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LE MONDE | 19.08.2016 à 06h45 • Mis à jour le 19.08.2016 à 09h32 | Par Joan Tilouine
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Lorsque le Probo-Koala, un vieux tanker battant pavillon panaméen, accoste au port d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, samedi 19 août 2006 une odeur méphitique se répand dans la ville. Nul n’y prête vraiment attention. Les effluves s’échappent du vraquier bleu affrété par le géant suisse de négoce de matières premières, Trafigura, alors dirigé par son fondateur, le Français Claude Dauphin. En fait, les cuves du Probo-Koala sont remplies de déchets liquides toxiques qui seront déversés à la nuit tombée dans la décharge publique de la ville et sur une dizaine d’autres sites.

Avec la complicité de ministres et de fonctionnaires corrompus, une société ivoirienne a été chargée par des intermédiaires de Trafigura d’effectuer cette sale besogne. Traiter ces déchets d’hydrocarbures a un coût élevé que la société de négoce est soupçonnée d’avoir voulu éviter, quitte à contourner les lois internationales, à semer la mort à Abidjan et à provoquer une catastrophe écologique.

Trois jours après son accostage, le Probo-Koala quitte la capitale économique ivoirienne. Il laisse à quai une ville angoissée par la crise politico-militaire en cours depuis la tentative de coup d’Etat de 2002, et des dizaines de milliers d’Abidjanais subitement frappés de maux de tête, de diarrhées, de vomissements.

Selon les autorités ivoiriennes, les 528 mètres cubes de déchets toxiques du Probo-Koala ont causé la mort de 17 personnes et 43 000 intoxications. Près de 100 000 victimes ont assigné en justice Trafigura aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Mais le groupe suisse – chapeauté par une holding néerlandaise –, qui n’a cessé de nier toute responsabilité, n’a jamais été condamné et a négocié l’abandon des poursuites par l’Etat ivoirien contre 152 millions d’euros.

Quant aux 33 millions d’euros d’indemnisation versés à près de 30 000 victimes sur décision de la justice britannique, en 2009, une partie a été détournée par des responsables de Côte d’Ivoire. Des dizaines de milliers d’Ivoiriens se battent toujours pour percevoir leurs 1 150 euros de dédommagement.

Dix ans plus tard, malgré la catastrophe du Probo-Koala, Trafigura n’a jamais quitté la Côte d’Ivoire et a habilement navigué dans les cercles de pouvoir sous la présidence de Laurent Gbagbo puis de son successeur, Alassane Ouattara. C’est d’ailleurs un neveu de ce dernier, Ahmadou Touré, qui dirige la filiale ivoirienne de la société Puma Energy, chargée des activités « aval » (raffinage, distribution, commerce) de Trafigura. Dès 2007, Puma Energy avait mis la main sur les infrastructures de stockage de carburants dans le port d’Abidjan.

« Cela peut sembler fou mais Trafigura est aujourd’hui en position de force en Côte d’Ivoire et dispose de passe-droits au sein du pouvoir, confie un acteur du secteur pétrolier ivoirien sous couvert d’anonymat. L’impunité règne et ils continuent à faire du business avec les responsables politiques pour qui le dossier Probo-Koala appartient au passé. »

Image sévèrement ébranlée

Puma Energy négocie actuellement le rachat du réseau de distribution de la société nationale d’opérations pétrolières de Côte d’Ivoire (Petroci). Les liens familiaux de M. Touré avec le chef de l’Etat ivoirien ont-ils aidé ? « Nous travaillons avec de nombreux partenaires locaux et nous favorisons les talentueux entrepreneurs des pays dans lesquels nous travaillons », se défend une porte-parole de Puma Energy. L’entreprise compte parmi ses principaux actionnaires, outre Trafigura, la société pétrolière publique angolaise, Sonangol, régulièrement pointée du doigt pour des importants détournements au profit du clan du président José Eduardo Dos Santos – la firme est dirigée par sa fille depuis juin.

« Comme en Angola, où Trafigura a le monopole sur l’approvisionnement du pays en carburant grâce à ses liens avec des proches conseillers du président, Puma Energy s’appuie en Côte d’Ivoire sur la famille au pouvoir », constate Marc Guéniat, spécialiste des questions pétrolières pour l’ONG suisse La Déclaration de Berne.

Mais Trafigura, dont l’image a sévèrement été ébranlée, a désormais recours à de discrètes sociétés offshore, indépendantes mais alliées pour continuer à faire du négoce en Côte d’Ivoire. Il en va ainsi de Delaney Petroleum. Par l’intermédiaire de Mossack Fonseca, le cabinet d’avocats panaméen au cœur du scandale des « Panama papers », cette société a été enregistrée en 2008 aux îles Vierges britanniques mais établie à Dubaï où réside son directeur, l’Allemand Roald Goethe, 60 ans. Ce dernier a été porte-parole de Trafigura au lendemain de « l’incident » du Probo-Koala et chargé du Nigeria où Delaney Petroleum a affrété de nombreux tankers.

Selon les « Panama papers », cette société a disposé d’un compte en banque au département Energie de la BNP Paribas à Paris et a lorgné sur le pétrole irakien en nommant un représentant à Bagdad. De quoi attirer l’attention de Mossack Fonseca qui, dans un mail interne daté du 1er août 2014, s’inquiète des liens entre Delaney Petroleum et la Iraqi Oil Tanker Company « liée au financement du terrorisme », selon l’ONU et l’Union européenne.

Le patron de Delaney Petroleum, par ailleurs petit actionnaire de Puma Energy, est revenu cette année chez Trafigura. Il a pris en février la tête du département pétrolier Afrique, en remplacement de son ami Jean-Pierre Valentini qui avait été brièvement incarcéré à Abidjan au lendemain du scandale du Probo-Koala, avec le fondateur de Trafigura, M. Dauphin.

« Société mystérieuse »

L’univers du trading pétrolier en Afrique est un petit monde. A tel point qu’une autre société, sur laquelle Trafigura se serait appuyée pour se développer en Côte d’Ivoire, est domiciliée à la même adresse que Delaney Petroleum, à Dubaï. Il s’agit de Worldwide Energy, dirigée depuis sa création en 2007 par Frédéric Fatien. Cet homme d’affaires franco-ivoirien est également consul de Côte d’Ivoire aux Emirats arabes unis, ancien partenaire de M. Goethe au sein d’une société de bâtiment avec qui il a fondé une écurie de course automobile qui compte parmi les pilotes M. Valentini.

Drôle de société que cette Worldwide Energy, fondée en 2007, un an après le scandale du Probo-Koala, et qui décroche d’emblée d’importants quotas d’exportations pétrolières au Nigeria et en Côte d’Ivoire auprès de la Petroci. Ce qui lui a valu d’être classée parmi les « sociétés mystérieuses ne pouvant être correctement identifiées », par Energy Compass, cabinet d’analyse risque du secteur pétrolier.

Un contrat avec la Société ivoirienne de raffinage (SIR), initialement attribué à Trafigura, est confié à Worldwide Energy en 2014 pour un montant de 200 millions de dollars (environ 170 millions d’euros). Il s’agit d’exporter 25 000 tonnes de produits pétroliers par mois en échange de la livraison de deux tankers chargés de brut chaque année. Y a-t-il eu un accord entre Trafigura et Worldwide Energy ? Contacté, M. Fatien était injoignable et « inatteignable » selon son service de communication.

Les liens entre Worldwide Energy et Trafigura semblent néanmoins étroits. La première a ainsi pris en charge pour le compte de la seconde 30 000 tonnes de pétrole transformé en « carburant aviation » par la SIR afin de le livrer au Nigeria en décembre 2014. Quelques mois plus tard, Worldwide Energy a livré 650 000 tonnes de brut nigérian en échange de livraisons de produits raffinés par la SIR au Nigeria. « Worldwide Energy ne jouit pas d’un contrat SWAP [brut contre produits pétroliers] avec le Nigeria, on peut donc fortement se demander si cette société n’exécute pas un contrat obtenu par Trafigura », note un analyste pétrolier.

La petite société de trading pétrolier est même devenue un important créancier de Petroci, à qui elle concède des prêts de dizaines de millions de dollars. En échange, elle se voit attribuer d’importants contrats d’exportation du brut, au grand dam de Glencore, concurrent anglo-suisse de Trafigura.

 

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Nigeria: une attaque de Boko Haram fait 300 morts

Publié: 7 mai 2014 par estellavaras dans Afrique
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Maïlys Charlier (avec AFP)
il y a 1 heure

Une ville a été attaquée lundi par les islamistes de Boko Haram.

L’attaque menée lundi par les islamistes de Boko Haram dans une ville du nord-est du Nigeria proche de la frontière camerounaise a fait des centaines de morts.

«Le bilan de l’attaque est d’environ 300 morts», a déclaré Ahmed Zanna, sénateur de cette région. Les témoins ont dit avoir compté plus de 100 cadavres dans la ville de Gamboru Ngala, fief historique de Boko Haram, et que le bilan pourrait encore s’alourdir.

Selon des témoignages d’habitants, les assaillants, arrivés dans la ville en pleine journée à bord de véhicules blindés et de vans peints aux couleurs de la police et de l’armée, ont brûlé le marché, le bureau des douanes, le commissariat de police et presque tous les magasins de la ville.

Les islamistes de Boko Haram ont revendiqué le rapt de plus de 200 adolescentes dans cette région. Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré qu’une « équipe spécialisée » était disponible pour rechercher les jeunes filles enlevées.

L’insurrection menée par Boko Haram, qui dure depuis cinq ans, a fait des milliers de morts au Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique et première économie du continent.

Le recours de l’armée à des milices privées, constituées de civils, dans sa lutte contre les islamistes, a poussé Boko Haram à se retourner contre les populations locales.

Dorénavant, «Boko Haram s’en prend à des villages tout entiers (…) massacrant parfois jusqu’à 200 à 300 villageois, hommes et femmes» pour se venger de la complicité des civils avec l’armée, selon le chercheur français Marc-Antoine Pérouse de Montclos.

Le Monde.fr avec AFP | 27.04.2014 à 18h02 • Mis à jour le 28.04.2014 à 12h20

Des femmes musulmanes attendent de trouver refuge dans la mosquée de Bouar.
Environ 1 300 musulmans, qui se terraient en périphérie de la capitale centrafriquaine Bangui et étaient fréquemment attaqués par des milices à majorité chrétienne, sont partis en masse, dimanche 27 avril, escortés par la force africaine Misca à destination du nord du pays.

Dix-huit semi-remorques, chargés de biens, sur lesquels étaient assis les déplacés, ont quitté la capitale en milieu de journée, sous protection d’un lourd dispositif militaire de la force d’interposition africaine en Centrafrique.

Juste après leur départ, des centaines de jeunes, qui se tenaient en attente à quelques dizaines de mètres des camions, ont afflué sur le PK-12, le Point kilométrique 12, où vivaient les musulmans, pour piller la zone.

UNE OPÉRATION « UNILATÉRALE », SELON BANGUI

Le gouvernement centrafricain a dénoncé une opération « unilatérale ». « Alors que le gouvernement n’avait pas encore notifié de décisions », suite à deux rencontres avec les organisations humanitaires, « grande a été sa surprise » de constater que ces dernières avaient décidé « unilatéralement » d’organiser cette opération.

Les relocalisations « effectuées à l’insu et contre le gré du gouvernement » sont « dommageables » et ne sont « pas de nature à entretenir un climat de confiance », souligne la ministre santé Marguerite Samba-Maliavo. Les forces internationales n’ont « pas vocation à participer aux opérations unilatérales de délocalisation des personnes déplacées », poursuit-elle, en référence aux militaires africains de la Misca qui ont encadré l’opération.

Un réfugié se tient devant la porte de la mosquée.

 

Des enfants musulmans regardent les forces françaises de l’opération Sangaris arrivant, le 14 février, devant la mosquée de Bouar, dans l’ouest de la République centrafricaine.

VERS LES RÉGIONS DITES « ISLAMISÉES »

Les déplacements de population sont massifs en République centrafricaine. Des milliers de musulmans ont fui pour les régions dites « islamisées » du nord-est du pays, où ils vivent généralement chez des parents. Des dizaines de milliers d’autres ont gagné les pays frontaliers, Tchad et Cameroun notamment.

Le pays a connu plus d’une année de conflit interne, marqué par des violences intercommunautaires. Les anti-balaka, milices à majorité chrétienne, s’en prennent particulièrement aux populations musulmanes, disant venger les chrétiens des sévices que leur a infligés l’ex-rébellion Séléka, à majorité musulmane, quand elle était au pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014.

Un garçon regarde le décollage d’un hélicoptère français au camp Leclerc, à Bouar.

Le Monde.fr avec AFP, AP et Reuters | 28.04.2014 à 09h34 • Mis à jour le 28.04.2014 à 14h01

Femmes en pleurs devant le tribunal de Minya, où 683 partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi viennent d’être condamnés à mort lundi.

Le tribunal de Minya, en Moyenne-Egypte, a requis la peine de mort, lundi 28 avril, contre 683 partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi, pour des actes de violence et le meurtre de policiers. Ces peines doivent désormais être approuvées par le mufti égyptien, une étape considérée comme une formalité. Ces condamnations devraient cependant faire l’objet d’un appel, selon les experts contactés par l’AFP.

Ces personnes, jugées dans les plus grands procès de masse de l’histoire récente selon l’ONU, étaient accusées d’avoir participé à des manifestations violentes à Minya, le 14 août, le jour même où quelque 700 partisans du président islamiste tombaient sous les balles des policiers et soldats au Caire. Selon l’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch, citée par la BBC, le procès n’a duré que quelques heures, et le tribunal a empêché les avocats de la défense de prendre la parole.

Sur les 683 accusés condamnés, une cinquantaine seulement sont en détention – les autres ayant été libérés sous caution, étant en fuite ou déjà morts. Parmi les détenus figure Mohammed Badie, guide suprême des Frères musulmans, la confrérie vieille de 85 ans qui avait remporté toutes les élections depuis la chute du président Hosni Moubarak début 2011, avant d’être déclarée « terroriste » en décembre. Il encourt la peine de mort dans plusieurs autres procès et est incarcéré au Caire.

D’AUTRES PEINES COMMUÉES EN PRISON À VIE

  • Le tribunal de Minya avait déjà condamné à mort en mars 529 autres partisans de M. Morsi, dans un procès expéditif qui s’était déroulé en une seule journée d’audience. Lundi, cette peine a été commuée en prison à vie pour 492 de ces 529 personnes.
  • Le verdict de ce premier procès avait été jugé contraire au droit international par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies. Selon le droit international, la peine de mort ne peut être prononcée qu’après un procès équitable et dans le respect des procédures. « Le nombre stupéfiant de personnes condamnées à mort dans cette affaire est sans précédent dans l’histoire récente. L’imposition en masse de la peine de mort après un procès qui a été marqué par des irrégularités de procédure est une violation du droit international des droits de l’homme », a déclaré un porte-parole du Haut-Commissariat, Rupert Colville.

Lire l’interview de Mohammed Lotfy, fondateur de la Commission égyptienne pour les droits et libertés :  La condamnation à mort « ridicule et injustifiée » de 529 Frères musulmans

Les tribunaux égyptiens ont prononcé au moins 109 sentences capitales en 2013 ; 91 en 2012 et 123 en 2011, selon Amnesty international (AI). La dernière exécution connue de l’organisation a eu lieu en octobre 2011. Il s’agissait de la pendaison d’un homme condamné pour avoir tué six coptes et un policier lors d’une fusillade en janvier 2010.

« L’Egypte condamne à mort depuis de très nombreuses années. C’est une tendance déjà prérévolutionnaire et le pays continue à le faire. L’opinion publique est favorable à la peine de mort », selon Anne Denis, la responsable de la commission sur l’abolition de la peine de mort chez AI.

Le Monde.fr avec AFP | 25.02.2014 à 16h05 • Mis à jour le 25.02.2014 à 17h22

« Mis à nu ! Les 200 principaux homos d’Ouganda identifiés ». La « une » du tabloïd ougandais Red Pepper laisse peu de place au doute quant à ses intentions, au lendemain de la promulgation par le président Yoweri Museveni d’une loi durcissant la répression de l’homosexualité.

Le journal, habitué des ragots sordides, de préférence sexuels, publie mardi 25 février une liste de deux cents personnes qu’il dit être homosexuelles. Parmi elles, un responsable d’une association de défense des minorité sexuelles, un prêtre catholique, une rappeuse renommée et une militante connue de la cause homosexuelle.

Tous les noms cités sont relativement connus en Ouganda. Figurent quelques homosexuels affichés, mais la grande majorité — dont ceux de défenseurs de la cause homosexuelle — sont ceux de personnes n’ayant jamais fait état publiquement de leur orientation sexuelle.

« PENDEZ-LES »

« La chasse aux sorcières médiatique est de retour », a tweeté Jacqueline Kasha, célèbre activiste de la cause homosexuelle en Ouganda, et dont le nom avait été cité en octobre 2010 dans un autre tabloïd qui avait publié les identités de cent prétendus homosexuel(le)s sous le titre « Pendez-les ».

 

Permalien de l'image intégrée

 

Jacqueline Kasha avait fait condamner le journal en portant plainte, au côté notamment de David Kato, autre figure de la cause homosexuelle dans le pays, lui aussi cité, et assassiné à son domicile quelques mois plus tard.

Lundi, le président Yoweri Museveni a promulgué une loi qui durcit la répression déjà sévère de l’homosexualité — passible de la prison à vie — en prohibant notamment la « promotion » de l’homosexualité et qui oblige à dénoncerquiconque s’affiche homosexuel.

LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE INQUIÈTE

La promulgation de cette loi a suscité de sévères critiques de défenseurs de la cause homosexuelle ou des droits humains à travers le monde, ainsi que de nombreux partenaires occidentaux de l’Ouganda, dont certains ont commencé à annoncer la suspension de certaines aides au pays.

Les observateurs craignent que cette nouvelle loi n’encourage le harcèlement et les violences dont sont déjà largement victimes les homosexuels en Ouganda, où l’homophobie est alimentée par les puissantes Eglises évangéliques.

A la fin de 2013, un retraité britannique, Bernard Randall, avait été inculpé de« trafic d’images obscènes » après que le Red Pepper eut publié des photographies le montrant ayant des relations homosexuelles, des images privées tirées d’un ordinateur qui lui avait été volé lors d’un cambriolage.

M. Randall a été acquitté à la mi-janvier, mais expulsé du pays, car accusé de corrompre les mœurs de la jeunesse ougandaise.

Soudan : une Ethiopienne victime de viol condamnée

Publié: 22 février 2014 par gandibleux dans Actualités, Afrique

Une Éthiopienne, violée à plusieurs reprises en août 2013, a été condamnée par le tribunal de Khartoum à un mois de prison pour « activité indécente », indique l’AFP. La jeune fille de 18 ans étant enceinte de neuf mois, sa peine a toutefois été suspendue. Elle devra cependant s’acquitter d’une amende de 5 000 livres. Ses agresseurs ont également été condamné au paiement d’une amende, ainsi qu’à des coups de fouet. La scène avait été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux en janvier, ce qui avait permis de procéder aux arrestations.

http://www.afrik.com/

Publié le jeudi 06 février 2014 à 21h15 – Mis à jour le jeudi 06 février 2014 à 21h45

Belgique LaLibre.be pose trois questions à Assita Kanko.

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre les mutilations génitales féminines, rencontre avec Assita Kanko, conseillère communale MR à Ixelles et victime de l’excision. Auteur de « Parce que tu es une fille. Histoire d’une vie excisée », elle se confie à LaLibre.be.

 

Témoignage

 

Comment avez-vous vécu le drame de l’excision et pourquoi avez-vous décidé d’en faire une des croisades de votre vie?

Douloureusement. Je me bats pour la liberté individuelle. La femme est un individu comme les autres. Il n’y a pas de raison que, parce qu’elle est née femme, on lui fasse subir des choses horribles qui nuisent à sa santé et à son épanouissement. J’avais cinq ans quand ça m’est arrivé au Burkina Faso, mon pays d’origine. Sous de faux prétextes, j’ai été emmenée à l’endroit où m’attendait l’exciseuse. Je n’ai pas compris ce qui m’arrivait. Une horreur qui me révolte sans m’aigrir.

C’est pour cela aussi que j’ai écrit ce livre. C’est d’une part pour toutes les petites filles qui risquent encore d’être mutilées et d’autres part pour dire aux 125 millions de femmes qui ont déjà été excisées qu’elles peuvent s’en sortir.

L’année passée, deux mille femmes risquaient la mutilation dans notre pays. Cette année les chiffres dévoilés le 5 février dernier indiquent un risque de mutilation pour 4000 filles. Chaque minute qui passe, cinq petites filles sont mutilées dans le monde selon Unicef. Comment pourrais-je me taire ? Renoncer à agir au nom de ma propre pudeur? Face une telle étendue de honte et de cruauté ?

Peut-on se relever d’une telle expérience? Si oui, comment?

Bien sûr. Heureusement d’ailleurs. Mais se relever n’arrive pas du jour au lendemain, c’est tout un processus. Je vais bien aujourd’hui. Je suis libre, heureuse et épanouie à tel point que j’étais prête pour écrire et publier mon livre. Mais ma seule liberté ne me suffit pas. Je pense aux autres filles, aux autres femmes. Se relever dépend de plusieurs facteurs. Notamment du type de mutilations subies, des rencontres qu’on fait, du processus mental qui se déclenche, de l’environnement, de l’éducation…

Certaines femmes, comme l’ex-top model Waris Dirie (auteur de « Fleur du désert ») ont eu besoin d’une opération chirurgicale pour pouvoir faire des choses simples comme uriner ou avoir ses menstruations sans douleur intense. D’autres sont mortes après l’excision.

L’excision a-t-elle également cours en Europe? En Belgique? Comment combattre ces pratiques?

Bien sûr. Sinon pourquoi aurait-on une loi ? Pourquoi les chiffres seraient-ils si parlants ? Exemple : dans une émission de TV Bruxelles diffusée l’année dernière, on voit ce médecin qui témoigne du fait qu’un monsieur s’était présenté pour demander une circoncision pour son fils et une excision pour sa fille. Ce père trouvait cette demande parfaitement normale.

Hier soir sur la VRT dans l’émission Terzake, on voyait une femme devenue européenne de nationalité défendre ouvertement l’excision. Quand cela ne se passe pas ici clandestinement c’est pendant les vacances dans le pays d’origine.

Il faut combattre ces pratiques dictées par les traditions. Les mêmes règles valent pour tout le monde. Je n’accepte pas qu’au nom des différences culturelles ou religieuses on mutile des petites filles. Les solutions passeront par l’éducation et par l’autonomie financière des femmes. Tant qu’une femme n’est pas financièrement indépendante, elle ne peut pas revendiquer sa liberté et la vivre pleinement.

Par ailleurs il faut un parcours d’intégration obligatoire. La loi doit pouvoir être appliquée, elle doit atteindre son objectif primaire qui est la protection des gens, et dans ce cas précis des enfants. Qu’ils soient noirs ou blancs, ils ont mal de la même manière. Stop au relativisme culturel. Le relativisme culturel, c’est aussi une barbarie. La loi se heurte pour l’instant à trop d’obstacles et devrait être remise sur la table pour être rendue plus efficace. Un mécanisme de contrôle et de prévention devrait être possible afin de protéger les petites filles. Je ne voudrais pas que ça arrive à ma fille et à aucune autre petite fille où que ce soit dans le monde. Cela fait partie de mes combats et c’est pour cela que j’ai décidé d’en parler.

Sud-Soudan : la crise humanitaire oubliée

Publié: 25 janvier 2014 par gandibleux dans Actualités, Afrique, Monde
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Le Sud Soudan c’est aussi une crise humanitaire qui peine à faire parler d’elle. Selon l’ONU, 494 mille personnes ont du fuir leurs foyers, comme ces enfants. Ils font partie des 17 mille personnes qui s’entassent dans ce site protégé des Nations unies de Tomping, à Juba.

Il n’y a que trois points d’eau potable, et l’on ne peut se servir que deux seaux chaque fois. Les conditions d’hygiène y sont déplorables. Le seul ruisseau du camp de Tomping sert de salle de bains publique et personne n’empêche les enfants d’y jouer malgré les risques.

Pour venir en aide aux 73 mille déplacés des sites protégés, deux cargos de l’Unicef ont atterri mardi à Juba. A bord, des médicaments et du matériel d’hygiène venant de Copenhague.

“Il y a des besoins dans toutes les zones touchées. En ce moment, notre plus grand problème, c’est l’insécurité, en raison de la grande précarité, il est difficile pour nous d’entrer et sortir des zones, des villes de Malakal, de Bentu, Bor… “ déplore ce représentant de l’Unicef.

Depuis le 15 décembre, la violence inter-ethnique a fait au moins mille morts dans ce pays, le plus jeune au monde. Quelque 78 mille sud soudanais se sont réfugiés dans les pays voisins, dont l’Ouganda. Ici à Adjumani, un camp de fortune a été construit.

“Ils tuent des gens au hasard, ils ne font pas la distinction entre les femmes, les vieillards et les enfants, ils tuent les gens c’est tout, un meurtre de masse” raconte James, un réfugié.

Dans ce camp, ils sont 39 000 selon la Croix Rouge, surtout des femmes, des enfants et des personnes agées. Les gens manquent de tout, dit Ayen : “Il n’y a pas d’eau, pas d’endroit ou dormir et puis des personnes souffrent de la faim, il n’y a rien ici, depuis que nous arrivés ici, nous n’avons pas de vêtements ni rien.”

En plus des massacres et des menaces d‘épidémies, c’est à présent la famine qui risque de frapper les sud-soudanais.

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Goodluck Jonathan, le président nigérian, à la tribune des Nations unies, le 24 septembre 2013.

Goodluck Jonathan, le président nigérian, à la tribune des Nations unies, le 24 septembre 2013. | AP/Richard Drew

Le président nigérian Goodluck Jonathan a promulgué une loi interdisant explicitement les unions entre personnes de même sexe et restreignant les droits des homosexuels, a affirmé Reuben Abati, son porte-parole, lundi 13 janvier.

La loi, adoptée à l’unanimité par les parlementaires nigérians en mai dernier, prévoit une peine de 14 ans de prison en cas de mariage homosexuel et 10 ans d’emprisonnement pour les personnes de même sexe affichant publiquement leur relation.

Elle été approuvée par le président parce qu’elle « correspond aux croyances culturelles et religieuses » des Nigérians, dont « plus de 90 % (…) sont opposés au mariage entre personnes de même sexe », a fait valoir M. Abati. Depuis 2006, deux lois similaires avaient été proposées mais n’avaient pas franchi l’étape du Parlement dans le pays le plus peuplé d’Afrique où la sodomie était déjà punie de prison.

Le texte prévoit également que :

 « Toute personne qui fait fonctionner ou participe à des clubs gays, des sociétés ou des organisations pour homosexuels, ou – directement ou indirectement – affiche publiquement sa relation amoureuse avec une personne de même sexe, commet un crime et encourt une peine de dix années d’emprisonnement ».

« DISCRIMINATOIRE »

En décembre, Amnesty International avait appelé le président Jonathan à rejeter cette loi, considérée par l’ONG comme « discriminatoire » et dont les conséquences sont « catastrophiques » pour la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre. Selon cette loi, « les personnes de même sexe qui se lient par un mariage ou un contrat d’union civile commettent un délit et peuvent être conjointement condamnées à une peine de quatorze ans de prison chacune ».

 Rashidi Williams, directeur de l'ONG Queer Alliance au Nigeria.

David Cameron, le premier ministre britannique, avait averti que son pays envisageait de restreindre les aides aux pays qui ne reconnaissent pas les droits des homosexuels. Un projet de loi similaire en Ouganda a été vivement condamné par la Grande-Bretagne et les Etats-Unis notamment. Le Nigeria apparaît cependant moins enclin à céder aux pressions des gouvernements occidentaux, le premier producteur de pétrole africain recevant moins d’aides financières de ces pays.

Les relations homosexuelles sont déjà sévèrement réprimées au Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, dont la société est très religieuse. Les quelque 170 millions de Nigérians sont principalement chrétiens ou musulmans, et une part importante de la population continue à suivre les cultes traditionnels.

Des milliers d’immigrés africains ont de nouveau manifesté lundi devant des ambassades occidentales à Tel-Aviv. Entrés clandestinement en Israël, ils protestent contre la politique d’immigration de l’État hébreu.

Ils étaient des milliers dans les rues de Tel-Aviv lundi 6 janvier. Entrés clandestinement en Israël, des migrants africains ont manifesté devant des ambassades occidentales pour protester contre la politique israélienne d’immigration.

Ce nouveau rassemblement de ressortissants originaires principalement du Soudan et d’Érythrée survient au lendemain d’une manifestation monstre de plus de 30 000 d’entre eux à Tel-Aviv. Ils dénoncent le refus des autorités d’examiner leurs demandes d’asile, ainsi que le placement en rétention de centaines d’entre eux. Or, depuis 2009, la compétence pour décider de l’attribution du statut de réfugié aux demandeurs d’asile en Israël est passée du HCR au ministère de l’Intérieur.

« ONU, réveille-toi », ont scandé les manifestants en passant devant le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

« Israël n’est pas leur maison »

Selon une loi votée le 10 décembre, les immigrés clandestins peuvent être placés jusqu’à un an en rétention sans procès. Le nouveau centre de rétention Holot, qui a commencé à fonctionner en décembre, est ouvert pendant la journée, mais ses occupants doivent pointer à trois reprises et y passer la nuit. Dans un communiqué, Walpurga Englbrecht, représentante en Israël du HCR, a exprimé son inquiétude devant ce centre de « détention illimitée » qui ne correspond pas aux termes de la convention de 1951 sur les réfugiés.

Le ministre israélien de l’Intérieur, Gideon Saar, a affirmé lundi que la grande majorité des immigrés venaient chercher du travail et pas l’asile. « Mais Israël n’est pas leur maison et nous allons nous efforcer de garantir qu’il ne devient pas un pays d’infiltrés », a-t-il dit à la radio de l’armée.

Les autorités israéliennes estiment à 60 000 le nombre d’Africains entrés clandestinement et ont lancé en 2012 une campagne qui a abouti au départ ou à l’expulsion de 3 920 d’entre eux. Parallèlement, Israël a achevé en 2013 la construction d’une clôture électronique le long des 230 km de frontière avec l’Égypte, ce qui a réduit pratiquement à néant le nombre d’entrées illégales.

Avec AFP et Reuters