Foot espagnol : la bulle éclate au-delà du foot

Publié: 24 janvier 2014 par estellavaras dans Sport

Paco Audije, Correspondant à Madrid Publié le vendredi 24 janvier 2014 à 17h43 – Mis à jour le vendredi 24 janvier 2014 à 18h02

 

 

Football En Espagne, la proximité des politiciens avec certains présidents de foot est monnaie courante. Dans le cas barcelonais, c’est l’univers nationaliste qui définit le Barça comme « plus qu’un club ».

 

« Une accusation injuste et téméraire de détournement a débouché sur une plainte contre moi. Le contrat de Neymar est correct, mais ce fichage a provoqué l’envie et le désespoir de nos adversaires », a déclaré Sandro Rosell, président du Barça, qui a réussi à attirer l’attaquant brésilien contre un Réal Madrid qui le voulait aussi. L’opération a été décrite comme « une œuvre d’ingénierie contractuelle ». Coût officiel : 57,1 millions d’euros. Mais selon la plainte contre Rosell, 40,3 millions d’euros « complémentaires » ont été payés. Avec ce cas, ce qui vient d’exploser c’est l’opacité des grandes opérations du foot en Espagne. Mais qui sont, donc, les adversaires dont parle Rosell ?

Parmi d’autres, Jordi Cases, un pharmacien catalan, membre associé du Barça, un homme sans relief particulier. C’est lui qui a porté plainte contre Rosell. Il y a peu, la direction du club considérait Cases -simplement- comme un « excentrique ». Il s’était opposé déjà (en 2010) au polémique parrainage de l’émirat de Qatar. Un parrainage très discuté et inscrit sur les maillots des joueurs. Préalablement, c’était UNICEF, le sponsor. Une institution beaucoup plus sympathique pour ceux qui rappellent toujours les bons vieux temps, d’avant la globalisation financière, quand il n’y avait pas de parrainages du tout dans la Liga.

Le FC Barcelone a été le dernier à accepter une marque de sponsoring dans ses couleurs. Pourtant, au quotidien ‘Mundo Deportivo’ (publié dans la capitale de Catalogne) on pointe du doigt l’adversaire traditionnel : Florentino Pérez, président du Réal Madrid, et « tout le pouvoir politique de Madrid, envieux de la prédominance du Barça », dit-on.

En Espagne, la proximité des politiciens avec certains présidents de foot est monnaie courante. Dans le cas barcelonais, c’est l’univers nationaliste qui définit le Barça comme « plus qu’un club ». Une cause importante surtout de nos jours, au moment du déroulement d’une tenace campagne pour l’indépendance de la Catalogne. À Madrid, Florentino Pérez se montre aussi un rien distant des gouvernements de la capitale et de sa région (là, gouvernées par le parti populaire de Mariano Rajoy). Pérez est un Espagnol des plus riches et un constructeur planétaire.

Il traîne encore plusieurs opérations immobilières controversées, faites avec son accord et celui de certains politiques. Pérez avait renoncé à Neymar parce que, d’après lui, le Brésilien l’aurait couté 150 millions d’euros. Pourtant, Florentino Pérez l’a substitué par Gareth Bale. Au pays d’origine de Bale (le Royaume-Uni), on parle –sans confirmation officielle- de 101 millions d’euros dépensés pour faire atterrir le joueur gallois au stade madrilène. Un scandale suit un autre.

Hier, plusieurs présidents de clubs de la Liga se sentaient obligés d’annoncer qu’ils ne signeraient pas une pétition en faveur de José María del Nido, ex-président du Séville FC. Del Nido est sur le point d’être incarcéré, suite à sa condamnation à sept ans et demi de prison ferme pour fausses factures et détournement de fonds publics.

Les clubs de la Lige ont des dettes de centaines de millions avec le ministère de finances. Un commentateur de la radio Cadena Ser l’a ainsi résumé : « Les présidents de foot forment une confrérie, une secte, je dirais même une mafia. C’est une industrie et une bulle qui se sont maintenues trop longtemps avec trop de complicités ».

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