Egypte: les femmes sous la terreur des violences sexuelles

Publié: 8 juillet 2013 par estellavaras dans Actualités
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M.L Publié le lundi 08 juillet 2013 à 13h43- lalibre

 

International Human Rights Watch dénonce la « culture d’impunité » qui règne et regrette le « désintérêt du gouvernement » à l’égard de cette « épidémie de violence sexuelle ».

 

91 : c’est le nombre d’agressions commises en 4 jours en Egypte depuis la reprise des manifestations contre le président Morsi. Un chiffre inquiétant rapporté le 3 juillet par l’ONG Human Rights Watch sur la base d’informations recueillies par des associations locales luttant contre ce phénomène, devenu récurrent en marge des manifestations en Egypte. Le communiqué de HRW fait état de 5 attaques contre des femmes le 28 juin, 46 le dimanche 30 juin, 17 le 1er juillet et 23 le 2 juillet.

 

Le scénario le plus souvent décrit par les victimes est celui d’un groupe de jeunes hommes « qui repère une femme, l’encercle, la sépare de ses amis », avant de l’agresser, de lui arracher ses vêtements ou de la violer. Dans plusieurs cas, ces attaques, dont certaines ont duré près d’une heure, ont conduit à des hospitalisations.

L’ONG rapporte également des cas, d’une violence inouïe, de femmes « battues avec des chaînes métalliques, des bâtons, des chaises, et attaquées avec des couteaux ».

 

 

 

Le phénomène n’est pas nouveau.  « Le harcèlement sexuel, c’est un cancer égyptien »,  affirmait lundi dernier, sur BFMTV, Shahinaz Abdel Salam, blogueuse et militante égyptienne.  Déjà lors des manifestations contre le président Moubarak en 2012, de nombreux cas de violences contre les femmes avaient été recensés. Parmi les victimes figuraient de nombreuses journalistes. On se souvient de Caroline Sinz, violée en novembre 2011 alors qu’elle couvrait les manifestations pour France 3, de Lara Logan, journaliste de la chaîne américaine CBS, ou encore de l’éditorialiste égypto-américaine Mona Al-Tahtawy, victime d’une agression sexuelle de la part des forces de police. Ces cas sont « ordinaires » dans l’Égypte de l’après-printemps arabe, avait déclaré Sonia Dridi. Si bien que Reporters Sans Frontière (RSF) avait appelé les rédactions à « tenir compte et cesser momentanément d’envoyer des femmes journalistes en reportage en Egypte ».

 

Certains mettent en cause des groupes de voyous profitant du fait que la police a renoncé à être présente sur Tahrir pour commettre des agressions. Des activistes estiment que ces actes visent à dissuader les femmes de participer aux rassemblements contre le pouvoir et incriminent le désintérêt du gouvernement pour la question des femmes.

 

 

 

Une « culture d’impunité »

 

 

 

La Haut-Commissaire aux droits de l’Homme des Nations Unies, Navi Pillay, a appelé début juillet au respect des libertés fondamentales en Egypte. Avec une vigilance particulière à l’égard des violences sexuelles contre les femmes. Elle demande « de sérieuses mesures pour arrêter et enquêter sur les effarantes violences sexuelles -qui semblent parfois organisées- contre les manifestantes ».  Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a lui aussi exprimé son inquiétude face aux agressions sexuelles commises à l’encontre des femmes qui participent en Egypte aux manifestations.

 

 

 

« J’espère vraiment que, tout en trouvant une réponse pacifique à la crise actuelle, ils (les Egyptiens) puissent accorder plus d’attention aux manifestantes puisque nous avons vu de nombreux cas d’agressions sexuelles au cours des manifestations », a affirmé M. Ban lors d’une conférence de presse à Reykjavik.

 

 

 

Mais rien ne semble être mis en place pour enrayer ce fléau. Human Rights Watch dénonce la « culture d’impunité » qui règne et regrette le « désintérêt du gouvernement » à l’égard de cette « épidémie de violence sexuelle ».

 

 

 

 

 

 

 

Face à ce  laxisme, citoyens et citoyennes égyptiens se mobilisent. Des groupes se sont mis en place au Caire depuis plusieurs mois pour recenser les agressions sexuelles et protéger les femmes lors des manifestations. Des comptes Twitter d’organisations de défense des femmes, comme OpAntiSH (Opération contre les agressions et le harcèlement sexuel, créé fin 2012) ou Tahrir Bodyguards, permettent aux femmes sur place de se tenir au courant et recensent les lieux à éviter.

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