'une conférence de presse commune avec Barack Obama à Washington, le 11 janvier 2013 - AFP

Courrier International

 

 

Le New York Times révélait lundi 29 avril le financement occulte et massif du gouvernement du président Hamid Karzaï par la CIA. C’est désormais au tour du Guardian, qui assure que le MI6 britannique verse lui aussi des fonds au dirigeant afghan.

 

Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, participeraient au financement occulte du gouvernement Karzaï par l’entremise de leurs services secrets,écrit The Guardian au lendemain de révélations sur de très importants versements faits par la CIA depuis plus d’une décennie. Il s’agirait, selon une source anonyme citée par le quotidien, d’enchères où « chaque pays essaie de surpasser la mise du précedent ».

Le président afghan Hamid Karzaï a reconnu lundi avoir perçu de l’argent de la CIA. Des « petites sommes », a-t-il précisé. L’enquête publiée lundi par le New York Times fait plutôt état de dizaines de millions de dollars, payés tous les mois par valises entières. Le palais présidentiel afghan a fait savoir que cet argent avait notamment servi à « assister des soldats afghans blessés et à payer le loyer ».

Selon le New York Times, cet argent aurait plutôt servi à « financer les vastes réseaux clientélistes qui ont permis à M. Karzaï de consolider son pouvoir ». Les liens de certains seigneurs de guerre et politiciens afghans « achetés » avec le trafic de drogue et les Talibans permettent au quotidien de conclure que « les services secrets américains ont graissé la roue des mêmes réseaux que les diplomates américains et les forces de sécurité essayaient, sans succès, de démanteler, et laissé le gouvernement entre les mains de forces qui s’apparentent à des syndicats du crime organisé ». Interviewés par le New York Times, de nombreux diplomates américains ont confié leur désarroi : « La principale source de corruption en Afghanistan, a affirmé l’un d’eux sous couvert d’anonymat, c’étaient les Etats-Unis. »

Les sommes versées par le MI6, plus modestes, auraient servi à financer les discussions de paix entre des diplomates afghans et des intermédiaires des Talibans, croit savoir The Guardian. Mais ces discussions n’ont pour le moment mené nulle part. Elles ont même été source d’embarras lorsqu’il a été découvert, en 2010, que l’un de ces intermédiaires était en réalité un imposteur pakistanais.

L’administration Obama n’a pas voulu commenter les informations duNew York Times. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, s’est borné à rappeler la position officielle du président américain,rapporte le site Politico : « Nous et nos partenaires afghans restons fidèles à notre stratégie commune et à nos objectifs d’un Afghanistan souverain, qui n’est pas un refuge pour Al-Qaïda et qui est responsble de sa propre sécurité ».