Dix aberrations sur le conflit en Syrie

Publié: 23 septembre 2013 par gandibleux dans Actualités, Monde, Syrie
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Un portrait de Bachar el-Assad piétiné par des rebelles syriens au poste-frontière de Bab al-Salam, près de la Turquie.

INFOGRAPHIE. Des arguments approximatifs, voire faux, circulent pour justifier ou non la nécessité d’intervenir en Syrie. Le Point.fr vous permet d’y voir plus clair.

En ces jours cruciaux de débats sur la nécessité ou non d’une intervention militaire française en Syrie, de nombreux arguments, parfois fondés, souvent fallacieux, sont avancés par nos députés pour avertir de l’erreur d’un nouvel engagement au Moyen-Orient ou pour affaiblir politiquement le président. Le Point.fr profite de l’occasion pour présenter les dix pires aberrations entendues sur la Syrie. Et y répond.

1 – Des terroristes sont à l’origine de la révolution syrienne

C’est ce qu’a affirmé Bachar el-Assad aux premiers jours de la révolte qui secouait son pays. Pourtant, le 13 mars 2011, à Deraa, dans le sud de la Syrie, ce sont bien seize enfants, inspirés par les images du Printemps arabe diffusées sur la chaîne qatarie Al Jazeera, qui taguent « Bachar el-Assad, dégage ! » sur les murs de leur école. Les seize jeunes disparaissent sur-le-champ. Après un mois de recherches, leurs parents implorent Atif Najib, le chef des services de sécurité de Deraa et cousin de Bachar el-Assad, de relâcher leurs enfants.

Dès le lendemain, une énorme manifestation éclate au coeur de la mosquée Al-Omari de Deraa, l’une des plus anciennes au monde. Les forces de l’ordre tirent sur la foule. Une délégation part alors de Deraa pour rencontrer le président en personne. Elle obtient la libération des seize jeunes, ainsi que le limogeage du cousin de Bachar qui les a insultés. Mais les Hauranis (habitants du sud de la Syrie) ne s’arrêtent pas en si bon chemin. Euphoriques après la victoire historique qu’ils viennent de remporter, des milliers d’entre eux envahissent à nouveau la mosquée Al-Omari pour réclamer davantage de liberté. Le 24 avril, les chars de l’armée envahissent Deraa, marquant le début d’une féroce répression qui va secouer le pays.

2 – L’opposition est pilotée par les islamistes

Vous l’aurez compris, c’est un mouvement populaire pacifique et spontané qui est à l’origine de la révolte. Près de 75 % des Syriens étant des musulmans sunnites, il est naturel que cette confession soit majoritaire chez les manifestants. « Chrétiens, Alaouites, sunnites, la Syrie est unie », scandaient pourtant les contestataires de Deraa, aux premiers jours de la révolution. Très vite, des membres des minorités chrétiennes, kurdes et même alaouites rejoignent les cortèges. « Le tournant a eu lieu en juin et juillet 2011, lorsque le régime syrien a décidé d’armer les chabihas, ses milices populaires exclusivement alaouites », explique Mathieu Guidère (1), professeur d’islamologie à l’université de Toulouse-Le Mirail. En réponse, des imams syriens appellent à un engagement massif des sunnites contre la minorité alaouite au pouvoir.

La lourde répression contre les civils provoque au sein de l’armée syrienne des défections dès l’été 2011. L’Armée syrienne libre (ASL) est née le 30 juillet 2011. Composée de soldats subalternes ayant refusé d’obéir aux ordres, cette force dissidente, majoritairement sunnite, s’efforce de protéger ses compatriotes et de faire tomber le régime. L’ASL collabore toutefois avec des groupes aux tendances islamistes plus marqués, comme Ahrar al-Cham et Liwa Al-Tawhid, qui ne cachent pas leur désir d’islamiser l’espace public. « Quand les gens ne trouvent aucun soutien, il est normal de se réfugier dans la religion », explique un politologue syrien souhaitant garder l’anonymat. « Et il ne faut pas oublier que la société syrienne est conservatrice et n’a jamais véritablement été laïque. »

Désormais sous la coupe de l’opposition syrienne à l’étranger, l’ASL souffre d’un manque cruel de moyens sur le terrain. Ce n’est pas le cas des groupes djihadistes, tenants d’un islam radical, qui ont profité du chaos et de l’inaction occidentale pour pénétrer en Syrie. Ces extrémistes sunnites, dont beaucoup proviennent d’Irak, ont intégré sur le terrain des groupes liés à al-Qaida, comme l’État islamique en Irak et au Levant ou le Front al-Nosra (Front de défense du peuple syrien). Cette organisation, créée au départ par des djihadistes syriens libérés de prison en 2011 par le régime, est désormais la plus visible sur le terrain. Elle se démarque de l’ASL par ses attentats spectaculaires favorisés par l’idéologie « martyriste » de ses combattants. Ils ont beau être bien moins nombreux que les soldats de l’ASL (5 000 contre 40 000), leurs armes perfectionnées et leur expertise de la guérilla apprise en Irak ou en Afghanistan font la différence sur le terrain.

« Au contraire de l’ASL, ils ne sont pas ciblés par l’armée régulière qui les laisse même prospérer », affirme Mathieu Guidère. S’ils demeurent opposés à Bachar el-Assad qu’ils considèrent comme un « hérétique » massacrant leurs « frères » sunnites, ils sont également profondément anti-occidentaux. Dans toutes les zones qu’ils conquièrent, ils imposent la charia et n’hésitent plus à affronter directement les soldats de l’ASL. D’où la nécessité, selon la France, d’armer ces rebelles « modérés ». Le rêve de Bachar el-Assad de devenir un rempart contre le terrorisme est en train de se réaliser.

3 – Le Qatar et l’Arabie saoudite financent les djihadistes

S’il est vrai que les deux monarchies du Golfe sont très actives au sein de l’opposition syrienne, ce n’est certainement pas en faveur des groupes liés à al-Qaida. Les djihadistes sont ouvertement hostiles aux deux pétromonarchies wahhabites. La nébuleuse terroriste a notamment perpétré en Arabie saoudite de nombreux attentats dans les années 2000. Mais d’où viennent alors leurs fonds ? D’après Mathieu Guidère, les groupes djihadistes oeuvrant en Syrie sont financés par des fondamentalistes habitant dans le Golfe. « Les armes sophistiquées viennent de fonds entièrement privés détenus par des hommes d’affaires radicaux, notamment au Koweït », renchérit le politologue syrien.

En revanche, Riyad et Doha fournissent une quantité limitée d’armes et d’argent aux groupes plus « modérés » cités plus haut, notamment à travers la Coalition nationale syrienne, principal organe de l’opposition à l’étranger. Si leurs fonds sont limités, ce n’est pas le cas de leur activisme politique, le drame syrien permettant aux deux voisins de se défier sur la scène régionale. Lorsque plusieurs opposants syriens de tendances diverses ont fondé en octobre 2011 le Conseil national syrien, ce sont les Frères musulmans syriens, soutenus financièrement par le Qatar, qui se sont rapidement imposés à la tête de l’instance. Doha entendait ainsi peser sur l’avenir de la Syrie, comme il l’a fait en Tunisie et en Égypte.

Minée par les divisions, l’instance a intégré en novembre 2012 la Coalition nationale syrienne (CNS), créée pour mieux respecter la pluralité de l’opposition syrienne. Cela n’a pourtant modifié en rien l’influence des deux pays. Dénonçant la mainmise du Qatar sur l’opposition syrienne, le président de la CNS a démissionné en avril dernier. Son remplaçant, Ahmed Jabra, est un proche de Riyad. « Pour l’Arabie saoudite, il s’agit de renverser à tout prix le régime alaouite, et donc chiite, de Bachar el-Assad afin que s’écroule l’arc perse Téhéran-Bagdad-Damas-Tyr [Liban] », explique Antoine Sfeir (2). Un détournement du Printemps syrien permettant à la pétromonarchie d’affaiblir la République islamique, son rival régional, mais aussi d’éviter qu’il n’atteigne son propre territoire, où gronde la révolte chiite.

4 – Bachar el-Assad est sur le point de tomber

À en croire les discours des dirigeants occidentaux en début d’année, la chute du président syrien était imminente. Pourtant, neuf mois plus tard, Bachar el-Assad a réussi à repousser ses opposants et regagne même du terrain. Cette contre-offensive, le président syrien la doit à l’engagement à ses côtés du Hezbollah libanais, entré officiellement dans la bataille en avril 2013. Grâce aux combattants chiites du Parti de Dieu, les forces syriennes ont repris la ville stratégique de Qousseir, lui permettant de reprendre dans la foulée le centre de Homs et de consolider l’axe vital du régime, qui relie la côte à Damas.

« C’est par cet axe qu’arrivent le matériel militaire russe, l’approvisionnement en essence et en nourriture de Damas », indique Fabrice Balanche, maître de conférences à l’université Lyon-II et directeur du Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (Gremmo). Désormais, le régime peut se concentrer sur la reprise de la ville d’Alep, au nord. « Si l’on s’en tient au territoire syrien, on peut dire que 50 % des terres sont tenues par les rebelles, mais ce chiffre est trompeur, car il s’agit en majorité de zones peu peuplées ou de la périphérie des grandes villes », explique le spécialiste de la Syrie. « Si l’on raisonne en termes de population, poursuit-il, la plupart des grandes villes étant sous la coupe du régime, on peut dire que Bachar el-Assad contrôle plus de 50 % de la population, l’opposition 20 %, les Kurdes 10 % et que 20 % des zones sont disputées. »

L’accélération des défections fin 2011 au sein de l’armée de Bachar el-Assad laissait pourtant présager un autre scénario. Or, deux ans et demi après le début du conflit, le président syrien peut toujours compter sur un important dispositif sécuritaire. « Bachar el-Assad peut toujours tabler sur une armée régulière de 200 000 à 250 000 hommes, des milices populaires de 50 000 à 100 000 hommes et des dizaines de milliers de chabihas (hommes de main) », armés par ses soins, explique Fabrice Balanche. Des chiffres qui illustrent le déséquilibre sur le terrain entre les forces du régime et de l’opposition et qui expliquent le refus de l’Occident d’envoyer des troupes au sol en Syrie.

5 – Toute la population est contre Bachar el-Assad

Cette idée s’est répandue dans les médias occidentaux au début de la révolte contre le président syrien. Mais la militarisation du conflit orchestrée par le régime, suivie de sa confessionnalisation aidée par les pays du Golfe, a plongé le pays dans le chaos et fait naître chez ses habitants les plus grandes craintes. Si une majorité de Syriens demeure aujourd’hui opposée à Bachar el-Assad, ce dernier conserve des soutiens de poids, notamment parmi les minorités religieuses.

« Globalement, toutes les minorités confessionnelles (12 % d’Alaouites, 10 % de chrétiens, 3 % de Druzes, 1 % de chiites) l’appuient. Ils craignent soit la vengeance, soit d’être obligés de quitter le pays en cas de chute du régime », affirme le chercheur Fabrice Balanche. Une peur décuplée chez les Alaouites, secte issue du chiisme à laquelle appartient le président syrien, qui ont toujours été bien mieux intégrés au système que les sunnites, pourtant majoritaires. « 90 % des Alaouites travaillent pour l’État », souligne Fabrice Balanche.

Fait étonnant, Bachar el-Assad peut également compter sur le soutien d’une certaine partie de la bourgeoisie sunnite, dont les affaires sont suspendues à la survie d’el-Assad. « S’ils demeurent bien moins nombreux que les masses sunnites d’opposants, ils possèdent un poids économique et politique bien plus important qu’eux », fait valoir le spécialiste de la Syrie. Quant aux 10 % de Kurdes, ils agissent en solitaire. Longtemps marginalisés par la famille el-Assad, ils ont manifesté au début de la révolution leur rejet du président syrien. Mais ce dernier leur a offert l’autonomie dont ils rêvaient dans le Nord, après que l’armée régulière a quitté la région sans combattre. « Ils sont désormais les alliés stratégiques du régime », note Fabrice Balanche. Et combattent les djihadistes s’opposant à eux.

 

6 – La Syrie subit une ingérence étrangère

C’est ce que martèle à l’envi Bachar el-Assad depuis le début du soulèvement populaire. Le président a raison. Sauf que c’est lui qui l’a appelée de ses voeux. En effet, dès les premiers mois de la contestation, l’Iran, principal allié de Damas, a dépêché en Syrie de nombreux Gardiens de la révolution pour former l’armée syrienne à la répression des manifestants, en plus des armes et des crédits accordés au régime syrien. L’idylle de 34 ans qui lie les deux pays est le plus grand succès diplomatique de la République islamique.

« Cette entente a permis à l’Iran d’obtenir un accès à la Méditerranée », souligne Mohammad-Reza Djalili (3), professeur émérite à l’Institut de hautes études internationales et du développement. Alaouite, et donc proche de l’idéologie chiite du régime iranien, le régime de Damas permet surtout à Téhéran de communiquer avec son bras armé au Liban, le Hezbollah. Début 2012, voyant le président syrien perdre du terrain sur les rebelles, la République islamique a enclenché la seconde partie de son plan, chargeant le mouvement chiite libanais d’aller porter secours aux forces de Bachar el-Assad.

7 – Le régime syrien a tué 100 000 personnes

Au moins 110 371 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début du soulèvement (plus deux millions de réfugiés à l’étranger et six millions de déplacés dans le pays), a annoncé le 1er septembre l’Observatoire syrien des droits de l’homme, une organisation qui se base sur un large réseau de militants et de sources médicales et militaires à travers le pays. Mais toutes ne sont pas victimes des séides de Bachar el-Assad. Ce tragique bilan comprend 40 146 civils, 45 478 membres des forces gouvernementales, dont les milices pro-régime chabihas, et 21 850 combattants rebelles. Parmi les civils figurent 3 905 femmes et 5 833 enfants de moins de 16 ans. Le chiffre des rebelles tués comprend 15 992 civils qui ont pris les armes, 3 730 combattants étrangers, en majorité des djihadistes, et 2 128 déserteurs. Les troupes du régime sont appuyées par des milices loyalistes, qui ont perdu 17 824 membres, et par des combattants du Hezbollah chiite libanais, puissant mouvement armé, dont 171 ont péri dans la guerre. L’ONG recense également 2 726 corps non identifiés et affirme que le sort d’environ 9 000 détenus et celui de 3 500 soldats capturés par les rebelles restent inconnus.

Il est toutefois important de rappeler la chronologie d’une révolte pacifique devenue une guerre civile sur fond de lutte confessionnelle. Les premiers tirs de fusil ont visé les manifestants en mars 2011 à Deraa, les contestataires arrêtés ayant été victimes de diverses tortures et mutilations en prison, sans compter les nombreuses disparitions. Les premiers combats impliquant des soldats dissidents ont commencé à l’été 2011. À l’hiver 2011, Bachar el-Assad envoie ses chars bombarder les campagnes gagnées par les rebelles. Au printemps 2012, c’est l’aviation syrienne qui est chargée de punir les villes frondeuses. Du côté des rebelles, de multiples cas de tortures et d’exécutions sommaires sur des soldats ou des « agents » du régime ont été recensés. Quant aux groupes djihadistes, ils ont perpétré plusieurs attentats sanglants en plein Damas.

Un degré a été franchi dans l’horreur à Homs, le 23 décembre 2012, avec l’utilisation pour la première fois d’armes chimiques à faible dose, selon l’opposition syrienne et les services de renseignements américains. Une autre attaque aurait eu lieu le 19 mars à Khan-Assal (banlieue d’Alep), dont s’accusent mutuellement régime et opposition. Damas a réclamé dès le 20 mars une enquête indépendante de l’ONU sur le site. Le 6 mai, l’ancienne magistrate Carla Del Ponte, membre de la commission d’enquête indépendante de l’ONU, a pointé du doigt la responsabilité des rebelles dans l’attaque, avant d’être déjugée par le président de la commission, l’expert brésilien Paulo Pinheiro.

De leur côté, les services français imputent aux forces de Bachar el-Assad deux attaques chimiques, la première à la mi-avril 2013 à Jobar (banlieue de Damas), et la seconde le 29 avril à Saraqeb (nord-ouest). Des raids neurotoxiques de moindre ampleur que l’attaque perpétrée le 21 août dernier dans la Ghouta (banlieue de Damas) et qui a fait 281 morts, selon Paris, 355 morts, selon Médecins sans frontières, et 1 429 morts, selon Washington. Cette fois, la responsabilité de Damas dans ce massacre ne fait guère de doute, même si aucune preuve irréfutable n’a été présentée.

8 – Le régime syrien est victime d’une manipulation américaine

Nous ne sommes pas du tout dans le cas irakien, où les États-Unis avaient inventé des preuves attestant la présence d’armes de destructions massives. Il est cette fois attesté que Damas possède bien l’un des plus grands arsenaux chimiques au monde. D’après une note de synthèse déclassifiée des renseignements français, la Syrie possède plus de 1 000 tonnes d’agents chimiques, dont plusieurs centaines de tonnes d’ypérite (gaz moutarde), des dizaines de tonnes de VX (le plus toxique des produits chimiques de guerre) et surtout des centaines de tonnes de gaz sarin. « Ces armes sont interdites, car elles ont un effet indiscriminant, même si la Syrie n’a pas signé la Convention sur l’interdiction des armes chimiques signée en 1993 à Paris », explique Xavier Philippe, professeur de droit public à l’université Paul-Cézanne Aix-Marseille III.

Malgré les dénégations de Bachar el-Assad, la grande majorité des experts estime qu’il est hautement improbable que des rebelles aient été à l’origine du massacre chimique de la Ghouta, étant donné l’ampleur de l’attaque, la coordination des frappes, les quartiers (rebelles) visés et surtout l’expertise nécessaire pour stocker et utiliser de telles armes.

9 – Une autre guerre pour le pétrole

Contrairement à l’Irak ou à la Libye, les quantités d’hydrocarbures présentes en Syrie sont minimes. « La production de pétrole atteignait au mieux 600 000 barils par jour dans les années 1990, avant de descendre à 400 000 barils par jour avant la révolution, dont les deux tiers étaient destinés à la consommation nationale », souligne Fabrice Balanche. Le seul enjeu à long terme pourrait être la construction de gazoducs pour faire transiter vers l’Europe le gaz en provenance des pays du Golfe vers l’Europe. Mais nous en sommes encore loin.

10 – L’Occident veut renverser el-Assad

Cela a beau être l’obsession de Bachar el-Assad, le dictateur syrien peut dormir sur ses deux oreilles. Barack Obama et François Hollande l’ont rappelé cette semaine : une intervention occidentale en Syrie n’a pas pour but de renverser Bachar el-Assad. À quoi bon frapper, alors ? C’est que le président américain s’est piégé tout seul. En décembre 2012, en apprenant de ses services que le régime syrien était en train de mélanger les composants nécessaires à la militarisation du gaz sarin, Barack Obama a averti Damas que toute utilisation d’armes chimiques constituerait le franchissement d’une « ligne rouge ».

Cette limite franchie, le pensionnaire de la Maison-Blanche ne peut se permettre de rester les bras croisés. Et comme le pointe le général Vincent Desportes, ancien directeur de l’École de guerre, « si les pays occidentaux ne sont pas capables de respecter leur propre parole, que vaudront leurs pressions militaires devant le défi posé par le nucléaire iranien ? »

 

Le Point.fr – Publié le 05/09/2013 à 17:06 – Modifié le 06/09/2013 à 19:14

 

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