Archives de la catégorie ‘Europe’

Faut-il armer l’Ukraine ?

Publié: 6 février 2015 par gandibleux dans Actualités, Europe, Monde
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LE MONDE | 03.02.2015 à 11h46 • Mis à jour le 03.02.2015 à 16h48

A l'Est de l'Ukraine (près de Debaltsevo), du côté de l'armée ukrainienne.

Editorial du « Monde ».

Chaque jour qui passe, les milices ukrainiennes prorusses, encadrées sur le terrain par l’armée russe, dépècent un peu plus ce malheureux pays qu’est l’Ukraine. Elles accroissent le pseudo-Etat qu’elles se sont taillé dans l’est du pays. Sauf à se payer de mots, il faut décrire cette réalité pour ce qu’elle est : un pays, la Russie, en agresse un autre, l’Ukraine – par la guerre. Ce n’est pas une guerre froide, c’est une guerre chaude, et qui fait essentiellement des morts parmi les civils.

Les Européens sont sollicités au premier chef, au moins autant que les Etats-Unis. Car, in fine, le cœur du débat, la cause profonde du drame en cours, c’est bien le refus du Kremlin de laisser l’Ukraine libre de conclure un accord commercial avec l’Union européenne. C’est le « niet » de M. Poutine au choix de Kiev de sortir de la zone d’influence russe et de privilégier ses relations avec l’UE. C’est la volonté de Moscou de maintenir l’Ukraine dans une vassalité héritée de l’Histoire et de la géographie.

La cause profonde du drame en cours, c’est le refus du Kremlin de laisser l’Ukraine libre de conclure un accord commercial avec l’UE

Le Kremlin connaît les positions de départ des Occidentaux. D’une part, ils ont dit qu’ils ne feraient pas la guerre pour l’Ukraine. D’autre part, mais c’est lié, ils refusent d’ouvrir les portes de l’OTAN à ce pays. Ils ont répliqué par des sanctions à l’agression de Moscou. Celles-ci ont eu un impact certain sur l’économie russe, mais pas au point de dissuader M. Poutine d’amputer l’Ukraine de sa partie orientale après avoir annexé, en 2014, l’ensemble de la Crimée.

Le Kremlin viole un cessez-le-feu conclu en septembre 2014. Il se refuse à toute négociation sérieuse. Ces dernières semaines, des centaines de chars, pièces d’artillerie autotractées, blindés divers, porte-missiles, stations radars ont été livrés aux milices. Inévitablement, le ton monte aux Etats-Unis. Des voix de plus en plus nombreuses, y compris dans les milieux officiels, se prononcent en faveur d’une livraison massive d’armes défensives à Kiev.

« Il n’y a pas de solution militaire »

Le président Barack Obama hésite, avec raison. Il sait le chemin qui court de l’assistance militaire à l’affrontement direct. Les Européens sont divisés – les ex-membres du bloc soviétique étant les plus en pointe pour aider Kiev. Allemands, Britanniques, Français sont réservés. Ils s’en tiennent aux sanctions, qui peuvent être alourdies. Ils relèvent que le président ukrainien est lui aussi prudent. Dans un entretien au Monde (21 janvier), Petro Porochenko constate que l’Ukraine fait face « à la plus grosse armée du continent » et qu’« il n’y a pas de solution militaire » au conflit.

Kiev réclame des drones de surveillance, des systèmes de commandement et de communication, mais pas d’armes létales, et M. Porochenko croit dans l’efficacité des sanctions. Au bord du défaut de paiement, l’Ukraine a besoin d’une aide financière massive pour réussir ses ambitieuses réformes. Commençons par accéder à cet ensemble de demandes : sanctions, assistance technologique et aide financière. M. Poutine doit savoir que la guerre qu’il mène aura un coût de plus en plus élevé.

Israël a estimé mardi que le vote du parlement britannique en faveur d’une reconnaissance de l’Etat de Palestine nuisait à la recherche de la paix.

«Une reconnaissance internationale prématurée envoie aux dirigeants palestiniens le message alarmant qu’ils peuvent se soustraire aux choix difficiles que les deux parties ont à faire, et sape les chances d’atteindre une paix véritable», dit un communiqué du ministère israélien des Affaires étrangères.

Les parlementaires britanniques ont adopté lundi soir par 274 voix contre 12 une motion appelant le gouvernement britannique à «reconnaître un Etat palestinien aux côtés de l’Etat d’Israël».

L’Autorité palestinienne a salué ce vote comme «un pas important en direction de la justice et de la paix».

«Notre droit à l’autodétermination n’est pas un objet de négociations», a dit dans un communiqué au nom de l’Autorité palestinienne Mme Hanan Ashrawi, rejetant ainsi l’objection israélienne selon laquelle une telle reconnaissance doit passer par des négociations avec Israël.

«La reconnaissance de la Palestine ne dépend pas de l’issue de négociations avec Israël et ne fera l’objet d’aucune transaction de notre part; une telle prétention n’est pas seulement injuste, elle est immorale», a dit Mme Ashrawi, membre du Comité exécutif de l’OLP, qui chapeaute l’Autorité palestinienne.

En Ukraine, la guerre des mots

Publié: 1 septembre 2014 par gandibleux dans Actualités, Europe, Monde

LE MONDE | 01.09.2014 à 13h59 • Mis à jour le 01.09.2014 à 18h23

La guerre en Ukraine n’est pas seulement une guerre de position, mais aussi de mots et de références historiques. Comment qualifier l’intervention russe côté occidental ? En Occident, les réponses sont variées et soulignent les divisions. A Berlin, Washington et Paris, on se garde bien d’employer le mot d’« invasion ». Le président américain Barack Obama évoque une « incursion russe ».

Devant les ambassadeurs français, François Hollande a été également prudent : « S’il était avéré que des soldats russes sont présents sur le sol ukrainien, ce serait bien sûr intolérable et inadmissible. » « Les Français s’en tiennent au conditionnel et ils s’y tiendront le plus longtemps possible en raison de l’affaire des porte-hélicoptères Mistral » (deux navires que les Français doivent livreraux Russes), estime François Heisbourg, de la Fondation pour la recherche stratégique.

Ces précautions de langage scandalisent ceux qui souhaiteraient des Occidentaux beaucoup moins timorés. Dans un texte publié sur le site de Timesamedi 30 août, l’opposant russe et ancien champion du monde d’échecs Garry Kasparov a dénoncé un « vocabulaire de lâcheté en provenance de Berlin et de Washington aussi honteux que la propagande en blanc et noir du régime de Poutine, voire plus dangereux ».

« Alors que les troupes et colonnes armées russes avancent dans l’est de l’Ukraine, le gouvernement ukrainien réclame de l’aide du monde libre (…). Les dirigeants du monde libre, pendant ce temps, tentent de trouver la bonne terminologie pour se libérer de leur responsabilité morale d’accorder cette protection », écrit-il.

Certains pays européens, en particulier dans le Nord, sont cependant beaucoup plus offensifs dans leur vocabulaire. Au Conseil européen, samedi, la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaite, a même jugé que la Russie était « pratiquement en guerre contre l’Europe », appelant cette dernière à fournir des armes à l’Ukraine.

CONFLIT DES MÉMOIRES

Il n’y a pas que les mots, mais aussi un conflit des mémoires. En pleine commémoration du centenaire de la Grande Guerre, les analogies ne manquent pas. François Hollande a mentionné le livre de l’historien Christopher Clark, Les Somnambules. Eté 1914 : comment l’Europe a marché vers la guerre. Angela Merkel l’a également lu.

Pour l’historien australien, les « somnambules », ce sont les responsables politiques du début du siècle dernier qui n’ont pas su ou pu voir clairement la tragédie vers laquelle ils s’acheminaient. Aujourd’hui, l’Europe serait-elle incapable de prendre des décisions, hantée par le conflit sanglant ? Dans une rhétorique outrancière, Vladimir Poutine, lui, se tourne vers la seconde guerre mondiale, accusant les Ukrainiens pro-européens d’être des nazis et comparant le siège de Donetsk à celui de Leningrad.

« Les analogies historiques, c’est intéressant quand cela sert à aider la réflexion, mais c’est absolument désastreux quand cela sert à justifier n’importe quoi. Ça peut être la justification de l’inaction en s’abritant derrière Les Somnambules de Christopher Clark. Le n’importe quoi c’est évidemment Poutine qui traite les Ukrainiens de nazis et compare Donetsk à Leningrad », juge François Heisbourg.

Le Monde.fr | 19.05.2014 à 11h31 • Mis à jour le 22.05.2014 à 10h11 |
Par Eugénie Dumas

 

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 02.05.2014 à 06h01 • Mis à jour le 02.05.2014 à 08h57

Les forces spéciales ukrainiennes arrivent à Slaviansk, bastion pro-russe dans l'est de l'Ukraine, le 24 avril. (AFP PHOTO/KIRILL KUDRYAVTSEV)

Les forces de sécurité ukrainiennes ont lancé, vendredi 2 mai à l’aube, une opération militaire pour reprendre la ville de Sloviansk, principal bastion des séparatistes prorusses. Des tirs et de fortes détonations ont résonné à l’aube, tandis que les rebelles mettaient le feu à des pneus dans leur fuite.

Le ministre de l’intérieur Arsen Avakov indique que les forces ukrainiennes tentent pour l’instant de reprendre le contrôle des barrages et barricades autour de la ville. Il fait état de combats à l’arme lourde et confirme qu’un hélicoptère a été abattu, et que son pilote est mort :

« Contre les forces spéciales ukrainiennes, les terroristes ont recours à l’artillerie lourde, y compris des lance-grenades et des missiles antiaériens portatifs. Un pilote est mort et il y a des blessés. »

« C’est une attaque d’envergure totale », a déclaré la porte-parole des prorusses, qui ont commencé à se regrouper dans le centre-ville. Un journaliste britannique présent sur place explique qu’il a été stoppé à l’entrée de la ville et que les policiers avaient déclaré que Sloviansk était désormais une « zone de guerre ».

Un reporter d’Associated Press a confirmé avoir vu des véhicules blindés de l’armée ukrainienne sur la route entre Kramatorsk et Sloviansk.

MISES EN GARDES ET MENACES

Les troubles dans l'est de l'Ukraine.

Sloviansk est le bastion des séparatistes prorusses dans la région depuis plus de deux semaines. C’est là où est détenue une équipe de 11 observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), sept étrangers et quatre Ukrainiens. Les négociations pour leur libération n’ont jusqu’ici rien donné.

Dans une dizaine d’autres villes de la région, les séparatistes gagnaient encore du terrain, jeudi ; la contestation du régime de Kiev s’étendant progressivement dans l’est de l’Ukraine.

Le gouvernement de Kiev avait annoncé avoir mis ses forces armées en « état d’alerte total » pour le combat, mercredi, face à la menace d’une intervention russe et pour tenter d’empêcher la propagation de l’insurrection. A tel point que Kiev a réintroduit la conscription militaire.

KIEV CRAINT LE MOIS DE MAI

Jeudi, le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a expliqué au Financial times que son pays entrait dans les « dix jours les plus dangereux depuis l’indépendance en 1991 ». Les autorités de Kiev disent craindre particulièrement le 9 mai, jour de la commémoration par les Russes de la victoire sur le régime hitlérien pendant la seconde guerre mondiale, et le 11 mai, date prévu par les prorusses pour organiser un référendum d’autodétermination.

La Russie, qui a multiplié les mouvements de troupes de l’autre côté de la frontière, a mis en garde à plusieurs reprises contre « des conséquences catastrophiques » en cas d’opération militaire ukrainienne. Elle a appelé Kiev, les Etats-Unis et l’Union européenne « à ne pas commettre d’erreurs criminelles ».

Mblog

La réponse du footballeur Dani Alves quand on lui a jeté une banane, dimanche à Villarreal (AP_AngelPerez)

 

Ce sont des actes idiots qui arrivent encore malheureusement dans certains stades de football. Des soi-disant supporteurs qui lancent des bananes aux joueurs de couleur, parfois au son de cris de singes. Une mésaventure qu’a une nouvelle fois connue le footballeur brésilien du FC Barcelone Dani Alves, dimanche 27 avril à Villarreal lors d’un match gagné par son équipe (3-2) – en partie grâce à lui.

Mais la réponse de Dani Alves, elle, est sortie de ce triste ordinaire : alors qu’il allait tirer un corner, il s’est emparé de la banane qui venait d’atterrir à ses côtés avant d’en manger un bon morceau.

« RIRE DE CES ATTARDÉS »

Peu après cet incident, Dani Alves, brillant pendant la rencontre, a notamment été à l’origine du but de l’égalisation barcelonaise en adressant un ballon aérien que le défenseur de Villarreal Musacchio a dégagé de la tête dans ses propres filets.

Ce n’est pas la première fois que Dani Alves est victime d’actes racistes. « Cela fait onze ans que je vis en Espagne, et cela fait onze ans que c’est comme cela. Nous ne pourrons pas le changer. Il faut le prendre presque comme une blague et rire de ces attardés », a-t-il déclaré après la rencontre.

 

Le Monde.fr | 01.04.2014 à 10h47 • Mis à jour le 01.04.2014 à 15h03 | Par Jules Grandin, Flavie Holzinger, Benoît Vitkine et Mathilde Gérard

 

http://www.lemonde.fr/international/visuel/2014/04/01/apres-la-crimee-d-autres-territoires-convoites-par-poutine_4393152_3210.html

Manuel Valls en cinq phrases choc

Publié: 1 avril 2014 par gandibleux dans Actualités, Europe, Monde
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Le Monde.fr | 01.04.2014 à 11h57 • Mis à jour le 01.04.2014 à 14h46 |Par Alexandre Léchenet

La passation de pouvoir entre Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls devrait être rapide. Le nouveau gouvernement sera dévoilé mercredi matin.

Nommé le 31 mars premier ministre par François Hollande, Manuel Valls a cultivé, tout au long de son parcours politique, sa position d’iconoclaste au sein du Parti socialiste.

« On pourrait trouver un meilleur nom pour le PS »

En 2009, il multiplie les critiques envers un parti malade de son « antisarkozysme obsessionnel »quand le PS subit encore les contrecoups du congrès de Reims. Martine Aubry, première secrétaire, lui demande dans une lettre envoyée en juillet 2009 de cesser ses critiques ou de quitter le parti.

Il répond dans une tribune publiée par le Financial Timesle 20 juillet 2009, suggérant de changer le nom du parti : « Mon but essentiel est de promouvoir une modernisation radicale de l’idéologie du Parti socialiste, pour lequel nous pourrions trouver un meilleur nom. »

« Tu me mets quelques Blancs, quelques Whites, quelques Blancos… »

Manuel Valls est alors député de l’Essonne et maire d’Evry. Suivi par les caméras de Direct 8 sur une brocante à Evry en juin 2009, il murmure à Christian Gravel, son conseiller, qui s’occupe maintenant de la communication de l’Elysée, que la population n’est pas assez diversifiée à son goûts.

« Oui, nous devrons déverrouiller les 35 heures »

Devenu candidat à la primaire en l’absence de Dominique Strauss-Kahn, Manuel Valls commence sa campagne par une déclaration choc sur le déverrouillage des 35 heures, le 2 janvier 2011. Une manière d’assumer son positionnement social-démocrate et de tacler Martine Aubry, autre candidate à la primaire.

Six mois plus tard, il s’attaque à un autre « tabou » à gauche et propose une hausse de la TVA. « Oui, la TVA sociale est une mesure de gauche », déclare-t-il en octobre 2011 dans Les Echos. Son score à la primaire est faible (5,65 %), mais lui permet de devenir un des hommes forts de la campagne de François Hollande, puis ministre de l’intérieur dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

« Les Roms ont vocation à retourner dans leur pays et à s’intégrer là-bas »

Manuel Valls divise le gouvernement sur la question des Roms. « Ces populations ont des modes de vie différents des nôtres », déclare-t-il ainsi le 25 septembre 2013. Cécile Duflot, ministre écologiste, l’accuse alors de mettre « en danger le pacte républicain ». Quelques semaines plus tard, alors que la famille Dibrani est expulsée, provoquant l’émoi de nombreuses personnes à gauche, Manuel Valls ne varie pas et affirme ne pas être touché par les critiques : « Les étrangers, même en famille, même avec des enfants scolarisés, dès lors qu’ils n’ont plus droit au séjour, doivent quitter le territoire. Il n’y a pas deux politiques possibles. Celle que nous menons, respectueuse des droits, est une politique de gauche » déclare-t-il dansLe JDD.

« Si, demain, on me proposait d’autres responsabilités, je les assumerais, bien évidemment. J’ai toujours pensé que j’avais la capacité d’assumer les plus hautes responsabilités de mon pays »

Dans un entretien à La Provence le 31 mai 2013, alors que Jean-Marc Ayrault est en difficulté, Manuel Valls ne cache pas ses ambitions. Il est plus populaire que François Hollande et Jean-Marc Ayrault depuis août 2012 et son nom revient régulièrement pour devenir premier ministre. En novembre 2013, il pensait enfin y arriver, mais le premier ministre avait sauvé son poste en proposant une « remise à plat » de la fiscalité. M. Valls y parviendra finalement en avril 2014.

 

 

 

Le Monde.fr | 28.03.2014 à 11h11 • Mis à jour le 28.03.2014 à 12h11 | Propos recueillis par Abel Mestre et Caroline Monnot

Marine Le Pen dans les locaux de France Télévisions, le 23 mars.

Marine Le Pen veut parachever la stratégie dite de « dédiabolisation » de son mouvement. Pour cela, la présidente du FN a besoin d’un « bilan » politique à mettre en avant. Ainsi, elle dresse une feuille de route pour ses futurs maires et conseillers municipaux et place la barre très haut : ils devront être vertueux, respectueux de l’opposition et « tenir leurs promesses ».

Quel bilan tirez-vous du premier tour des municipales ?

Marine Le Pen : Un bilan très positif. Nous avons rempli nos objectifs : plus de 500 listes, et nous aurons plus de 1 000 conseillers municipaux à l’issue du second tour. Nous avions envisagé plus de quinze villes gagnables, nous en avons effectivement une quinzaine.

Il y a une grande leçon dans ce scrutin : la nécessité de l’implantation. D’autant plus que l’implantation se fait par cercles concentriques et on l’a démontré dans le bassin minier. D’une ville où l’implantation est faite, ce sont quinze ou vingt villes qui peuvent, la fois suivante, avoir des candidats.

Votre positionnement « ni droite ni gauche » n’est-il pas une impasse qui vous empêche de passer des alliances ?

Pas du tout. C’est ce qu’attendent les Français. Dans notre électorat, il y a des déçus de l’UMP et des déçus du PS. Nous sommes à l’année zéro d’un grand mouvement patriote, ni de droite ni de gauche, qui fonde son opposition avec la classe politique actuelle sur la défense de la nation, le rejet de l’ultralibéralisme, de l’européisme, capable de transcender les vieux clivages pour poser les vraies questions : est-on dans une vision nationale ou postnationale ? J’espère que cela apparaîtra de manière claire lors des élections européennes.

  • Marine Le Pen: « le FN est le premier parti de France » – 07/10

    Interrogée par BFMTV sur les appels de la gauche à « faire barrage au FN » en votant UMP au second tour, Marine Le Pen a déclaré: « s’ils (le PS et l’UMP) sont contraints de faire un front soit-disant républicain pour faire battre le FN, ça veut donc bien dire que seuls ils ne peuvent pas le faire battre, et que donc le FN est d’ores et déjà le premier parti de France ».

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Pour vous, le FN pourra prendre le pouvoir seul ?

On passe par une tripolarisation de la vie politique française. Or, sauf à passer à une VIe République, la Ve va imposer à nouveau une bipolarisation, c’est la logique des institutions. Cela se fera entre l’UMPS d’un côté et le Front national-Rassemblement Bleu Marine de l’autre.

Est-ce l’étiquette FN ou vos idées qui empêchent des militants UMP de vous rejoindre ?

Non, le seul plafond de verre que l’on a encore, et qui est en train de sauter, est de ne pas pouvoir montrer ce que l’on est capable de faire. C’est-à-dire, un bilan. C’est ce qui nous manque. C’est important. Je n’entends pas refuser cet obstacle. C’est grâce à ce bilan que l’on passera à un stade supérieur.

Le Monde.fr | 18.03.2014 à 12h45 • Mis à jour le 18.03.2014 à 15h49

Le président russe, qui a signé le traité intégrant la Crimée à la Russie, accuse les Occidentaux de l'avoir « trompé » et d'avoir « franchi une ligne rouge ».

Le président russe, qui a signé le traité intégrant la Crimée à la Russie, accuse les Occidentaux de l’avoir « trompé » et d’avoir « franchi une ligne rouge ». | AFP/KIRILL KUDRYAVTSEV

Devant les deux chambres du Parlement, le président russe, Vladimir Poutine, a officiellement signé le traité qui doit sceller l’intégration de « deux nouveaux sujets, la Crimée et la ville de Sébastopol, » dans la Fédération russe. Après la signature du document, l’intégration de la Crimée est certaine, mais devra encore être entérinée par le Parlement. L’Ukraine a immédiatement déclaré qu’elle ne reconnaissait pas ce rattachement.

Auparavant, dans un long discours aux accents nationalistes, M. Poutine a défendu l’action de son pays depuis plusieurs semaines, affirmant que « la Crimée était et rest[ait] dans le cœur des Russes une partie intégrante de la Russie ».

« En Crimée, tout rappelle notre histoire commune. Nous n’aurions pas pu abandonner la Crimée, sinon nous l’aurions trahie. La question de la Crimée est d’une importance vitale, historique, pour nous tous. Les relations avec l’Ukraine et le peuple frère ukrainien ont toujours été, restent et seront toujours de la plus haute importance pour nous, sans exagération. »

« JE NE ME SOUVIENS PAS D’UNE AGRESSION QUI SE SOIT FAITE SANS COUP DE FEU »

Occupée depuis plus de deux semaines par des soldats russes, la péninsule a voté à 96,6 % son rattachement à la Russie, un scrutin aussitôt rejeté par les autorités ukrainiennes à Kiev et par la communauté internationale. 

« Le référendum a été conduit en toute conformité avec les normes internationales », a soutenu le président russe, avant de dénoncer les critiques occidentales :

« On parle d’agression. Je ne me souviens pas d’une agression, dans l’histoire, qui se soit faite sans coup de feu (…) les forces russes se trouvaient déjà en Ukraine. Nous n’avons pas dépassé le nombre réglementaire de nos troupes en Crimée. »

« NE CROYEZ PAS CEUX QUI CHERCHENT À VOUS EFFRAYER AVEC LA RUSSIE »

Plus globalement, M. Poutine s’est dit « trompé » par les Occidentaux, qui ont franchi « une ligne rouge. Ils ont été irresponsables ». Il a dénoncé un « deux poids deux mesures » en s’appuyant sur l’exemple du Kosovo, dont la prise d’indépendance avait, elle, été soutenue par la communauté internationale en 2008.

Lundi, l’Union européenne et les Etats-Unis ont sanctionné de hauts responsables russes ou prorusses ukrainiens pour riposter. « On nous menace de sanctions, mais nous vivons déjà dans un contexte de restrictions qui portent atteinte à notre économie », a regretté M. Poutine.

M. Poutine a promis que l’annexion de la Crimée resterait un cas isolé :

« Ne croyez pas ceux qui cherchent à vous effrayer avec la Russie et qui hurlent que d’autres régions vont suivrel’exemple de la Crimée (…) Nous ne souhaitons pas une partition de l’Ukraine, nous n’en avons pas besoin. »