De quoi l’Etat islamique est-il capable en Occident ?

Publié: 23 septembre 2014 par gandibleux dans Actualités, EI, Monde

Le Monde.fr | 23.09.2014 à 12h15 • Mis à jour le 23.09.2014 à 17h53

Des combattants de l'EI défilent dans la ville de Raqqa, en Syrie, en janvier 2014.

Leur objectif : semer la terreur. Les djihadistes de l’Etat islamique (EI) ont appelé, dans un message audio diffusé lundi 22 septembre, au meurtre de Français, d’Américains, d’Australiens, de Canadiens ou de tout « citoyen des pays entrés dans une coalition » contre l’EI. Lundi soir, un groupuscule lié aux djihadistes de l’EI a annoncé la capture d’un touriste français dimanche enAlgérie et menace de l’exécuter.

L’EI, groupe radical sunnite, qui a récemment autoproclamé un « califat » à cheval entre la Syrie et l’Irak, n’en est pas à sa première mise en garde. Depuis sa progression fulgurante au Proche-Orient, en juin, plusieurs actions de ce groupe témoignent de la menace grandissante qu’il représente pour l’Occident, et particulièrement pour les nations qui seraient entrées en guerre contre lui.

  • Trois décapitations médiatisées

Les images ont choqué l’opinion internationale. Ces dernières semaines, les décapitations sauvages des journalistes américains James Foley et Steven Sotloff, puis de l’humanitaire britannique David Haines ont été diffusées par les djihadistes sur la Toile. Sur ces trois mises en scène macabres, un homme cagoulé, membre de l’EI, interpelle les Etats-Unis puis la Grande-Bretagne, engagés dans une lutte contre l’EI, avant d’exécuter les otages.

« Je suis de retour, Obama, je suis là à cause de ta politique étrangère arrogante envers l’EI, à cause de tes bombardements », justifie l’anonyme dans la vidéo montrant la mort du journaliste Steven Sotloff. Lors de l’assassinat de David Haines, le bourreau explique que la victime « doit payer le prix de ta promesse, [David] Cameron [le premier ministre britannique], d’armer les peshmergas contre l’EI ». Ces vidéos font partie de la stratégie d’intimidation des djihadistes : des images d’assassinats largement diffusées sur les réseaux sociaux et donc visibles dans le monde entier.

Les membres de l'Etat islamique paradent dans le nord de la ville de Mossoul, en Irak, en juin 2014.
  • Multiplication des prises d’otages

La liste est longue. Les otages se succèdent aux mains de l’EI. En échange de leur libération, le groupe réclame généralement un changement de politique dans la région du Proche-Orient ou une somme d’argent de la part des gouvernements. Les détenus sont davantage menacés en fonction de l’implication de leur propre pays à lutter contre l’EI. Le nombre de captifs reste indéterminé, plusieurs Etats préférant taire les enlèvements.

Selon CNN, au moins deux Américains, deux Italiennes, un Japonais et un Danois seraient détenus par l’EI. En France, quatre journalistes enlevés en juin 2013 par l’EI ont été libérés en avril 2014. Un autre Français vient d’êtrecapturé, dimanche, dans l’est de l’Algérie, par Jund Al-Khilafah, les « soldats du califat », un groupe lié à l’EI. Le groupuscule menace de l’exécuter dans les 24 heures – d’ici ce mardi soir.

  • Plusieurs projets d’attentats

Ils sont révélés par les médias au compte-gouttes. Plusieurs plans déjoués des djihadistes en Europe ont récemment été dévoilés. Ainsi, la presse néerlandaise affirmait samedi 20 septembre que la Commission européenne à Bruxelles, enBelgique, devait être visée par un attentat commis par des djihadistes revenus de Syrie – sans toutefois préciser s’il s’agissait de membres de l’EI.

L’attentat avait « pour objectif de tuer un maximum de personnes », précise la radio télévision néerlandaise NOS. Les autorités auraient dissimulé ce projetafin d’éviter toute panique au sein de la population, rapportent les médias. La Commission a toutefois indiqué par la suite ne pas avoir été mise au courant d’un tel projet.

Le 7 septembre, le journal Libération révélait également que Mehdi Nemmouche, auteur d’une tuerie au Musée juif de Bruxelles en mai, avait projeté de commettre un attentat le 14 juillet, lors du défilé de la fête nationale àParis. Une information là aussi démentie par le ministre de l’intérieur français.

  • Des « infiltrés » en Occident

Les djihadistes formés au combat en Irak ou Syrie, de retour sur les sols américain, français, canadien… font craindre le pire aux autorités. Selon les estimations, plusieurs milliers d’Occidentaux auraient rejoint les rangs djihadistes.

Si certains abandonnent la « guerre sainte » de l’EI en cours de route, d’autres reviennent avec des projets d’attaques terroristes. C’est le cas de Mehdi Nemmouche, qui revenait de Syrie. Lui-même avait pour modèle un de ses « frères d’armes » également passé par la Syrie, Mohamed Merah, qui avait semé la mort à Toulouse et à Montauban en 2012.

Face à cette menace, la coalition contre l’EI, qui regroupe 27 Etats, met désormais l’accent sur l’arrestation de suspects. En France, six personnes, dont deux mineurs, ont été interpellées dans la région lyonnaise dans le cadre d’uneenquête sur des filières de recrutement de djihadistes vers la Syrie, ont annoncé les autorités le 17 septembre. En Australie, ce sont une quinzaine de personnes qui ont été arrêtées, le même jour, dans les banlieues de Sydney et Brisbane, la plus vaste opération antiterroriste jamais organisée dans ce pays.

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