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Le Monde.fr avec AFP | 16.09.2014 à 08h25 • Mis à jour le 16.09.2014 à 09h26

Le virus Ebola ayant fait plus de 2 400 morts en Afrique de l'Ouest, les Etats-Unis vont présenter un plan d'action centre le virus mardi 16 septembre.

Le 2 septembre, Médecins sans frontières, en première ligne contre le virus Eboladans les grandes capitales comme dans les villages de l’Ouest africain, poussait un cri d’alerte devant les Nations Unies. Devant l’insuffisance de la réponse internationale contre l’épidémie, le docteur Joanne Liu, présidente de l’ONG, avait accusé les Etats d’avoir « rallié une sorte de coalition mondiale de l’inaction », les appelant à mobiliser et envoyer en Afrique de l’Ouest des ressources médicales civiles et militaires.

En réponse à cet appel, le président américain Barack Obama devrait annoncermardi 16 septembre l’envoi de quelque 3 000 militaires américains en Afrique de l’Ouest, pour participer à la lutte contre le virus Ebola, a indiqué un haut responsable américain. M. Obama doit présenter son plan d’action lors d’une visite dans la journée au siège des centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), à Atlanta.

« Pour combattre cette épidémie à la source, nous devons mettre en place une véritable réponse internationale », a indiqué cette même source, selon qui le plan qui sera présenté mardi par M. Obama doit permettre d’« inverser la tendance ».Le virus a tué plus de 2 400 personnes, d’après le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), principalement au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée.

Les militaires participeront en particulier à la construction de nouveaux centres de traitement dans les zones les plus touchées, et le gouvernement américain aidera également au recrutement et à la formation des personnels chargés de les gérer.

L’essentiel des efforts américains seront concentrés au Liberia. Un centre de commandement sera installé dans la capitale, Monrovia. Les Etats-Unis souhaitent aussi créer un site permettant la formation de 500 travailleurs sanitaires par semaine dans le pays, peu après la déclaration de l’OMS qui estimait manquer de 1 000 professionnels de santé localement.

Dans le plan de Barack Obama, 3 000 militaires devraient construire de nouveaux centres de traitement, et 500 travailleurs sanitaires devraient être formés chaque semaine.

Dans ce cadre, l’Agence américaine pour le développement international (Usaid, pour United States Agency for International Development) distribuera, en partenariat avec le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef, pour United Nations International Children’s Emergency Fund), des kits de protection à destination des 400 000 familles les plus vulnérables du Liberia.

COMBIEN COÛTE EBOLA ?

A ce stade, les Etats-Unis ont déjà consacré 100 millions de dollars à la lutte contre le virus. L’Usaid a annoncé son intention de débloquer 75 millions de dollars supplémentaires, en particulier destinés à augmenter le nombre de centres de traitement.

L’administration Obama a par ailleurs demandé au Congrès le déblocage de 88 millions de dollars supplémentaires. Le vote, dont l’issue favorable semble acquise, devrait avoir lieu cette semaine. Sur cette somme, 30 millions seront consacrés à l’envoi de matériel et d’experts sur le terrain et les 58 millions restants serviront au développement de traitements et de vaccins.

Lire l’interview du président de la Banque africaine de développement (édition abonnés) : « Nous prévoyons une chute de 2,5 points du PIB pour les pays frappés par Ebola »

Il n’existe actuellement aucun médicament ni vaccin homologué contre Ebola. Un vaccin expérimental, efficace sur des singes, fait l’objet d’un essai clinique depuis début septembre aux Etats-Unis. Si les résultats sont probants, il pourrait être prêt avant la fin 2015.

Devant l’urgence de la situation, le Conseil de sécurité des Nations unies, habituellement chargé de veiller à la paix et à la sécurité internationale, a pris la décision importante de se saisir du dossier Ebola, et tiendra une « réunion d’urgence » jeudi 18 septembre.

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Cros Marie-France/S.Vt./JdT Publié le dimanche 09 février 2014 à 17h56 – Mis à jour le lundi 10 février 2014 à 14h11

International Une « épidémie » de viols qui a gagné tout le pays…

L’épidémie de viols au Kivu, à l’est du Congo, est dénoncée depuis les années 1990. Longtemps, cependant, elle a été tue par les victimes, la culture locale poussant les maris à répudier leur épouse violée. En 2007, la rapporteure spéciale du Conseil des droits de l’homme de l’Onu chargée de la violence envers les femmes stigmatisait pourtant « la pire des crises que j’ai jamais rencontrées ». Par le nombre de viols (plus de 10000 avoués par an dans chacune des deux provinces du Kivu, sans compter ceux qui restent tus) et par la cruauté qui les accompagne.

Beaucoup de Congolais affirment que cette pratique a été amenée dans leur pays par les génocidaires rwandais qui se sont réfugiés au Kivu. Depuis leur arrivée (1994), cependant, le nombre de viol a explosé au Congo, y compris dans les régions où n’a pas sévi la guerre. Au Kivu, depuis 2009, on signale aussi un nombre croissant d’hommes violés.

De plus en plus de civils

Si la grande majorité des viols sont commis par l’armée congolaise et par les groupes armés formés par les anciens génocidaires rwandais, une proportion grandissante de violeurs civils est dénoncée dans tout le pays. Cette progression est attribuée à la fois à une plus grande audace des femmes – qui ne reçoivent souvent aucune aide pour élever l’enfant né du viol – à dénoncer les faits et, surtout, à l’impunité dont jouissent les violeurs. Celle-ci est liée à la désintégration croissante des structures traditionnelles, alors que le système de justice moderne néglige totalement les victimes de viols, même si quelques jugements condamnant des violeurs ont eu lieu ces dernières années.

Dans l’opinion publique congolaise, les victimes de viol se voient généralement attribuer la responsabilité des sévices qu’elles ont subis : elles sont globalement accusées, en dépit des évidences contraires, d’avoir porté un « accoutrement indécent ».

Pourtant, les « points sexuellement transmissibles » sont un phénomène bien connu des universités et écoles (obligation de coucher avec un enseignant pour passer de classe). L’Enquête démographique et de santé 2007 indiquait que 64 % des Congolaises déclaraient avoir subi des violences physiques depuis l’âge de 15 ans et 49 % au cours des deux dernières années. Et, en 2012, le Congo était en tête des maternités précoces dans le monde, avec 201 pour 1000.

 

“Elles sont rejetées par leur famille”

Les femmes du village de Burhinyi, dans le Sud-Kivu, ont subi l’arrivée de différentes vagues de bandes armées avec leur lot de pillages, viols et enlèvements. Nombre d’entre elles ont été emmenées dans la forêt pour devenir femmes de combattants et esclaves sexuelles. De ces relations, des enfants sont nés.

Stigmates de viols ou bébés aimés malgré tout ? Quel espoir pour ces filles-mères de s’en sortir ? Nous avons rencontré des mamans malgré elles qui avaient réussi à s’enfuir. Certaines se sont enfuies enceintes. D’autres sont parties avec leur petit dernier, né dans la forêt, contraintes d’abandonner les aînés au campement des bandes armées. “Quand elles parviennent à fuir, le retour au village est une souffrance supplémentaire : elles sont rejetées par leur famille et leurs enfants ne sont pas les bienvenus. Elles ont vécu l’enfer et n’ont plus rien”, nous explique Odette Byumanine, de l’association congolaise Diobass.

À Burhinyi, l’accalmie dans les violences favorise un retour au travail des champs. “Nous essayons de les aider en les regroupant, en les formant à des méthodes de culture plus performantes et en leur donnant de quoi démarrer un petit commerce”, poursuit Mme Byumanine, responsable d’un de ces groupements de femmes soutenu par le partenaire local de l’ONG belge Solidarité socialiste. Nous avons rencontré des mamans, qui ont témoigné pudiquement, avec leurs mots, de ce qu’elles ressentaient envers leur enfant non désiré.

 

 

 

“Cela finira par des révoltes”

Le Dr Denis Mukwege soigne les femmes violées, torturées et mutilées sexuellement dans l’est du Congo. Elles sont plus de 40 000 à avoir bénéficié, le plus souvent gratuitement, de son aide médicale et psychologique mais aussi sociale, économique et juridique. C’est dire si l’homme, nommé docteur honoris causa de l’UCL lundi dernier, sait ce qu’elles ont vécu. Le gynécologue obstétricien de Bukavu a rencontré nombre de femmes devenues mères des suites d’une agression. “J’ai vu beaucoup de cas où les mamans s’attachent, acceptent que leur enfant est la moitié de leur corps.”

Mais – il le constate aussi – les enfants issus de ces violences “sont souvent rejetés par leur communauté”. “Malheureusement, lorsqu’une de ces filles trouve un homme qui accepte de vivre avec elle, il ne veut pas prendre un “enfant du serpent”. Il craint que cela apporte des problèmes aux enfants du couple. J’ai vu des mères arriver à l’hôpital avec leur petit, nous dire qu’elles n’en voulaient plus et nous demander de le prendre. Ou alors elles l’abandonnent, tout simplement.” Ces enfants doivent aussi gérer psychologiquement les conséquences de leur origine. “Un jour, un enfant de dix ans m’a posé la question : pourquoi m’appelle-t-on “Interahamwe” ? Comment lui expliquer qu’il est issu d’un viol” perpétré par des membres de cette milice extrémiste hutue du Rwanda ?

Le Dr Mukwege raconte aussi l’histoire de ce village ayant “ annoncé qu’il acceptait de reprendre ses femmes, mais demandait que tous les enfants “retournent” au Rwanda. Il y en avait 3 000, vous imaginez le drame ? On n’allait quand même pas les déposer à la frontière, en disant : voilà !” L’exclusion sociale guette la plupart de ces enfants. “Beaucoup ne sont même pas enregistrés à l’état civil.” Et “cela finira par des révoltes”. Mais “la communauté internationale ne prend pas cette question avec sérieux. Et l’Etat encore moins.” Or, “si l’on ne prend pas le temps d’y réfléchir pour y apporter des réponses, le problème des enfants issus du viol est une vraie bombe à retardement”.

Publié: 20 novembre 2013 par gandibleux dans Afrique, Afrique, Monde
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La représentante de l’ONU pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui, a appelé mercredi la République Démocratique Du Congo, le Rwanda et l’Ouganda à prendre leurs « responsabilités » en démobilisant les enfants soldats de l’ex-rébellion congolaise M23.

La « priorité » est de « sortir les enfants, les identifier […] là où ils sont », a expliqué Mme Zerrougui au cours d’une visioconférence de presse à Goma (Est de la RDC). « Ici en RDC, [c’est] la responsabilité de la RDC, en Ouganda, la responsabilité de l’Ouganda, au Rwanda, la responsabilité du Rwanda », a-t-elle souligné.

Le Mouvement du 23 mars (M23) est né en mai 2012 au Nord-Kivu, province riche et instable de l’Est congolais. L’ONU a plusieurs fois accusé le Rwanda et l’Ouganda voisins – qui ont toujours démenti – de soutenir les rebelles. Ceux-ci ont déposé les armes le 5 novembre, défaits par l’armée et la brigade d’intervention de l’ONU.

« Chacun assume ses responsabilités pour que ces enfants qui ont subi l’injustice d’être privés de leur enfance reviennent dans leur famille, reviennent dans leurs écoles », a insisté Mme Zerrougui.

La représentante onusienne a par ailleurs regretté la forte présence d’enfants dans les nombreux groupes armés locaux ou étrangers, citant en exemple les milices hutu rwandaise Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et congolaise « Sheka », accusées de graves exactions contre les civils dans l’Est.

Depuis que le M23 a mis fin à sa rébellion armée, « on nous a dit que dans les gens qui se rendent » il y a des enfants, a-t-elle dit. « J’ai posé la question : est-ce qu’il y a des enfants parmi ces groupes ? On m’a dit 25 à 30 %, c’est des enfants. »

Lors de la même conférence de presse, Barbara Bentein, représentante de l’Unicef en RDC, a expliqué qu’un processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) était en cours pour « tous ces enfants qui (…) viennent nombreux se mettre à l’abri des exactions dans les centres de transit et d’orientation de nos partenaires ».

Selon Kampala, plus de 1.300 combattants du M23 se seraient réfugiés en Ouganda. La présence d’enfants parmi eux n’a pour l’heure pas été signalée.

En octobre, les États-Unis ont réduit leur coopération militaire avec Kigali en reprochant au Rwanda de contribuer indirectement au recrutement d’enfants soldats en soutenant le M23.

RD Congo : 1500 rebelles du M23 se rendent aux autorités ougandaises

© AFP
Deux jours après la fin de leur insurrection en RDC, 1 500 rebelles du M23 se sont livrés aux autorités ougandaises.
La rébellion dément toutefois la présence de son chef militaire Sultani Makenga parmi ces prisonniers.
 
 
 
 
 
 
Une grande partie des combattants de la rébellion congolaise du M23, soit environ 1 500 hommes, s’est rendue aux autorités ougandaises, a indiqué jeudi 7 novembre à l’agence Reuters un porte-parole de l’armée ougandaise pour la région ouest du pays. « Nous les avons tous désarmés et nous sommes en train de rassembler et répertorier toutes leurs armes », a précisé le capitaine Ronald Kakurungu.

Une source au sein de l’armée ougandaise sous couvert d’anonymat a également annoncé que le chef du M23, Sultani Makenga s’était constitué prisonnier. « Je peux vous confirmer qu’il est avec nous. Il s’est rendu hier [mercredi] et nous le détenons quelque part avec d’autres de ses commandants », a assuré ce militaire. Contacté par FRANCE 24, un adjoint de Sultani Makenga a cependant démenti cette information. Selon lui, le chef du M23 n’est pas détenu pour le moment en compagnie de ses hommes.

Dix-huit mois après sa création, le mouvement du M23 a annoncé le 5 novembre la fin immédiate de son insurrection dans le Kivu, région de l’est de la République démocratique du Congo (RDC). La veille, la rébellion avait été chassée de ses dernières positions par l’armée.

Le gouvernement congolais avait fait de cette annonce publique une condition sine qua non à la signature d’un accord politique susceptible de mettre un terme définitif au conflit qui l’oppose au M23.