Des nazis exfiltrés en Syrie par le Vatican

Publié: 18 avril 2014 par estellavaras dans A contre-courant
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Au.M. Publié le jeudi 17 avril 2014 à 20h14 – Mis à jour le vendredi 18 avril 2014 à 08h54

Des nazis ont offert leurs services au Moyen-Orient, contre Israël.

Ce soir, dans son émission « Retour aux sources », Elodie de Sélys propose une nouvelle enquête éclairée, sur ces innombrables refuges de nazis en cavale.

A la fin des années quarante, un télégramme est adressé à la communauté catholique autrichienne et allemande. Il porte le sceau du Vatican. « C’est un ordre« , indique Géraldine Schwarz, la réalisatrice de cette enquête remarquablement documentée. Interdiction d’ouvrir ses portes aux étrangers sans l’autorisation du Saint-Siège, exige la missive. « Sauf pour les fugitifs qui se cachent au collège Santa Maria dell’Anima« , poursuit la journaliste, caustique.

Trois ans après la défaite de l’Allemagne, le troisième Reich survit derrière la façade solennelle du collège pontifical. Des nazis en cavale y trouvent refuge en attendant d’organiser leur exil outre-mer, les Etats latins d’Orient. « Rome est devenue une plateforme d’exfiltration pour les nazis en fuite« , affirme Géraldine Schwarz dans Exil nazi : la promesse de l’Orient.

« Divers réseaux parallèles les aident à trouver une terre d’accueil. Les offres ne manquent pas. Plusieurs pays convoitent le savoir-faire des anciens serviteurs du Reich et envoient des agents en Italie pour les recruter.«  Beaucoup partiront vers l’Amérique du Sud mais d’autres pencheront pour le Moyen-Orient.

Recrutés pour leur savoir-faire

Walter Rauff, ancien haut fonctionnaire SS, fut l’un des premiers à organiser l’exfiltration des nazis vers l’Orient. Logisticien de la Shoah en Europe de l’Est, chef de la Gestapo à Milan à la fin de la guerre, il est fait prisonnier par les alliés qui ignorent sa véritable identité.

Walter Rauff parvient finalement à s’enfuir pour Rome où il deviendra professeur d’allemand au Vatican. Pie XII prônait en effet la réconciliation pour lutter contre la menace que représentait l’athéisme, alors porté par le communisme.

Walter Rauff renoue ensuite avec ses contacts au Moyen-Orient, rencontrés en 1942 lorsqu’il fut chargé d’exporter l’Holocauste en Afrique du Nord où vivaient 550 000 juifs.

Pour lutter contre Israël, reconstruire leur armée et mettre en place leur service de renseignements, des régimes arabes – dont l’Egypte et la Syrie – se montrent « très intéressés«  par « le savoir-faire«  de ces exilés nazis.

Aidé par un ecclésiastique, l’évêque Alois Hudal, Walter Rauff ouvre un bureau au collège de Santa Maria dell’Anima. Ensemble, ils envoient en Syrie Franz Stangl et Gustav Wagner, chefs des camps d’extermination de Sobibor et de Treblinka, où plus d’un million de juifs ont été assassinés.

Dans l’ombre des gouvernements

Ces nazis exilés au Moyen-Orient seront responsables de nombreuses tensions diplomatiques entre la Grande-Bretagne et la République fédérale d’Allemagne (RFA). Ils soutiendront notamment les indépendantistes arabes contre l’occupant britannique en Afrique du Nord, en leur vendant des armes.

Gerhard Georg Mertins, ancien Waffen SS, trafiquant d’armes et spécialistes des combats de guérilla, sera impliqué dans la secte néonazie de la « Colonia Dignidad » au Chili. D’autres cadres du Troisième Reich seront employés par Nasser dans ses services de propagande contre Israël. Johann von Leers, un ancien collaborateur du ministre Joseph Goebbels, devient quant à lui un ami personnel du mufti de Jérusalem et œuvre à un rapprochement idéologique du national-socialisme avec le monde musulman.

Grâce à des témoignages indirects, à des documents issus de ses recherches au Caire et à des archives provenant des services secrets allemands, Géraldine Schwarz dénonce une forme inacceptable de passivité, non seulement de la part des autorités italiennes, mais aussi de la part de la Croix-Rouge qui délivra les passeports.

Pire, soutient la réalisatrice, les institutions politiques, religieuses et judiciaires internationales censées poursuivre les criminels nazis n’ont pas seulement brillé par leur inertie, elles se sont également rendues coupables de complicité, tard après la guerre.

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