Omar Khayyam

 

La vie de Khayyam est entourée de mystère, et peu de sources sont disponibles pour nous permettre de la retracer avec précision. Les chercheurs pensent généralement qu’Omar Khayyam est né dans une famille d’artisans de Nichapur (le nom de Khayyam suggère que son père était fabricant de tentes). Il a passé son enfance dans la ville de Balhi, où il étudie sous la direction du cheik Mohammad Mansuri, un des chercheurs les plus célèbres de son temps. Dans sa jeunesse, Omar Khayyām étudie aussi sous la direction de l’imam Mowaffak de Nishapur, considéré comme le meilleur professeur du Khorassan

La légende dit qu’Abou-Ali Hassan (Nizam al-Mulk) et Hassan Sabbah étudiaient alors également sous la direction de ce maître et qu’un pacte légendaire aurait été conclu entre les trois étudiants : « Celui d’entre nous qui atteindra la gloire ou la fortune devra partager à égalité avec les deux autres ». Cette alliance reste improbable lorsqu’on sait que Nizam al-Mulk était de trente ans l’ainé d’Omar et qu’Hassan Sabbah devait avoir au moins dix ans de plus que Khayyam.

Nizam al-Mulk devient cependant grand vizir de Perse et les deux autres se rendent à sa cour. Hassan Sabbah, ambitieux, demande une place au gouvernement ; il l’obtient immédiatement et s’en servira plus tard pour essayer de prendre le pouvoir à son bienfaiteur. Il devient après son échec chef des Hashishins. Khayyam, moins porté vers le pouvoir politique, ne demande pas de poste officiel, mais un endroit pour vivre, étudier la science. Il reçoit alors une pension de 1 200 mithkals d’or de la part du trésor royal ; cette pension lui sera versée jusqu’à la mort de Nizam al-Mulk (tué par un assassin).

 

 

  • Au delà de la Terre, au delà de l’Infini, je cherchais à voir le Ciel et l’Enfer. Une voix solennelle m’a dit: « Le Ciel et l’Enfer sont en toi. »
  • Pourquoi t’affliges-tu, Khayyâm, d’avoir commis tant de fautes! Ta tristesse est inutile. Après la mort, il y a le néant ou la Miséricorde.
  • Je ne peux apercevoir le Ciel. J’ai trop de larmes dans les yeux! Les brasiers de l’Enfer ne sont qu’une infime étincelle, si je les compare aux flammes qui me dévorent. Le Paradis, pour moi, c’est un instant de paix.
  • Je ne crains pas la mort. Je préfère cet inéluctable à l’autre qui me fut imposé lors de ma naissance. Qu’est-ce que la vie? Un bien qui m’a été confié malgré moi et que je rendrai avec indifférence.
  • J’entends dire que les amants du vin seront damnés. Il n’y a pas de vérités, mais il y a des mensonges évidents. Si les amants du vin et de l’amour vont en Enfer, le Paradis doit être vide.
  • Tous les hommes voudraient cheminer sur la route de la Connaissance. Cette route, les uns la cherchent, d’autres affirment qu’ils l’ont trouvée. Mais, un jour, une voix criera: « Il n’y a ni route ni sentier! »
  • À quoi réfléchis-tu, mon ami? Tu penses à tes ancêtres? Ils sont poussière dans la poussière. Tu penses à leurs mérites? Regarde-moi sourire. Prends cette urne et buvons en écoutant sans inquiétude le grand silence de l’univers.
  • On me dit: « Ne bois plus, Khayyâm! » Je réponds: « Quand j’ai bu, j’entends ce que disent les roses, les tulipes et les jasmins. J’entends, même, ce que ne peut me dire ma bien-aimée. »
  • Je n’ai pas demandé de vivre. Je m’efforce d’accueillir sans étonnement et sans colère tout ce que la vie m’apporte. Je partirai sans avoir questionné personne sur mon étrange séjour sur cette terre.
  • Que sont devenus tous nos amis? La Mort les a-t-elle renversés et piétinés? Que sont devenus tous nos amis? J’entends encore leurs chansons dans la taverne… Sont-ils morts, ou sont-ils ivres d’avoir vécu?
  • Voici la seule vérité. Nous sommes les pions de la mystérieuse partie d’échecs jouée par Allah. Il nous déplace, nous arrête, nous pousse encore, puis nous lance, un à un, dans la boîte du néant.
  • Seigneur, Ô Seigneur, réponds-nous! Tu nous as donné des yeux, et tu as permis que la beauté de tes créatures nous éblouisse… Tu nous as donné la faculté d’être heureux, et tu voudrais que nous renoncions à jouir des biens de ce monde? Mais cela nous est aussi impossible que de renverser une coupe sans répandre le vin qu’elle contient!
  • L’amour qui ne ravage pas n’est pas l’amour. Un tison répand-il la chaleur d’un brasier? Nuit et jour, durant toute sa vie, le véritable amant se consume de douleur et de joie.
  • Que l’homme est faible! Que le Destin est inéluctable! Nous faisons des serments que nous ne tenons pas, et notre honte nous est indifférente. Moi-même, j’agis souvent comme un insensé. Mais, j’ai l’excuse d’être ivre d’amour.
  • « Allah est grand! » Ce cri du moueddin ressemble à une immense plainte. Cinq fois par jour, est-ce la Terre qui gémit vers son créateur indifférent?
  • Pauvre homme, tu ne sauras jamais rien.. Tu n’élucideras jamais un seul des mystères qui nous entourent. Puisque les religions te promettent le Paradis, aie soin de t’en créer un sur cette terre, car l’autre n’existe peut-être pas.

 

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