Europe: « La fin du dogme de l’austérité »

Publié: 6 mai 2013 par estellavaras dans A contre-courant
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C.M. (avec AFP et Belga)

Mis en ligne le 06/05/2013 sur le site de lalibre.be

En accordant un délai à la France pour réduire son déficit, l’Europe a desserré la bride de l’austérité. En Belgique, c’est la potentielle amende pour non-respect des engagements qui a fait recette.

C’est décisif, c’est un tournant dans l’histoire de la construction européenne depuis que l’euro existe. [ ] On a assisté à la fin d’une certaine forme d’orthodoxie financière et à la fin du dogme de l’austérité. [ ] En Europe, l’austérité, c’est fini, le sérieux ça continue.«  C’est ce qu’a déclaré dimanche Pierre Moscovici, le ministre français de l’Economie et des Finances, suite à la décision prise vendredi par la Commission européenne, d’accorder à la France un délai de deux ans pour réduire son déficit public à 3 % du PIB.

Ce délai acte la fin du dogme de l’austérité en Europe, a-t-il ajouté, précisant que la France ne relâchera pas pour autant ses efforts pour redresser ses finances publiques et mener des réformes structurelles : « Il n’y aura pas de laxisme ». Pour Pierre Moscovici, « c’est une victoire pour les thèses françaises », qui a été obtenue « parce que nous avons une politique crédible ».

« Une certaine flexibilité »

Tout au long du week-end, en Allemagne, Italie, Belgique et ailleurs, ce ballon d’oxygène à la France a suscité de multiples réactions. En sens divers.

Réaction mitigée du côté de l’Allemagne. A la défense, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble, soulignant que le Pacte de stabilité autorisait « une certaine flexibilité dans l’application des règles ». A l’attaque, son collègue de l’Economie, Philipp Rösler, accusant le président de la Commission européenne José Manuel Barroso d’avoir remis en cause de manière « irresponsable » la politique de consolidation budgétaire en Europe. Afin de combattre « durablement » les causes de la crise de la dette, M. Rösler a estimé qu’il est du devoir des Etats européens de consolider leurs budgets. « Nous devons renforcer la croissance. Et consolider les budgets. Nous devons faire des économies », a-t-il martelé. L’Allemagne montre le bon exemple : « Nous ne dépensons pas plus. Mais moins », a souligné le chef des libéraux, rappelant que l’Allemagne entendait présenter en 2014 son premier budget à l’équilibre depuis 40 ans.

Réaction envieuse en Italie, dans le chef du nouveau ministre délégué à l’Economie Stefano Fassina, membre du Parti démocrate (centre-gauche) et considéré comme l’un des principaux pourfendeurs des plans d’austérité. « Si plusieurs pays, pas seulement l’Espagne et la France, mais aussi le Portugal, la Grèce, l’Irlande, les Pays-Bas et la Slovénie, ont déjà obtenu plus de temps pour atteindre l’objectif de déficit de 3 % (du produit intérieur brut), pourquoi pas l’Italie ? »

Réaction, encore, du côté de la Banque centrale européenne. Le Français Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, a mis en garde contre tout éventuel relâchement des efforts de baisse des déficits : « Ce qui compte pour la BCE, c’est la crédibilité. [ ] Si ces deux ans de plus accordés [ ] permettent de crédibiliser la trajectoire de baisse des déficits, à ce moment-là, pourquoi pas ? Mais si au contraire, ces deux ans de plus donnent l’impression qu’il n’y a plus de limite, que les objectifs ne sont plus là et que l’effort s’attenue, à ce moment-là, cela n’aurait pas servi à grand-chose. »

En Belgique, aussi, ce desserrement de la bride de l’austérité a fait parler. Surtout lié au fait que la Commission européenne doit décider à la fin du mois si elle soumet le pays à une amende pour n’avoir pas respecté ses engagements.

Haro sur Bruxelles et la Wallonie

« Si la Commission européenne devait en décider ainsi le 29 mai, nous aurions dix jours pour réagir. Je plaiderai alors les circonstances économiques exceptionnelles » qui ont conduit à cette situation, a indiqué, dimanche, dans l’émission « De Zevende Dag » sur la VRT, le ministre des Finances Koen Geens (CD&V). Tout en jugeant que Bruxelles et la Wallonie sont les deux entités qui seront amenées à porter la plus grande part de l’effort qui sera nécessaire pour maintenir le déficit budgétaire dans les limites de ce qui avait été décidé, la Flandre ayant déjà fait sa part et « se trouvant à l’équilibre ».

Pour le commissaire européen Karel De Gucht, invité samedi du « Grand Oral RTBF-Le Soir », la Belgique « a fait autre chose » que ce à quoi elle s’était engagée dans ses obligations budgétaires transmises à l’Union européenne, une situation qui résulte notamment de l’absence de gouvernement durant une bonne partie de l’année, en 2010-2011. « Je trouve que la N-VA porte une très grande responsabilité dans ce dossier. On pourrait envoyer l’amende au mayorat d’Anvers » si telle devait être la décision de la Commission fin du mois, a estimé le libéral flamand.

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