Ces merveilles touristiques que vous ne visiterez sans doute jamais

Publié: 3 septembre 2013 par t66000 dans A contre-courant, Monde
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Ces merveilles touristiques que vous ne visiterez sans doute jamais

3/09/13 – 16h41Haut lieu touristique dans les années 50, le Band-e Amir peine à se remettre des multiples conflits qui touchent le pays. © getty.

Certains pays véhiculent une image négative et guerrière, alors que s’y cachent des trésors insoupçonnés.

La guerre et l’instabilité qui règnent en Afghanistan, en Irak ou au Pakistan, privent le touriste de contrées sublimes et préservées. Foreignpolicy en a relevé cinq qui, en temps de paix, attireraient certainement de nombreux aventuriers, tant elles présentent un attrait considérable. Petits tours d’horizon de ces sites (à jamais?) oubliés.

Un effort commun a permis à l’endroit d’être protégé. Une première dans le pays. © getty.
1. Band-e Amir, Afghanistan:
Perché dans la chaîne de montagne Hindu Kush, le Band-e Amir (qui signifie « Barrage de l’émir ») est un ensemble de six lacs qui s’étagent de 2971 à 2887 mètres d’altitude. Situés à 160 kilomètres à l’ouest de Kaboul, ils sont entourés de hautes falaises rouge-calcaire. L’eau minérale de ces lacs posséderaient des pouvoirs de guérison. Dans les années 50, ils constituent une destination touristique populaire pour des Afghans ou des étrangers intrépides. Malheureusement, son attrait s’est essoufflé au début de la guerre contre l’Union Soviétique, en 1979.

Une situation qui ne s’est pas arrangée avec l’avènement des talibans au milieu des années 90, l’invasion américaine de 2001 et la guerre permanente que se livrent les insurgés. Ces conflits ont également eu un impact sur la faune locale. Des animaux – comme le léopard des neiges- ont quasiment tous disparu. En 2006, la Société américaine de préservation de la faune, l’agence américaine au Développement International et le gouvernement afghan ont uni leurs forces pour former des rangers, cartographier la zone et assurer son financement. Cet effort a conduit à la création du premier parc national d’Afghanistan, en 2009. Depuis, quelques milliers d’Afghans y retournent. Mais, il reste du chemin à parcourir. La province de Bâmiyân, où se trouve le parc, s’attend à recevoir 650 visiteurs étrangers cette année.

La troisième zone le plus humide au monde a subi la colère de Saddam Hussein dans les années 90. Aujourd’hui, elle retrouve petit à petit son étendue d’origine. © U.S. Army Corps of Engineers Digital Visual Library.
2. Les Marais de Mésopotamie, Irak:
Erigée au rang de parc national le 23 juillet dernier, cette zone de 800 km² qui s’étend entre les villes de Bassorah et Amara, protège les marais mésopotamiens, un espace vaste et humide située dans le sud du pays. Une question demeure: un touriste verra-t-il un jour la troisième plus grande zone humide du monde considérée comme le « berceau de la civilisation »? L’explorateur Wilfred Thesiger, au milieu du 20e siècle, décrivait cet endroit avec une immense admiration. « Les étoiles reflétées dans l’eau sombre, le coassement des grenouilles, les pirogues qui rentrent le soir, la continuité et la quiétude d’un monde qui n’a jamais connu un moteur ».

En représaille de l’alliance entre les « Arabes des marais », des locaux surnommés les Maadans, et les chiites, Saddam Hussein décidait dans les années 90 de drainer toute la région, de détourner les rivières et de réduire 93% des 12.000 m² de nature sauvage où résidaient quelques 278 espèces d’oiseaux. Ce n’est qu’au lendemain du renversement du Raïs que les travaux de restaurations débutèrent. Il a fallu des années à l’association Iraq Nature pour développer et exécuter le réapprovisionnement des marais à l’aide de digues. Heureusement, l’entièreté des espèces a survécu aux années de guerre et 76% de la zone a été inondée avec succès. Afin de préserver les marais, Iraq Nature tente d’obtenir l’accord de la Syrie, de la Turquie et de l’Iran pour éviter qu’un conflit ne vienne détruire les efforts consentis.

Considérée comme la « Suisse orientale », la vallée de Swat est passée sous le contrôle des talibans et a connu une déportation massive. © getty.
Lieu prisé dans les années 70 des amateurs de « trek hippie » désireux de fuir l’agitation occidentale et doté en 1986 d’un domaine skiable – avec l’aide de l’Autriche -, il restait jusqu’à l’aube des années 2000 un lieu de villégiature prisé des diplomates étrangers. © getty.

3. La vallée de Swat, Pakistan:
La vallée de Swat, située au nord du Pakistan n’a pas usurpé son surnom de « Suisse orientale », vu ses collines verdoyantes séparées des montagnes enneigées par des rivières déchaînées et de nombreux ruisseaux. Prisée dans les années 70 des amateurs de « trek hippie » désireux de fuir l’agitation occidentale et dotée en 1986 d’un domaine skiable – grâce à l’aide de l’Autriche -, elle restait jusqu’à l’aube des années 2000 un lieu de villégiature prisé des diplomates étrangers, éloignés de l’instabilité d’Islamabad. Malheureusement, les talibans, chassés par le gouvernement pakistanais, s’y sont réfugiés.

En 2008, ces derniers ont pris le contrôle de la région, ont détruit les écoles et condamné à mort les villageois accusés d’adultère ou d’homosexualité. En 2009, l’offensive menée par l’armée pakistanaise contre les talibans a engendré la déportation de plus d’1,5 millions de personnes. Un drame humanitaire qualifié par l’ONU comme la « pire crise de réfugiés depuis le Rwanda ». Si l’armée a repris le contrôle du district, il n’est malheureusement pas épargné par la violence ou des attaques épisodiques contre des établissements scolaires.

Le parc national des Virunga a été abandonné aux mains des rebelles. © getty.
Il est le terrain de jeu favori de l’une des plus importantes et dernières communautés de Gorille des montagnes. Un lieu également fréquenté par les braconniers. © getty.

4. Parc national des Virunga, République Démocratique du Congo:
Plus ancien parc national d’Afrique, jadis appelé « Parc Albert », les Virunga se déploient à la frontière du Rwanda et de l’Ouganda. Malheureusement, la région est actuellement empêtrée dans un conflit qui a contraint le parc à fermer ses portes. L’endroit est néanmoins resté le terrain de jeu favori de la plus importante communauté au monde de gorilles des montagnes. Sa diversité – on passe de la savane aux sommets enneigés des montagnes de Rwenzori en passant par des plaines de laves – en fait l’un des paysage les plus riches au monde.

Créé en 1925 par Albert Ier, notre roi chevalier, il devint petit à petit le refuge des rebelles au moment du déclin du dictateur Mobutu Sese Seko, dans les années 80. Peu à peu, les rebelles se sont appropriés le territoire et ont même occupé le siège du parc en expulsant son personnel. S’ils ont quitté les lieux, cette zone de non-droit est considérée comme « la capitale mondiale du viol ». Un titre pour le moins décourageant.

Selon la légende, Kim-Jong Il serait né sur les bords du lac du Paradis. © Wikipedia.
5. Le Mont Paektu, Corée du nord:
Il n’est évidemment pas surprenant d’apprendre que ce « Royaume ermite » ne grouille pas de touristes. Mais absence de visiteurs ne signifie pas manque d’attrait touristique. À titre d’exemple, le Mont Paektu, point culminant des Corées (2.744 mètres). Situé à la limite de la Chine, il cache le lac du Paradis, lac de cratère, qui, d’après la légende, aurait vu naître Kim-Jong Il. La crête, qui s’étend sur 1.600 kilomètres, est partagée entre les deux pays. Et la frontière semble bien définie; si les randonneurs sont les bienvenus côté chinois, pas question de dépasser la partie nord-coréenne, délimitée par des fils barbelés et surveillées par des soldats armés. Malgré qu’il n’existe aucune restriction officielle du gouvernement nord-coréen, les touristes –à l’exception de Dennis Rodman– ne doivent commettre aucune imprudence. En novembre 2012, Kenneth Bae, un Américain d’origine sud-coréenne, agent de voyage en Chine, voyageait avec cinq touristes européens lorsqu’il a été accusé par les autorités nord-coréennes d’espionnage et d’actes hostiles envers la République. Il a été condamné le 30 avril 2013 à quinze ans de travaux forcés.

Kenneth Bae, un ressortissant américain, a été arrêté alors qu’il voyageait avec des touristes européens. Soupçonnés d’espionnage, il a été condamné en avril dernier à quinze ans de travaux forcés. © afp.
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