Archives de la catégorie ‘Belgique’

L’affaire Jambon secoue la Belgique

Publié: 14 octobre 2014 par gandibleux dans Actualités, Belgique

Dans une interview publiée ce 13 octobre, le quotidien francophoneLa Libre Belgique interrogeait Jan Jambon sur son passé, émaillé de « collusions gênantes ». Tout nouveau ministre de l’Intérieur et vice-Premier ministre, Jan Jambon est aussi l’une des figures de proue du mouvement nationaliste flamand N-VA.

Historiquement, le nationalisme flamand s’est nourri des deux guerres mondiales. Une partie du mouvement flamand avait fait le choix de la collaboration avec l’occupant, mieux disposé que l’élite francophone du pays à l’égard de leurs revendications.

« Des images de votre passé ont resurgi », interpelle La Libre Belgiquedans son entretien avec Jan Jambon. « Sur l’une d’elles, on vous voit écouter un discours de Jean-Marie Le Pen, et, sur une autre, intervenir dans une réunion du Sint-Maartensfonds – une association d’anciens combattants du front de l’Est – en 2001. Gênant ? » « Ce n’est pas nouveau. C’est un fait divers et je m’en suis déjà expliqué. »

« Mais le Sint-Maartensfonds, ce sont des gens qui ont collaboré avec les Allemands. Ce n’est pas rien », insiste le journal. « Je défie quiconque de trouver une phrase, un texte, où je défends la collaboration », répond le ministre. « La collaboration a été une erreur. Le mouvement flamand a été isolé pendant des dizaines d’années. Mais c’est plus facile à dire après. Les gens qui ont collaboré avec les Allemands avaient leurs raisons. Moi, je ne vivais pas à cette époque-là. »

Ces propos ont provoqué un tollé dans une Belgique qui, comme l’écritLa Libre de ce 14 octobre, « n’en finit pas de régler ses comptes mais sans se dépêtrer de ce passé qui était loin d’être binaire ». Les partis francophones, laissés au-dehors de la coalition de gouvernement, en ont profité pour monter au créneau et attaquer le nouveau Premier ministre, Charles Michel. « L’affaire Jambon, premier couac de Michel Ier », résume en titre le quotidien bruxellois, sous une photo de Jan Jambon et du Premier ministre (de dos).

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Les 10 mesures clés de la suédoise

Publié: 9 octobre 2014 par gandibleux dans Actualités, Belgique
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David Coppi, Véronique Lamquin, François Mathieu, Dirk Vanoverbeke

L’accord de gouvernement sera présenté ce jeudi. En voici déjà les grandes lignes.

1. Réductions de dépenses

Les partis de la suédoise se sont accordés sur un retour à l’équilibre en 2018. L’effort est évalué, au total, entre 11 et 12 milliards d’euros. La clé de répartition oscille dans les fourchettes suivantes (et selon les sources) : 70 % en réductions de dépenses, 30 % en recettes – 72/28 voire 75/25. Au total, le gouvernement Michel va réduire les dépenses de quelque 8 milliards.

Parmi les économies, les négociateurs insistent beaucoup sur le dégraissage de l’appareil de l’Etat. En clair, les départements vont devoir faire ceinture, via, notamment, une réduction du nombre de fonctionnaires (on évoque même l’idée de pouvoir recourir à des contractuels, pour des besoins spécifiques), ou encore une « meilleure efficacité ». Par ailleurs, le gouvernement fédéral taxera les intercommunales, qui échappaient jusqu’ici à l’impôt des sociétés (une vieille demande du MR).

2. Baisses de charges

C’est l’une des mesures phares de la coalition suédoise : des réductions de charges pour un total de 3,5 milliards. Ce qui, dans les faits, équivaut à une réduction de la taxation des entreprises (de 33 à environ 25 %). Pour arriver à ce montant impressionnant, deux mesures ont été décidées. D’une part le saut d’indexqui représente, pour les entreprises, 2,5 milliards d’économies. S’y ajoutera uneréduction du précompte pour les entreprises, qui devrait, elle, leur rapporter 1 milliard sur la législature.

3. Soutien au pouvoir d’achat

La suédoise promet également de dégager un milliard pour soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs. Concrètement, une grande réforme fiscaleest envisagée, avec une suppression du taux de 30 %. Mais cette réforme de la fiscalité n’interviendra pas immédiatement, même si elle est promise pour cette législature. Les travailleurs ne devront toutefois pas attendre pour bénéficier d’un soutien à leur pouvoir d’achat. Il passera par le relèvement du plafond pour les frais professionnels forfaitaires. Concrètement, cela devrait rapporter 250 euros par travailleur par an.

4. Taxation du patrimoine

Dans la foulée de la loi du 30 juillet 2013 sur l’obligation de déclaration de structures patrimoniales détenues à l’étranger, un avant-projet a été pondu sur la taxation des structures patrimoniales. Quelque 69 structures étaient dans le collimateur, des BVI panaméennes aux plus classiques trusts et autres fondations de type luxembourgeois (SPF) ou du Liechtenstein, lesquelles, très souvent, masquent le nom du bénéficiaire réel du patrimoine. La liste de ces pays à fiscalité « peu élevée » ou nulle qui seront dans le viseur du fisc est publiée par arrêté royal. Cet avant-projet de loi, assez mal ficelé semble-t-il, n’a jamais été déposé au Parlement. Mais il a retrouvé une nouvelle vie avec l’arrivée de la suédoise, nous confirme l’un des partis coalisés. En clair, les revenus (intérêts et dividendes) de ces structures seront taxés à des taux assez classiques de 15 ou 25 % suivant la nature des revenus engrangés. La suédoise table sur quelques dizaines de millions d’euros de recettes fiscales. Petite bizarrerie du projet : la mention d’une taxation à 33 % au titre des revenus divers des montants « sortis » d’une structure patrimoniale et cédés à un enfant par exemple… Nom de code : taxe de transparence.

Par ailleurs, trois autres mesures visant les patrimoines vont être prises. La première vise la taxe sur les opérations de Bourse (TOB), qui est due sur un certain nombre d’achats ou de ventes de titres. Il ne s’agirait pas de relever le montant du prélèvement en tant que tel mais bien d’augmenter les plafonds au-dessus desquels il n’y a plus aucun prélèvement. Pour les actions et obligations, ces maxima sont aujourd’hui de 740 euros et 650 euros respectivement. Le relèvement des plafonds devrait rapporter 40 millions d’euros. Autre mesure importante prise par la future suédoise : la réforme du mode de taxation anticipé sur le troisième pilier des pensions, celui des produits d’épargne financés de manière individuelle. Les contrats d’assurance épargne-pension ou fonds d’épargne-pension sont déjà aujourd’hui soumis à taxation, de manière anticipée, à hauteur de 10 %. L’idée serait de percevoir plus, plus rapidement. Le secteur bancaire sera lui aussi mis à contribution. Déjà soumis à la taxe d’abonnement, qui est calculée sur les dépôts d’épargne couverts par la protection des dépôts, le secteur verra son ardoise alourdie. Depuis 2007, la taxe d’abonnement est 0,07 % ; les fonds et sicav sont eux aussi soumis à cette fameuse taxe d’abonnement. Pas question, en revanche, de taxe sur la spéculation boursière, ni sur les plus-values.

5. Augmentation de la TVA et des accises

Le gouvernement « suédoise » escompte 200 millions supplémentaires en provenance de la TVA. Concrètement, il est question « d’harmoniser certains taux » en matière de chirurgie esthétique, une idée défendue par le CD&V pendant toute la campagne. Les quatre partis de la coalition tablent par ailleurs sur des recettes supplémentaires dues au fait que, d’ici deux ans, le taux réduit pour la rénovation des habitations vaudra pour les biens de plus de dix ans (au lieu de cinq ans actuellement). Par ailleurs, les accises seront relevées sur le diesel, et sur l’alcool (à l’exception de la bière).

6. Saut d’index « social »

Le gouvernement a donc retenu le saut d’index mais, insistent les négociateurs, il est « social ». Lisez qu’un milliard sera dégagé, via l’enveloppe « bien-être », pour revaloriser les petites pensions et les allocations les plus basses.

7. Arco

Tous les négociateurs assurent qu’une solution a été trouvée pour Arco. Selon Bart De Wever, interrogé à Terzake, les coopérateurs d’Arco seraient remboursés à hauteur de 40 %. Un effort de 600 millions, qui serait réparti entre l’Etat, Belfius et le mouvement ouvrier chrétien. Par rapport à la mise initiale des coopérateurs, de quelque 700 millions d’euros, le taux de récupération sera donc légèrement supérieur à 80 %. En revanche, par rapport au montant de la capitalisation, de 1,49 milliard d’euros, le taux descend aux alentours de 40 %, conformément à ce que Bart De Wever prétend.

8. Emploi et pensions

Les négociateurs de la suédoise ont également bouclé, ce mardi, les grandes réformes structurelles, en matière socio-économiques. En clair, les chapitres Pensions, Emploi et Soins de santé.

En matière d’emploi, les négociateurs se sont donc accordés sur un saut d’index « intelligent ». « Mais on ne touche pas au mécanisme d’indexation automatique des salaires », insistent-ils. Les négociateurs entendent en revanche poursuivre laréduction du handicap salarial par rapport à nos pays voisins. Via, donc, la loi de 1996 qui régit la norme salariale.

L’accord prévoit un grand plan de création d’emplois, à négocier en lien avec les entités fédérées. L’accent sera mis sur les réductions de charge, la formation continuée, l’expérience professionnelle, la lutte contre le chômage des jeunes, l’emploi pour les groupes-cibles, la diversification et l’allongement des carrières.

Le rôle « majeur » de la concertation sociale est par ailleurs souligné. Il est encore question de simplifier et moderniser la réglementation sur le travail, et de mettre sur pied un nouveau modèle de carrière (notamment via l’annualisation du temps de travail, permettant davantage de flexibilité). Il y aurait par ailleurs un accord sur l’extension du nombre d’heures supplémentaires autorisées dans le secteur horeca (360 heures au lieu de 180). L’accord insiste encore sur la volonté d’encourager l’intégration sur le marché du travail des personnes ayant un parcours de migration ou un handicap. L’idée émise par la N-VA d’instaurer un salaire minimum pour les jeunes n’a pas été retenue.

La pension à 67 ans. Pour une surprise, c’est une surprise. Pas une fois, les négociateurs n’avaient évoqué un report de l’âgé légal de la retraite. Cela ne figurait du reste dans aucun des quatre programmes de parti. Et pourtant, c’est fait. L’âgé légal de la retraite passera à 66 ans en 2025, 67 ans en 2030. Les retraites anticipées ne seront possibles qu’à partir de 63 ans. Un régime transitoire a été négocié pour les personnes qui doivent prendre leur pension anticipée en 2016 ou 2017, mais les détails précis ne sont pas encore connus. Des dispositions spécifiques seront prises pour les policiers. Le deuxième pilier de pensions (assurance complémentaire via les entreprises) sera élargi. Pour les pensionnés, il y aura aussi la suppression totale des limites de travail autorisé.

9. Chômage

Sur ce plan, l’accord de gouvernement est surtout marqué… par les éléments qu’il ne reprend pas ! Ainsi, pas touche aux allocations de chômage ! A savoir : pas de limitation des allocations de chômage dans le temps, pas de renforcement de la dégressivité de ces allocations (en clair, on ne va pas au-delà des mesures prises par le gouvernement précédent).

Pas question, non plus, de contrôler les revenus des chômeurs préalablement à l’octroi d’allocations. En revanche, l’accord prévoit bel et bien un service à la communauté, encadré. On parle de deux demi-journées, pour les chômeurs de longue durée, afin de faciliter la réintégration des demandeurs d’emploi sur le marché du travail.

10. Soins de santé

Le chapitre des soins de santé prévoit plusieurs grands projets, étalés à l’horizon de la législature. Il est d’abord prévu une ambitieuse réforme du financement des hôpitaux, largement inspirée du « road map » (recommandations) émis par le Centre d’expertise fédéral (KCE). Un point à négocier, une fois le gouvernement formé, avec tous les acteurs concernés : les patients, les mutuelles… Il est notamment question, dans ce chapitre, de veiller à ce que les patients aient une facture plus claire, plus lisible.

D’ici 2019, chaque Belge devra avoir un dossier électronique, reprenant l’ensemble de ses données médicales. Objectif : permettre une meilleure information du patient, et de tous les dispensateurs de soins chez qui il se rend. Ce dossier devrait également permettre d’encourager le maintien à domicile, le plus longtemps possible, des personnes âgées, en facilitant la communication entre prestataires de soins.

Il est également question d’alléger la charge administrative qui pèse sur le corps médical.

Enfin, dernier point important : le gouvernement suédois a élaboré un plan en matière de traitement psychique. A l’heure actuelle, aucun remboursement n’est prévu pour ce faire. Le gouvernement entend développer un programme en la matière, là aussi en collaboration avec les différents acteurs et les mutualités. Objectif : à terme, permettre le remboursement de consultations psychiques (les visites chez les psychologues ou psychothérapeutes, moyennant un passage préalable chez les médecins généralistes. Une manière, disent les négociateurs, d’adapter les soins aux réalités du 21e siècle. Et l’espoir, par ailleurs, que la consommation de médicaments soignant les maladies psychiques (très élevé en Belgique) diminue.

Nemmouche : ce qu’on sait, ce qu’on ignore

Publié: 2 juin 2014 par gandibleux dans Actualités, Belgique

Le Monde.fr | 02.06.2014 à 12h48 • Mis à jour le 02.06.2014 à 16h31 |Par Les Décodeurs

 

portrait de Mehdi Nemmouche.

Ce que l’on sait :
– L’arrestation : Mehdi Nemmouche a été arrêté vendredi 30 mai à Marseille à bord d’un autocar en provenance d’Amsterdam. Lors d’un contrôle inopiné, les douaniers ont découvert des armes dans son sac.

– La garde à vue : Mehdi Nemmouche a été placé en garde à vue vendredi. En matière de terrorisme, la loi française autorise une garde à vue de 96 heures, qui peut être prolongée de deux fois 24 heures, s’il « existe un risque sérieux de l’imminence d’une action terroriste en France ou à l’étranger ou que les nécessités de la coopération internationale le requièrent impérativement » (loi du 24 janvier 2006). En droit commun, la durée maximale d’une garde à vue est de 48 heures. La garde à vue pourrait donc durer jusqu’à jeudi au maximum.

>> Lire aussi : Pourquoi Mehdi Nemmouche est le principal suspect de la tuerie de Bruxelles

– Son passé : Nemmouche est né en France, à Roubaix. Il a fait des années de prison à la suite de multiples vols. C’est lors de ses détentions qu’il se serait « radicalisé », de l’avis des services de renseignement français. A sa sortie de prison fin 2012, Mehdi Nemmouche s’est rendu en Syrie, via Bruxelles, Londres, Beyrouth et Istanbul. Il semble qu’il ait rejoint les rangs de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). Un drapeau marqué aux couleurs de ce groupe djihadiste apparaît dans une vidéo, retrouvée dans ses bagages.

Des perquisitions ont eu lieu, dimanche 1er juin, aux domiciles de la grand-mère et de la tante de M. Nemmouche. Cette dernière a été entendue par la police.

Lundi 2 juin, quatre personnes ont été arrêtées. Elles sont accusées d’être en contact avec des filières djihadistes. On ignore en revanche s’il existe un lien avec la tuerie du musée de Bruxelles.

La tuerie au Musée juif de Bruxelles, qui a fait trois morts et un blessé grave samedi 24 mai, a été largement condamnée par la communauté internationale.

Les questions qui restent en suspens :

– Sa « double nationalité » : Marine Le Pen est « prête à parier » que Mehdi Nemmouche, né en France, est binational, a-t-elle assuré, afin de mieux plaiderpour une politique de « déchéance de nationalité » (sur France Info, lundi 2 juin). Rien ne permet pour l’instant de l’affirmer. Tout juste sait-on qu’il est né à Roubaix (Nord) en 1985.

– Des membres des services secrets israéliens parmi les victimes ? Quatre personnes ont été abattues par le tireur : un couple d’Israéliens, une bénévole française installée en Belgique et un employé belge. Le quotidien israélien Haaretza émis des soupçons sur le couple, dans un article qui s’interrogeait : « Le mystère de Bruxelles : la fusillade était-elle antisémite ou un épisode d’une guerre d’espions ? » Le quotidien évoque le statut de contractants d’Emmanuel et Miriam Riva, qui travaillaient pour deux branches séparées du gouvernement israélien.

L’article évoquait en réalité deux personnes qui auraient pu travailler pour les intérêts israéliens, mais « sur des chiffres et des ordinateurs, pas avec des dagues cachées sous le manteau ». Le gouvernement israélien a nié catégoriquement qu’il s’agisse d’agents secrets.

– La police n’avait-elle aucun soupçon ? M. Nemmouche a été signalé à la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur, devenue depuis DGSI, pour Direction générale de la sécurité intérieure) en 2009, alors qu’il purgeait une peine de prison. Signalé en Syrie en 2013, il a été inscrit sur le fichier des personnes recherchées, au niveau « S » pour « sûreté de l’Etat », à la demande de la DCRI, puis dans le système d’informations Schengen (SIS), également à la demande du renseignement français.

Le président de la N-VA a publié ses deux premiers tweets, seule façon, selon lui, de s’adresser directement au sud du pays.

Le président de la N-VA Bart De Wever a diffusé ce mercredi une capsule vidéo via son compte Twitter pour s’adresser directement à l’opinion publique francophone.

Le président de la N-VA a d’abord envoyé son premier tweet sur @bart_dewever, un compte existant depuis plusieurs mois, mais jamais utilisé.

Un premier tweet en forme de teasing, suivi quelques minutes plus tard par son message.

 

« Je peux comprendre vos inquiétudes concernant les projets de mon parti », dit-il dans une vidéo postée sur YouTube. « Elio Di Rupo refuse tout débat avec moi, mais n’arrête pas de m’attaquer personnellement, sans me donner la chance de répondre. C’est la raison pour laquelle je tiens cette fois-ci à m’adresser à vous ». « Nous vivons dans deux démocraties différentes (…). Je veux faire cadrer la structure de ce pays avec cette réalité », dit-il, appellant francophones et Flamands à aller de l’avant. « Le modèle du PS nuit à votre prospérité. Je veux donc vous proposer une alternative. »« Je suis honnête avec vous, je joue cartes sur table. (…) Je vous demande seulement de donner une chance à la N-VA », a-t-il conclu.

Di Rupo et Magnette répliquent

Le Premier ministre et le président du PS ont quasi instantanément réagi, via Twitter. Dans un tweet en néerlandais, Elio Di Rupo a laconiquement dit : « Un chat en détresse fait des bonds étranges ».

Paul Magnette s’est fait plus direct : « Le renard change d’apparence mais pas de mœurs », en latin, « Votre duplicité ne trompe personne, Mr De Wever ».

Le président du CD&V Wouter Beke ne s’est quant à lui pas étonné des réactions francophones : « Si durant des années vous cherchez à fustiger et chercher le conflit, il ne faut pas attendre à être subitement accueilli les bras ouverts », a-t-il réagi en marge d’une conférence de presse.

Le Monde.fr | 23.04.2014 à 10h45 • Mis à jour le 23.04.2014 à 11h21 |

Par Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)

    Didier Reynders, ministre belge des affaires étrangères, le 2 avril à Bruxelles.

Le ministère belge des affaires étrangères va confronter ses informations à celles du Quai d’Orsay au sujet de la présence possible de certains de ses nationaux parmi les geôliers des quatre otages français, libérés après dix mois de captivité en Syrie.

« Nous ne savons pas si des Belges sont impliqués, mais des Occidentaux le sont en tout cas », a indiqué le ministre Didier Reynders. Diverses vidéos postées sur Internet ont montré, depuis des mois, des djihadistes belges à l’œuvre sur le terrain, parfois dans des scènes d’une extrême violence.

Les autorités estiment que 250 combattants belges ont rejoint la Syrie, dont une partie indéterminée a gagné les rangs de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) ou du Front Al-Nosra. Une vingtaine d’entre eux auraient été tués, parfois dans des combats opposant ces deux factions. Une cinquantaine d’autres sont rentrés et, parmi eux, 15 environ ont été mis en examen.

SURVEILLANCE DES « RETURNEES »

La surveillance des « returnees », comme les ont baptisés les autorités, est le principal sujet de préoccupation pour un pays qui, depuis 2001, a démantelé et jugé diverses filières de combattants pour l’Afghanistan ou d’autres zones de combat. Un groupe, Sharia4Belgium, est dans le collimateur pour avoir organisé des recrutements : 47 personnes ont été mises en examen dans ce seul dossier.

Une « task force » spéciale a été constituée au sein du ministère de l’intérieur et quatre juges antiterroristes désignés pour s’occuper spécifiquement de la Syrie, tandis que la police interroge tous ceux qui rentrent pour évaluer leur implication et leur dangerosité. Il convient aussi de vérifier si tous ceux qui ont été déclarés morts le sont effectivement et ne tentent pas, en réalité, d’échapper à une arrestation.

La ministre belge de l'intérieur Joëlle Milquet, le 11 avril à Bruxelles.

 

La ministre de l’intérieur, Joëlle Milquet, essaye, par ailleurs, de développer une action de prévention. Elle a notamment désigné des policiers spécialisés, chargés, dans des zones sensibles, de travailler en étroite liaison avec les parents, les écoles, les travailleurs sociaux ou les responsables religieux.

Au niveau européen, les estimations restent imprécises mais les services de l’antiterrorisme jugent que de 2 000 à 2 500 combattants étrangers ont rejoint les groupes djihadistes radicaux de Syrie. Un phénomène dont les responsables politiques ont tardé à prendre la mesure : un rapport élaboré à la fin 2013 par le coordinateur de la politique antiterroriste de l’UE, Gilles de Kerchove, n’avait pas eu beaucoup de retentissement. Il étudiait les causes, multiples, des départs, prônait une approche nuancée mais suggérait, lui aussi, une implication rapide des acteurs dits de « première ligne » (enseignants, travailleurs sociaux, police locale…). Il soulignait également la nécessité d’une collaboration avec les communautés étrangères pour les sensibiliser au risque de la radicalisation et évoquait une meilleure utilisation des réseaux sociaux pour décrire la réalité de la guérilla djihadiste. La question du traitement des retours était également posée et déjà décrite comme « gigantesque ».

PRESSION DES ETATS-UNIS

La prise de conscience des responsables politiques aura lieu à la fin 2013 : la question des départs vers la Syrie devient alors prioritaire pour les ministres de l’intérieur. Ou, en tout cas, pour une dizaine d’entre eux, qui vont s’employer à convaincre les autres de l’importance de la question pour l’ensemble du territoire de l’espaceSchengen. Les Etats-Unis font pression, inquiets qu’un jeune « returnee » européen, dispensé d’obligation de visa du fait de sa nationalité, passe entre les mailles du filet et accède à leur territoire.

Depuis lors, les membres des Vingt-Huit les plus concernés tentent de mieux échanger leurs informations, de coordonner leurs actions, de réunir et d’analyser des éléments de preuves. Pas de quoi mettre l’UE à l’abri de tous les risques. D’autant que certaines propositions, comme la création d’un fichier des passagers européens ou un renforcement des relations avec des services de renseignement du Maghreb ou du Moyen-Orient, sont toujours jugées problématiques. Quant à la coopération avec les fournisseurs d’accès au Web pour y traquer les sites suspects et les recruteurs, elle reste, elle aussi, difficile à organiser.

 

L’hymne de Stromae pour les Diables Rouges (vidéo)

VIDEO!!!!!!  STROMAE/ DIABLES ROUGES: TA FETE  VIDEO!!!!!

Stromae a dévoilé le teaser de son nouveau clip, « Ta fête ». Surprise: ce sera l’hymne des Diables Rouges pour la Coupe du Monde au Brésil!

« Le clip de « ta fête » n’arrive que fin avril mais en attendant, voici la leçon 28″, indique le chanteur sur son compte Facebook. De quoi permettre aux fans de l’artiste bruxellois de patienter d’ici la fin du mois d’avril.

La vidéo, tournée dans le plus grand secret, montre Stromae discuter avec plusieurs joueurs de l’équipe nationale, Marc Wilmots y compris. Assurément un joli coup marketing tant pour les Diables Rouges que pour Stromae!

Les Diables Rouges retrouvent le top 10

Source: BelgaLes hommes de Marc Wilmots gagnent une place. © belga.

La Belgique a gagné une place jeudi dans le nouveau classement mensuel des nations de football publié par la FIFA, la fédération internationale. Les Diables Rouges occupent la 10e place mondiale.

Depuis le précédent classement, l’équipe de Marc Wilmots a disputé un match amical (2-2 contre la Côte d’Ivoire, le 5 mars). La Belgique a pris la place des Pays-Bas, battus le même jour en France (2-0), qui sont désormais onzièmes.

L’Espagne, championne du monde et d’Europe, reste à la première place devant l’Allemagne et l’Argentine. Le Portugal et la Colombie complètent le top 5. L’Uruguay monte à la 6e place aux dépens de la Suisse. Suivent ensuite dans l’ordre l’Italie, le Brésil et la Belgique.

Trois amicaux
D’ici au début du Mondial, les Diables Rouges rencontreront encore le Luxembourg (26 mai à Genk), la Suède (1er juin à Stockholm) et la Tunisie (7 juin à Bruxelles).

Les adversaires des Belges dans le groupe H du Mondial ont tous progressé: Russie (19e, +3), Algérie (25e, +1) et Corée du Sud (60e, +1). Le prochain classement FIFA sera révélé le jeudi 10 avril.

« Macaronis », « Marloufs », « Maçons poilus », « Boches »: une carte géographique fait polémique

BELGIQUE L’artiste montois Sébastien Laurent, à l’origine de cette carte, s’est voulu provocateur et cela fonctionne.

Le site Enseignons.be a mis en ligne une carte géographique bourrée de clichés sur les pays et les peuples, à but pédagogique, mais la polémique fait rage sur son côté « raciste » , peut-on lire jeudi dans les journaux de l’Avenir et de Sudpresse.

Cette carte géographique, proposée comme outil pédagogique aux professeurs de géographie via le site internet Enseignons.be, illustre chaque pays ou région par des « clichés » , certains « gentils » , d’autres « poussés à l’extrême » , peut-on lire dans la presse.

L’artiste montois Sébastien Laurent, à l’origine de cette carte, s’est voulu provocateur et cela fonctionne, sa carte faisant réagir de nombreux internautes et notamment le Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie (MRAX), qui estime que « cette reproduction et banalisation de tous les préjugés et stéréotypes habituels, ne relèvent en rien de l’humour » et a menacé d’entreprendre des poursuites en justice si la carte n’est pas retirée.

Les responsables du site internet, eux, relativisent et expliquent que « cela nous a semblé une bonne porte d’entrée pour aborder les questions de stéréotypes et de préjugés. Nous avons donc publié cette ressource pour nos membres en jouant sur l’humour » « Notre objectif n’était pas de choquer, ni d’inciter à la haine ou à la discrimination raciale. Et puis, cette carte est une œuvre d’art exposée dans une galerie. On peut l’analyser en classe comme n’importe quel tract du Front national. »

Du côté du cabinet de la ministre de l’enseignement obligatoire Marie-Martine Schyns, on réagit en indiquant que « la publication d’une telle carte est une maladresse » et on rappelle qu’il n’existe aucun lien entre Enseignons.be et la Communauté française.

Le Monde.fr avec AFP | 07.03.2014 à 07h59 • Mis à jour le 07.03.2014 à 08h18

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, le 6 mars 2014, à Elazig lors d'un meeting de son parti.

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, le 6 mars 2014, à Elazig lors d’un meeting de son parti. | AP/Burhan Ozbilici

Empêtré dans un scandale politico-financier, le premier ministre turc a menacé de faire interdire YouTube et Facebook en Turquie après les élections municipales du 30 mars, dans une interview diffusée jeudi 7 mars soir.

« Il y a de nouvelles mesures que nous prendrons dans ce domaine après le 30 mars […] y compris une interdiction [de YouTube et Facebook] », a déclaré Recep Tayyip Erdogan sur la chaîne de télévision privée turque ATV.

Depuis l’inculpation en décembre de dizaines de proches du régime, patrons, élus ou hauts fonctionnaires, soupçonnés de corruption, l’opposition exige la démission de M. Erdogan. Des conversations téléphoniques le mettant directement en cause dans les affaires de corruption sont publiées sur Internet, notamment sur la plateforme YouTube. Dans ces échanges dont l’authenticité n’a pas été définitivement établie, le premier ministre demande notamment à son fils de dissimuler plusieurs millions d’euros et de dollars dissimulés chez des proches ou évoque une commission jugée insuffisante versée par un groupe industriel.

Mercredi, le chef du gouvernement s’était une nouvelle fois indigné que sesconversations téléphoniques aient été écoutées, parlant de « montage immoral »et accusant ses rivaux de comploter pour renverser son gouvernement. En pleine campagne électorale, il a promis mercredi de quitter la politique si son parti ne gagnait pas les municipales, qui auront valeur de test pour son régime.

Le Parlement turc a déjà adopté, le 5 février, une série d’amendements controversés qui renforcent le contrôle de l’Etat sur Internet.

Le portail pédagogique Enseignons.be, a publié hier une carte polémique de l’Europe sur sa page Facebook, proposant aux professeurs de géographie de s’en servir comme outil pédagogique. Les réactions outrées ne se sont pas fait attendre.

Réalisée par l’artiste montois Sébastien Laurent qui se veut provocateur, la carte en question ressert les clichés et les stéréotypes les plus ancrés en Europe. Elle ose même situer les « fours à Juifs » au cœur de la Pologne et les « boches » en Allemagne.

Les réactions sur la page d’Enseignons.be ne se sont pas fait attendre. Le MRax a même menacé. « Contribuer à la reproduction et à la banalisation de tous les préjugés et stéréotypes habituels ne relèvent en rien de l’humour ou d’un quelconque soi-disant « pétillement de l’esprit ». Nous vous sommons dès lors de retirer au plus vite cette carte infâme sans quoi nous nous réservons le droit d’entreprendre toutes les actions que nous jugerons nécessaires en réaction à cette publication indigne d’un tel site ».

Face à la polémique suscitée, la plateforme a voulu tempérer. « Cela fait des années que des enseignants parlent du racisme, de l’intolérance dans les classes. Si cette œuvre dérange, elle peut être un bon élément à intégrer dans la phase motivation d’une séquence sur les stéréotypes. Nous avons déjà des retours très positifs d’enseignants ».

Et le Mrax de surenchérir : « Je vous invite à venir consulter nos dossiers de plainte pour fait de racisme et de discrimination dans l’enseignement. Nous pouvons également vous éclairer sur la situation catastrophique de l’enseignement comme système de reproduction des inégalités sociales. Alors, on se calme, on respire un grand coup et on réfléchit aux éventuelles conséquences juridiques qui pourraient s’ensuivre si vous laissez cette carte qui stigmatise de nombreuses populations qui ne sont pas représentées par toutes ces personnes qui vous offrent un « retour très positif » ».

Le vif