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Le mythe de l’invasion arabo-musulmane

Publié: 17 septembre 2014 par gandibleux dans Actualités, EI, Israël / Palestine, Monde, Société, USA
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Le monde diplomatique: par Raphaël Liogier, mai 2014

La maison du maître d’école « vendue par la mairie et transformée en mosquée »… Ces propos — pour le moins approximatifs — tenus le 11 avril sur Europe 1 par le philosophe Alain Finkielkraut révèlent des fantasmes désormais très répandus. Notamment grâce à « Eurabia », paru en 2005.

A l’automne 1956, la France et le Royaume-Uni, alliés d’Israël, occupent pendant quelques jours le canal de Suez, récemment nationalisé par le président égyptien Gamal Abdel Nasser. Mais, sous la pression soviétique et américaine, ils sont contraints de se retirer. En réaction à cette attaque, Nasser décide d’expulser des milliers de Juifs d’Egypte. Parmi eux se trouve une jeune femme dont le regard sur le monde sera surdéterminé par le traumatisme de l’expatriation : Gisèle Orebi, devenue plus tard célèbre sous le nom de plume de Bat Ye’or (« fille du Nil » en hébreu), mettra au point la version la plus radicale du complot musulman contre l’Occident.

Après avoir « gangrené » le Vieux Continent, affirme-t-elle, la« civilisation arabo-musulmane » en fera la conquête. Cette prédiction apocalyptique constitue la trame du best-seller qu’elle publia aux Etats-Unis en 2005, après plusieurs décennies de maturation : Eurabia,traduit en hébreu, italien, néerlandais et français (Jean-Cyrille Godefroy, Paris, 2006). Le sous-titre, L’axe euro-arabe, renvoie aux « forces de l’Axe » coalisées autour de l’Allemagne nazie durant la seconde guerre mondiale. D’après Bat Ye’or, citée en référence dans le manifeste du tueur norvégien d’extrême droite Anders Behring Breivik, un monde arabo-musulman conquérant serait en passe de submerger une Europe décadente et cynique. Celle-ci aurait marchandé, en échange d’une pluie de pétrodollars, son soutien indéfectible à la Palestine, l’ouverture béante de ses frontières méditerranéennes et l’acceptation, in fine, de l’islamisation.

Ce scénario pour le moins grossier (1) a connu un succès inattendu, au point de devenir un argument majeur de l’extrême droite européenne. En France, la présidente du Front national (FN), Mme Marine Le Pen, ne cesse de fustiger l’« impérialisme islamiste », qui se manifeste selon elle par l’ampleur des investissements saoudiens et qataris à l’étranger, et l’« islamisation de l’Europe », visible à travers le port du foulard (2). Son conseiller aux affaires internationales, le géopolitiste Aymeric Chauprade, déclarait quant à lui, quelques mois après le début du « printemps arabe » : « En favorisant l’effondrement des régimes autoritaires qui formaient le dernier écran protecteur de l’Europe face à la misère africaine, nous avons libéré des énergies qui vont travailler au service de trois buts : davantage d’immigration vers l’Europe, davantage de trafics, davantage d’islamistes. » (Valeurs actuelles,25 septembre 2011.)

Initialement confinée à quelques groupes extrémistes (en France, le Bloc identitaire, Riposte laïque, l’Observatoire de l’islamisation, etc.), la thèse d’Eurabia s’est diffusée et banalisée. Les partis politiques qui la défendent obtiennent des scores honorables aux élections. En Suisse, elle est portée par l’Union démocratique du centre ; en Norvège, par le Parti du progrès ; en Autriche, par le Parti libéral ; outre-Manche, par le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni. Des intellectuels la promeuvent, certains explicitement, comme la journaliste italienne Oriana Fallaci (disparue en 2006), citée dès la première ligne du premier chapitre d’Eurabia, l’économiste allemand Thilo Sarrazin ou le romancier français Renaud Camus (3). Tous rencontrent de vifs succès en librairies.

Mais la vision de Bat Ye’or fait aussi vendre des journaux : on ne compte plus les « unes » de magazines consacrées à la « menace » musulmane. Quand L’Express met en scène le combat de « L’Occident face à l’islam » (6 octobre 2010) ou assène « Les vérités qui dérangent » sur l’islam (11 juin 2008), Le Point répond en agitant « Le spectre islamiste » (3 février 2011), promet de révéler « Ce qu’on ne dit pas sur la burqa » (21 janvier 2011) ou s’emporte face à « Cet islam sans gêne » (1er novembre 2012). Le Figaro Magazine, Valeurs actuelles, mais parfois aussi Marianne ou Le Nouvel Observateur n’ont pas des lignes très différentes (4).

Même des chercheurs sérieux dans leur domaine participent à la diffusion de la thèse d’Eurabia, tel l’historien Egon Flaig (5) en Allemagne. En France, la démographe Michèle Tribalat a signé une préface dithyrambique au livre à succès de Christopher Caldwell qui annonce l’effondrement d’une Europe vaincue par l’islam (6).

Existe-t-il vraiment une « menace arabo-musulmane » justifiant l’emballement médiatico-politique qu’Eurabia a contribué à provoquer ? Bat Ye’or affirme tout d’abord que les pétrodollars du Golfe permettent aux musulmans de « s’acheter » l’Europe — une émission de Canal Plus (20 mai 2013) s’intitulait « Qatar : conquérir le monde en quatre leçons ». Pourtant, si, en 2011, le Proche-Orient réalisait 22 % de ses exportations vers l’Europe et l’Amérique du Nord, il ne représentait que 5 % de celles de ces deux espaces (7). En d’autres termes, c’est l’Occident qui abreuve le Proche-Orient de ses devises, et non l’inverse.

Le volet « relations internationales » du scénario d’Eurabia n’est pas plus réaliste. Loin de se montrer complaisants à l’égard de la Palestine, les Etats européens sont de solides alliés d’Israël. Certes, comme le souligne avec insistance Bat Ye’or, ils ont voté pour la résolution 43/177 de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) en faveur de l’indépendance de la Palestine en 1988. Mais cent quatre nations ont alors fait de même — seuls les Etats-Unis et Israël ont voté contre.

Depuis, l’Union européenne ne s’est guère distinguée par son engagement pour la cause palestinienne, au contraire. Quand, en septembre 2011, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a remis au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon une demande de reconnaissance de la Palestine par le Conseil de sécurité, le Royaume-Uni et la France se sont empressés de déclarer qu’ils s’abstiendraient (8).

A défaut d’être achetée par les monarchies du Golfe, l’Europe est-elle menacée par un déferlement de populations musulmanes ? Selon les estimations les plus hautes qui circulent sur Internet, l’Union européenne serait actuellement habitée, secrètement, par cinquante millions de musulmans, et ce nombre devrait doubler dans les vingt ou trente ans à venir. Ces chiffres ne sont pas inventés par des hurluberlus, mais lancés par des gens a priori crédibles, comme le journaliste canadien Mark Steyn, père de l’expression « génocide européen » et l’un des principaux propagateurs du mythe d’Eurabia en Amérique du Nord. Selon lui, les musulmans devraient constituer 40 % de la population européenne en 2020.

Sachant que cette communauté — entendue au sens large — représente actuellement entre 2,4 % et 3,2 % de la population de l’Union européenne (douze à seize millions de personnes), il faudrait, pour voir se réaliser les prédictions de Steyn, que ces pourcentages soient multipliés par quinze en dix ans. Une évolution possible, affirment les adeptes d’Eurabia, car des vagues de musulmans immigrent en Europe, puis s’y « reproduisent » de manière exceptionnelle et appliquent une stratégie de conversions de masse. Sur ces trois points, la réalité des chiffres contredit leurs arguments.

Les sociétés européennes connaissent en effet un taux d’accroissement migratoire stable depuis les années 1980. Il est de 1,1 ‰ en France, de 3 ‰ au Royaume-Uni et de — 0,7 ‰ en Allemagne (chiffres de 2009). Seuls trois pays à majorité musulmane, le Maroc, la Turquie et l’Albanie, figurent parmi les dix premières communautés d’immigrants installés dans l’Union (9). De plus, les musulmans ne procréent pas davantage que les autres. Dans la plupart des pays musulmans, le taux de natalité est très proche de ceux observés dans les Etats occidentaux, et parfois même plus bas, comme en Iran (10). Et le taux de fécondité des femmes musulmanes installées en Europe connaît une baisse continue depuis les années 1970, jusqu’à rejoindre celui de la population générale au début des années 2000 (11).

Restent les conversions. Le 4 janvier 2011, le quotidien The Independentalertait ses lecteurs sur un risque d’« islamisation du Royaume-Uni »,car le nombre de convertis avait doublé depuis dix ans, passant de cinquante mille à cent mille personnes entre 2001 et 2011 (pour une population totale de soixante millions d’habitants). Une personne sur six cents serait convertie à l’islam ; à un rythme de cinq mille conversions par an (à peine plus qu’en France ou en Allemagne), il faudrait six mille ans pour que le Royaume-Uni devienne un pays à majorité musulmane.

Une « invasion » très lente, donc, surtout quand on la compare à la croissance étourdissante des conversions au christianisme évangélique et pentecôtiste dans le monde, par exemple en Chine et en Afrique : dix mille par jour (12) ! Il s’agit de la plus rapide progression religieuse de l’histoire — de zéro à cinq cents millions d’adeptes en moins d’un siècle —, mais peu de médias s’alarment de l’« évangélisation du monde »…

En dépit de son caractère fantaisiste, l’influence du scénario d’Eurabiane cesse de croître. L’ombre du complot musulman alimente une nouvelle logique de défense culturelle : défense des « valeurs » et du « mode de vie » des peuples européens « de souche » menacés par l’ensemble des minorités ethnoculturelles dont les musulmans représentent la quintessence idéale et terrifiante. Grâce au mythe d’Eurabia, des partis européens objectivement situés à l’extrême droite peuvent prétendre dépasser la distinction droite-gauche. Et se présenter, en falsifiant ces valeurs, comme des défenseurs du progrès, de la liberté, de la démocratie, de l’indépendance, de la tolérance, de la laïcité, séduisant ainsi au-delà de leur périmètre électoral habituel.

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Le Vatican sermonne des religieuses américaines féministes

Publié: 6 mai 2014 par estellavaras dans Société
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AFP Publié le mardi 06 mai 2014 à 17h48 – Mis à jour le mardi 06 mai 2014 à 17h49

 

InternationalLe Vatican a admonesté les religieuses américaines de la LCWR, qualifiant de « provocation » la décision de ces dernières d’attribuer un prix à une religieuse féministe, selon un document du Saint Siège publié mardi. Selon ce texte, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), le cardinal allemand Gerhard Ludwig Müller, a sévèrement tancé les responsables de la Leadership Conference of Women Religious (LCWR), lors d’une rencontre le 30 avril.

La LCWR a décidé de conférer un prix, l’Oustanding Leadership Award, à la religieuse Elizabeth Johnson, une théologienne auteur de plusieurs ouvrages contestant une vision trop fondamentaliste des Evangiles et de Jésus. Elle a été critiquée par les évêques américains pour « ses erreurs doctrinales ».

Pour le Vatican, qui entend contraindre l’organisation à une réforme en profondeur, ce choix ressemble à « une provocation plutôt ouverte », a estimé le responsable de la doctrine de la foi du pape François.

Le cardinal a particulièrement critiqué « l’évolution consciente » (« conscious evolution »), une manière de concevoir librement sa vie spirituelle inspirée du mouvement New Age, en vogue au sein de la LCWR.

La LCWR représente 57.000 religieuses, soit 80% des religieuses américaines.

Elles sont dans le collimateur du Vatican qui, tout en saluant leur dévouement caritatif, leur reproche de se prononcer en faveur de la contraception et de l’homosexualité, tout en restant silencieuses sur l’avortement ou l’euthanasie.

L’an dernier, François avait confirmé la remise au pas de ces religieuses.

A.W. Publié le mardi 06 mai 2014 à 16h25 – Mis à jour le mardi 06 mai 2014 à 16h27

 

SociétéDans le jargon de l’internet, on appelle « grammar nazis » ces gens qui traquent la moindre faute d’orthographe. Les attaques de ces terroristes de la langue française sont aussi douloureuses que salutaires pour les sites d’informations et les chaînes de télé. Une capture d’écran et voilà le criminel traité publiquement d’analphabète voire, pire… de « stagiaire » (alors qu’on a connu de grands journalistes incapables d’accorder correctement un participe passé. Non, on ne citera pas de noms…)!

Et l’impitoyable vitesse de publication imposée par l’information « en temps réel », qui explique certaines erreurs, n’excuse rien pour autant. Car, quand la forme est bancale, c’est tout le fond du texte qui en prend un coup. Dans ce contexte, les consommateurs d’informations n’ont jamais semblé aussi soucieux de l’orthographe. D’ailleurs, sur les réseaux, les chasseurs de fautes ont leur maître incontesté: depuis fin février, « Bescherelle ta mère » (qui est à la fois un site internet , une page Facebook et un compte Twitter ) traque les pataquès du web francophone.

Corriger l’internet, une tâche sans fin

Corriger l’internet? Autant tenter de renflouer le Titanic avec un dé à coudre, pensez-vous. C’est pourquoi « Bescherelle ta mère » a choisi la manière forte. Avec des insultes bien frappées. La preuve avec ce tout premier tweet du 28 février:

 

 

 

« Dans un premier temps, je trouvais drôle d’associer le nom ‘Bescherelle’, qui n’était pas encore réservé sur Twitter par l’éditeur Hatier, avec une image plus violente », raconte Sylvain Szewczyk à LaLibre.be. « Mais je ne pensais pas que ça marcherait à une échelle si importante. » La preuve: son concept rassemble aujourd’hui plus de 70.000 « likes » sur Facebook et 32.000 « followers » sur Twitter (diantre, « likes », « followers »… des anglicismes!).

Mieux, l’initiative de Sylvain lui a permis de trouver du boulot dans la communication. A 21 ans et avec un diplôme d’informatique en poche, il y a de quoi faire des jaloux.  » A un moment, il y avait une rumeur disant que Hatier allait m’embaucher. Du coup, l’agence Marcel, qui travaille notamment avec la marque de boissons Oasis, a lancé que je ferais mieux de venir chez eux. Je leur ai envoyé un Bescherelle avec un lien vers mon site… Je commence lundi prochain! »

Hatier, justement, n’a pas beaucoup apprécié l’initiative à ses débuts. Le ton de « Bescherelle ta mère » était jugé trop corrosif. Il s’est adouci… ou presque. Sa toute dernière initiative mélange des photos de chatons et des règles syntaxiques de base.

 

Chatons ou pas, la hargne reste bien là. « Je me suis rendu compte qu’il y avait un problème de fond: les Français ne disent pas grand-chose, mais il y a beaucoup de gens qui sont pour la protection de l’orthographe et de la conjugaison », note encore Sylvain.

S’il ne se considère pas comme un « justicier de l’orthographe » (« C’est le Nouvel Obs qui m’a donné ce surnom en premier »), le jeune homme bondit à chaque erreur lue dans les médias. « Tous les jours, il y a des fautes sur i>Télé et BFM. Bien sûr, il faut être indulgent parce qu’ils travaillent plus rapidement. » Il n’empêche, « je trouve quand même ça inacceptable de la part des grands médias. Par contre, pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’apprendre à écrire correctement, c’est différent. »

 

 

 

« Bescherelle ta mère » reçoit régulièrement des contributions d’internautes, au point d’être « un peu dépassé ». Le site internet de Sylvain compte entre 250 et 300.000 visites mensuelles. Les revenus générés par les quelques pubs qui s’affichent payent l’hébergement du site et améliorent son quotidien. Revers de la médaille: un grand pouvoir implique de grandes responsabilités… « Au début, quand j’ai lancé le concept, je faisais parfois des fautes. Maintenant je sais que je n’ai plus le droit à l’erreur. Une faute que je fais toujours c’est d’écrire ‘par contre’ au lieu de ‘en revanche’. On me le reproche souvent. Mais bon, c’est le jeu! »

 

 


L’angoisse de la faute: « On n’est pas des machines »

 

 

Même pour ceux qui ont une bonne orthographe, la peur de la faute est omniprésente. « Franchement, au boulot c’est la honte », nous confie par exemple une jeune pharmacienne. « Parfois, avant d’écrire sur mes petites boîtes de médicaments, et que j’hésite sur l’orthographe d’un mot, je le tape discrètement sur mon ordi devant moi, ni vu ni connu.. et encore je ne dois pas écrire des romans! »

L’angoisse touche aussi les professeurs… de français: « J’ai déjà fait une faute ou deux en écrivant au tableau. On pense écrire une phrase puis on en écrit une autre… », raconte une enseignante. « Et donc le verbe ne s’accorde plus de la même façon. Dans le cas d’une faute d’orthographe d’usage (style 2 ou 1 m), je dis simplement à mes élèves que je doute et on cherche ensemble la réponse. » De toute façon, c’est bien connu, ajoute un autre, « un prof ne fait pas de fautes. Il teste l’attention des étudiants. Nuance ».

Mais les rigoristes de l’orthographe ne sont jamais bien loin. « Il existe tellement d’outils que je trouve inacceptable d’encore laisser des fautes de frappe ou d’orthographe », s’insurge une traductrice. « Dans la vie courante, je suis indulgente avec mes amis (dans certaines limites tout de même, il faut que le texte reste compréhensible sinon je m’énerve), mais beaucoup moins avec les auteurs, les traducteurs… et surtout les journalistes! » Dont acte.

Agression : Pourquoi ne réagit-on pas ?

Publié: 5 mai 2014 par estellavaras dans Société
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Ce mardi, à Lille, une mère de famille s’est fait agresser sexuellement dans le métro lillois pendant trente minutes. Aucun passager du métro, une dizaine selon le un commandant de la DDSP59 cité par le quotidien Le Figaro, n’a réagi. Pourquoi ? L’effet du passant. Apparemment.

 

Depuis les années 60 et le viol puis le meurtre devant des témoins de Kitty Genovese, une femme de 28 ans, à New-York, de nombreuses recherches en psychologie ont été lancées.

La psychologie sociale appelle cela l’effet du passant. La situation est incomprise, on a peur du risque et le groupe inhibe. Plus on est en groupe, plus on hésite. « Un être humain hésite. J’y vais, j’y vais pas. Il est un peu passif. C’est là qu’intervient le phénomène central : la contagion de groupe. S’il ne voit personne autour de lui qui bouge, cela va favoriser sa passivité. Si par hasard, quelqu’un se déclenche, il y a deux ou trois personnes qui vont le suivre, c’est la dynamique de groupe », explique Roland Coutanceau, psychiatre et criminologue. dans un reportage de France 2.

C’est dans ce but que le réalisateur belge Lucas Belvaux a souhaité réaliser le film « 38 témoins » pour sensibiliser les citoyens. « Parfois il suffit de dire « stop » ; « arrêtez ! » ; « Qu’est-ce que vous faites ? », s’approcher, faire un pas, sortir son téléphone, appeler la police. Il suffirait probablement qu’une seule personne se lève dans le métro pour que les autres accompagnent ».

J.B.

Le Monde.fr | 28.03.2014 à 11h11 • Mis à jour le 28.03.2014 à 12h11 | Propos recueillis par Abel Mestre et Caroline Monnot

Marine Le Pen dans les locaux de France Télévisions, le 23 mars.

Marine Le Pen veut parachever la stratégie dite de « dédiabolisation » de son mouvement. Pour cela, la présidente du FN a besoin d’un « bilan » politique à mettre en avant. Ainsi, elle dresse une feuille de route pour ses futurs maires et conseillers municipaux et place la barre très haut : ils devront être vertueux, respectueux de l’opposition et « tenir leurs promesses ».

Quel bilan tirez-vous du premier tour des municipales ?

Marine Le Pen : Un bilan très positif. Nous avons rempli nos objectifs : plus de 500 listes, et nous aurons plus de 1 000 conseillers municipaux à l’issue du second tour. Nous avions envisagé plus de quinze villes gagnables, nous en avons effectivement une quinzaine.

Il y a une grande leçon dans ce scrutin : la nécessité de l’implantation. D’autant plus que l’implantation se fait par cercles concentriques et on l’a démontré dans le bassin minier. D’une ville où l’implantation est faite, ce sont quinze ou vingt villes qui peuvent, la fois suivante, avoir des candidats.

Votre positionnement « ni droite ni gauche » n’est-il pas une impasse qui vous empêche de passer des alliances ?

Pas du tout. C’est ce qu’attendent les Français. Dans notre électorat, il y a des déçus de l’UMP et des déçus du PS. Nous sommes à l’année zéro d’un grand mouvement patriote, ni de droite ni de gauche, qui fonde son opposition avec la classe politique actuelle sur la défense de la nation, le rejet de l’ultralibéralisme, de l’européisme, capable de transcender les vieux clivages pour poser les vraies questions : est-on dans une vision nationale ou postnationale ? J’espère que cela apparaîtra de manière claire lors des élections européennes.

  • Marine Le Pen: « le FN est le premier parti de France » – 07/10

    Interrogée par BFMTV sur les appels de la gauche à « faire barrage au FN » en votant UMP au second tour, Marine Le Pen a déclaré: « s’ils (le PS et l’UMP) sont contraints de faire un front soit-disant républicain pour faire battre le FN, ça veut donc bien dire que seuls ils ne peuvent pas le faire battre, et que donc le FN est d’ores et déjà le premier parti de France ».

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Pour vous, le FN pourra prendre le pouvoir seul ?

On passe par une tripolarisation de la vie politique française. Or, sauf à passer à une VIe République, la Ve va imposer à nouveau une bipolarisation, c’est la logique des institutions. Cela se fera entre l’UMPS d’un côté et le Front national-Rassemblement Bleu Marine de l’autre.

Est-ce l’étiquette FN ou vos idées qui empêchent des militants UMP de vous rejoindre ?

Non, le seul plafond de verre que l’on a encore, et qui est en train de sauter, est de ne pas pouvoir montrer ce que l’on est capable de faire. C’est-à-dire, un bilan. C’est ce qui nous manque. C’est important. Je n’entends pas refuser cet obstacle. C’est grâce à ce bilan que l’on passera à un stade supérieur.

David Ribant et Laurent Kennes, avocats conseils d’Alexandre Vander Elst.
Mis en ligne dimanche 16 février 2014, 19h44

Alexandre Vander Elst a été condamné à 40 mois avec sursis après voir donné un coup de poing entraînant la mort d’un agent de la Stib. Ses avocats rétablissent un semblant de vérité.

Depuis plusieurs jours, de nombreuses personnes se sont exprimées sur la condamnation de notre client, Alexandre Vander Elst, pour avoir porté volontairement un coup de poing, ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Une grève et une manifestation ont été organisées par des syndicats en raison de «  l’incompréhension  » face à un jugement présenté comme trop clément. Une pétition circule, réclamant la démission du juge d’instruction. La famille de la victime s’est exprimée publiquement, caricaturant notre client, communiquant des informations parfois erronées, sans aucun doute de bonne foi.

Parallèlement à ces événements, des appels à la haine ont été lancés sur des réseaux sociaux, certains individus invitant à aller «  chercher cet enfoiré  », d’autres se réjouissant qu’il se fasse bientôt «  refroidir  ».

Cela suffit. Il est temps de mettre le holà à cette dérive qui n’a rien de commun avec une saine démarche citoyenne. Il est temps de mettre fin à ce lynchage public, d’un autre temps. Et il est temps, plus que jamais, d’expliquer.

Oui. Le 7 avril 2012, l’homme que nous défendons a eu un geste de violence inadmissible à l’égard d’un homme qui ne le méritait pas. Il a porté un coup de poing. Un coup dont jamais personne n’a imaginé qu’il pourrait causer la mort. Un coup comme, malheureusement, la police en constate quotidiennement. Dès qu’il a porté le coup, il s’est enfui et a été poursuivi par des témoins. La victime est tombée sur le sol et c’est cet impact qui a induit une hémorragie cérébrale et le décès de ce pauvre homme.

Notre client est conscient être responsable de cette mort. Il a toujours dit que son geste était irrationnel. Cela n’a rien d’étonnant puisque l’expert en toxicologie a constaté qu’il avait 2,11grammes d’alcool/litre de sang. Il n’a jamais cherché la moindre excuse. Il était, lors de son arrestation et devant les enquêteurs, effondré parce que conscient du mal qu’il avait causé.

Invité à se défendre du risque d’être placé sous mandat d’arrêt, il a répondu trouver cela normal. Lors de la première audience, il n’a pas sollicité sa remise en liberté.

Durant sa détention, il a été assigné à des conditions de sécurité strictes, qu’il n’a pas demandées, au motif qu’un membre de la famille de la victime serait détenu dans la même prison et que des détenus indéterminés auraient voulu lui faire la peau. Il n’a jamais su si cela était vrai et n’a jamais demandé de se voir imposer des conditions de détention épouvantables. Il ne s’en est jamais plaint. Il ne s’est jamais posé en victime.

Plus tard, c’est la chambre du conseil qui a libéré notre client sous des conditions strictes. Le juge d’instruction n’a fait que confirmé cette libération quelques jours plus tard. Entre-temps, un psychiatre désigné par le juge avait constaté non seulement qu’il ne constituait pas un danger pour la société, mais encore qu’il était effondré de ce qu’il avait fait et se demandait s’il méritait encore de vivre.

Depuis, cet homme a respecté toutes les conditions qui lui ont été imposées, dont un suivi strict d’un éventuel problème d’assuétude à l’alcool.

Une fois l’instruction clôturée, Alexandre Vander Elst s’est présenté devant la chambre du conseil, pour statuer sur le règlement de la procédure. Dans le couloir d’attente de la salle d’audience, en l’absence du moindre policier, un membre de la famille du défunt, empli de colère d’être ainsi confronté à notre client, lui a porté plusieurs coups de poing au visage. Les autres membres de la famille l’ont empêché de continuer. Nous étions là, de même que l’un des conseils de la famille.

Alexandre Vander Elst a juste subi, tête basse. Il s’est assis pour attendre le début de l’audience, dans un climat pour le moins pesant. Il n’a jamais dénoncé ce fait, et n’a pas déposé plainte. Nous avions décidé de ne pas évoquer ce fait, mais la désinformation actuelle nécessite que nous rétablissions un semblant de vérité.

Parallèlement, des informations qui proviennent de milieux qui ne le concernent en rien ont été communiquées aux services de police suivant lesquelles un contrat aurait été mis sur sa tête. Cela n’a jamais été confirmé à ce jour, mais participe de l’ambiance qui entoure ce procès.

C’est la raison pour laquelle nous avons demandé qu’il soit emmené par une autre porte lors des audiences devant le tribunal correctionnel. De manière surréaliste, cela nous a été reproché par des tiers, ainsi que par les conseils des parties civiles. Comme s’il avait été plus sain que les victimes et l’auteur entrent ensemble par la porte d’entrée.

C’est donc un an et demi plus tard qu’il a comparu devant le tribunal correctionnel. La peine maximale applicable par le tribunal correctionnel était de 5 ans d’emprisonnement. Le minimum était de 8 jours d’emprisonnement. C’est cette peine qui est prévue depuis des temps immémoriaux.

Au mieux, le tribunal pouvait lui accorder une suspension du prononcé, ou une peine de travail. C’est ce que nous avons sollicité. Le tribunal a constaté que la gravité des faits ne permettait pas de prononcer une autre peine que celle d’emprisonnement.

Il a été condamné à 40 mois d’emprisonnement, soit une peine proche du maximum de la peine prévue par la loi. Et le tribunal a assorti cette peine d’un sursis pour ce qui excède la détention préventive.

En quoi cette peine est-elle clémente ? En quoi cela relèverait-il de l’injustice ou du laxisme, voire d’un manque de respect pour les victimes ?

Ce n’est pas l’acte posé par un homme ivre le 7 avril 2012 qui était jugé. Ce ne sont pas les conséquences terribles de ces quelques secondes de vie qui dictent la peine. Non. Il fallait juger un homme de 31 ans, lui-même brisé de ce qu’il a fait et qui ne sait comment faire pour réparer l’irréparable.

Un homme qui n’a, ni avant, ni après, jamais frappé une tierce personne. Un homme qui n’a jamais été condamné par le tribunal correctionnel et travaillait. Un homme qui n’a jamais cherché à minimiser sa responsabilité. Un homme qui, tant bien que mal, a commencé à indemniser les parties civiles.

Quels sont donc les arguments des croquantes et des croquants, qui n’ont pas suivi les audiences, qui n’ont pas lu le dossier, qui n’ont même pas lu le jugement, et prétendent réclamer justice là où ils la mettent en péril ?

Fallait-il, pour contenter l’émoi d’une partie de la population, prononcer une peine de principe, pour l’acte, mais sans rapport aucun avec l’homme ? Ne fallait-il pas, aussi, tenir compte de la disproportion évidente entre le coup qu’il a porté et ses conséquences ? Fallait-il le renvoyer en prison pour le faire expier sa faute, comme s’il ne ressentait pas le poids de la culpabilité à l’extérieur ?

Non. La justice n’a pas pour fonction d’agir comme les délinquants, avec une violence aveugle et absurde. Une peine doit avoir un sens. Le tribunal correctionnel n’a pas choisi la vengeance, certes. Mais il n’a pas choisi, loin de là, le laxisme. Il a choisi l’équilibre et la justice.

Tout simplement, il a rendu justice.

Cros Marie-France/S.Vt./JdT Publié le dimanche 09 février 2014 à 17h56 – Mis à jour le lundi 10 février 2014 à 14h11

International Une « épidémie » de viols qui a gagné tout le pays…

L’épidémie de viols au Kivu, à l’est du Congo, est dénoncée depuis les années 1990. Longtemps, cependant, elle a été tue par les victimes, la culture locale poussant les maris à répudier leur épouse violée. En 2007, la rapporteure spéciale du Conseil des droits de l’homme de l’Onu chargée de la violence envers les femmes stigmatisait pourtant « la pire des crises que j’ai jamais rencontrées ». Par le nombre de viols (plus de 10000 avoués par an dans chacune des deux provinces du Kivu, sans compter ceux qui restent tus) et par la cruauté qui les accompagne.

Beaucoup de Congolais affirment que cette pratique a été amenée dans leur pays par les génocidaires rwandais qui se sont réfugiés au Kivu. Depuis leur arrivée (1994), cependant, le nombre de viol a explosé au Congo, y compris dans les régions où n’a pas sévi la guerre. Au Kivu, depuis 2009, on signale aussi un nombre croissant d’hommes violés.

De plus en plus de civils

Si la grande majorité des viols sont commis par l’armée congolaise et par les groupes armés formés par les anciens génocidaires rwandais, une proportion grandissante de violeurs civils est dénoncée dans tout le pays. Cette progression est attribuée à la fois à une plus grande audace des femmes – qui ne reçoivent souvent aucune aide pour élever l’enfant né du viol – à dénoncer les faits et, surtout, à l’impunité dont jouissent les violeurs. Celle-ci est liée à la désintégration croissante des structures traditionnelles, alors que le système de justice moderne néglige totalement les victimes de viols, même si quelques jugements condamnant des violeurs ont eu lieu ces dernières années.

Dans l’opinion publique congolaise, les victimes de viol se voient généralement attribuer la responsabilité des sévices qu’elles ont subis : elles sont globalement accusées, en dépit des évidences contraires, d’avoir porté un « accoutrement indécent ».

Pourtant, les « points sexuellement transmissibles » sont un phénomène bien connu des universités et écoles (obligation de coucher avec un enseignant pour passer de classe). L’Enquête démographique et de santé 2007 indiquait que 64 % des Congolaises déclaraient avoir subi des violences physiques depuis l’âge de 15 ans et 49 % au cours des deux dernières années. Et, en 2012, le Congo était en tête des maternités précoces dans le monde, avec 201 pour 1000.

 

“Elles sont rejetées par leur famille”

Les femmes du village de Burhinyi, dans le Sud-Kivu, ont subi l’arrivée de différentes vagues de bandes armées avec leur lot de pillages, viols et enlèvements. Nombre d’entre elles ont été emmenées dans la forêt pour devenir femmes de combattants et esclaves sexuelles. De ces relations, des enfants sont nés.

Stigmates de viols ou bébés aimés malgré tout ? Quel espoir pour ces filles-mères de s’en sortir ? Nous avons rencontré des mamans malgré elles qui avaient réussi à s’enfuir. Certaines se sont enfuies enceintes. D’autres sont parties avec leur petit dernier, né dans la forêt, contraintes d’abandonner les aînés au campement des bandes armées. “Quand elles parviennent à fuir, le retour au village est une souffrance supplémentaire : elles sont rejetées par leur famille et leurs enfants ne sont pas les bienvenus. Elles ont vécu l’enfer et n’ont plus rien”, nous explique Odette Byumanine, de l’association congolaise Diobass.

À Burhinyi, l’accalmie dans les violences favorise un retour au travail des champs. “Nous essayons de les aider en les regroupant, en les formant à des méthodes de culture plus performantes et en leur donnant de quoi démarrer un petit commerce”, poursuit Mme Byumanine, responsable d’un de ces groupements de femmes soutenu par le partenaire local de l’ONG belge Solidarité socialiste. Nous avons rencontré des mamans, qui ont témoigné pudiquement, avec leurs mots, de ce qu’elles ressentaient envers leur enfant non désiré.

 

 

 

“Cela finira par des révoltes”

Le Dr Denis Mukwege soigne les femmes violées, torturées et mutilées sexuellement dans l’est du Congo. Elles sont plus de 40 000 à avoir bénéficié, le plus souvent gratuitement, de son aide médicale et psychologique mais aussi sociale, économique et juridique. C’est dire si l’homme, nommé docteur honoris causa de l’UCL lundi dernier, sait ce qu’elles ont vécu. Le gynécologue obstétricien de Bukavu a rencontré nombre de femmes devenues mères des suites d’une agression. “J’ai vu beaucoup de cas où les mamans s’attachent, acceptent que leur enfant est la moitié de leur corps.”

Mais – il le constate aussi – les enfants issus de ces violences “sont souvent rejetés par leur communauté”. “Malheureusement, lorsqu’une de ces filles trouve un homme qui accepte de vivre avec elle, il ne veut pas prendre un “enfant du serpent”. Il craint que cela apporte des problèmes aux enfants du couple. J’ai vu des mères arriver à l’hôpital avec leur petit, nous dire qu’elles n’en voulaient plus et nous demander de le prendre. Ou alors elles l’abandonnent, tout simplement.” Ces enfants doivent aussi gérer psychologiquement les conséquences de leur origine. “Un jour, un enfant de dix ans m’a posé la question : pourquoi m’appelle-t-on “Interahamwe” ? Comment lui expliquer qu’il est issu d’un viol” perpétré par des membres de cette milice extrémiste hutue du Rwanda ?

Le Dr Mukwege raconte aussi l’histoire de ce village ayant “ annoncé qu’il acceptait de reprendre ses femmes, mais demandait que tous les enfants “retournent” au Rwanda. Il y en avait 3 000, vous imaginez le drame ? On n’allait quand même pas les déposer à la frontière, en disant : voilà !” L’exclusion sociale guette la plupart de ces enfants. “Beaucoup ne sont même pas enregistrés à l’état civil.” Et “cela finira par des révoltes”. Mais “la communauté internationale ne prend pas cette question avec sérieux. Et l’Etat encore moins.” Or, “si l’on ne prend pas le temps d’y réfléchir pour y apporter des réponses, le problème des enfants issus du viol est une vraie bombe à retardement”.

Le Monde.fr avec AFP | 07.02.2014 à 11h54 • Mis à jour le 07.02.2014 à 12h23

 

La préfecture de Ceuta a expliqué que la police avait utilisé « du matériel antiémeute, des balles en caoutchouc lancées en parabole par-dessus une barrière de 6 mètres de haut, jamais contre les personnes ».

 

Le gouvernement espagnol s’est expliqué sur l’utilisation de matériel antiémeute, jeudi 6 février pour repousser un assaut d’immigrants aux portes de l’enclave de Ceuta, au nord du Maroc, dans lequel neuf clandestins sont morts.

 

La préfecture de Ceuta a expliqué que la police avait utilisé « du matériel antiémeute, des balles en caoutchouc lancées en parabole par-dessus une barrière de 6 mètres de haut, jamais contre les personnes. Les immigrés ont montré une attitude très violente, ont lancé des pierres et d’autres objets contre les forces de sécurité espagnoles et marocaines ».

 

Le préfet de Ceuta, Francisco Antonio Gonzalez, a assuré que la police n’a pas utilisé « de moyens antiémeute quand les immigrés étaient dans l’eau ». Environ 400 immigrés d’Afrique subsaharienne, selon les autorités espagnoles, ont tenté jeudi de pénétrer dans l’enclave de Ceuta, depuis le Maroc, par la plage et par le poste-frontière. Neuf d’entre eux ont trouvé la mort.

 

Environ 400 immigrés d'Afrique subsaharienne, selon les autorités espagnoles, ont tenté, jeudi, de pénétrer dans l'enclave de Ceuta, depuis le Maroc, par la plage et par le poste-frontière.

 

« Nous sommes consternés de ces décès aux portes de pays européens », a réagi Maria Jesus Vega, la porte-parole du HCR à Madrid.

 

« Nous sommes très préoccupés par le fait que les personnes qui ont besoin d’une protection internationale risquent leur vie pour gagner des pays sûrs, et la perdent aux portes de pays de l’Union européenne ».

 

Le Parti socialiste, première force d’opposition, a annoncé qu’il allait « demander que le ministre de l’intérieur se présente [devant le Parlement] pour éclaircir la mort de neuf immigrés à Ceuta ».

 

Ceuta, avec l’autre enclave espagnole de Melilla, dans le nord du Maroc, constitue la seule porte d’entrée terrestre vers l’Europe pour l’immigration clandestine venue d’Afrique. Alors qu’à Melilla les migrants lancent régulièrement des assauts contre la triple barrière grillagée qui constitue la frontière, les tentatives d’entrée à Ceuta, moins nombreuses, se font généralement par la plage à pied, à bord de petites embarcations ou via l’unique poste-frontière de Tarajal.

F.D. Publié le samedi 23 novembre 2013 à 18h40 – Mis à jour le samedi 23 novembre 2013 à 19h30

 

Cyber La marque à la pomme se fait copieusement tacler dans cette courte vidéo…

 

Depuis le lancement de l’iPhone en 2007, Apple a déjà accouché de sept générations de smartphones, soit un modèle par an. Métronome? Cette vitesse de production et d’évolution – si c’en est une – est-elle le fait de réelles avancées technologiques ou le fruit juteux d’un calcul économique simple: plus on en sort, plus on en vend.

C’est la vision du court-métrage iDiots, réalisé par le studio Big Lazy Robot. Dans cette vidéo, on y voit des robots (vendables dans le commerce) se ruer vers le magasin où est vendu le nouvel iDiot 4 (parodie évidente, tant dans le nom que dans le design, de l’iPhone d’Apple), qui permet de « liker » des photos de chats, acheter des applications inutiles ou partager des vidéos abrutissantes. Pourtant, très vite, le précieux graal devient obsolète, mais, Alléluia! L’iDiot 5 est déjà sorti, courez l’acheter! Et ils y allèrent…
Un noir et amer constat que nuance le studio à l’origine du court, précisant qu’il ne faut pas prendre le message trop au sérieux car il s’agit avant tout d’une vidéo promotionnelle, rappelle le site Geeksandcom.com. N’empêche, le concept fait mouche et touche là où ça fait mal. A méditer, techno-addicts !

L’amour par écran interposé nuit à la santé du couple

Publié: 6 novembre 2013 par estellavaras dans Société
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Selon une étude de la Brigham Young University, l’envoi excessif de SMS entre partenaires amoureux peut mettre à mal la communication du couple au lieu de la renforcer.

Gare aux amoureux et amoureuses qui envoient trop de textos à leurs partenaires ! D’après Lori Schade et Jonathan Sanberg, chercheurs de la Brigham Young University, l’utilisation excessive de SMS comme moyen de communication serait un signe d’instabilité du couple.

Une communication incomplète

Les technologies occupent une place de plus en plus prépondérante dans ce que les chercheurs appellent le « mécanisme d’entretien de la relation ». Certes, celles-ci nous permettent de communiquer avec davantage de rapidité, mais l’efficacité n’est pas encore au rendez-vous.

À l’écrit, nous nous évertuons à transmettre nos sentiments et réactions le plus fidèlement possible en parsemant les célèbres « smiley » dans nos messages . Or, dans ce cas de figure, la communication verbale et non verbale vient à manquer là où les émotions des êtres humains regorgent de nuances et de complexité. Résultat : le dialogue (virtuel et réel) entre les membres d’un couple s’affaiblit à cause de l’incompréhension, les quiproquos et l’insatisfaction. Il est donc préférable de réduire la communication par écran interposé et de privilégier au contraire la le dialogue face à face.

La façon de s’envoyer des sms a un effet sur la relation

Les chercheurs américains se sont penchés sur l’influence de l’utilisation des technologies sur l’évolution affective des couples. Pour ce faire, ils ont mené pendant deux ans plusieurs sondages et enquêtes par questionnaire auprès de 276 jeunes, entre 18 et 25 ans. Parmi les participants aux sondages, 38 % indiquaient être engagés dans une relation sérieuse, 46 % déclaraient être fiancés et les 16 % restants étaient mariés. Environ 82 % des répondants assuraient accorder une place importante aux SMS dans la communication quotidienne avec leurs partenaires.

« La technologie est plus importante dans l’évolution d’une relation qu’avant. La façon dont les couples s’envoient des SMS a également un effet sur la relation », explique Lori Schade.